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ASTRONOMIE | ASTROPHYSIQUE | RELATIVITÉ RESTREINTE
RELATIVITÉ GÉNÉRALE | COSMOLOGIE | THÉORIE
DES CORDES
| 49.
RELATIVITÉ RESTREINTE |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
30.10.2009 17:09
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Nous avons toujours considéré jusqu'à maintenant
lors de tous nos développements que les interactions (relations
de cause à effet) entre les corps se faisaient instantanément, ainsi
que l'observation d'un phénomène avait lieu instantanément après
que celui-ci soit. Or, deux physiciens (Michelson et Morley) au
cours d'une expérience découvrirent quelque chose qui allait changer
radicalement toute la physique classique : la vitesse (célérité)
de la lumière était invariante (constante) quelque soit le mouvement
que l'on avait par rapport à elle !
Cette observation
est d'autant plus importante que nous savons que c'est la lumière
qui nous permet de percevoir et de ressentir les choses. Il
convient
également de prendre en considération que le champ électrostatique
et magnétique sont comme nous l'avons vu en physique quantique
des champs (voir chapitre du même nom)
véhiculés par le vecteur d'interaction qu'est le
photon qui se déplace à la vitesse finie de la lumière c.
Cette constatation
nous permet aussi de supposer que le champ gravitationnel finalement
a aussi un vecteur d'interaction (qui serait le "graviton"
dont l'existence semble prouvée indirectement) qui se propage à
la vitesse de la lumière. Il convient dès lors de prendre en compte
cette non-instantanéité et les conséquences que cela entraîne
dans les phénomènes observés pour déterminer finalement ce qui
est réellement
que de ce qui semble être.
Avant de nous
attaquer aux calculs, il convient de définir un petit peu ce qui
va être étudié dans ce chapitre.
Définition: La "relativité restreinte"
est une théorie confinée aux référentiels inertiels isolés
(galiléens),
c'est-à-dire à l'étude de référentiels animés d'un
mouvement rectiligne uniforme (inertiels). La raison sera donnée
lors de l'énoncé du principe de relativité restreinte
(voir plus bas).
Remarques:
R1. Restreindre
l'étude à des référentiels inertiels
n'empêche bien évidemment
pas qu'à l'intérieur de ceux-ci les corps peuvent êtres
animés
d'une vitesse uniforme ou non!
R2. La relativité générale a pour rôle de prendre en compte des
référentiels non inertiels et dans n'importe quel système de coordonnées
en faisant usage de la puissance du calcul tensoriel pour être applicable
dans n'importe quel type d'espace (autre que plat donc !).
La relativité
restreinte se base principalement sur trois concepts très importants
:
1. Le postulat
d'invariance (de la vitesse de la lumière).
2. Le principe
cosmologique (voir plus bas)
3. Le principe
de relativité restreinte (voir plus bas)
Il convient
aussi de prévenir le lecteur que nous allons utiliser
ici beaucoup de concepts vus dans les chapitres d'algèbre
linéaire,
calcul tensoriel, trigonométrie hyperbolique, calcul différentiel
et intégral, mécanique analytique, mécanique
classique, électrostatique, magnétostatique et électrodynamique.
Il est fortement conseillé d'avoir parcouru ces différents
sujets au risque de décrocher dans la lecture de ce
qui va suivre.
principes
et postulats
Les lois physiques expriment
des relations entre des grandeurs physiques fondamentales. Si les
lois physiques sont invariantes par changement de référentiel
galiléen
comme nous l'avons vu en mécanique classique, il n'en est pas forcément
de même des grandeurs physiques. Ces dernières peuvent se transformer
d'un référentiel galiléen à un autre selon une loi de transformation
simple comme nous l'avons vu au chapitre de Mécanique Classique.
Il en est de même en relativité restreinte mais nous devons
maintenant prendre en compte ce que nous avions négligé lors
de notre des transformations de Galilée : l'intervalle de
temps entre deux événements n'est pas
le même pour deux observateurs si la vitesse de la lumière est
finie ! (trivial)
postulat
d'invariance
Des mesures
de laboratoire (expérience de Michelson-Morley comme nous en avons
fait mention) ont, depuis fort longtemps, montré que la vitesse
c
mesurée par un référentiel inertiel (en ligne droite et à
vitesse constante) est bien constante quelque soit sa vitesse d'entraînement.
Nous devons alors postuler la propriété suivante :
Postulat
d'invariance : la vitesse
de la lumière (vecteur de transport de l'information) ne peut ni
s'ajouter, ni se soustraire, à la vitesse d'entraînement du référentiel
dans lequel nous la mesurons (plus clairement cela signifie que
quelque soit la vitesse à laquelle vous vous déplacerez vous mesurerez
toujours la vitesse de lumière comme valant c
numériquement constant et fini!).
Corollaire
: le principe de relativité Galiléen (cf.
chapitre de Mécanique
Classique) selon ce postulat est complètement mis à défaut
et il nous faut alors développer une nouvelle théorie qui prend
en compte cette propriété de la lumière
Remarque: Il est important de noter que nous considérons
que la lumière est dans le cadre actuel de la relativité restreinte,
le messager de l'information d'un corps sur un autre !!!
principe
cosmologique
Nous supposons que notre
position dans l'Univers est typique, non seulement dans l'espace
comme l'affirme le modèle standard de l'Univers (cf.
chapitre d'Astrophysique), mais aussi dans le temps.
Ainsi, un astronome situé dans une galaxie
éloignée doit observer les mêmes propriétés générales de l'Univers
que nous, qu'il ait vécu un milliard d'années plus tôt, ou qu'il
l'observe dans un milliard d'années.
En
fait, il est relativement naturel d'aller plus loin et d'énoncer
que : l'Univers présente le même aspect en chacun de ses
points, c'est-à-dire qu'il est homogène. Cette homogénéité s'énonce
donc sous la forme du "principe
cosmologique".
Ce
principe ne repose pas sur les observations, si fragmentaires par
rapport à la démesure du cosmos qu'elles ne sauraient permettre
d'établir sa validité. Il constitue bien un présupposé à toute étude
physique de l'Univers. Sa raison d'être tient à son caractère,
indispensable
à toute cosmologie scientifique, et peut-être à une certaine réaction
par rapport à l'ancienne vision géocentrique ou héliocentrique
: il est supposé désormais qu'aucun lieu n'est
privilégié
dans le cosmos !
principe de
relativité restreinte
Rappelons (cf. chapitre de Mécanique Classique)
que les transformations galiléennes nous disent qu'aucun référentiel
ne peut être considéré comme un référentiel absolu puisque les
relations entre les grandeurs physiques sont identiques dans
tous les référentiels
galiléens ("principe de relativité galiléen"). Le mouvement
galiléen est donc relatif.
Au 20ème siècle les physiciens
constatèrent qu'une importante catégorie de phénomènes physiques
violait le principe de relativité galiléen : les phénomènes
électromagnétiques.
En appliquant les transformations
galiléennes aux équations de Maxwell nous obtenons
un jeu d'équations
différent selon que l'observateur se trouve dans un référentiel
fixe ou un référentiel mobile.
Effectivement, nous avons
montré dans le chapitre d'Électrodynamique que l'équation
de propagation du champ électrique ou magnétique
s'écrivait
sous la forme :
(49.1)
où
représente l'un quelconque des deux champs.
Nous avions aussi vu dans le chapitre de Mécanique
Classique qu'un facteur important de la validité d'une théorie
était l'invariance de l'expression de ses lois sous une
transformation galiléenne (transformée de Galilée)
en posant :
(49.2)
Nous avons également
montré dans le chapitre de Calcul Différentiel Et
Intégral que la différentielle totale d'une fonction
s'écrivait (exemple à deux variables) :
(49.3)
Soit :
(49.4)
Ce qui nous amène
simplement à écrire :
(49.5)
Après élimination
de f et en utilisant le théorème de Schwarz (cf.
chapitre de Calcul Différentiel et Intégral):
(49.6)
Si nous écrivons de
même avec le temps :
(49.7)
Enfin de compte la transformation
galiléenne de l'équation d'onde censée avoir
une forme invariante devient :
(49.8)
La forme de l'équation
d'onde a donc été complètement altérée
par la transformation. Au fait, nous savons que cela est dans un
sens normal. Effectivement, après tout le champ magnétique,
créer par des charges en mouvement disparaît quand
nous utilisons un référentiel en mouvement avec les
charges (ou inversement). Cependant, les champs électrique
et magnétique ne se transforment pas correctement sous les
transformations Galiléennes.
Pour fixer la situation,
suite à ces deux exemples, nous avons trois hypothèses
:
H1. Les équations
de Maxwell sont fausses. Les équations correctes restent
à être découvertes et devront être invariantes
sous une transformation Galiléenne.
H2. L'invariance Galiléenne
est valide pour la mécanique mais pas pour l'électromagnétisme
(c'est la solution historique avant Einstein, un "éther"
détermine l'existence d'une sorte de référentiel
absolu où les équations de Maxwell ne changent pas)
H3. L'invariance Galiléenne
est fausse. Il y a une invariance plus générale, qu'il
reste à découvrir, qui préserve la forme des
équations de Maxwell. La mécanique classique doit
être reformulée telle qu'elle soit invariante sous
cette nouvelle transformation.
Remarque: Il s'avère que les deux premières hypothèses
sont exclues par les faits expérimentaux.
Albert Einstein n'admettait
pas la violation du principe de relativité galiléenne
par l'électromagnétisme.
De son point de vue il fallait au contraire le généraliser à toutes
les lois physiques.
Il postula donc que les lois physiques devaient être identiques
dans tous les référentiels galiléens ce qui
implique, implicitement, que du point de vue des lois physiques,
il n'est pas possible de
distinguer un référentiel galiléen d'un autre.
Ce résultat
est plus fréquemment formulé sous la forme qu'au
référentiel
n'est privilégié. Ce principe fut baptisé "principe
de relativité". En effet, cette relativité est étant
restreinte aux cas des référentiels galiléens
(dit aussi "référentiels
inertiels") exclusivement.
En d'autres termes, les lois
physiques doivent rester inchangées après un changement de référentiel.
Il nous faut donc déterminer les nouvelles transformations
adéquates qui se substitueront aux transformations galiléennes.
Dans le cas des référentiels non galiléens
les référentiels ne sont plus indiscernables. Effectivement,
imaginons une personne se trouvant dans un train se déplaçant
à une certaine vitesse constante et une autre personne sur
la terre ferme chacun pourra dire c'est l'autre qui est en mouvement
(relatif) et ce indistinctement. Par contre, si le train se met
à accélérer, bien que les deux individus puissent
dire que c'est l'autre qui accélère, seulement celui
qui est dans le train ressentira l'effet de cette accélération....
ainsi les référentiels ne sont plus indistinguables.
Einstein abolit ainsi aussi l'idée qu'il existe un point
de référence absolu qui ne bouge pas et par rapport
auquel on peut définir un temps absolu, une longueur absolue
ou une masse absolue. On peut cependant définir un point
de référence privilégié pour tout objet
dans l'univers. Celui-ci est le référentiel se déplaçant
à la même vitesse et dans la même direction que
l'objet en question. Le temps mesuré dans ce référentiel
privilégié est minimal et est appelé le "temps
propre". Similairement, la dimension de l'objet y est
maximale, c'est sa "dimension propre",
et sa masse y est minimale, c'est sa "masse
au repos".
Transformations
de Lorentz
Pour
que soit possible l'invariance de c
(postulat d'invariance), nous devons admettre que le
temps ne s'écoule pas de la même manière pour l'observateur immobile
O que pour l'observateur O'
dans un référentiel en translation uniforme en x (soit
un référentiel inertiel) à vitesse relative (le terme
"relative" est important!) v (attention ! la vitesse
relative entre les référentiels est souvent notée
u dans la littérature).
Remarque: Ce cas particulier de dispositions des référentiels
dans lesquels les axes d'espaces sont parallèles amènent à ce
que nous appelons les "transformations
de Lorentz pures" ou "transformations
de Lorentz spéciales" et le déplacement relatif
selon un axe particulier est souvent appelée un "boost".
Pour étudier
le comportement des lois physique, nous devons alors nous munir
de deux horloges qui donnent t et t'
(le référentiel qui contient son horloge/instrument de mesure
est appelé "référentiel propre")
Mettons en place
l'expérience imaginaire suivante :
Lorsque les
observateurs O et O'
sont superposés, nous posons t=0 et t'=0 et nous émettons
un flash lumineux dans la direction d'un point A repéré par
r et r' :

(49.9)
Il est évident
que lorsque le flash arrivera en A, l'observateur O
mesurera un temps t et O'
un temps t'.
L'observateur
O conclut dès lors :
(49.10)
L'observateur
O'
lui, conclut :
(49.11)
Étant donne
que le déplacement de O'
ne se fait qu'en x, nous avons pour les deux observateurs
:
(49.12)
De plus, si la trajectoire
du rayon lumineux se confond dans Ox, nous avons :
(49.13)
Ce qui nous donne dès
lors
et d'où
:
et
(49.14)
Ce deux relations sont donc
égales (nulles) en tout x, x', t, t'
entre les deux observateurs. Ce sont les premiers "invariants
relativistes" (valeurs égales quelque soit le référentiel)
que retrouvons sous une forme plus généralisée
lorsque qu'appliquée à tout l'espace:
(49.15)
Il convient
maintenant de se rappeler, que dans le modèle classique (relativité
galiléenne), nous aurions écrit que la position du point A
pour l'observateur O à partir des informations données par
O'
serait et
réciproquement (cf. chapitre de Mécanique
Classique) tel que :
(49.16)
Dans le modèle
relativiste, nous devons par contre admettre que le temps t
qui est en relation avec x n'est pas le même que t' qui
est en relation avec x'
parce que le principe de relativité oblige (sinon quoi il
serait donc impossible d'expliquer l'invariance de la vitesse de
la lumière) !
Nous sommes
alors amenés à poser la relation précédente sous la forme suivante
:
(49.17)
où serait
une valeur numérique à déterminer.
De plus, si
,
nous devons aussi pouvoir exprimer t'
comme fonction de t et de x
sous la même similaire :
(49.18)
Résumons la
forme du problème :
(49.19)
à déterminer .
Et ensuite :
(49.20)
à déterminer : a,b.
Nous cherchons alors à déterminer la relation permettant de connaître
la valeur des coefficients ,
a,b qui satisfont simultanément:
et
(49.21)
Donc, avec les
trois dernières relations, nous obtenons :
(49.22)
Distribuons
:
(49.23)
Pour satisfaire
la relation:
(49.24)
Il faut que
:
(1)
(2)
(3)
(49.25)
Il est facile
de résoudre (2) :
(49.26)
Nous introduisons
alors ce résultat dans (1) et (3) et nous arrivons à :
(1')
(2')
(49.27)
Si nous divisons
(1') par (2'), nous obtenons :
(49.28)
et en introduisant
ce dernier résultat dans la relation ,
nous obtenons le résultat remarquable suivant:
(49.29)
que nous notons
souvent :
(49.30)
et que nous
appelons "facteur de Michelson-Morley"
avec :
(49.31)
En introduisant
également :
(49.32)
dans :
(49.33)
nous obtenons
:
(49.34)
Posons maintenant (afin d'être
à compatible avec les notations d'usage) :
(49.35)
avec
.
QUADRIVECTEUR
DÉPLACEMENT
Nous en tirons
les relations de "transformation de Lorentz"
pour passer des valeurs mesurées par O' et celles
mesurées par O et inversement :
(49.36)
qui ont par
ailleurs comme propriété d'être covariantes
(se traduisent comme par des relations ayant même structure
lors d'un changement de référentiel Galiléen).
Remarque: Si v est beaucoup plus petit que c nous
retrouvons la transformation de Galilée.
Nous pouvons aussi écrire
les dernières relations sous la forme (le lecteur remarquera
que les unités de tous les termes à gauche de l'égalité sont
toutes identiques- il s'agit à chaque fois d'une distance!) :
(49.37)
Nous pouvons alors mettre
les transformations de Lorentz des coordonnées et du temps sous
la forme matricielle (cf. chapitre d'Algèbre
Linéaire)
traditionnelle suivante qui définit la "matrice
de Lorentz" ou de "matrice
de Lorentz-Poincaré":
(49.38)
et réciproquement
:
(49.39)
ce qui donne
:
(49.40)
sous forme indicielle cela
est plus fréquemment noté :
(49.41)
ce qui sous forme tensorielle
s'écrit :
ou
(49.42)
Il s'agit de la forme traditionnelle chez les physiciens de l'expression
de changement de référentiel localement inertiel par une transformation
de Lorentz.
Remarque: Nous retrouvons le tenseur (la matrice) de transformation
de Lorentz dans certains ouvrages sous la forme condensée voir
parfois ou
encore
.
Le vecteur :
(49.43)
est appelé le "quadrivecteur
d'espace-temps" ou encore "quadrivecteur
déplacement".
Remarquons que puisque :
(49.44)
la transformation
par la matrice
conserve donc la norme. En termes, géométriques il s'agit donc
d'une isométrie.
INVARIANCE
DE L'ÉQUATION D'ONDE
Maintenant que nous avons
déterminé les transformations de Lorentz, nous pouvons
contrôler si l'équation d'onde est invariante relativement
à ces dernières (rappelons que nous avons démontré
plus haut qu'elle n'était pas invariante à une
transformation Galiléenne).
Partant de la transformation
de Lorentz écrite en clair :
(49.45)
nous calculons les dérivées
partielles par rapport à x et t (l'expression
après la deuxième égalité ayant été démontrée plus haut dans ce
chapitre):
(49.46)
Ces relations peuvent aussi
s'écrire :
(49.47)
Au carré :
(49.48)
Dans les équations
de Maxwell, ou plutôt dans l'équation de propagation
du champ électrique ou magnétique dans le vide,
nous avons montré (cf. chapitre
d'Électrodynamique) que
l'opérateur suivant apparaissait :
(49.49)
En substituant les expressions
différentielles précédentes :
(49.50)
Nous avons donc bien :
(49.51)
qui montre qu'une transformation
de Lorentz laisse invariant cet opérateur (Jackpot!).
Nous avons donc obtenu ce que nous cherchions!
interprétation
hypergéometrique
Revenons maintenant à
nos transformations de Lorentz. Rappelons que nous nous sommes restreints
au cas particulier où les axes d'espaces étaient parallèles
(ce qui nous avait amené à définir le terme
"transformations de Lorentz pures"). Cette configuration spéciale
a une propriété géométrique intéressante
dont parfois dont de nombreux ouvrages font usage.
Voyons de quoi il s'agit
:
Nous avons vu dans le cadre
des transformations de Lorentz des longueurs que nous avions une
transformation spéciale (boost) que selon l'axe Ox,
ayant pour les autres composantes .
Ce qui nous permet tout à fait de réduire la matrice
de transformation que nous
avions à une matrice
plutôt que
comme nous l'avions obtenu plus haut :
(49.52)
Les propriétés
A, B, C, D de ses composantes sont telles que :
(49.53)
La première relation
peut être mise en relation avec une des relations remarquables
de la trigonométrie hyperbolique (cf.
chapitre de Trigonométrie)
tel que :
et
(49.54)
la deuxième qu'il
existe tel que :
et
(49.55)
Remarque: Le choix du signe "-" pour C et B sont
utiles car comme nous avons toujours
(de même pour
qui est strictement positif) cela nous imposera à la fin
des calculs d'avoir .
Dès lors, comme
et
la seule manière pour que C (ainsi que B) puisse
être négatif c'est de mettre un "-".
La troisième donne
alors la relation d'addition remarquable :
(49.56)
et donc
que nous noterons plus simplement .
Ce qui valide les relations :
(49.57)
Finalement les transformations
de Lorentz spéciales de vitesse v suivant l'axe X
peuvent aussi s'écrire :
(49.58)
ce qui nous amène
à écrire :
et (49.59)
La quantité
(sans dimensions) est appelée "rapidité"
par ceux qui l'utilisent en physique des hautes énergies.
Nous nous arrêterons ici en ce qui concerne l'étude
géométrique de la relativité restreinte trouvant
que cela à de moins en moins d'intérêt de procéder
ainsi (bien que ce soit fort sympathique).
QUADRIVECTEUR
VITESSE
Nous pouvons de même
déterminer les transformations de Lorentz des vitesses. Considérons
une particule en mouvement dans un référentiel inertiel
O' tel qu'au temps t', ses coordonnées sont
x', y', z'. Dès lors, les composantes de la vitesse
v' sont :
(49.60)
Quelles sont alors les composantes
dans la vitesse dans O (rappelons que O s'éloigne
à vitesse v) ?
A nouveau, nous écrivons
:
(49.61)
Nous pouvons différentier
les équations de transformation des composantes que nous
avons obtenus avant et ainsi pouvons écrire :
(49.62)
Dès lors, nous avons
:
(49.63)
et de même :
(49.64)
et :
(49.65)
Et comme la vitesse constante
du référentiel O' est donné par ,
nous avons alors :
(49.66)
et inversement :
(49.67)
Dans la limite de la mécanique
classique, où la vitesse de la lumière était
supposée comme instantanée et donc ,
nous avons :
(49.68)
qui sont les transformations
de Galilée telles que nous les avons vues en mécanique
classique.
Comme nous pouvons le voir,
les transformations des vitesses ne suivent pas trop la forme de
la matrice de Lorentz que nous avions déterminé plus
haut pour les coordonnées. Les physiciens, n'aimant pas ce
qui est inhomogène, ont cherché à avoir les
mêmes transformations pour les deux.
Ainsi, reprenons les relations
de transformation des vitesses et récrivons les tels que
ci-dessous :
(49.69)
Ces relations peuvent s'écrire
différemment si nous calculons :
(49.70)
Soit en simplifiant un peu
:
(49.71)
Posons :
(49.72)
et :
(49.73)
et :
(49.74)
Avec cette notation, la relation
:
(49.75)
s'écrit :
(49.76)
En procédant de même
pour chacune des composantes, nous aurons au total :
(49.77)
et nous avons atteint ici
notre objectif d'homogénéisation qui nous permet d'écrire
si nous posons
:
(49.78)
ce qui sous forme tensorielle
s'écrit :
ou
(49.79)
Le vecteur :
(49.80)
est quant à lui appelé
le "quadrivecteur vitesse".
QUADRIVECTEUR
COURANT
Nous avons défini
naturellement lors de notre introduction du tenseur du champ électromagnétique
(cf. chapitre d'Électrodynamique)
le quadrivecteur courant :
(49.81)
que nous pouvons écrire
:
(49.82)
Dès lors, en considérant
comme la densité de charge dans le référentiel
propre se déplaçant à la vitesse v par
rapport au référentiel O'. Du fait de la contraction
des longueurs dans la direction de la vitesse, le volume occupé
par une charge donnée sera multipliée par le facteur
de sorte que :
(49.83)
qui n'est d'autre que le
"quadrivecteur courant" où
nous retrouvons le quadrivecteur vitesse déterminé
précédemment.
QUADRIVECTEUR
ACCÉLÉRATION
Ayant obtenu
précédemment une quadrivecteur vitesse transformable
à l'aide de la matrice de Lorentz cherchons aussi l'équivalent
pour l'accélération. Le quadrivecteur accélération
s'exprime naturellement comme la dérivée par rapport
au temps propre de la quadrivitesse tel que:
(49.84)
Remarque: Attention!! Si le lecteur a compris les développements
jusqu'à maintenant, l'accélération que nous
cherchons à calculer est celle d'un objet accéléré
dans un des référentiels en mouvement relatif par
rapport à un autre (ce ne sont donc pas les référentiels
qui sont en mouvement accéléré ici!!).
Il faudra d'abord que le lecteur admette (nous le
démontrons cependant un peu plus loin) que :
(49.85)
Dès lors, nous avons :
(49.86)
Si nous introduisons l'accélération
ordinaire
nous voyons que :
(49.87)
alors :
(49.88)
En utilisant la relation (cf.
chapitre de Calcul Vectoriel) :
(49.89)
nous trouvons que le quadrivecteur accélération
peut être écrit :
(49.90)
Le
vecteur :
(49.91)
est
appelé "quadrivecteur accélération"
et se transforme donc aussi à l'aide de la matrice de Lorentz.
Nous voyons que si
et
cette dernière relation se simplifie en :
(49.92)
Nous retrouvons
donc l'accélération classique.
En utilisant
la métrique de Minkowski (voir sa définition plus
loin), notée
calculons la norme du quadrivecteur accélération :
(49.93)
Remarque: Il faut bien comprendre que quand nous écrivons
il s'agit dans ce cas implicitement de la somme du carré
des composantes du calcul entre la parenthèse.
Et comme :
(49.94)
nous rassemblons cela :
(49.95)
Maintenant, nous développons la somme
de la grosse parenthèse qui devient dès lors :
(49.96)
Nous simplifions :
(49.97)
d'où :
(49.98)
Or, nous avons la relation :
(49.99)
et la propriété du produit vectoriel
:
(49.100)
Ce qui nous donne finalement :
(49.101)
Imaginons maintenant un objet avec un mouvement
relatif uniformément accéléré
(accélération constante) dans notre propre référentiel.
Si nous supposons notre référentiel fixe, nous avons
.
Dès lors :
(49.102)
In extenso, si le mouvement accéléré
ne se fait que le long d'une seule composante :
(49.103)
Or, nous avons aussi :
(49.104)
Donc finalement, nous pouvons écrire :
(49.105)
Ce qui après intégration donne :
(49.106)
Nous voyons que la vitesse u n'atteint jamais c alors
que la force est toujours la même!
Nous avons donc :
(49.107)
ce qui nous donne :
(49.108)
Après réarrangement, nous écrivons
cela :
(49.109)
Nous sommes bien loin de la relation du mouvement
uniformément accéléré que nous avions
en mécanique classique. Cependant, pour t proche
de zéro, nous retrouvons la relation de la mécanique
classique en prenant le développement de Taylor au deuxième
ordre de la racine (cf. chapitre Suites
Et Séries) :
(49.110)
Cependant,
ceci ne nous donne pas les relations de transformations de composantes
de l'accélération sous une forme simple. Voyons donc
comment les obtenir.
Rappelons d'abord
que nous avions obtenu pour la vitesse :
(49.111)
Il vient en les différentiant :
(49.112)
et donc :
(49.113)
Rappelons maintenant que nous avions démontré
que :
(49.114)
en différenciant il vient :
(49.115)
d'où finalement :
(49.116)
et pour les composantes y, z :
(49.117)
et donc :
(49.118)
Donc finalement :
(49.119)
Rappelons que ces relations s'appliquent lorsque les
mouvements des référentiels sont de translation uniforme!
Addition
relativiste des vitesses
Comme la vitesse
de la lumière est une vitesse supposée indépassable nous
venons maintenant à nous demander quelle sera alors finalement
la vitesse d'un objet lancé à une vitesse proche de celle de
la lumière
(par exemple...) à partir d'un référentiel se déplaçant lui aussi
à une vitesse proche de la lumière (pourquoi pas non plus...).
Il nous faut
alors trouver une relation qui donne la vitesse réelle V
à partir de la vitesse de lancement et
de la vitesse de référentiel .
Nous savons
que pour l'objet lancé :
(49.120)
Comme celui
qui est intéressé ne connaît pas la vitesse réelle V, il
se doit d'utiliser les transformations de Lorentz. Ainsi, nous savons
que :
(49.121)
et nous avons
également :
(49.122)
d'où :
(49.123)
Nous
savons que d'où
finalement la "loi de compositions des
vitesses relativistes"
:
(49.124)
qui est donc la vitesse d'un
corps en mouvement dans la référentiel en mouvement
par rapport au référentiel au repos (ou autrement
dit : vu par le référentiel en mouvement).
Et réciproquement
vu de l'autre référentiel en mouvement nous avons
en faisant les mêmes développements (avec inversion
des signes et des vitesses bien sûr):
(49.125)
qui est donc la vitesse d'un
corps en mouvement dans la référentiel en repos par
rapport au référentiel en mouvement (ou autrement
dit : vu par le référentiel en mouvement).
VARIATION
relativiste des longUeurs
Considérons maintenant que
longueur d'un objet est donnée par la distance entre ses deux extrémités
A et B. Considérons
cet objet AB immobile dans le référentiel O' et orienté
selon l'axe O' x'.
Sa longueur est donc la distance entre ses deux extrémités :
(49.126)
Pour l'observateur O,
l'objet est en mouvement. Les positions de A et B
devraient donc être mesurées simultanément :
(49.127)
Il vient donc
:
(49.128)
d'où le résultat remarquable
:
(49.129)
Ainsi,
la longueur d'une règle observée dans un référentiel mobile par
rapport au référentiel propre de la règle est inférieure à sa longueur
propre. Ce phénomène porte le nom de "contraction des longueurs".
variation
relativiste du temps
Un événement est un phénomène
qui se produit en un endroit donné et à un instant donné. L'origine
du temps étant difficile à préciser, nous préfèrerons souvent définir
la notion d'intervalle de temps comme le temps qui s'écoule entre
2 événements comme d'habitude.
Considérons maintenant deux
événements A et B consécutifs qui se produisent au
même endroit x' (!) dans le référentiel en translation.
Pour l'observateur O',
l'intervalle de temps est simplement :
(49.130)
Pour mesurer cet intervalle,
l'observateur O dans le référentiel fixe, doit aussi imposer
que x' est commun aux 2 événements :
(49.131)
d'où le résultat remarquable
ci-dessous :
(49.132)
Donc l'observateur O
mesure un intervalle de temps d'autant plus grand que le référentiel
dans lequel se déroule le phénomène se déplace rapidement. Le temps
dans le référentiel mobile semble comme dilaté par rapport à celui
en vigueur dans le référentiel fixe.

Variation
relativiste de la masse
Bon d'abord attention le titre est abusif par tradition! Nous
verrons plus loin pourquoi.
En attendant, imaginons une collision frontale entre
deux objets identiques (1), (2) ayant
dans le référentiel
des
vitesses égales mais opposées. Nous supposerons
que cette collision est élastique, c'est-à-dire
que l'énergie cinétique et la quantité de
mouvement sont conservées. Avant le choc, les composantes
des vitesses des objets (1) et (2) sont :
(49.133)
comme indiqué ci-dessous
:
(49.134)
Après le choc nous
avons :
(49.135)
Maintenant, plaçons
nous dans un référentiel R qui se déplace
par rapport à
avec la vitesse
suivant Ox, les composantes des vitesses sont avant choc :
(49.136)
et après le choc :
(49.137)
Nous avons donc trivialement
:
(49.138)
mais en appliquant la loi
de composition des vitesses démontrée plus haut :
(49.139)
pour les composantes de
l'axe horizontal
nous avons :
(49.140)
et pour le mouvement vertical,
nous avons vu plus haut que :
(49.141)
Ainsi il vient :
(49.142)
En passant de
à R, la composant suivant y de la quantité
de mouvement total doit rester nulle (comme c'était le cas
dans R initialement). Or :
(49.143)
Pour sortir de cette impasse,
il faut admettre que les masses respectivement
des objets (1) et (2) ne peuvent être identiques dans R.
Alors cela nous amène à imposer :
(49.144)
entraîne :
(49.145)
Dans R, les normes
des vitesses des deux objets sont :
(49.146)
La dernière relation
peut s'écrire :
(49.147)
de sorte que :
(49.148)
où nous avons posé
:
(49.149)
Nous trouvons ainsi :
(49.150)
Nous poserons maintenant
:
(49.151)
où
est évidemment la masse au repos de l'un ou l'autre des objets
identiques (1) et (2).
Le raisonnement que nous
venons de faire sur un exemple simple, montre que l'inertie (et
non la masse!) d'un objet semble dépendre de sa vitesse v dans
un référentiel
donné. Au fait, pour être plus exact, c'est le facteur
de Michelson-Morley qui varie et non pas la masse en elle même
car celle-ci est un invariant relativiste!
D'une
façon générale, étant
la "masse au repos" :
(49.152)
Ainsi, le facteur de
Michelson-Morley
tend vers l'infini lorsque la vitesse tend vers la vitesse c
de la lumière dans le vide. C'est une raison supplémentaire
pour affirmer que c est la limite supérieur assignée
à la vitesse de tout objet matériel, ce qui est conforme
à la fois à l'expérience et aux conséquences
déjà formulées de la transformation de Lorentz.
Équivalence
masse-énergie
Sous l'action d'une force
F, la vitesse d'une masse m augmente ou diminue sur
chaque portion de la trajectoire. Le travail de la composante peut
s'interpréter alors en énergie cinétique ..
Dans la théorie relativiste,
la masse varie avec la vitesse, donc:
(49.153)
L'intégration par partie
(cf. chapitre de Calcul Différentiel
Et Intégral) :
(49.154)
nous donne :
(49.155)
Le gain d'énergie cinétique
d'une particule peut donc être considéré
comme gain de sa masse. Puisque est
la masse au repos, la quantité est
appelée "énergie au repos" de
la particule.
Nous avons
donc :
(49.156)
où représente
l'énergie de mouvement.
La somme
:
(49.157)
représente
donc l'énergie totale E de la particule en absence de champ
de potentiel. Ce
qui nous amène à écrire :
(49.158)
LAGRANGIEN
RELATIVISTE
Les développements
suivants vont nous permettre dans l'étude de l'électrodynamique
(si ce chapitre n'a pas encore été lu), de déterminer
l'expression du tenseur du champ électromagnétique
ainsi qu'en physique quantique relativiste de déterminer l'équation
de Klein-Gordon avec champ magnétique. Il faut donc bien lire
ce qui va suivre.
En relativité, nous
voulons donc que les équations du mouvement aient la
même
forme dans tous les référentiels inertiels. Pour
cela, il faut que l'action S (cf.
chapitre de Mécanique
Analytique) soit donc invariante par rapport aux transformations
de Lorentz.
Guidés par ce principe, essayons d'obtenir l'action d'une
particule libre. Supposons que l'action soit dans le référentiel
:
(49.159)
Remarques:
R1. Le choix du signe moins
deviendra évident lors de notre étude de l'électrodynamique.
R2. La notation
au lieu de L pour le lagrangien permet simplement de mettre
en évidence qu'il s'agit d'un cas d'étude ou le
système
est libre. Cette distinction de notation sera utile lors de notre
étude de la relativité générale et
de la détermination du tenseur du champ électromagnétique.
R3. Nous somme pas censés savoir à quel type de
masse nous avons affaire (masse au repos ou inertielle) d'où le
fait que dans l'ignorance nous travaillerons avec la masse inertielle
m quitte à corriger cette hypothèse plus loin.
Et rappelons que :
(49.160)
Dans le référentiel
O, nous avons alors "l'action
invariant de Lorentz":
(49.161)
Donc selon notre hypothèse
initiale, nous avons pour le lagrangien relativiste (en l'absence
de champ de potentiel donc... puisque le système est "libre")
:
(49.162)
Dans l'approximation non-relativiste
,
nous avons selon le développement de MacLaurin :
(49.163)
Nous retrouvons donc le lagrangien
habituel d'un système libre en mouvement mais plus une constante
qui n'affecte cependant pas les équations du mouvement que
nous obtenons en mécanique classique mais qui nous sera
absolument nécessaire en électrodynamique.
Rappelons maintenant que
le moment généralisé (cf.
chapitre de Mécanique
Analytique) est défini par :
(49.164)
Nous allons voir maintenant
que cette définition n'est pas fortuite. Effectivement :
(49.165)
L'hamiltonien (cf.
chapitre de Mécanique Analytique) vaut :
(49.166)
ce qui donne :
(49.167)
L'hamiltonien est dans ce
cas égal à l'énergie totale de la particule.
Son expression nous amène à finalement à changer un peu notre hypothèse
initiale et finalement à écrire
au lieu de m
dans l'expression de l'action S.
Ainsi nous avons finalement
:
(49.168)
et :
(49.169)
Dans l'approximation non
relativiste ,
devient avec un développement de MacLaurin (cf.
chapitre sur les Suites Et Séries):
(49.170)
Nous reconnaissons l'énergie
cinétique usuelle, plus une constante : l'énergie
au repos. Ce qui correspond bien aux calculs que nous avions fait
avant où nous avons obtenu :
(49.171)
Quantité de mouvement relativiste
L'énergie totale E
et la quantité de mouvement d'une
particule peuvent donc prendre n'importe quelle valeur positive
(si la vitesse tend vers la valeur limite c,
la masse s'adapte pour que le produit ne
soit pas borné).
Dans l'expression de E
, nous pouvons remplacer
la vitesse par
une fonction de :
(49.172)
introduit dans :
(49.173)
nous avons :
(49.174)
d'où
(nous reviendrons sur cette relation de la plus haute importance
lors de notre démonstration de la relation d'Einstein)
:
(49.175)
Nous
n'avons pas gardé la partie négative de l'égalité précédente car
elle n'a aucun sens en physique classique. Cependant, lorsque
nous
étudierons la physique quantique relativiste, il s'avérera indispensable
de la préserver sinon quoi nous arriverons à des absurdités.
Cependant,
nous pouvons bien évidemment écrire cette dernière
relation aussi sous la forme :
(49.176)
ou encore (beurk!) :
(49.177)
En d'autres termes, l'énergie
totale d'une particule en mouvement est égale à son
énergie de masse additionnée par son énergie
cinétique (rien de fondamentalement nouveau).
Cette relation présente
deux cas limite où nous pouvons réduire la formule :
C1. Pour une particule au
repos (p=0), nous pouvons réduire l'expression à
(en omettant l'énergie négative...pour l'instant).
C2. Nous pouvons appliquer l'équation à une particule
sans masse de manière à éliminer le premier
terme ce qui nous donne alors .Un
photon, par exemple, à une masse nulle au repos mais
il n'est jamais au repos... Par définition, c'est un
quantum d'énergie,
son énergie cinétique n'est donc jamais nulle et
il a donc un masse correspondant à son énergie cinétique.
Ainsi, une particule de masse nulle au repos se déplace à
la vitesse de la lumière, quel que soit le référentiel
choisi! A l'inverse, une particule ayant une masse au repos non-nulle
ne pourra jamais atteindre la vitesse de la lumière dans
aucun référentiel.
Remarques:
R1. Comme nous le
démontrerons plus loin (voir la "relation d'Einstein"), à
partir de la définition de la loi de Planck, nous pourrons
écrire 
R2. La masse du photon peut difficilement être non nulle!
Effectivement, la théorie
quantique serait alors dans le cas contraire fausse. Or, elle
n'a jamais été mise
à défaut à ce jour (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire). On aurait également
un léger changement sur la loi des forces électrostatiques
et gravitationnel selon le potentiel de Yukawa (cf.
chapitre de Physique Quantique Des Champs) et
cela se remarquerait.
Cherchons maintenant les
relations entre p et p'
ainsi qu'entre E et E',
pour qu'il soit possible à O' d'écrire :
(49.178)
Nous commençons alors à nous
débarrasser de la racine carrée:
(49.179)
Si O écrit :
(49.180)
O' doit pouvoir écrire
:
(49.181)
Nous avons donc :
(49.182)
Si nous comparons :
,
,
et
(49.183)
nous obtenons des expressions
exactement semblables à celles utilisées pour les transformations
de Lorentz des composantes spatiales et temporelles. Nous pouvons
alors écrire, par similitude, que les transformations pour la quantité
de mouvement et l'énergie sont dès lors données par :
(49.184)
À nouveau, si nous prenons
:
(49.185)
toujours avec
.
Nous avons dès lors en exprimant
toutes les relations précédentes de transformation dans les mêmes
unités en se souvent que :
(49.186)
Nous pouvons alors définir
un matrice telle que:
(49.187)
où nous retrouvons
la "matrice de Lorentz" ou "tenseur symétrique de Lorentz"
.
Le vecteur :
(49.188)
est quant à
lui, appelé le "quadrivecteur d'énergie-impulsion".
Son utilité
est que sa valeur est conservée, lors d'une réaction
nucléaire. Si nous additionnons ces vecteurs sur toutes les
particules (sans oublier les photons) avant et après la réaction,
nous trouve les mêmes sommes pour les 4 composantes.
Remarques:
R1. La transformation inverse
étant effectuée bien évidemment avec la matrice inverse
que nous avons déjà exposée plus haut.
R2. Nous utilisons en optique
relativises le quadrivecteur ,
où
est la pulsation de l'onde et
le vecteur d'onde (cf. chapitre de Mécanique
Ondulatoire ou Optique Ondulatoire). Ce quadrivecteur est
l'équivalent
pour une onde électromagnétique du quadrivecteur
pour une particule, multiplié par la constant de Planck .
En effet, la dualité onde-corpusccule (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire) attribue à une
onde une énergie
:
(49.189)
et une quantité de
mouvement dont la norme est :
(49.190)
RELATION
D'EINSTEIN
Suivant le principe de relativité,
nous souhaitons que la relation entre la quantité de mouvement et
l'énergie d'une onde électromagnétique s'écrive de la même manière
pour deux observateurs d'inertie en translation l'un par rapport
à l'autre:
Si O écrit :
(49.191)
alors O'
doit pouvoir écrire :
(49.192)
Reprenons la première relation
ci-dessus et mettons-la au carré sans oublier que le photon à une
masse nulle .
Alors :
(49.193)
et
comme :
(49.194)
Étant donnée connue la relation
de Planck (définie en thermodynamique) :
nous sommes amenés
à écrire la fameuse "relation d'Einstein"
que nous retrouverons très souvent en physique quantique ainsi
qu'en thermodynamique :
(49.195)
FORCE RELATIVISTE
Suivant le principe de la
relativité, nous voulons que la relation entre la force et la quantité
de mouvement s'écrive de la même manière
par deux observateurs d'inertie en translation l'un par rapport
à l'autre:
Ainsi, si O écrit
:
(49.196)
O'
doit pouvoir écrire :
(49.197)
La relation entre est
assez compliquée dans le cas général. Nous nous limiterons ici au
cas particulier où un corps est momentanément immobile dans O'
et où donc l'observateur O'
ne tiendra compte que de la force qu'il
applique. Il l'appellera par ailleurs "force
propre",
car il n'a pas à se préoccuper d'autres forces (comme une force
centrifuge, par exemple).
Il faut substituer p' et t' par p et t dans :
(49.198)
Puisque :
(49.199)
nous aurons :
(49.200)
Nous avons par ailleurs vu
que :
(49.201)
Il reste donc :
(49.202)
La composante de la force
est donc invariable dans la direction du déplacement.
Pour les directions y,
z perpendiculaires au déplacement:
et
(49.203)
En résumé:
(49.204)
Cependant, pour passer d'un
référentiel à un autre, il vaut mieux utiliser
le "quadrivecteur force"
défini comme la dérivée du quadrivecteur impulsion
par rapport au temps propre :
(49.205)
Effectivement, rappelons
que :
(49.206)
éLéCTRODYNAMIQUE RELATIVISTE
Avec un spectromètre de masse,
nous établissons que le rapport m/q de la masse m
d'une particule par sa charge électrique q varie de la même
manière que la masse m
lorsque la vitesse v
de la particule varie :
(49.207)
Ainsi,
il vient que :
(49.208)
La charge d'une particule
est donc indépendante de sa vitesse comme nous l'avons démontré
dans la section d'électromagnétisme (cf.
chapitre d'Électrodynamique)
lors de la détermination de l'équation de conservation de la charge.
Considérons maintenant deux
charges q et
Q immobiles
dans le référentiel O' en translation à vitesse v
par rapport à O :

(49.209)
Nous allons nous restreindre
au cas où la vitesse
est parallèle à l'axe X :

La charge Q est placée
en O' et elle est donc immobile pour O'
. L'observateur O'
conclut qu'une force électrostatique :
(49.210)
agit donc sur la charge témoin
q placée en .
(49.211)
L'observateur O
voit également un champ électrostatique en
,
mais il voit aussi que Q est en mouvement selon l'axe X.
Il en déduit donc l'existence d'un champ magnétique en
orienté
dans le plan YZ :
(49.212)
Il mesure donc
la force (cf. chapitre de Magnétostatique)
de Lorentz (supposée
connue) :
(49.213)
Mais :
(49.214)
Donc :
(49.215)
Nous avons vu maintenant:
(49.216)
La comparaison des expressions
ci-dessus donne les transformations relativistes du champ électrique
:
(49.217)
Comme pour la transformation
de Lorentz des composantes spatiales et temporelles, nous avons
obtenu les transformations inverses en échangeant les champs et
en considérant que O' voit O reculer (nous remplaçons
donc v par -v).
Pour obtenir les transformations
du champ magnétique nous procédons comme ci-dessous:
(49.218)
Après quelques petites manipulations
d'algèbre très élémentaire, nous obtenons :
(49.219)
Nous faisons identiquement:
(49.220)
Après encore une fois quelques
petites manipulations d'algèbre très élémentaire, nous obtenons
:
(49.221)
et ainsi de suite. Nous obtenons
finalement :
(49.222)
Etudions maintenant le comportant
du champ électromagnétique d'une charge en mouvement :
Soient deux référentiels
parallèles O et O',
en translation à vitesse constante v selon l'axe XX'
:

(49.223)
où une
charge immobile Q est placée en O'.
Il
est clair alors que l'observateur O mesure partout
et qu'au point P du plan X 'Y ', en il
mesure le champ électrostatique :
(49.224)
Si l'observateur O
est informé des valeurs de et
de ,
il peut les introduire dans les transformées relativistes donnant
le champ électrique qu'il
observe:



(49.225)
Pour écrire une expression
du champ
au point P, l'observateur O doit déterminer, à un
instant t de son temps local, les composantes du vecteur
qui
sépare le point P de la charge Q (en sommant les
vecteurs positions de ces deux derniers points matériels).
Les coordonnées du point P
et de la charge Q qu'il voit dans le plan XYZ
sont données par les transformations de Lorentz habituelles :
et
(49.226)
Il en déduit donc facilement,
par sommation les distances x,y.
Une autre méthode, plus simple,
est que étant donné que la composante x est une longueur,
elle subit donc les transformations de Lorentz et :
(49.227)
Car rappelons-le:
et
(49.228)
La transformée relativiste
du champ électrique donne alors:
(49.229)
et :
(49.230)
Écrit sous forme vectorielle
:
(49.231)
Il nous faut encore déterminer
exprimer r' en
fonction de r :
(49.232)
car (théorème de Pythagore)
:
(49.233)
L'écriture se simplifie si
nous utilisons l'angle formé par le vecteur champ électrique et
l'axe X. Nous notons alors dans
O' et dans
O les angles données par :
et
(49.234)
avec à
cause de la dilatation des longueurs selon l'axe X.
Nous élimine y
avec :
(49.235)
Ainsi, le champ électrique
que
voit O est donné par :
(49.236)
Le facteur contenant montre
que le champ électrique d'une
charge en mouvement n'a plus la symétrie sphérique. Il dépend de
la direction du vecteur .
A distance égales, le champ
électrique est plus intense dans la direction verticale à celle
du déplacement ( )
que dans la direction du déplacement de la charge ( ).
Si v=0, nous retrouvons
par ailleurs l'expression classique et connue:
(49.237)
Remarque: Rappelons que nous avons effectué (et continuons
dans ce sens) ici une étude d'une charge en mouvement rectiligne
uniforme, c'est-à-dire à vitesse constante.
Pour trouver maintenant l'expression
du champ magnétique ,
nous introduisons :
et

et
(49.238)
dans:
(49.239)
Nous obtenons dès lors:
(49.240)
qui sont les composantes
de :
(49.241)
Pour connaître en
fonction de ,
nous substituons l'expression obtenue pour 
(49.242)
Dans le cas où la vitesse est faible, le terme relativiste tend
vers 1 et le champ
d'une charge Q se déplaçant à la vitesse v devient:
(49.243)
car comme nous l'avons dans
le chapitre d'Électrodynamique : 
Remarques:
R1. En chaque endroit, les
lignes du champ sont
contenues dans un plan perpendiculaire à la direction de déplacement
de la charge Q
(produit vectoriel oblige)
R2. Si la charge en mouvement
est vue comme un dQ attaché au point O',
nous pouvons interpréter son déplacement à vitesse v comme
un courant I en un point du référentiel O où se
trouve
O'.
Ainsi :
(49.244)
Cette dernière relation est connue sous le nom de la "loi
de Biot et Savart" et nous la retrouverons au début
de la section traitant de l'électromagnétisme. Cet état de
fait, valide encore le modèle relativiste.

TRANSFORMATION
DU TENSEUR DE CHAMP
Nous avons vu et démontré
dans le chapitre d'Électrodynamique que l'ensemble du champ
électromagnétique se résumait au tenseur du
même nom. Il serait alors bon de regarder comment se transforme
ce tenseur et s'il le fait correctement relativement aux résultats
obtenus plus hauts.
Considérons la transformation
(où le tenseur du champ électromagnétique est
en unités naturelles!!!) :
(49.245)
Avec :
(49.246)
Prenons, par exemple, la
vitesse parallèle à l'axe x, alors nous avons
démontré plus haut que :
(49.247)
Soit, donc :
(49.248)
Nous calculons les transformées
(ce rappeler que le tenseur du champ électromagnétique
est antisymétrique!) :
(49.249)
Nous en déduisons
donc, pour le champ électrique (ce qui correspond parfait
à ce que nous avions obtenu plus haut) :
(49.250)
Nous faisons un second calcul
pour la composante perpendiculaire :
(49.251)
d'où :
(49.252)
ce qui correspond à
nouveau parfaitement à ce que nous avions obtenu plus haut
(en unités naturelles, ne pas oublier que nous avons alors
)
!
La vérification se
fait de même pour le champ magnétique :
(49.253)
et :
(49.254)
ce qui donne :
(49.255)
etc.
Espace-temps
de Minkowski
Nous avons démontré plus
haut que:
(49.256)
Écrivons cela sous
la forme :
(49.257)
Multiplions les deux membres
par :
(49.258)
ce qui nous donne :
(49.259)
Si ,
l'équation s'annule :
(49.260)
Ce résultat traduit, que
les dimensions d'espace et de temps sont comme arrêtées dans le
référentiel relativiste, car la vitesse relative de l'objet est
égale à celle de la lumière!
Imaginons maintenant qu'un
faisceau lumineux soit émis à l'instant
et se propage depuis l'origine du référentiel. Nous
savons que dans l'espace-temps (application du théorème
de Pythagore dans l'espace euclidien à trois dimensions) la distance
parcoure par le photon lumineux est :
(49.261)
En changeant t de
membre et en portant le tout au carré pour supprimer la racine,
nous obtenons :
(49.262)
Remarque: Nous pouvons assimiler cette équation à
la représentation d'un front d'onde sphérique d'une
onde lumineuse se propageant à la vitesse de la lumière
(voir l'équation d'une sphère centrée à
l'origine dans le chapitre de Géométrie Analytique).
Considérons maintenant deux
événements de coordonnées et
et
pour éviter la confusion changeons de lettre .
Nous pouvons dès lors écrire l'intervalle spatio-temporel tel quel
:
(49.263)
En passant à la limite, nous
obtenons la forme quadratique :
(49.264)
qui
à la même forme et même valeur quelque soit le référentiel considéré.
L'intervalle infinitésimal d'espace-temps
entre deux événements infiniment voisions est donc un invariant
relativiste que nous appelons souvent "abscisse
curviligne d'espace-temps", c'est l'intervalle d'espace-temps
où, comme le dit simplement Einstein, le "carré de la distance"....
Le fait que cette grandeur puisse être positive, négative (!)
ou nulle est liée au caractère absolu de la vitesse de la lumière
(nous y reviendrons juste après).
Nous pouvons aussi maintenant
nous intéresser au caractère relativiste de cette
métrique. Si elle est invariante, c'est qu'elle doit
aussi l'être par les transformations de Lorentz. Nous
disons alors que "la métrique
est invariante par transformation de Lorentz". Une
telle transformation peut
être trouvée en s'inspirant de celle utilisée
pour le tenseur du champ électromagnétique (voir
plus haut). Le lecteur vérifiera sans peine en s'inspirant
de l'exemple détaillé du champ électromagnétique
que pour le tenseur métrique, nous avons la relation :
(49.265)
L'abscisse curviligne
peut s'exprimer aussi par la norme du quadrivecteur déplacement
que nous avions défini plus comme étant .
Effectivement, la
norme (cf. chapitre de Calcul Tensoriel)
s'écrit en descendant
les indices à l'aide de la "métrique
de Minkowski"
ou "métrique pseudo-riemannienne" :
(49.266)
avec par définition
(nous reviendrons là-dessus dans les détails au début
de notre étude de la relativité générale)
:
(49.267)
Si nous mettons les deux
relations suivantes en correspondance :
et
(49.268)
nous avons alors
lorsque que les deux événements sont reliés à la vitesse de la lumière.
De plus, si nous posons nous
pouvons alors écrire :
(49.269)
Ceci n'est rien d'autre
que l'équation d'un cône (cf.
chapitre de Géométrique
Analytique) d'axe d'ordonnée ...
le fameux "cône d'Univers" (sur
lequel nous consacrons une étude plus loin). Tout événement est
donc par extension dans ce cône et l'évolution de tout système
peut donc y être décrit (par
sa position spatiale et temporelle), par ce que nous appelons
sa "ligne d'Univers".
La ligne d'Univers d'une
particule est donc la séquence d'événements qu'elle occupe durant
sa vie.
quadrivecteurs
Nous venons de définir
ce qu'était la métrique de Minkowski, nous pouvons
maintenant définir correctement le concept de quadrivecteur
que nous avons déjà abordé sans toutefois toujours
savoir ce que l'on faisait.
Définition: Dans
un espace à quatre dimensions de type Minkowski, quatre
grandeurs (peu
importe l'ordre des termes pour cette définition ou
que les indices soient des chiffres ou des lettres correspondant
aux quatre composantes spatio-temporelles) forment un quadrivecteur
covariant si elles se transforment suivant la transformation
de Lorentz :
(49.270)
La pseudo-norme d'un quadrivecteur
dans un espace de Minkowski à métrique
est alors :
(49.271)
où nous voyons que
le
quadrivecteur multiplié contravariant multiplié par la
métrique
redonne le quadrivecteur covariant.
La quantité suivante
étant invariante par changement de référentiel
Galiléen comme nous l'avons vu presque tout au début de
ce chapitre :
(49.272)
Cette propriété
d'invariance par changement de référentiel Galiléen
des quadrivecteurs est leur propriété principale.
Ainsi deux observateurs en mouvement relatif uniforme l'un par
rapport
à l'autre doivent pour comparer les résultats d'une
même mesure utiliser la norme des quadrivecteurs. De même,
les lois qu'ils cherchent à déterminer pour être
les plus générales possibles doivent utiliser
ces quantités invariantes!
Nous pouvons par ailleurs aussi écrire la norme sous la forme
:
(49.273)
et les quadrivecteurs sous la forme :
(49.274)
cône
d'univers
La topologie du cône
de lumière trouve son origine dans les relations d'antériorité
et postériorité des événements relativistes,
ce qui permet de faire la distinction entre un événement
dans le passé d'un autre ou dans le futur de celui-ci.
Les cônes de lumière ont pour objectif principal dans les
ouvrages de vulgarisation de la physique théorique de schématiser
l'histoire d'impulsions lumineuses émises
en un point de l'espace où peuvent régner certaines
conditions. Les points sont représentés dans l'espace par une série
d'instantanés à divers instants ,etc.
(voir figure ci-dessous), le front d'onde sphérique de la lumière
grossissant dans l'espace. Dans l'espace-temps, le même événement
(en bas sur la figure) est représenté par un "cône
de lumière",
dont le sommet est le point d'émission.
Sur une feuille de papier,
nous devons supprimer l'une des dimensions spatiales. Les axes
spatiaux
sont dessinés dans le plan horizontal et l'axe temporel dirigé vers
le haut. Les sections du cône aux instants correspondant
aux instantanés de la représentation spatiale : les fronts d'ondes à deux
dimensions sont des cercles dont le rayon est celui du front d'onde
sphérique à l'instant considéré. Le cône de lumière montre un seul
diagramme de l'histoire continue du front d'onde d'un signal lumineux.
(49.275)
Plus rigoureusement, les
"instantanés" dont il a été fait mention plus haut sont appelés
des "événements
ponctuels"
et ceux-ci apparaissent instantanés (approximation reposée sur
l'optique géométrique)
à tout observateur capable de les voir. Une collision entre deux
particules ponctuelles fournit un exemple d'événement ponctuel.
Il est tout à fait possible qu'un événement instantané non ponctuel
apparaisse instantané à un certain observateur mais, à cause
de la vitesse de propagation finie de la lumière, non instantané à
un autre observateur.
Définitions:
D1. Nous disons par définition
que deux événements ponctuels occupent le même point d'espace-temps
s'ils apparaissent simultanés à tout observateur capable des
les voir.
D2. L'ensemble M de tous les points de l'espace-temps est appelé "l'espace-temps".
D3. La frontière définie
par le cône d'Univers est appelée "horizon
cosmologique"
Rappelons que si aucune
force n'agit sur une particule ponctuelle, nous la qualifions "d'inertielle"
ou de "libre". Nous disons également qu'elle est en "mouvement
inertiel".
Étant
donné le point p, N(p)
est une structure géométrique absolue, indépendante de l'observateur.
Sa composante future sera notée ;
sa composante passée
et elle sera représentée par le cône suivant :
(49.276)
Effectivement, rappelons
que l'équation de Minkowski est invariante puisque :
(49.277)
Rapporté à
trois paramètres (nous enlevons une dimension spatiale)
nous avons, si les événements
ponctuels sont reliés à la vitesse de la lumière
(voir plus haut) :
(49.278)
Ce que nous pouvons aussi écrire
sous la forme :
(49.279)
à comparer avec l'équation
d'un cône (cf. chapitre de Géométrie
Analytique)
:
(49.280)
lorsque nous posons c=1
(ce qui est fréquent en physique théorique comme nous
en avons déjà fait mention de nombreuses fois).
Donc l'équation de
Minkowski peut donc bien être représentée
par un cône.
Remarque: Si nous gardons les trois paramètres
spatiaux et l'intervalle de temps constant, le lecteur remarquera
certainement
que nous tomberions non plus sur l'équation d'un cône
mais sur celle d'une sphère. Il s'agit de la "sphère
céleste" où à un instant
donné, à sa surface, se créent de multiples
cônes de lumière.
La
ligne d'univers de tout observateur qui occupe instantanément p
et dont la ligne d'univers
passe donc par p lui-même,
est contenue à l'intérieur de N(p) définit par un point unique sur sa sphère céleste (celle qui est
donc décrite par le vecteur d'information - qu'est le photon
- dans toutes les directions de l'espace). Cela veut dire qu'il
peut y avoir, in extenso, autant de rayons nuls (foyers des cônes)
passant par p
que de points sur une sphère.
L'exemple
suivant paraîtra plus évident :

(49.281)
Comme
illustré sur la figure ci-dessus, un événement lumineux au point
O de l'espace-temps produit un faisceau de photons, tous
dans le cône nul du futur O,
(ces photons ont été émis par des atomes dans des états de mouvement
variés, dont les lignes d'univers l et l' passent
par O, mais sont entièrement contenues à l'intérieur de ).
La ligne d'univers n peut seulement être décrite par une particule se mouvant à la vitesse
de la lumière car elle définit la frontière du cône (nous disons
alors que la ligne d'Univers est "du genre lumière").
Remarque: La représentation des lignes d'Univers dans la partie
inférieur (cône renversé) vient du fait qu'un événement peut également
avoir un passé... donc le schéma généralise l'exemple particulier.
Soit
la
ligne d'univers d'un personnage P immobile (d'où la verticalité
de sa ligne d'Univers sur la figure ci-dessus) et n celle
d'un rayon lumineux ayant pour origine O.
Tous deux résident dans l'espace
à quatre dimensions et ils se coupent selon un point unique P.
Les points O
et P se situent sur un rayon nul (d'un future cône), n,
de .
En P, le personnage P voit un flash soudain
dans la direction définie par n, pour lui la direction de
l'événement lumineux (décrite uniquement par sa vitesse donc, ainsi
une ligne d'univers d'une particule inertielle peut être décrite
uniquement par le temps et sa vitesse).
Un
atome dont la ligne d'Univers coupe n au point Q,
absorbe un photon de l'événement lumineux O
et réémet peu de temps après un faisceau de photons. Ceux-ci forment
alors à leur tour des rayons nuls dans ,
mais seuls ceux de direction n
atteindront le personnage P
et seront vus par lui au point P.
Si
P se trouve à l'intérieur de N(O),
le cône nul de O,
nous dirons que sa ligne d'Univers est de "genre
temps".
Dans ce cas, O
et P sont situés sur la ligne d'Univers d'un observateur
ou d'une particule massive. Il existe bien évidemment deux types
de déplacements de genre temps :
1.
Si P est dans le futur de O
(selon un observateur dont la ligne d'univers passe par O
et P), nous dirons que P "pointe
vers le futur"
2.
Dans le cas contraire, nous dirons bien entendu qu'il "pointe
vers le passé".
Si
P se situe sur N(O),
nous dirons alors qu'il est "nul" et P n'est ni
nul ni de genre temps, alors P se situe à l'extérieur de
N(O).
Nous disons alors que qu'il est de "genre
espace" :

(49.282)
Cela se traduit
mathématiquement par en se rappelant (voir plus haute) que:
(49.283)
D1.
: la ligne d'univers est donc de "type lumière" et
c'est elle qui décrit la surface du cône par définition
(selon ce que nous avons démontré précédemment
et quelque soit le choix de la métrique) soit que:
(49.284)
ce qui est le cas d'un photo de lumière (d'où le
nom...).
D2.
: nous disons alors que la ligne d'univers est de "type
espace" soit que:
(49.285)
Deux événements qui ont lieu simultanément mais à des lieux
différents sont donc de type espace.
D3. :
nous disons alors que l'intervalle ou la ligne d'univers sont de "type
temps" soit que:
(49.286)

(49.287)
D4. Une "ligne
causale"
est une ligne de genre lumière ou temps qui est toujours
orientée vers le futur.
Revenons
à nos équations après ce petit interlude... les équations
conduisent donc à faire plusieurs observations. Ainsi, dans l'Univers
euclidien à quatre dimensions de Minkowski, les trajectoires des
objets dans l'espace-temps sont toujours des droites. Effectivement,
l'exemple trivial consiste à considérer que l'objet reste au repos,
seul le temps continue alors à s'écouler. Nous avons dès lors:
(49.288)
en posant ,
cela nous nous donne :
(49.289)
donc :
(49.290)
et aussi :
(49.291)
La primitive étant (constante
d'intégration nulle):
(49.292)
qui
est bien une droite et représente donc la ligne d'Univers de l'objet
considéré dans le cône d'Univers. Nous pouvons aussi observer aussi
que dans ce cas, l'évolution du phénomène est purement temporelle
quand l'intervalle est positif (ce qui appuie ce que nous avions
dit tout à l'heure).
Remarques:
R1. Si la vitesse de la lumière
est infinie nous retrouvons le cas particulier de l'univers newtonien,
où un phénomène peut instantanément se produire en dehors de tout
lien de causalité (nous disons alors que l'effet à lieu avant la
cause). Le temps y est absolu et il n'existe pas d'horizon cosmologique
car le cône à une ouverture maximale (angle droit).
R2. Si nous posons que la
vitesse de lumière est égale à l'unité, comme nous l'avons fait,
l'axe des ordonnées du cône est dit "axe
purement temporel".
R3. Il faut comprendre par soi-même que l'Univers a son propre
cône d'Univers (cône... si l'espace est de type Minkowskien
bien sûr...).
Enfin, indiquons que la théorie de la relativité restreinte, au
même titre que celle de la relativité générale, n'impose pas un
nombre de dimensions spatiles données pour rester consistante:
ce qui est dommage pour les physiciens théoriciens qui souhaiteraient
une théorie qui s'impose à elle-même une nombre fini
de dimensions pour rester consistante (ce que par contre la théorie
des cordes fait avec 25 dimensions... et celle des supercordes
avec 11).
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