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SPINORIEL
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Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
06.11.2009 20:28
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Définition: En mathématique, une "équation
différentielle" (E.D.) est une relation entre une
ou plusieurs fonctions inconnues et leurs dérivées jusqu'à l'ordre
n. "L'ordre" d'une
équation différentielle correspond au degré maximal de différentiation
auquel une des fonctions inconnues y a été soumise.
Par rapport à notre objectif d'essayer de voir comment
les mathématiques
décrivent la réalité, les équations
différentielles remportent
un franc succès, mais sont également la source de
bien des soucis. D'abord des difficultés de modélisation
(voir par exemple le système
d'équation différentielles de la relativité générale...),
des difficultés
de résolution (il n'existe pas de méthode générale!),
puis des difficultés proprement mathématiques, enfin
des difficultés liées
au fait que certaines équations différentielles ne
sont pas stables par nature et donnent des solutions chaotiques
(voir le chapitre
de dynamique des populations pour des exemples simples flagrants!).
Remarque: Les équations différentielles sont utilisées pour construire
des modèles mathématiques de phénomènes physiques et biologiques,
par exemple pour l'étude de la radioactivité ou la mécanique céleste.
Par conséquent, les équations différentielles représentent un immense
champ d'étude, aussi bien en mathématiques pures qu'appliquées
L'équation différentielle d'ordre n la plus générale peut
toujours s'écrire sous la forme :
(10.1)
Nous ne considérons sur ce site que le cas où x
et y sont à valeur dans .
Une solution à une telle E.D. sur l'intervalle est
une fonction (une
fonction qui
est n fois continûment dérivable) telle que pour
tout ,
nous ayons :
(10.2)
Remarques:
R1. Pour des raisons qui seront développés par la suite, nous
disons aussi "intégrer l'E.D." au lieu de "trouver
une solution à l'E.D.".
R2. Etant donné que tout le site internet est bourré d'exemples
d'équations différentielles et de méthodes de résolutions
dans les chapitres sur la mécanique, la physique atomique, la cosmologie,
l'économétrie, les suites et séries, etc., nous ne ferons
pas d'exemples ici et nous intéresserons donc qu'à l'aspect théorique
minimal.
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU 1ER ORDRE
Une équation différentielle du 1er ordre est donc une E.D. qui
ne fait intervenir que la première dérivée y'.
Définition: Une équation différentielle
du 1er ordre
est dite "E.D. d'ordre 1 à variables
séparées" si elle peut s'écrire sous la forme :
(10.3)
Une telle équation différentielle peut s'intégrer facilement.
En effet, nous écrivons :
(10.4)
Puis symboliquement :
(10.5)
Remarque: Nous écrivons ici explicitement la constante d'intégration
arbitraire (qui
est implicitement présente dans les intégrales indéfinies) pour
ne pas l'oublier!
Il s'agit donc d'abord de trouver des primitives F et G de f et
de g, et ensuite d'exprimer y en terme de x (et
de C) :
(10.6)
La constante d'intégration est fixée lorsqu'on demande que pour
un donnée,
nous ayons une valeur donnée de .
Nous parlons alors de "problème aux valeurs initiales".
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES
Définition: Une équation différentielle d'ordre n est
dite "E.D. linéaire" (E.D.L.)
si et seulement si elle est de la forme :
(10.7)
Avec :
(10.8)
Voyons maintenant une propriété qui peut sembler négligeable
du premier coup d'oeil qui va prendre de l'importance plus loin!
Nous allons montrer que L est une application linéaire
:
(10.9)
Et pour tout :
(10.10)
Définition: L'équation différentielle (c'est
la plus courante en physique) :
(10.11)
s'appelle "équation homogène"
(E.H.) ou "équation sans second membre" (ESSM) associée à :
(10.12)
Nous allons maintenant démontrer une propriété importantes des
E.H. : l'ensemble des
solutions de E.H. est le noyau de l'application linéaire L
(ce qui rappelons-le signifie : )
et l'ensemble {S} des solutions à est
donné par :
avec
(10.13)
c'est-à-dire que les solutions de la forme:
(10.14)
où est
une "solution particulière" de et la "solution
homogène",
parcourent toutes les solutions de l'E.D.
Démonstration:
La première affirmation sera supposée évidente.
En ce qui concerne la 2ème partie, toute fonction de
la forme est
solution de .
En effet c'est trivial et cela découle de la définition du concept
de noyau (cf. chapitre de Théorie Des Ensembles)
:
(10.15)
C.Q.F.D.
Ce qu'il est important aussi de comprendre avec
les E.D. linéaires avec second membre, c'est
que si nous trouvons des solutions à L(y)
avec un second membre donné et des solutions à la même E.D. avec
un autre second membre (différent!), alors la somme de toutes ces
solutions, sera solution de l'E.D. avec la somme des seconds membres!!!
Il existe de nombreuses manières de résoudre
les équations différentielles linéaires ou
non linéaires de manière exacte ou approchée.
Citons les quelques méthodes que nous analyserons plus
loin par l'exemple (mais qui se trouvent déjà de
nombreuses fois dans le chapitres de physique) :
- La méthode du polynôme caractéristique
(voir plus bas)
- La méthode des perturbations (voir plus
bas)
La méthode de variation de la constante ne sera
pas présentée car basée sur une hypothèse empirique elle est dangereuse
d'usage en physique!
MÉTHODE DU POLYNÔME CARACTÉRISTIQUE
La résolution des équations différentielles simples (à coefficients
constants et sans seconde membre la plupart du temps...) utilise
une technique faisant appel à un polynôme caractéristique de l'équation
différentielle
dont
nous verrons les détails dans les développements à suivre sur quelques
cas particuliers courants en physique.
C'est une méthode relativement simple à mettre en place lorsque
nous cherchons les solutions homogènes de l'équation sans second
membre (ESSM). Dans le cas contraire, celui de la présence d'un
seconde membre, nous additionnons les solutions de l'équation homogènes
aux solutions particulières.
RÉSOLUTION L'E.H. DE L'E.D.L. A COEFFICIENTS CONSTANTS
D'ORDRE 1
Considérons l'E.D.L. à coefficient constant suivante:
(10.16)
Nous écrivons son équation homogène associée:
(10.17)
Ce qui peut s'écrire:
(10.18)
d'où :
(10.19)
Il y a derrière cette solution homogène une infinité de solutions
: à chaque valeur donnée à C correspond une solution.
Il faut encore à cette solution homogène ajouter la solution particulière et
nous disposons pour cela d'une collection de recettes, qui dépendent
du type de la fonction f(x) du second membre de l'équation.
Nous les verrons au cas par cas dans les différents chapitres de
Physique.
RÉSOLUTION L'E.H. DE L'E.D.L. A COEFFICIENTS CONSTANTS
D'ORDRE 2
Considérons l'E.D.L. à coefficient constant suivante:
(10.20)
Nous écrivons son équation homogène associée:
(10.21)
dans laquelle la fonction second membre est nulle. Nous pouvons
immédiatement entrevoir une solution du type (en s'inspirant de
la forme des solutions des E.D. du 1er ordre):
(10.22)
où est
une constante.
Ce qui nous donne alors:
(10.23)
Ce que nous pouvons simplifier en:
(10.24)
Si notre hypothèse de départ est bonne, nous n'avons qu'à résoudre
en K cette "équation caractéristique" (ECAR)
ou "polynôme
caractéristique" de l'équation homogène pour trouver
la solution homogène:
(10.25)
dont les solutions dépendent du signe du discriminant du polynôme
caractéristique :
(10.26)
- Si le discriminant est strictement positif, soit :
Alors nous savons que le polynôme caractéristique possède deux
racines distinctes et nous avons alors:
(10.27)
où et .
Nous disons alors que la solution est "retardée" ou "avancée" selon
les valeurs de ces constantes. Mais l'essentiel est de remarque
que si est
solution, alors est
toujours solution!
Nous parlons alors de "solution générale de l'équation homogène".
Il y a derrière ce résultat une infinité de solutions : à chaque
valeur donnée aux constantes A, B correspond une
solution.
Les physiciens écrivent aussi parfois cela sous une forme particulière
en posant d'abord:
(10.28)
avec donc:
(10.29)
Et en utilisant les fonctions de trigonométrie hyperbolique
(cf. chapitre de Trigonométrie):
(10.30)
d'où finalement la possibilité d'écrire la solution homogène sous
la forme (lorsque nous omettons l'avance ou le retard )
:
(10.31)
Par ailleurs, montrons que les solutions de l'ESSM forment un
espace vectoriel de dimension 2 (correspond donc à l'ordre de notre
E.D.)!
En effet:
- La fonction zéro: est
solution de l'ESSM (ça c'est inutile à démontrer... évident!).
- La somme ou soustraction des solutions reste solution (ça nous
l'avons déjà démontré plus haut)
- Les éléments de la base de l'espace vectoriel (les solutions
de l'ESSM) sont linéairement indépendants (ça c'est intéressant
car nous en aurons besoin!).
Posons:
(10.32)
Alors:
(10.33)
Donc l'équation différentielle à coefficients constants :
(10.34)
s'écrit alors:
(10.35)
Donc nous avons bien une structure d'espace vectoriel.
Rappelons que inversement deux fonction sont linéaire dépendantes
si:
(10.36)
- Si le discriminant est nul, soit :
L'équation caractéristique possède une racine double réelle K.
En allant un peu vite nous dirons alors:
(10.37)
et que c'est fini... mais au fait ce serait oublié que la base vectorielle
doit être formée de deux solutions indépendantes!
Donc la deuxième solution est probablement de la forme:
(10.38)
Alors:
(10.39)
Si nous l'injectons dans l'ESSM:
(10.40)
alors:
(10.41)
Or :
(10.42)
Donc:
(10.43)
Donc finalement:
(10.44)
Ce qui donne pour la solution générale de l'ESSM:
(10.45)
- Si le discriminant est nul, soit :
L'équation caractéristique possède deux racines complexes conjuguées
(cf. chapitre d'Algèbre):
(10.46)
Dès lors:
(10.47)
Or, si nous cherchons plutôt des solutions réelles, nous pouvons
toujours poser A et B égaux tels que:
(10.48)
Et si nous posons que le retard, ou l'avance est nulle ( ),
alors nous retrouvons la relation disponible dans la plupart des
livres:
(10.49)
où A' et B' sont donc deux constantes réelles quelconques.
Il existe une autre forme importante à cette dernière relation
(souvent utilisée en électronique par exemple). Effectivement,
Il est possible, pour tout A' et B' réels,
de trouver C' et réels
tels que l'égalité suivante est vérifiée:
(10.50)
Nous posons:
(10.51)
alors:
(10.52)
Il est alors possible de trouver tel
que :
et
(10.53)
La quantité de départ s'écrit ainsi:
(10.54)
Finalement:
(10.55)
méthode RÉGULIÈRE DES PERTURBATIONS
Très fréquemment en physique (de pointe), un problème mathématique
ne peut pas être résolu de manière exacte. Si la solution est connue
il y a parfois une telle dépendance de paramètres que la solution
est difficile à utiliser en tant que tel.
Il peut être le cas, cependant, qu'un paramètre identifié, disons
par
tradition, tel que la solution est disponible est raisonnablement
simple pour .
Le souci ensuite est de savoir comme la solution est altérée pour
un non-nul
mais petit quand même. Cette étude est le centre de la théorie des
perturbations que nous utilisons par exemple dans le chapitre de
relativité générale pour calculer la précession du périhélie de
Mercure.
Comme la théorie dans le cadre général est trop complexe par rapport
aux objectifs du site, nous nous proposons une approche par l'exemple
d'abord avec une simple équation algébrique et ensuite
avec ce qui nous intéresse : une E.D.
THÉORIE PERTURBATIVE DES ÉQUATIONS ALGÉBRIQUES
Considérons l'équation polynômiale suivante :
(10.56)
Nous savons de par notre étude du chapitre d'analyse fonctionnelle,
que cette équation polynômiale admet deux racines qui sont trivialement
:
(10.57)
Pour petit,
ces racines peuvent être approximées par le premier terme en développement
de série de Taylor (cf. chapitre de Suites
Et Séries) :
(10.58)
La question et de savoir si nous pouvons obtenir les deux relations
précédentes sans à priori de connaissances sur la solution exacte
de l'équation polynômiale initiale? La réponse est bien évidemment
affirmative avec l'aide de la théorie des perturbations.
La technique se base en quatre étapes :
1. Dans la première étape, nous assumons que la solution de l'équation
polynômiale est un expression du type série de Taylor en .
Nous avons alors :
(10.59)
où sont
bien évidemment à déterminer.
2. Dans la deuxième étape, nous injectons la solution hypothétique
dans notre équation polynômiale :
(10.60)
Comme :

(10.61)
et :
(10.62)
Il vient finalement que l'équation polynômiale s'écrit :
(10.63)
3. Dans la troisième étape nous égalisons successivement les termes
avec 0 tel que :
(10.64)
4. Quatrième et dernière étape, nous résolvons successivement
les équations polynômiales ci-dessus pour obtenir :
(10.65)
En injectant ces résultants dans la solution hypothétique :
(10.66)
il est évident d'observer que nous retombons sur la solution certaine
:
(10.67)
THÉORIE PERTURBATIVE DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
La théorie des perturbations est aussi souvent utilisée pour résoudre
un bon nombre d'équations différentielles. C'est le cas par exemple
en mécanique des fluides, en relativité générale ou en physique
quantique.
A nouveau, plutôt que de faire une théorie ultra abstraite et
générale, voyons le concept sur un exemple tel que précédemment.
Considérons l'équation différentielle suivante :
(10.68)
ou autrement écrit :
(10.69)
avec les conditions aux limites .
La résolution exacte est relativement facile à obtenir:
D'abord
nous commençons par l'équation homogène :
(10.70)
C'est donc une équation différentielle linéaire d'ordre 2 avec
des coefficients constants, équation qu'il est relativement aisé
de résoudre dans le cas général. Soit l'équation :
(10.71)
Supposons que la fonction y qui satisfait cette équation
différentielle soit de la forme où
K peut être un nombre complexe. Nous avons alors :
ou
(10.72)
pourvu, bien sûr, que .
Cette dernière relation est donc l'équation quadratique auxiliaire
de l'équation différentielle (polynôme caractéristique). Elle
a deux solutions/racines (c'est une simple résolution d'un polynôme
du deuxième degré) que nous noterons dans le cas général : .
Ce qui signifie que :
et
(10.73)
est satisfait pour les deux racines. Si nous faisons la somme
puisque les deux sont égales à la même constante :
(10.74)
Ainsi, il est immédiat que la solution générale de l'équation
homogène de y est du type :
(10.75)
où A, B sont bien évidemment des constantes à déterminer.
Nous résolvons maintenant le polynôme caractéristique :
(10.76)
Il vient immédiatement que :
(10.77)
Donc :
(10.78)
Maintenant une solution particulière à :
(10.79)
est relativement trivialement une solution du type :
(10.80)
où B est bien évidemment une constante à déterminer et
qui vaut simplement une fois injectée dans l'équation différentielle
:
(10.81)
Soit :
(10.82)
D'où finalement la solution générale :
(10.83)
Ensuite, avec les conditions initiales il
est très facile de trouver A :
(10.84)
et :
(10.85)
Il est loisible de choisir que .
Donc :
(10.86)
Maintenant que nous avons la solution générale, si est
petit nous pouvons prendre le développement d'ordre 4 en série
de MacLaurin de l'exponentielle (cf. chapitre
de Suites Et Séries). Tel que :
(10.87)
Injecté dans y cela donne :
(10.88)
Maintenant que nous avons ce développement, ce que nous souhaitons
montrer c'est qu'à partir d'un développement perturbatif nous pouvons
retrouver le même résultat en série et ce sans aucune connaissance
préalable sur la solution.
A nouveau, le développement pour cela ce fait en 4 étapes :
1. Dans la première étape, nous assumons que la solution de l'équation
différentielle est un expression du type série de Taylor en .
Nous avons alors :
(10.89)
où sont
bien évidemment à déterminer.
2. Dans la deuxième étape, nous injectons la solution hypothétique
dans notre équation différentielle dans celle-ci avec les conditions
initiales et nous développons le tout.
D'abord l'équation différentielle :
(10.90)
ensuite les conditions initiales :
(10.91)
3. Dans la troisième étape nous égalisons successivement les termes
avec 0 tel que :
(10.92)
4. Dans la quatrième étape nous résolvons les équations
différentielles
listées précédemment (si vous ne voyez pas comment nous les résolvons
n'hésitez pas à nous contacter!) :
(10.93)
En injectant ces relations dans la solution supposée développée
en série de Taylor et injectée dans l'équation différentielle :
(10.94)
Nous retombons sur :
(10.95)
SYSTÈMES D'ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES
Voyons maintenant des développements qui vont aussi bien être
utiles en physique quantique que dans la résolution de systèmes
d'équations différentielles (et particulièrement une qui est connue
en théorie du chaos!).
Avant cela, il va nous falloir introduire le concept d'exponentialisation
d'une matrice:
L'ensemble des matrices à coefficients
dans noté est
un espace vectoriel pour l'addition des matrices et la multiplication
par un scalaire. Nous notons I la matrice identité.
Nous admettrons qu'une suite de matrices convergent
vers une matrice A si et seulement si les suites de coefficients
des matrices convergent
vers les coefficients correspondent de A.
Exemple:
Dans la
suite de matrices:
(10.96)
converge vers:
(10.97)
lorsque .
Si ,
nous avons vus lors de notre étude des nombres complexes (cf.
chapitre sur les Nombres) que la série:
(10.98)
converge et sa limite est notée .
En fait ici il n'y a aucune difficulté à remplacer x par
une matrice A puisque nous savons (nous l'avons montré lors
de notre étude des nombres complexes) que tout nombre complexe
peut s'écrire
sous la forme suivante (le corps des nombres complexes est donc
isomorphe au corps des matrices réelles carrées de
dimensions 2 ayant cette forme):
(10.99)
et qu'un nombre complexe au carré est équivalent à mettre sa
forme matricielle au carré:
(10.100)
Effectivement:
(10.101)
Nous définissons alors l'exponentielle d'une matrice comme
la matrice limite de la suite:
(10.102)
Si la matrice A est diagonale il est évident que son exponentielle
est facile à calculer. En effet, si:
(10.103)
Par suite:
(10.104)
Or, il apparaît évident qu'une matrice non diagonale va être
beaucoup plus compliquée à traiter! Nous allons alors utiliser
la technique de diagonalisation soit une réduction des endomorphismes
(cf. chapitre d'Algèbre Linéaire).
Alors, remarquons que si est
inversible et si alors:
(10.105)
Ceci découle du fait que (penser au changement de base d'une
application linéaire comme ce qui a été étudié dans le chapitre
d'Algèbre Linéaire):
(10.106)
Donc:
(10.107)
Ce développement va nous permettre de ramener le calcul de l'exponentielle
d'une matrice diagonalisable à la recherche de ses valeurs propres
et de ses vecteurs propres.
Exemple:
Calculons où:
(10.108)
Les valeurs propres de A sont , et
les vecteurs propres associés sont:
(10.109)
Effectivement:
et
(10.110)
En posant:
(10.111)
Nous avons:
(10.112)
avec:
(10.113)
Par conséquent:
(10.114).
Maintenant, rappelons que dans le cas des nombres réels nous
savons que si alors .
Dans le cas des matrices nous pouvons que si sont
deux matrices qui commutent entre-elles c'est-à-dire telles que .
Alors .
La condition de commutativité vient au fait que l'addition dans
l'exponentielle est elle commutative. La démonstration est donc
intuitive.
Un corollaire important de cette proposition est que pour toute
matrice , est
inversible. En effet les matrices et commutent,
par conséquent:
(10.115)
Nous rappelons qu'une matrice à coefficients
complexes est unitaire si:
(10.116)
La proposition suivante nous servira par la suite.
Montrons que si A est une matrice hermitienne (dite aussi "autoadjointe")
(cf. chapitre d'Algèbre Linéaire) alors pour tout , est
unitaire.
Démonstration:
(10.117)
Donc:
(10.118)
C.Q.F.D.
Rappelons que cette condition pour une matrice autoadjointe
est liée à la définition de groupe unitaire d'ordre n (cf.
chapitre d'Algèbre Ensembliste).
Une des premières applications de l'exponentielle de matrices
est la résolution des équations différentielles ordinaires. En
effet, de l'équation différentielle linéaire ci-dessous avec comme
condition initiale et
où A est une matrice :
(10.119)
la solution est donnée (cf. chapitre de
Calcul Différentiel et
Intégral) par:
(10.120)
Nous retrouvons fréquemment ce genre de systèmes d'équations
différentielles en biologie (dynamique des populations), en astrophysique
(étude des plasmas) ou en mécanique des fluides (théorie du chaos)
ainsi que mécanique classique (systèmes couplés), en astronomie
(orbites couplées), en électrotechnique, etc.
Exemple:
Supposons que nous ayons le système d'équations différentielles
suivant:
(10.121)
La matrice associée est alors:
(10.122)
et son exponentielle (voir les développements faits plus haut):
(10.123)
La solution
générale du système est donc:
(10.124)
Nous avons donc:
(10.125)
Après recherche des constantes nous trouvons:
(10.126)
ce qui nous donne finalement:
(10.127)
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