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CALCUL
SPINORIEL
| 10.
CALCUL DIFFÉRENTIEL ET INTÉGRAL (1/2) |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
05.11.2009 23:01
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Le calcul différentiel est un des domaines
les plus passionnants et vastes de la mathématique, et il existe
une littérature considérable (colossale) sur le sujet. Les résultats
retrouvent des implications dans absolument tous les domaines de
la physique, de l'informatique, de l'électronique, de la chimie,
biologie et de la mathématique elle-même.
Les mathématiciens ont rédigé
une telle quantité de théorèmes sur le sujet que la validation de
certains est délicate car certains à eux-seuls nécessiteraient la
vie d'un homme pour être parcourus (c'est un problème que la communauté
des mathématiciens reconnait) et vérifiés (ce qui fait que personne
ne les vérifie...).
Ce constat fait, nous avons
choisi de ne présenter ici que les points absolument nécessaires
à la compréhension des outils fondamentaux de l'ingénieur.
Les puristes nous excuseront donc pour l'instant de ne pas présenter
certains théorèmes qui peuvent leur
sembler indispensables mais que nous rédigerons une fois le temps
venu...
Nous allons principalement
étudier dans ce qui va suivre ce que les mathématiciens aiment bien
préciser (et ils ont raison) : les cas généraux des fonctions
réelles à une variable réelle. Les fonctions plus complexes (à
plusieurs variables réelles ou complexes, continues ou discrètes)
viendront une fois cette partie terminée.
Remarque: Nous ne nous attarderons pas à démontrer les dérivées
et primitives de toutes les fonctions car comme il y a une infinité
de fonctions possibles, il y a également une infinité de dérivées
et de primitives. C'est le rôle des professeurs dans les instituts
scolaires d'entraîner les élèves à appliquer et à comprendre le
raisonnement de dérivation et d'intégration par des applications
sur des fonctions connues (l'internet ne remplacera très probablement
jamais l'école à ce niveau).
CALCUL
DIFFÉRENTIEL
Soit une fonction f
réelle à une variable réelle
x notée f(x)
(nous nous limitons à ce cas de figure pour l'instant et étudierons
les dérivées partielles dans des espaces à un nombre de dimensions
quelconques plus loin) continue au moins dans un intervalle
où se situe l'abscisse a.
Définitions:
D1. Nous appelons "pente moyenne",
ou encore "coefficient directeur" le rapport de la projection orthogonale
de deux points
de la fonction f non nécessairement continue sur l'axe des
abscisses et des ordonnées tel que :
(10.1)
Ce qui se représente sous forme graphique de la manière suivante
avec une fonction particulière:
(10.2)
Remarque: signifiant "un delta" exprime le fait que nous sous-entendons
une différence d'une même quantité.
Nous supposerons comme évident (sans démonstration)
que deux fonctions dont les pentes sont les mêmes dans un
même intervalle de définition,
y sont parallèles (ou confondues).
Nous démontrerons dans le chapitre de Géométrie Analytique que
deux fonctions dont la multiplication des pentes vaut -1 sont perpendiculaires.
D2. Nous appelons "nombre dérivé en
a" ou "pente instantanée"
ou encore "dérivée première", la
limite quand h tend vers 0 (si elle
existe) du rapport de la projection orthogonale de deux points
infiniment proches de la fonction f continue (dans le sens
qu'elle ne contient pas de "trous") sur l'axe des abscisses
et des ordonnées tel que :
(10.3)
Une interprétation graphique donne que f '(a)
est le coefficient directeur de la tangente au point d'abscisse a.
Remarques:
R1. d signifiant un "différentiel"
exprime le fait que nous sous-entendons une différence infiniment
petite d'une même quantité.
R2. Nous renvoyons le lecteur au chapitre d'Analyse Fonctionnelle
pour la définition de ce qu'est une fonction continue.
D3. Soit f une fonction définie sur un intervalle I et
dérivable en tout point a de I, la fonction qui
à tout réel a de I associe le nombre f
'(a) est appelée "fonction
dérivée de f sur I" et
est notée f '.
Remarque: Au niveau des notations les physiciens
adoptent suivant leur humeur différentes notations possibles pour
les dérivées. Ainsi,
considérons la fonction réelle à une variable f(x),
vous trouverez dans la littérature ainsi que dans le présent site
les notations suivantes pour la dérivée première :
(10.4)
ou encore en considérant
implicitement que f est
fonction de x (ceci permet
d'alléger un petit peu la tailles des développements) :
(10.5)
Nous pouvons de la même manière définir les dérivées d'ordre 2
(dérivée d'une dérivée), les dérivées d'ordre 3 (dérivée d'une dérivée
d'ordre 2) et ainsi de suite. Nous rencontrerons par ailleurs très
fréquemment de telles dérivées en physique (et même en maths
pour l'analyse fonctionnelle).
Maintenant, suite à un problème de compréhension
de la part d'un internaute dans un des chapitres du site,
précisons
une technique utilisée fréquemment
par les physiciens. Considérons une dérivée
d'ordre 2 telle que :
(10.6)
Si nous regardons le d/dx comme un opérateur différentiel
nous pouvons bien évidemment écrire :
(10.7)
Finalement nous avons :
(10.8)
et donc il vient après simplification par f(x)
:
(10.9)
sinon quoi nous ne pouvons pas avoir cette égalité si
l'opérateur agit explicitement sur une fonction dans une relation
mathématique ou physique quelconque.
Cela peut paraître évident pour certains mais parfois
moins pour d'autres et il était visiblement utile de préciser
cela car c'est souvent utilisé dans les chapitre de relativité et
physique quantique.
Indiquons et démontrons maintenant deux propriétés intuitivement évidente
des dérivées et qui nous seront plusieurs fois indispensables pour
certaines démonstrations sur ce site (comme par exemple dans
le chapitre de méthodes numériques ou ici même...).
Considérons d'abord deux nombres réels et f une
fonction à valeurs réelles continue sur [a,b] et
dérivable sur ]a,b[ telle que .
Alors nous voulons démontrer qu'il existe bien évidemment au moins
un élément c de ]a,b[ tel que (c'est
typiquement le cas des fonctions polynômial!).
Cette propriété est appelée "théorème de Rolle" et
donc explicitement elle montre qu'il existe au moins un élément
où la dérivée de f est nulle si en la parcourant nous revenons à la
même valeur des images pour deux valeurs distinctes des abscisses,
c'est-à-dire qu'il existe au moins un point où la tangente est
horizontale.
Démonstration:
Si f est constante, c'est immédiat...
Dans le cas contraire, comme f est continue sur l'intervalle
fermé borné [a,b] elle admet au moins un minimum
global ou maximum global compte tenu que nous nous basons sur l'hypothèse
que et
que f n'est pas constante. L'extrema est atteint en un point c appartenant à l'intervalle
ouvert ]a,b[ (le fait de prendre l'intervalle ouvert permet
dans certains cas d'éviter d'avoir un extrema à nouveau en a ou
en b).
Supposons comme premier cas que f(c) est maximum
global. La dérivée de la fonction f entre c et un
deuxième point ont alors un signe connu.
Pour h strictement positif et tel que c+h appartienne à l'intervalle
[a,b] :
(10.10)
En considérant la limite quand h tend vers 0, le nombre
dérivé est
négatif.
Pour h strictement négatif et tel que c+h appartienne à l'intervalle
[a,b] :
(10.11)
En considérant la limite quand h tend vers 0, le nombre
dérivé f '(c) est
positif.
Au bout du compte, la dérivée de f est nulle au point c.
La démonstration est analogue si f(c) est un minimum
global, avec les signes des dérivées qui sont les opposés.
C.Q.F.D. Maintenant, considérons deux réels et f(x)
une fonction continue sur [a,b] et dérivable sur
]a,b[. Alors, nous nous proposons de montrer qu'il
existe au moins un réel tel
que :
(10.12)
Ce qui peut aussi s'écrire sous la forme suivante :
(10.13)
avec .
Géométriquement cela signifie qu'en au moins un point c du
graphe de la fonction f(x), il existe une tangente
de coefficient directeur :
(10.14)
Graphiquement cela donne :
. 
(10.15)
Démonstration:
Nous avons d'abord :
(10.16)
car la pente de h(x) est bien évidemment et
comme lorsque nous
devons avoir f(a) il
s'ensuit donc la relation donnée précédemment.
Ensuite, pour démontrer qu'un tel point c existe, l'idée
est de rapporter les deux points a et b à la même
ordonnée ce qui en fait nous ramène au théorème de Rolle et pour
cela, nous définissons une fonction g par :
(10.17)
qui est telle que effectivement ... et
en l'occurrence égal à 0 (mais cette valeur importe peu). Dès lors,
le théorème de Rolle vu précédemment nous indique qu'il existe
un point entre a et b où la dérivée de g(x)
est nulle tel que .
Et en constatant que :
(10.18)
nous obtenons :
(10.19)
Soit après simplification :
(10.20)
C.Q.F.D.
Puisque le terme de gauche représente un accroissement
fini du terme de droite, alors ce résultat est appelée "théorème
des accroissements finis" (TAF).
A l'aide de ce petit théorème et des outils mathématiques introduits
précédemment, nous pouvons construire un petit théorème fort utile
et puissant en physique.
Définition: Nous appelons "règle de L'Hôpital" (également
appelée "règle
de l'Hospital" ou "règle de Bernoulli") utilise
la dérivée dans le but de déterminer les limites difficiles à calculer
de la plupart des quotients et qui apparaissent souvent en physique.
Démonstration:
Considérons deux fonctions f(x) et g(x)
et telles que alors
nous pouvons écrire:
(10.21)
Alors selon la définition de la dérivée:
(10.22)
C.Q.F.D.
Nous pouvons généraliser ce résultat initialement basé sur la
contrainte .
Démonstration:
Rappelons donc que selon le théorème des accroissements finis,
si f(x) est dérivable sur un intervalle ]a,b[
et continue sur [a,b] alors il existe un réel c dans
l'intervalle [a,b] tel que:
(10.23)
Si le théorème se vérifie pour deux fonctions satisfaisant aux
mêmes contraintes alors nous avons deux fonctions telles que:
et
(10.24)
Si g'(c) est
non nul nous avons alors tout à fait le droit d'écrire le rapport
(certains appellent cela le "théorème
des accroissements fini généralisé"...) :
(10.25)
ce qui sans perdre en validité tant que c est dans l'étau
[a,x] peut s'écrire:
(10.26)
Ainsi, lorsque ce
qui implique que l'étau [a,x] se referme et donc nous
avons:
(10.27)
Ainsi, nous venons de prouver quand dans la démonstration précédente
de la règle de l'Hôpital la relation:
(10.28)
que nous avions est vraie en toute généralité et qu'il n'est
pas nécessaire que soit
vrai pour que le résultat soit juste!
C.Q.F.D.
DIFFÉRENTIELLEs
Nous avons indiqué
précédemment ce qu'était un différentiel d.
Mais il existe en fait plusieurs types de sortes de différentielles
d'une fonction (remarquez que nous distinguons le genre masculin
et féminin du terme) :
1.
Les différentiels
2.
Les différentielles partielles
3.
Les différentielles totales exactes
4.
Les différentielles totales inexactes
Rappelons
que nous appelons "différentiel df"
d'une fonction f
à une variable
la relation donnée par (voir texte précédent) :
(10.29)
Cependant, pour exprimer
l'effet d'un changement de toutes les variables d'une fonction f
de plusieurs variables, nous devons utiliser un autre
type de différentiel que nous appelons la "différentielle
totale" (dérivée en deux sous-familles : différentielle totale
exacte et différentielle totale inexacte).
Soit par exemple, une fonction
f(x, y)
des deux variables x et y. L'accroissement df
de la fonction f, pour un accroissement fini de x
à
et de y à
est :
(10.30)
que nous pouvons aussi écrire
:
(10.31)
ou encore:
(10.32)
Pour des accroissements infiniment
petits de x et y :
(10.33)
Intéressons nous dès
lors aux deux termes au passage à la limite:
et (10.34)
Le premier terme de gauche,
nous le voyons, ne donne finalement que la variation en x
de la fonction f(x, y)
en ayant y constant sur la variation. Nous notons cela dès
lors (si la connaissance des variables constantes est triviale,
nous ne les indiquons plus) :
(10.35)
et de même :
(10.36)
Les deux expressions :
et
(10.37)
sont ce que nous appelons
des "différentielles partielles".
Il vient dès lors
:
(10.38)
qui est la "différentielle
totale exacte" de df. Il est important de se rappeler de
la forme de cette relation que nous retrouverons partout dans des
opérateurs particuliers en physique, dans la mécanique
des fluides, dans la thermodynamique, etc.
Remarque: De la même manière, pour une fonction
de plus de deux variables, par exemple f(x, y, z),
la différentielle totale df est:
(10.39)
Dans l'équation ci-dessus, la différentielle df
a été calculée à partir de l'expression
de la fonction f. Puisqu'il existe une fonction f
qui vérifie l'expression de df, la différentielle
df est dite alors aussi "totale
exacte".
Profitons pour faire une indication importante sur l'utilisation
des dérivées partielles par les physiciens (et donc dans les nombreux
chapitres y relatifs du site). Nous avons vu plus haut que si f
dépend de deux variables x, y nous avons toujours
:
(10.40)
et s'il ne dépend que d'un variable nous avons alors :
(10.41)
et alors :
(10.42)
raison pour laquelle les physiciens mélangent allègrement les
deux notations...
Maintenant, il faut cependant savoir qu'il existe également
des différentielles totales exactes, qu'aucune fonction
ne vérifie. Dans ce cas, nous parlons de "différentielle
totale inexacte" et pour déterminer si une
différentielle
totale est exacte ou inexacte, nous utilisons les propriétés
des dérivées partielles (cas très important en thermodynamique!!!).
Soit la forme différentielle
:
(10.43)
où M(x,y)
et N(x,y)
sont des fonctions des variables x et y. Si dz
est une différentielle totale exacte, alors :
(10.44)
Il faut donc que :
et (10.45)
ou encore, en effectuant
une seconde dérivation, que:
et
(10.46)
Avant de continuer, nous avons besoin d'un résultat donné par
le
"théorème de Schwarz" qui
s'énonce de la manière suivante :
Soit
une fonction f, si :
(10.47)
sont continues
alors nous avons (il faut vraiment vérifier que ce soit
le cas!) :
(10.48)
pour tout où U
est le domaine de définition où f est
continue (et donc dérivable).
Démonstration:
Nous considérons l'expression :
(10.49)
Posons :
et
(10.50)
Nous avons
alors :
(10.51)
Par le théorème
des accroissements finis :


(10.52)
avec
En reprenant les définitions de g
et w
nous obtenons :


(10.53)
en appliquant
à nouveau le théorème des accroissements finis
aux deux membres entre parenthèses nous trouvons :


(10.54)
avec
Pour finir :
(10.55)
et par continuité
lorsque ,
nous avons :
(10.56)
Plus simplement écrit
:
(10.57)
C.Q.F.D.
Par récurrence
sur le nombre de variables nous pouvons démontrer le cas
général (c'est long mais c'est possible, nous le
ferons si besoin il y a...).
Donc finalement pour en revenir
à notre problème initial, nous avons donc :
(10.58)
Ce qui nous donne finalement
:
(10.59)
C'est donc la condition que doit
satisfaire une différentielle totale pour être une
différentielle
totale exacte et la condition qu'elle ne doit pas satisfaire pour
être une différentielle totale inexacte!!!
Afin de ne pas confondre
les deux types de différentielles, nous utilisons le symbole
pour représenter une différentielle totale inexacte
et d pour une différentielle totale
exacte. La distinction est extrêmement importante car seules
les différentielles
totales exactes ont une intégrale qui ne dépend
que des bornes d'intégration (puisque toutes les variables
changent en même temps) :
mais (10.60)
Autrement dit, la variation
d'une fonction dont la différentielle est totale exacte,
ne dépend pas du chemin suivi, mais uniquement des états
initiaux et finaux. Nous appelons une telle fonction qui satisfait
à une différentielle totale exacte, une "fonction
d'état",
c'est-à-dire une fonction dont la valeur ne dépend
que de l'état présent et futur, et non de son histoire.
Cette distinction est très
importante et particulièrement en thermodynamique où
il convient de déterminer si une quantité physique
est une différentielle totale exacte (une "fonction d'état"
donc) ou non afin de savoir comment évoluent les systèmes.
Exemple:
Un exemple important de forme différentielle en thermodynamique,
est le travail
élémentaire d'une
force exercée sur un corps en mouvement dans le plan Oxy,
nous avons :
(10.61)
et
ne dérivent pas nécessairement d'un même potentiel
U(x,y)
tel que :
(10.62)
est
donc une différentielle totale inexacte!
DÉRIVÉES
USUELLES
Nous
allons démontrer ici les dérivées les plus fréquentes (une petite
trentaine) que nous puissions rencontrer en physique théorique et
mathématique ainsi que certaines de leurs propriétés.
La liste est pour l'instant non exhaustive mais les démonstrations
étant généralisées, elles peuvent s'appliquer à un grand nombre
d'autres cas (que nous appliquerons/rencontrerons tout au long de
ce site).
1.
Dérivée de :
Partons
d'abord d'un cas particulier, la dérivée de :
Soit
donc a un réel
quelconque fixé, alors:
(10.63)
Le nombre dérivé en a de
la fonction cube est donc .
Nous pouvons généraliser
ce résultat pour tout entier naturel
positif ou négatif n et
nous allons voir que la fonction f définie
sur par
est
dérivable et que sa dérivée f' est
définie par .
(10.64)
Ainsi,
nous avons (quelques exemples peuvent êtres utiles pour comprendre
la portée de ce résultat):
(10.65)
Nous voyons donc qu'en ayant déterminé la dérivée d'une fonction
de la forme ,
nous avons également déterminé la dérivée de toute
fonction qui est mise sous cette forme tel que:
et
(10.66)
Cependant,
les fonctions:
(10.67)
ne
sont pas dérivables en
puisque la fonction n'y est plus définie (division par zéro). De
plus, en ce qui concerne la fonction comportant la racine (puissance
non entière), la dérivée n'est pas définie dans .
Cependant,
le résultat précédent donne un résultat intéressant pour les fonctions
constantes telle que:
(10.68)
il
n'est alors pas difficile de déterminer la dérivée qui vaut simplement:
(10.69)
Donc la dérivée de toute fonction constante est nulle (il est important
de se souvenir de ce résultat quand nous étudierons
les propriétés des intégrales) !!!
2.
Dérivée de la fonction f(x)=cos(x):
Soit
donc a un réel
quelconque fixé, alors (attention! il est utile de connaître les
relations trigonométriques remarquables que nous démontrons dans
le chapitre de trigonométrie dans la section de géométrie):
(10.70)
Puisque:
(10.71)
Effectivement,
rappelons que la fonction sin(x) est
assimilable (visuellement et mathématiquement) à une droite de
fonction
au
voisinage de .
Donc
pour résumer:
(10.72)
3.
Dérivée de la fonction f(x)=sin(x) :
Soit donc a un
réel quelconque fixé, alors (attention! il est utile de connaître
les relations trigonométriques remarquables que nous démontrons
dans le chapitre de trigonométrie dans la section de géométrie):
(10.73)
Donc
pour résumer:
(10.74)
4.
Dérivée de la fonction :
La dérivée de la fonction
est
égale à ,
c'est-à-dire si :
(10.75)
alors:
(10.76)
Démonstration:
Si est
l'accroissement de la fonction pour
un accroissement correspondant de
la variable x, alors :
(10.77)
et nous pouvons écrire :
(10.78)
Multiplions et divisons par
x l'expression
figurant dans le membre droit de la dernière égalité :
(10.79)
Désignons la quantité par
.
Il est évident que quand
tend vers zéro pour un x
donné. Par conséquent :
(10.80)
Or, nous retrouvons ici une autre provenance historique de la
constante d'Euler (cf. chapitre d'Analyse
Fonctionnelle)
où :
(10.81)
Ainsi :
(10.82)
C.Q.F.D.
Une cas particulier important
est le cas où a=e.
Nous avons alors :
(10.83)
5. Dérivée d'une somme de
fonctions :
Soient u et
v deux
fonctions. La fonction somme est
dérivable sur tout intervalle où u et
v sont
dérivables, sa dérivée est la fonction s' somme des fonctions dérivées
u' et v' de
u et
v.
Ce résultat se généralise
pour une somme d'un nombre quelconque fixé de fonctions.
Démonstration:
Soit a un réel fixé et u et
v deux fonctions définies et dérivables en a:
(10.84)
Donc la dérivée d'une somme est la somme des dérivées.
C.Q.F.D.
6. Dérivée d'un produit de fonctions :
Soient u et v deux fonctions. La
fonction produit est
dérivable sur tout intervalle où u et v sont
dérivables, sa dérivée première est la fonction p' telle
que :
(10.85)
Démonstration:
Soit a un réel fixé et u et v deux fonctions définies et dérivables
en a:
(10.86)
Nous rajoutons à cette dernière
relation deux termes dont la somme est nulle tel que:

(10.87)
C.Q.F.D.
Mais il existe une formulation plus générale
que la dérivée première d'un produit :
Considérons pour cela toujours nos deux fonctions u et
v, n fois dérivables sur un intervalle I.
Alors le produit uv est n fois dérivable sur I et
:
(10.88)
et ceci constitue la "formule de Leibniz"
que nous avons utilisé dans le chapitre de calcul algébrique pour
l'étude des polynômes de Legendre (qui nous sont eux-mêmes indispensables
pour l'étude de la chimie quantique).
La démonstration de la formule est très proche de celle fait
pour le binôme de Newton (cf. chapitre de
Calcul Algébrique).
Démonstration:
Soit :
(10.89)
D'autre part :
(10.90)
La formule est ainsi bien initialisée.
La démonstration se fait par récurrence. Ainsi, le but est de
montrer que pour que
si :
(10.91)
alors :
(10.92)
Nous avons donc :
(10.93)
Nous allons procéder à un changement de variable dans la première
somme pour ne plus avoir le terme en k+1. Nous posons pour
cela :
(10.94)
Si nous revenons à la lettre k, nous avons donc :
(10.95)
Nous avons donc :
(10.96)
Nous voulons réunir les deux sommes. Pour cela, nous écartons
les termes en trop dans chacun d'elles :
(10.97)
Ce qui donne donc :
(10.98)
D'après la formule de Pascal (cf. chapitre
de Probabilités), nous avons :
(10.99)
Donc :
(10.100)
Or :
(10.101)
Donc :
(10.102)
C.Q.F.D.
7. Dérivée d'une fonction composée :
Soit la fonction composée
de
deux fonctions u et
g dérivables,
la première en u(x),
la seconde en x,
la fonction dérivée f' est
définie par ,
c'est-à-dire :
(10.103)
Démonstration:
Soit a un réel fixé et u une
fonction définie et dérivable en a et g une
fonction définie et dérivable en u(a) :
(10.104)
posons ,
nous avons alors:
(10.105)
continuons notre développement
précédent:

(10.106)
C.Q.F.D.
Donc
la dérivée d'une fonction composée est donnée par la dérivée
de la fonction multipliée par la "dérivée
intérieure". Par ailleurs, ce type de dérivation est très important
car souvent utilisé en physique sous la dénomination de "dérivation
en chaîne".
Voyons de quoi il s'agit. La dernière relation obtenu peut être écrite
sous une autre forme si nous posons et :
(10.107)
Ce qui peut s'étendre à des cas plus compliqués par exemple si alors
:
(10.108)
8.
Dérivée d'une fonction réciproque :
Si
la fonction f est
continue, strictement monotone sur un intervalle I,
dérivable sur I,
alors la fonction réciproque est
dérivable sur l'intervalle f(I) et
admet pour fonction dérivée:
(10.109)
En
effet, nous pouvons écrire :
(10.110)
C'est-à-dire
(application identité) :
(10.111)
Par
application de la dérivation des fonctions composées:
(10.112)
d'où:
(10.113)
Pour
une variable x,
nous poserons pour la dérivée de la fonction réciproque:
(10.114)
10. Dérivée de la fonction
arccos(x)
:
En utilisant le résultat
précédent de la fonction réciproque, nous pouvons calculer la dérivée
de la fonction arccos(x) :
(10.115)
11. Dérivée de la fonction
arcsin(x) :
En utilisant le résultat
précédent de la fonction réciproque, nous pouvons calculer la dérivée
de la fonction arcsin(x) :
(10.116)
12. Dérivée d'un quotient
de deux fonctions :
La fonction est
dérivable sur tout intervalle où les fonctions u et
v sont
dérivable et où la fonction v est
non nulle et:
(10.117)
Démonstration:
La fonction f peut être considérée
comme le produit de deux fonctions : la fonction u et
la fonction 1/v.
Une produit de deux fonctions est dérivable si chacune d'elle est
dérivable, il faut donc que la fonction u soit dérivable
et que la fonction 1/v soit
également dérivable ce qui est le cas quand v est dérivable
non nulle.
(10.118)
C.Q.F.D.
13. Dérivée
de la fonction tan(x)
:
Par définition (cf. chapitre de Trigonométrie)
nous avons :
(10.119)
et en appliquant donc la
dérivée d'un quotient vu précédemment,
nous avons :
(10.120)
ou encore :
(10.121)
14. Dérivée
de la fonction cot(x)
:
Par définition (cf. chapitre de Trigonométrie),
:
(10.122)
et donc (dérivée
d'un quotient à nouveau) :
(10.123)
ou encore :
(10.124)
15. Dérivée
de la fonction arctan(x)
:
Nous
utilisons les propriétés dérivées des
fonctions réciproques :
(10.125)
16. Dérivée
de la fonction arccot(x)
:
Selon la même méthode
que précédemment :
(10.126)
17. Dérivée
de la fonction :
Nous verrons lors de notre étude des méthodes numérique
(cf. chapitre de Méthodes Numériques)
que le "nombre d'Euler" peut être
calculé selon la série :
(10.127)
qui converge sur .
En dérivant terme à terme cette série qui converge,
il vient :
(10.128)
Ainsi l'exponentielle est sa propre dérivée. Ainsi,
nous pouvons nous permettre d'étudier les dérivées
de quelques fonctions trigonométriques hyperboliques (cf.
chapitre de Trigonométrie).
18. Dérivée
de la fonction sinh(x)
:
Rappel :
(10.129)
Donc trivialement :
(10.130)
19. Dérivée
de la fonction cosh(x)
:
Rappel :
(10.131)
Donc trivialement :
(10.132)
20. Dérivée
de la fonction tanh(x)
:
Puisque par définition
:
(10.133)
Donc en appliquant la dérivée
d'un quotient nous obtenons :
(10.134)
Ou encore :
(10.135)
21. Dérivée
de la fonction coth(x)
:
Rappel :
(10.136)
et donc :
(10.137)
22. Dérivée
de la fonction arcsinh(x)
:
Nous appliquons les propriétés
des dérivées des fonctions réciproques :
(10.138)
Or (voir à nouveau
le chapitre de Trigonométrie) :
(10.139)
et donc :
(10.140)
Etant donné que cosh
ne prend que des valeurs positives, nous avons :
(10.141)
Donc finalement :
(10.142)
23. Dérivée
de la fonction arccosh(x)
:
Nous appliquons les propriétés
des dérivées des fonctions réciproques :
(10.143)
Or selon la même méthode
que précédemment :
(10.144)
d'où :
(10.145)
Etant donné que
ne prend que des valeurs positives nous avons alors :
(10.146)
Donc :
(10.147)
24. Dérivée
de la fonction arctanh(x)
:
En appliquant les propriétés
des dérivées des fonctions réciproques) :
(10.148)
25. Dérivée
de la fonction arccoth(x)
:
En appliquant les propriétés
des dérivées des fonctions réciproques) si
:
(10.149)
26. Dérivée
de la fonction
:
Avec :
(10.150)
Donc (dérivée
d'une fonction composée) :
(10.151)
CALCUL
INTéGRAL
Nous
allons aborder ici les principes élémentaires et de base du calcul
intégral. La suite (avec plus de rigueur) viendra en fonction du
temps qui est la disposition des responsables du site.
INTéGRALE
DÉFINIE
Une valeur approchée
de l'aire sous une courbe peut être obtenue par un découpage
en n bandes rectangulaires verticales de même largeur.
En particulier on peut réaliser un encadrement de cette aire
à l'aide d'une somme majorante
et d'une somme minorante
pour un découpage donné.

(10.152)
Supposons
que le nombre n de bandes tende vers l'infini. Comme les
bandes sont de même largeur, la largeur de chaque bande tend
vers 0.
Si les sommes
et
ont toutes deux une limite lorsque, le nombre n de bandes,
tend vers l'infini, alors l'aire A sous la courbe est comprise
entre ces deux limites.
Nous avons
:
(10.153)
Si ces deux
limites sont égales, leur valeur est celle de l'aire sous
la courbe.
D'où
une première définition de l'intégrale définie
ou dite "intégrale de Riemann":
Soit un intervalle [a, b],
divisé en n parties égales, soit f
une fonction continue sur l'intervalle [a, b],
soit ,
la somme algébrique minorante et soit ,
la somme algébrique majorante. Nous appelons "intégrale
définie" de f, depuis a jusqu'à b,
notée :
(10.154)
le nombre A tel que
pourvu que cette limite existe. Si cette
limite existe, alors nous disons que f est "intégrable" sur
[a, b] et l'intégrale définie
existe.
Intuitivement,
il est évident que lorsque ,
nous étendons la définition ainsi :
(10.155)
Remarques:
R1. Pour
calculer l'aire majorante et l'aire minorante, il n'est pas nécessaire
que la largeur des sous-intervalles du découpage soit la
même partout.
R2. Le fait
de chercher cette limite s'appelle "calculer
l'intégrale".
R3. Les nombres
a et b sont appelés les "bornes
d'intégration",
a est la "borne inférieure", b est
la
"borne supérieure".
R4. D'autres
lettres que x peuvent être employées dans la
notation de l'intégrale définie. Ainsi si f
est intégrable sur [a, b],
alors
etc. C'est la raison pour laquelle la variable x de la définition
est dite "variable muette".
R5. Comme nous le verrons plus loin, il est essentiel de ne pas
confondre "intégrale définie" et "intégrale
indéfinie". Ainsi, une intégrale indéfinie,
notée est une fonction, ou, plus précisément, une famille
de fonctions appelées aussi "primitives de f" (voir
plus bas) alors qu'une intégrale définie, notée
est une constante.
INTéGRALE
INDÉFINIE
Nous avons vu précédemment lors de notre études des dérivées,
le problème suivant : étant donnée une fonction F(x),
trouver sa dérivée, c'est-à-dire la fonction:
(10.156)
Définition: Nous disons que la fonction F(x) est
une "primitive" ou "intégrale
indéfinie" de la fonction f(x) sur
le segment [a, b], si en tout point de ce
segment nous avons l'égalité .
Une autre
manière de voire le concept d'intégrale indéfinie
est de passer par le théorème fondamental du
calcul intégral (et différentiel) appelé aussi
parfois
"théorème fondamental de l'analyse" qui s'énonce
ainsi :
Soit f une fonction continue sur un intervalle fermé
[a, b].
P1. Si A est la fonction définie par
pour tout X dans [a, b], alors A
est la primitive de f sur [a, b] qui s'annule
en a.
P2. Si F est une primitive de f sur [a,
b], alors .
Démonstration:
Soit
la fonction :
(10.157)
Si f
est positive et
(la démonstration dans le cas où
est proposée similaire) et comme ,
nous pouvons nous représenter A(X) comme l'aire
sous la courbe de f depuis jusqu'à .

(10.158)
Pour démontrer
que A est une primitive de f , nous allons prouver
que .
Selon la définition
de la dérivée :
(10.159)
Etudions ce quotient: est
représentée par l'aire de la bande de largeur h,
prise en sandwich entre deux rectangles de largeur h.
Soit M
le maximum de f sur l'intervalle
et m le minimum de f sur ce même intervalle.
Les aires respectives des deux rectangles sont Mh et mh.
Nous avons
alors la double inégalité suivante :
(10.160)
Comme h est positif,
on peut diviser par h sans changer le sens des inégalités :
(10.161)
Lorsque
et si f est une fonction continue, alors M et m
ont pour limite f(X) , et le rapport:
(10.162)
qui
est compris entre m et M, a bien pour limite f(X).
Comme pour
tout X, ceci nous montre que la dérivée
de la fonction aire est f. Ainsi A est
une primitive de f. Comme ,
A est
bien la primitive de f qui s'annule en a.
C.Q.F.D.
Avant de commencer la démonstration de la deuxième
propriété du théorème fondamental,
donnons et démontrons le théorème suivant qui va nous
être indispensable : Si et sont
deux primitives de la fonction f(x) sur le segment
[a, b], leur différence est une constante (ce
théorème est très important en physique pour ce qui est de l'étude
de ce que nous appelons les "conditions
initiales").
Démonstration:
Nous avons
en vertu de la définition de la primitive :
(10.163)
pour .
Posons :
(10.164)
Nous pouvons écrire :
(10.165)
Il vient donc de ce que nous
avons vu pendant notre étude des dérivées que .
Nous avons alors:
(10.166)
C.Q.F.D.
Il résulte de ce théorème que si nous connaissons une primitive
quelconque F(x) de la fonction f(x),
toute autre primitive de cette fonction sera de la forme :
(10.167)
Donc finalement, nous appelons "intégrale
indéfinie" de la fonction f(x) et
nous notons :
(10.168)
toute expression de la forme où
F(x) est une primitive de f(x).
Ainsi, par convention d'écriture :
(10.169)
si et seulement si .
Dans ce contexte, f(x) est également appelée
"fonction à intégrer" et
f(x)dx, "fonction
sous le signe somme".
Géométriquement, nous pouvons
considérer l'intégrale indéfinie comme un ensemble (famille) de
courbes telles que nous passons de l'une à l'autre en effectuant
une translation dans le sens positif ou négatif de l'axe des ordonnés.
Revenons-en
à la démonstration du point (2) du théorème
fondamental de l'analyse :
Démonstration:
Soit F une primitive de f.
Puisque deux
primitives diffèrent d'une constante, nous avons bien:
(10.170)
ce que nous
pouvons écrire aussi:
(10.171)
pour tout X dans [a, b].
Le cas particulier
donne
et donc
et .
En remplaçant, nous obtenons :
(10.172)
Comme cette
identité est valable pour tout X de l'intervalle ,
elle est vraie en particulier pour .
D'où :
(10.173)
C.Q.F.D.
Remarque:
R1. Le théorème fondamental qui
montre le lien entre primitive et intégrale a conduit à utiliser
le même symbole pour écrire une primitive, qui est une fonction, et une intégrale,
qui elle, est un nombre.
R2. Nous avons également démontré dans le chapitre de Mécanique
Analytique comment calculer à l'aide d'une intégrale la longueur
d'une courbe dans le plan si la fonction f(x)
est explicitement connue.
Voici quelques propriétés
triviales de l'intégration qu'il est bon de se rappeler car souvent
utilisée ailleurs sur le site (si cela ne vous semble pas
évident, contactez-nous et nous le détaillerons) :
P1. La dérivée d'une intégrale
indéfinie est égale à la fonction à intégrer :
(10.174)
P2. La différentielle d'une
intégrale indéfinie est égale à l'expression sous le signe somme
:
(10.175)
P3. L'intégrale indéfinie
de la différentielle d'une certaine fonction est égale à la somme
de cette fonction et d'une constante arbitraire :
(10.176)
P4. L'intégrale indéfinie
de la somme (ou soustraction) algébrique de deux ou plusieurs fonctions
est égale à la somme algébrique de leurs intégrales (ne pas oublier
que l'on travail avec l'ensemble des primitives et non des primitives
particulières!):
(10.177)
Démonstration:
Pour démontrer cela nous allons prouver
que la dérivée du membre de gauche permet de trouver
le membre de droit et inversement (réciproque) à l'aides
des propriétés précédentes.
D'après P1 nous avons :
(10.178)
Vérifions s'il en est de
même avec le membre de droite (nous supposons connues les propriétés
des dérivées que nous avons démontrées au début de ce chapitre)
:
(10.179)
C.Q.F.D.
P5. Nous pouvons sortir un
facteur constant de sous le signe somme, c'est-à-dire :
(10.180)
Nous justifions cette égalité
en dérivant les deux membres (et d'après les propriétés des dérivées)
:
(10.181)
P6. Nous pouvons sortir
un facteur constant de l'argument de la fonction intégrée (plutôt
rarement utilisée) :
(10.182)
En effet, en dérivant les
deux membres de l'égalité nous avons d'après les propriétés des
dérivées :
(10.183)
P7. L'intégration d'une fonction
dont l'argument est sommé (ou soustrait) algébriquement est la primitive
de l'argument sommé (respectivement soustrait) :
(10.184)
Cette propriété ce démontre
également identiquement à la précédente à l'aide des propriétés
des dérivées.
P8. La combinaison des propriétés
P6 et P7 nous permettent d'écrire
:
(10.185)
P9. Soit f une fonction continue sur [a,b],
nous avons pour :

Ce théorème découle immédiatement de la définition de l'intégrale
indéfinie. F étant une primitive de f sur [a,b]
nous avons:

P10. Voilà une propriété
souvent utilisée dans le chapitre de Statistiques du site
(nous ne trouvons pas de moyen d'exprimer cette propriété par
le langage courant donc...) :

(10.186)
INTÉGRATION
PAR CHANGEMENT DE VARIABLES
Lorsque nous ne pouvons facilement déterminer la primitive d'une
fonction donnée, nous pouvons nous débrouiller par un changement
de variable astucieux (parfois même très subtile) à contourner la
difficulté. Cela ne marche pas à tous les coups (car certaines fonctions
ne sont pas intégrables formellement) mais il vaut la peine d'essayer
avant d'avoir recours à l'ordinateur.
A nouveau, nous ne donnons que la forme générale de la méthode.
C'est le rôle des professeurs dans les écoles d'entraîner les élèves
à comprendre et maîtriser ce genre de techniques. De plus, les chapitres
traitant des sciences exactes sur le site (physique, informatique,
astrophysique, chimie, ...) regorgent d'exemples utilisant cette technique
et servent ainsi implicitement d'exercices de style.
Soit à calculer l'intégrale
(non bornée pour l'instant) :
(10.187)
bien que nous ne sachions
pas calculer directement la primitive de cette fonction f(x) (en
tout cas nous imaginons être dans une telle situation) nous savons
(d'une manière ou d'une autre) qu'elle existe (nous ne traitons
pas encore des intégrales impropres à ce niveau).
La technique consiste alors
dans cette intégrale à effectuer le changement de variable :
(10.188)
où
est une fonction continue ainsi que sa dérivée, et admettant une
fonction inverse. Alors ,
démontrons que dans ce cas l'égalité :
(10.189)
est satisfaite.
Nous sous-entendons ici que
la variable t sera
remplacée après intégration du membre droit par son expression en
fonction de x.
Pour justifier l'égalité en ce sens, il suffit de montrer que les
deux quantités considérées dont chacune n'est définie qu'à une constant
arbitraire près ont la même dérivée par rapport à x.
La dérivée du membre gauche est :
(10.190)
Nous dérivons le membre droit
par rapport à x en
tenant compte que t est
une fonction de x.
Nous savons que :
(10.191)
Nous avons par conséquent
:
(10.192)
Les dérivées par rapport
à x des
deux membres de l'égalité de départ sont donc égales.
C.Q.F.D.
Bien évidemment, la fonction
doit être
choisie de manière à ce que nous sachions calculer l'intégrale
indéfinie figurant à droite de l'égalité.
Remarque: Il est parfois préférable de choisir le changement de
variable sous la forme au
lieu de car
cela à une large tendance à simplifier la longueur de l'équation
au lieu de l'allonger.
jacobien
Considérons un domaine
D du plan u,v limité par une courbe L.
Supposons que les coordonnées x,y soient des fonctions
des nouvelles variables u,v (toujours dans le cadre d'un
changement de variables donc) par les relations de transformations
:
(10.193)
où les fonctions
et
sont univoques, continues et possèdent des dérivées
continues dans un certain domaine D' que nous définirons
par la suite. Il correspond alors d'après les relations précédentes
à tout couple de valeurs u,v un seul couple de valeur
x,y et réciproquement.
Il résulte de ce qui
précède qu'à tout point
du plan Oxy correspond univoquement un point P'(u,v)
du plan Ouv de coordonnées u,v définies
par les relations précédentes. Les nombres v et
u seront appelées "coordonnées
curvilignes" de P
et nous verrons des exemples concrets et schématisé
de ceux-ci dans le chapitre de Calcul Vectoriel.
Si dans le plan Oxy
le point P décrit la courbe fermée L
délimitant le domaine D, le point correspondant décrit
dans le plan Ouv un certain domaine D'. Il correspond alors à tout
point de D' un point de D. Ainsi, les relations de
transformations établissent une correspondance biunivoque
entre les points des domaines D et D'.
Considérons maintenant
dans D' une droite .
En général, les relations de transformation lui
font correspondre dans le plan Oxy une ligne courbe (ou
inversement). Ainsi, découpons le domaine D' par
des droites et en
de petits domaines rectangulaires (nous ne prendrons pas en compte
dans la limite, les rectangles empiétant sur la frontière
de D'). Les courbes correspondantes du domaine D découpent
alors ce dernier en quadrilatère (définis par des
courbes donc). Evidemment, l'inverse est applicable.
Considérons dans le
plan Ouv le rectangle
limité par les droites :
(10.194)
et le quadrilatère
curviligne correspondant
dans le plan Oxy. Nous désignerons les aires de ces
domaines partiels également par
et .
Nous avons évidemment :
(10.195)
Les aires
et
peuvent êtres en générales différentes.
Supposons donc dans D
une fonction continue .
Il correspond à toute valeur de cette fonction du domaine
D la même valeur
(ce qu'il faut vérifier) dans D', où :
(10.196)
Considérons les sommes
intégrales de la fonction
dans le domaine D. Nous avons évidemment l'égalité
suivante :
(10.197)
Calculons ,
c'est-à-dire l'aire du quadrilatère curviligne dans le plan Oxy
:
Déterminons les coordonnes
de ses sommets :
(10.198)
Nous assimilerons dans le
calcul de l'aire du quadrilatère les arcs à des segments de droites parallèles. Nous remplacerons
en outre les accroissements des fonctions par leurs différentielles.
C'est dire que nous faisons abstraction des infiniment petits
d'ordre
plus élevé que
et .
Les relations précédentes deviennent alors :
(10.199)
Sous ces hypothèses, le quadrilatère curviligne
peut être
assimilé à un parallélogramme.
Son aire
est approximativement égale au double de l'aire du triangle
,
aire que nous pouvons calculer en utilisant les propriétés
du déterminant (comme nous le démontrerons dans
le chapitre d'Algèbre Linéaire, le déterminant
dans représente
un parallélogramme
alors que dans celui-ci
représente le volume d'un parallélépipède)
:
(10.200)
Tel que (c'est là
qu'il faut faire le meilleur choix pour que l'expression finale
soit la plus simple et la plus esthétique, nous procédons
par essais successifs et faisons enfin le choix ci-dessous)
:

(10.201)
Ainsi, nous avons :
(10.202)
Par conséquent :
(10.203)
Avec :
(10.204)
qui est la "matrice jacobienne" (alors
que son déterminant est appelé le "jacobien"
(tout court)) de la transformation de coordonnées de .
En appliquant exactement le même raisonnement pour ,
la matrice jacobienne s'écrit alors (en changeant un
peu les notations car sinon cela devient illisible):
(10.205)
Bref, à quoi cela
sert-il concrètement ? Eh bien revenons à notre relation
:
(10.206)
qui n'est finalement qu'approximative étant donné
que dans les calculs de l'aire
nous avons négligé les infiniment petits d'ordre supérieur.
Toutefois, plus les dimensions des domaines élémentaires
et
sont petites, et plus nous nous approchons de l'égalité.
L'égalité ayant finalement lieu quand nous passons
à la limite (finalement en maths aussi on fait des approximations...
hein !), les surfaces des domaines élémentaires tendant
vers zéro :
(10.207)
Appliquons maintenant l'égalité
obtenue au calcul de l'intégral double (nous pouvons faire
de même avec la triple bien sûr). Nous pouvons donc
finalement écrire (c'est la seule manière de poser
la chose qui a un sens) :
(10.208)
Passant à la limite,
nous obtenons l'égalité rigoureuse :
(10.209)
Telle est la relation de
transformation des coordonnées dans une intégrale
double. Elle permet de ramener le calcul d'une intégrale
double dans le domaine D au domaine D',
ce qui peut simplifier le problème.
De même, pour une intégrale
triple, nous écrirons :
(10.210)
Déterminons maintenant le Jacobien pour les systèmes
de coordonnées les plus courants (nous renvoyons à
nouveau le lecteur au chapitre de calcul vectoriel pour plus d'information
concernant ces systèmes) :
1. Coordonnes polaires
:
(10.211)
Comme r est toujours
positif, nous écrivons simplement :
(10.212)
2. Coordonnées cylindriques (cf. chapitre d'Algèbre Linéaire
pour le calcul du déterminant) :

(10.213)
Comme r est toujours positif, nous écrivons simplement
:
(10.214)
3. En coordonnées sphériques
(cf. chapitre d'Algèbre Linéaire
pour le calcul du déterminant) :

(10.215)
Comme est
toujours positif, nous écrivons simplement :
avec
(10.216)
INTéGRATION
PAR PARTIES
Lorsque nous cherchons à effectuer des intégrations, il est très
fréquent
que nous ayons à utiliser un outil (ou méthode de calcul) appelé
"intégration par parties".
Voici la démonstration de la validité de ce dernier.
Soit
f,g
deux applications de classe (dérivables
n
fois) de [a,b] dans
, alors (voir la version plus light dans la démo...) :
(10.217)
Démonstration:
Procédons par récurrence sur n.
Nous supposons la formule vraie pour n et nous la démontrons
pour n+1 :
(10.218)
Pour n=1 nous
retrouvons la formule bien connue et qui sera très très souvent
utilisée sur tout le site:
(10.219)
C.Q.F.D.
PRIMITIVES
USUELLES
Il existe en mathématique et en physique un grand nombre de primitives
ou de fonctions définies sur des intégrales que nous retrouvons
assez fréquemment (mais pas exclusivement). Comme dans n'importe
quel formulaire, nous vous proposons les primitives connues
mais
avec les démonstrations.
Cependant, nous omettrons
les primitives qui découlent déjà des dérivées que nous avons démontrées
plus haut.
Sinon voici déjà
une liste de quelques intégrales fréquentes (le lecteur
en rencontrera de toute façon bien d'autres - développées
dans les détails - lors de son parcours du site) :
1. Primitive de :
Par définition nous
avons donc :
(10.220)
Nous utilise le changement
de variable
et ainsi :
(10.221)
Donc :
(10.222)
2. Primitive de :
Par définition nous
avons donc :
(10.223)
Nous utilisons le changement
de variable
et :
(10.224)
Donc :
(10.225)
3. Primitive de :
Nous intégrons par
parties :
(10.226)
Si nous posons ,
ce qui nous donne ,
nous obtenons :
(10.227)
Donc :
(10.228)
4. Primitive de :
Nous intégrons à
nouveau par parties :
(10.229)
Si nous posons ,
( ),
nous obtenons :
(10.230)
Donc :
(10.231)
5. Primitive de
:
Nous intégrons encore une fois par parties :
(10.232)
Si nous posons ,
( ),
nous obtenons :
(10.233)
Donc :
(10.234)
6. Primitive de :
Encore une fois... nous intégrons par parties :
(10.235)
Si nous posons ,
( ),
nous obtenons :
(10.236)
Donc :
(10.237)
7. Primitive de avec :
Une
intégration par parties nous donne :
(10.238)
Donc :
(10.239)
Remarque: Une autre intégrale très importante
avec l'exponentielle en physique est celle que nous avions démontrée
lors de notre étude de la loi de Gauss-Laplace en statistiques
et probabilités (détermination de la moyenne).
8. Primitive de :
(10.240)
en intégrant par parties
nous trouvons :
(10.241)
Donc :
(10.242)
9. Primitive de avec :
Une intégration par parties nous donne :
(10.243)
Donc :
(10.244)
10. Primitive de
pour
:
(10.245)
Ainsi il vient :
(10.246)
Il vient :
et
(10.247)
d'où :
(10.248)
11. Primitive de :
Pour ( )
sachant que (voir les propriétés des logarithmes dans
le chapitre d'analyse fonctionnelle) :
(10.249)
nous avons en utilisant la
primitive de ln(x)
:
(10.250)
12. Primitive de :
Nous avons :
(10.251)
Nous utilisons le changement
de variable
et obtenons :
(10.252)
Donc :
(10.253)
13. Primitive de :
Nous avons donc :
(10.254)
Nous utilisons le changement
de variable
et obtenons:
(10.255)
Donc :
(10.256)
14. Primitive de
:
Nous intégrons par
parties :
(10.257)
Si nous posons ,
( )
nous obtenons :
(10.258)
Donc :
. (10.259)
15. Primitive de
:
Nous intégrons par
parties :
(10.260)
Si nous posons ,
ce qui nous donne ,
nous obtenons :
(10.261)
Donc finalement :
(10.262)
16. Primitive de
:
Nous intégrons par
parties :
(10.263)
Si nous posons ,
ce qui nous donne ,
nous obtenons :
(10.264)
Donc finalement :
(10.265)
17. Primitive de :
Nous intégrons par
parties :
(10.266)
Si nous posons ,
( )
nous obtenons :
(10.267)
Donc finalement :
(10.268)
18. Primitive de avec :
Posons .
Une intégration par partie donne :
(10.269)
en remplaçant
par
dans la dernière intégrale, nous obtenons :
(10.270)
et donc :
(10.271)
19. Primitive de avec :
Dans ce cas nous avons la formule de récurrence
(10.272)
qui se démontre de
la même façon que la relation de récurrence
précédente.
20. Primitive de
:
Sachant que ,
nous avons :
(10.273)
Donc :
(10.274)
21. Intégrale de :
Sachant que ,
nous avons :
(10.275)
Donc :
(10.276)
22. Primitive de :
En utilisant les relations
trigonométriques remarquables, nous avons :
(10.277)
Selon la primitive .
Donc :
(10.278)
23. Primitive de :
En utilisant encore une fois
les relations trigonométriques remarquables, nous avons :
(10.279)
Selon la primitive .
Donc :
(10.280)
24. Primitive de :
Nous faisons la substitution
( ).
Sachant que :
(10.281)
(cf. chapitre de Trigonométrie)
nous obtenons alors :
et
(10.282)
(selon la dérivée
de ).
Donc :
(10.283)
et :
(10.284)
25. Primitive de :
Sachant que
(cf. chapitre de Trigonométrie)
nous avons :
(10.285)
Nous faisons le changement
de variable
( )
:
(10.286)
(selon la primitive de ).
Donc :
(10.287)
26. Primitive de :
Nous faisons la substitution
( ).
Sachant que (cf. chapitre de Trigonométrie) :
(10.288)
nous obtenons :
et
(10.289)
(selon la dérivée
de arctan(x)).
Donc :
(10.290)
et :
(10.291)
27. Primitive de :
Nous faisons à nouveau la substitution (comme
précédemment). Nous trouvons alors:
(10.292)
et donc:
(10.293)
28. Primitive de :
Sachant que:
(10.294)
Nous avons alors:
(10.295)
En faisant le changement de variable:
avec
(10.296)
nous obtenons :
(10.297)
D'où:
(10.298)
29. Primitive de :
Par le même raisonnement que précédemment en utilisant le cosinus
nous obtenons:
(10.299)
30. Primitive de avec :
Posons :
(10.300)
Une intégration par partie donne (nous avons démontré lors des
dérivées usuelles que la primitive du sinus hyperbolique était
le cosinus hyperbolique):
(10.301)
en remplaçant par dans
la dernière intégrale, nous obtenons:
(10.302)
et donc :
(10.303)
Ainsi:
(10.304)
31. Primitive de avec :
Dans ce cas nous avons aussi la relation récurrence:
(10.305)
qui se démontre de la même façon que ci-dessus. Ainsi:
(10.306)
32. Primitive de :
Sachant que (démontré lors des dérivées usuelles) :
(10.307)
nous avons:
(10.308)
Donc:
(10.309)
33. Primitive de :
Sachant que (démontré lors des dérivées usuelles):
(10.310)
nous avons:
(10.311)
Donc :
(10.312)
34. Primitive de :
Nous avons en utilisant la primitive de :
(10.313)
Donc :
(10.314) .
35. Primitive de :
Nous avons en utilisant la primitive de :
(10.315)
Donc:

36. Primitive de :
Nous faisons la substitution:
avec
(10.316)
Nous obtenons en utilisant la dérivée arctanh(x):
(10.317)
et:
(10.318)
37. Primitive de :
Nous faisons la substitution:
avec
(10.319)
Nous obtenons en utilisant la dérivée arctan(x):
(10.320)
et donc:
(10.321)
38. Primitive de :
Nous faisons la substitution :
avec
(10.322)
Nous obtenons:
(10.323)
Nous obtenons donc la primitive :
(10.324)
39. Primitive de :
Nous faisons la substitution :
avec
(10.325)
Nous obtenons :
(10.326)
Nous obtenons donc la primitive:
(10.327)
40. Primitive de :
Nous faisons la substitution :
avec
(10.328)
Nous obtenons:
(10.329)
Or :
(10.330)
D'où:
(10.331)
Donc:
(10.332)
41. Primitive de :
Nous faisons la substitution habituelle:
avec
(10.333)
Nous obtenons:
(10.334)
Or :
(10.335)
D'où:
(10.336)
Donc:
(10.337)
42. Primitive de avec :
Une première intégration par parties donne:
(10.338)
Une deuxième intégration par parties donne:
(10.339)
d'où l'égalité :
(10.340)
Ainsi en redistribuant la relation précédente:
(10.341)
43. Primitive de avec :
Un raisonnement analogue à celui d'avant montre que :
(10.342)
44. Primitive de avec :
Une intégration par parties nous donne:
(10.343)
45. Primitive de avec :
Une intégration par parties nous donne:
(10.344)
46. Primitive de avec :
Nous avons la relation suivante:
(10.345)
Par suite:
(10.346)
Ainsi:
(10.347)
47. Primitive de avec :
Nous avons en utilisant le résultat précédent:
(10.348)
Donc:
(10.349)
48. Primitive de avec :
En faisant le changement de variable :
avec
(10.350)
Nous obtenons en utilisant la dérivée de arctan(x) :
(10.351)
49. Soit :
(10.352)
avec .
Nous avons:
(10.353)
Or cette
dernière intégrale se résout par parties:
(10.354)
Donc:
(10.355)
Que nous
retrouvons plus fréquemment dans la littérature sous la forme:
(10.356)
Identiquement
au développement suivant, nous avons pour (le signe change):
(10.357)
la
relation suivante:
(10.358)
Vous
pourrez trouver une application de ces deux primitives dans le
modèle
cosmologique newtonien de l'univers dans le chapitre d'Astrophysique!
50. Primitive de :
Nous avons en utilisant les primitives de (vu
avant) et (vu
plus haut):
(10.359)
51. Primitive de :
Nous avons en utilisant les primitives de (vu
avant) et (vu
plus haut):
(10.360)
52. Primitive de avec :
Nous pouvons sans perte de généralité supposer .
Remarquons que le domaine de définition de f est .
Dans un premier temps nous allons déterminer une primitive de f sur
l'intervalle .
Faisons le changement de variable:
(10.361)
avec donc:
(10.362)
où nous considérons la fonction avec
pour réciproque la fonction donnée
par (cf. chapitre de Trigonométrie):
(10.363)
Nous obtenons alors en utilisant la primitive de :
(10.364)
or (cf. chapitre de Trigonométrie) comme :
(10.365)
Donc:
(10.366)
et en utilisant un autre résultat du chapitre de Trigonométrie:
(10.367)
nous avons alors:
(10.368)
étant donné que les primitives sont données à une constant près,
nous pouvons écrire:
(10.369)
pour . F est
donc une primitive de sur .
53. Primitive de avec :
Nous pouvons sans perte de généralité supposer .
Remarquons que le domaine de définition de f est .
Nous faisons la substitution:
avec
(10.370)
Nous obtenons:
(10.371)
où nous avons utilisé la primitive de avec démontrée
plus haut. Or nous avons:
(10.372)
Donc:
(10.373)
et:
(10.374)
54. Primitive de avec :
Nous pouvons sans perte de généralité supposer .
Faisons le changement de variable:
(10.375)
avec donc:
(10.376)
Nous obtenons:
(10.377)
en ayant utilisé la primitive de démontrée
plus haut.
Ainsi:
(10.378)
Mais comme nous avons vu dans le chapitre de Trigonométrie:
(10.379)
et:
(10.380)
Donc:
(10.381)
55. Primitive de avec :
Nous pouvons sans perte de généralité supposer .
Nous faisons la substitution:
avec
(10.382)
Nous obtenons:
(10.383)
56. Primitive de avec :
Nous pouvons sans perte de généralité supposer .
Faisons le changement de variable:
avec
(10.384)
Nous obtenons de la même manière que précédemment:
(10.385)
Sachant que (cf. chapitre de Trigonométrie):
(10.386)
Nous obtenons la primitive:
(10.387)
qui est une primitive importante que nous retrouverons
en Mécanique Analytique et en Génie Civil.
FONCTION
DE DIRAC
La fonction de Dirac ou "fonction
delta" joue un rôle pratique très important aussi bien en électronique
et informatique qu'en physique quantique ondulatoire et physique
quantique des champs (cela permet de discrétiser un continuum).
Pour l'introduire simplement, considérons la fonction définie par:
(10.388)
La représentation de est
un rectangle de largeur a,
de hauteur 1/a et
de surface unité. La fonction de Dirac peut être considérée comme
la limite, lorsque de
la fonction f(x).
On a donc:
(10.389)
avec:
(10.390)
où est
un nombre plus grand que 0 aussi petit que nous le voulons. Pour
une fonction g(x) continue
en x=0 on
a:
(10.391)
Par extension nous avons
:
(10.392)
et pour une fonction g(x) continue
en :
(10.393)
Il est alors assez aisé de
définir la fonction de Dirac dans l'espace à 3 dimensions par:
(10.394)
FONCTION GAMMA D'EULER
Nous définissons
la fonction Gamma d'Euler (intégrale Eulérienne de deuxième espèce)
par l'intégrale suivante:
(10.395)
avec x appartenant à l'ensemble des nombres complexes
dont la partie réelle est positive et non nulle (donc les
réels
strictement positifs sont inclus dans le domaine de définition
aussi...)! Effectivement, si nous prenons des complexes avec une
partie réelle nulle ou négative, l'intégrale diverge et est alors
non définie!
Remarque: Nous
avons déjà rencontré cette intégrale et certaines de ses propriétés
(qui vont être démontrées ici) lors de notre étude
des fonctions de distribution Bêta,
Gamma, Khi-deux, Student et Fisher en statistiques (cf.
chapitre de Statistiques). Nous utiliserons également
cette intégrale en maintenance (cf.
chapitre de Techniques De Gestion), en théorie des
cordes (cf. chapitre de Théorie Des
Cordes) et dans d'autres domaines de l'ingénierie
(voir la section correspondante).
Voici un tracé graphique du module de la fonction Gamma
d'Euler pour x parcourant
un intervalle des nombres réels (attention dans Maple à bien
écrire GAMMA en majuscules!!!):
>with(plots):
>
plot(GAMMA(x),x=-Pi..Pi,y=-5..5);

(10.396)
et la même fonction tracée avec Maple
mais dans le plan complexe cette fois-ci et toujours avec en
ordonnée
le module de la fonction Gamma d'Euler:
>with(plots):
>plot3d(abs(GAMMA(x+y*I)),x=-Pi..Pi,y=-Pi..Pi,view=0..5, grid=[30,30],orientation=[-120,45],axes=frame,style=patchcontour);

(10.397)
Cette fonction
est intéressante si nous imposons que la variable x appartienne
aux entiers positifs et que nous l'écrivons sous la forme
suivante :
(10.398)
Intégrons par
partie cette dernière fonction:
(10.399)
Comme
la fonction exponentielle décroît beaucoup plus vite que nous
avons alors:
(10.400)
Dans la littérature,
nous retrouvons fréquemment les notations suivantes (qui
portent alors à confusion) :
(10.401)
Ce qui nous amène
à récrire le résultat sous une forme plus classique
:
(10.402)
De
la relation ,
il vient par récurrence
:
(10.403)
Or :
(10.404)
ce qui donne :
(10.405)
Donc:
(10.406)
ou autrement
écrit pour :
(10.407)
Un autre résultat intéressant de la fonction
gamma d'Euler est obtenu lorsque nous remplaçons t par et
calculons celle-ci pour .
D'abord, nous avons :
(10.408)
ensuite :
(10.409)
Or, comme nous l'avons démontré dans le chapitre
de statistiques lors de notre étude de loi de de Gauss-Laplace,
cette dernière intégrale vaut :
(10.410)
constante d'euler-MASCHERONI
Ce petit texte
fait juste office de curiosité relativement à la constante d'Euler
e et à presque tous les
outils de calcul différentiel et intégral que nous avons vu jusqu'à
maintenant. C'est un très joli exemple (presque artistique) de ce
que nous pouvons faire avec les mathématiques dès que nous avons
suffisamment d'outils à notre disposition.
De plus, cette
constante est utile dans certaines équations différentielles où
nous la retrouverons.
Nous avions
vu dans le chapitre d'analyse fonctionnelle que la constante d'Euler
e est définie par la limite :
(10.411)
Dans un cas
plus général nous pouvons très facilement démontrer de la même façon
que:
(10.412)
Cela suggère
évidemment:
(10.413)
par changement
de variable nous écrivons :

(10.414)

Pour transformer
cette expression nous pouvons écrire :
(10.415)
Or la quantité:
(10.416)
tend vers la
limite ,
appelée "constante d'Euler-Mascheroni" ou également "constante
Gamma d'Euler", lorsque
n
tend vers l'infini.
D'où:
(10.417)
Divisons chacun
des termes du produit par
l'entier correspondant pris dans n!,
nous obtenons donc:
(10.418)
|