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| OPTIQUE
ONDULATOIRE
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
18.09.2009 21:36
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Dans ce chapitre seront dégagés certains éléments
qui ont conduit au développement de la mécanique quantique. Effectivement,
la mécanique quantique est née, en premier lieu, d'une étude attentive
de la nature de la lumière. Bien que cette science nouvelle soit
développée au début du 20ème siècle, les considérations qui l'ont
guidée alors sont incontestablement le résultat de 25 siècles de
maturation. Au fond, c'est à une longue histoire de la lumière pleine
de contreverses que la mécanique quantique apporte enfin au 20ème
siècle une magistrale conclusion.
PRINCIPE D'HUYGENS
Huygens visualisait la propagation de
la lumière comme résultant d'un processus de génération
d'ondelettes sphériques en chaque point atteint par un front
d'onde, ondelettes dont la somme donnait le champ en propagation.
En traçant la tangente aux fronts d'onde des ondelettes à
un instant donné, on obtenait le front d'onde de l'onde totale
à ce même instant.
Nous rappelons qu'une surface
d'onde ou "front d'onde" (cf.
chapitre de Mécanique
Ondulatoire) est le lieu des points du milieu atteins
par le mouvement ondulatoire au même
instant. La perturbation a donc même phase en tous points
d'une surface d'onde. Pour une onde plane, par exemple, la perturbation
s'exprime par (nous l'avons démontre dans le chapitre traitant
de la Mécanique Ondulatoire) :
(40.1)
ou dans une formulation plus générale
:
(40.2)
qui donne donc l'expression de la propagation
de la perturbation pour laquelle la "surface
d'onde" est le lieu
des points où la phase
a même valeur à un instant donnée. La surface
d'onde est donnée en conséquence par l'équation
:
(40.3)
Huygens, a donné une méthode
imagée de représentation du passage d'une surface
d'one à une autre dans le cas où l'onde est supposée
résulter du mouvement des particules constituant le milieu
matériel. Ainsi, si nous considérons la surface d'onde
S ci-dessous :

(40.4)
Quand le mouvement ondulatoire
atteint cette surface, chaque particule a,b,c,...
de la surface devient une source secondaire d'ondes, émettant
des ondes secondaires (indiquées par les petits demi-cercles)
qui atteignent la couche suivante de particules du milieu. Ces
particules
sont mises en mouvement et forment la nouvelle surface d'onde S'
et ainsi de suite... Ainsi, Huygens avait une conception ondulatoire
de la lumière, mais il ne considérait pas la nature
périodique de l'onde, ce qui ne lui permettait pas d'introduire
la notion de couleur de la lumière; de plus, selon son
principe, une onde se propageant en sens inverse à celui
de l'onde incidente devrait aussi se manifester, ce qui n'est
pas le cas dans
un matériau homogène.
L'intuition d'Huygens est cependant
proche de la réalité, comme le montrera Fresnel dans
sa théorie de la diffraction. Il faudra cependant attendre
Kirchhoff, qui introduira un facteur d'inclinaison (oblicité)
dans la théorie, pour obtenir une explication de l'absence
d'onde se propageant vers l'arrière (le temps venu nous rédigerons
les développements y relatifs).
LOI DE MALUS
Comme tous les "points
correspondants"
.sont
équidistants, par le principe d'Huyghens, la "loi
de Malus"
(la première donc et pas celle obtenue lors de l'étude de la polarisation
de la lumière comme nous le verrons plus loin) affirme que l'intervalle
de temps entre les points correspondants de deux surfaces d'onde
est le même pour tout couple de points correspondants.
Conséquences (se référer
en même temps à la figure ci-dessous) :

(40.5)
- Lorsque l'onde se propage dans un
milieu homogène, les rayons lumineux doivent être rectilignes
et les surfaces d'onde rester parallèles.
- Lorsque l'onde change de milieu, les
distances entre deux paires de points correspondants varient d'un
milieu à l'autre, si les vitesses de propagation sont différentes.
Cette loi permet de retrouver le loi
de Descartes-Snellius que nous avons déjà démontré
en optique géométrique, ce qui assure à priori que le principe
d'Huygens reste valide dans le cadre de l'optique géométrique.
Démonstration:
Selon la figure ci-dessus, nous avons
:
(40.6)
en divisant chaque terme par ,
nous obtenons :
(40.7)
Comme
nous obtenons donc bien la loi de Descartes-Snellius telle que nous
l'avions obtenu en optique géométrique :
(40.8)
DIFFRACTION DE
FRAUNHOFER
Du point de vue de l'optique géométrique,
un faisceau lumineux est un cylindre de section
qui rassemble un grand nombre de rayons parallèles. Il est
donc supposé rectiligne lorsqu'il est défini dans
un milieu homogène.
L'émittance énergétique
du faisceau ne varie que si une lentille (ou un autre dispositif)
fait varier sa section
ou si le milieu absorbe de l'énergie.
Le faisceau lumineux "éclate"
quand un obstacle ne laisse passer qu'une partie
de sa section.
Le principe d'Huygens montre que ce
sont les bords de l'obstacle qui engendrent cette diffraction.
Le phénomène est général
mais n'est bien observable que si le rapport
est très grand. L étant la
longueur des bords. Cette condition est nécessaire
pour que l'intensité de la partie non diffractée
du faisceau ne masque pas l'effet.
Définitions:
D1. Nous parlons de "diffraction
de Fraunhofer" lorsque, comme supposé précédemment,
les rayons lumineux incidents sont parallèles et le phénomène
observé à relativement grande distance de l'écran.
D2. Nous parlons de "diffraction
de Fresnel" lorsque les rayons incidents forment un faisceau divergent,
en provenance d'une source ponctuelle ou si nous observons le phénomène
à faible distance.
Considérons un cas générique
et le plus répandu dans les laboratoires de physique qui
est la diffraction par une fente rectangulaire étroite :
Pour cela, nous considérons que
le faisceau incident est une onde électromagnétique
plane et périodique, perpendiculaire à la fente et
donnée par :
(40.9)
Rappel : Sa longueur d'onde étant
donnée par 
CAS D'UNE FENTE RECTANGULAIRE
La largeur e de
la fente est orientée selon l'axe y,
sa hauteur h est supposée très grande afin de pouvoir négliger
l'effet des extrémités.
Suivant le principe d'Huygens,
le front de l'onde plane, délimité par la fente,
constitue une multitude de sources ,
de largeur dy,
qui émettent, en phase, des ondelettes sphérique
décrites
par leur vecteur champ associée :
(40.10)
Considérons maintenant
un point d'observation P,
à une distance R de la source (assimilée à la
fente). Nous avons vu lors de l'étude des sources d'émission
de type sphériques
(cf. chapitre d'Électrodynamique) que leur amplitude diminuait
de manière inversement
proportionnelle
à la distance telle que :
(40.11)
Or, les ondelettes, suivant à
quel point de la fente elles sont assimilées, ne vont pas
toutes parcourir la même distance R mais
un distance propre r . Cependant, si R est suffisamment éloigné de la fente, nous nous permettrons
d'approximer :
(40.12)
reste encore le terme périodique
où nous posons .
Or, nous avons pour valeurs extrêmales :
(40.13)
Ces valeurs correspondant respectivement,
à l'avance et au retard des fonctions d'onde décrivant
la propagation des ondelettes dans les extrémités
de la fente.
Effectivement, il suffit
de voir la figure ci-dessous, en considérant donc
et ainsi :


(40.14)
Ainsi, nous avons :
(40.15)
Donc les différentes ondelettes
sont déphasées et produisent ainsi des interférences.
Définition: En mécanique ondulatoire, on parle
"d'interférences" lorsque
deux ondes de même
type se rencontrent. Ce phénomène se rencontre souvent
en optique avec les ondes lumineuses, mais il apparaît également
avec les ondes sonores.
L'onde diffractée dans la direction
de ,
est alors donnée par la somme de toutes les contributions
:
(40.16)
Sachant que (relations trigonométrique)
:
(40.17)
Nous avons donc :
(40.18)
Nous avions démontré dans
le chapitre d'Électrodynamique que l'énergie
(in extenso l'intensité) d'une onde électromagnétique
était donnée (dans le vide) par la valeur scalaire
moyenne du vecteur de Poynting :
(40.19)
Nous avons donc :
(40.20)
qui est l'émittance lumineuse
émise dans la direction .
Si nous introduisons le sinus cardinal que nous avons déjà rencontré lors
de notre étude des transformées de Fourier dans le chapitre sur
les Suites et Séries nous avons alors:
(40.21)
Donc nous pouvons obtenir le même résultat en prenant le module
au carré de la transformée de Fourier d'un signal monochromatique
au travers d'une fenêtre rectangulaire. Ainsi, il semble possible
d'étudier les phénomènes de diffraction en utilisant la transformée
de Fourier et ce domaine se nomme "l'optique
de Fourier".
Voici une représentation graphique
du rapport
:

(40.22)
Remarque: Dans la pratique, sur l'écran, en face de
la fente, nous observons une bande lumineuse, dont la largeur
dépend du quotient .
Il s'agit au fait de la fente.
De part et d'autre de la frange centrale,
il y en a d'autres, plus étroites et disposées symétriquement.
Leur intensité diminue très rapidement selon le terme
prépondérant au dénominateur :


(40.23)
Entre les franges, se trouvent des zones
d'obscurité qui sont le siège d'interférences
destructives. Leur position sont données par la condition
:
(40.24)
sauf pour
où l'on observe un maximum !
Nous observons donc des franges sombres
dans les directions :
(40.25)
Ainsi, la largeur angulaire de la frange
centrale est le double de la valeur angulaire obtenue pour le premier
minimum :
(40.26)
Nous obtenons la largeur des pics suivants,
comme suit :
Deux minima successifs satisfont donc
les conditions :
(40.27)
Ainsi :
(40.28)
En posant
il vient dès lors :
(40.29)
Puisque l'émittance énergétique
diminue très rapidement, seules les premières franges
(pour lesquelles )
sont observables. Il reste :
(40.30)
Les positions des maxima sont elles
données par la condition :
(40.31)
Posons :
(40.32)
La résolution numérique
de
donne (en radians) :
(40.33)
Les positions des maxima successifs
sont alors :
(40.34)
etc...
Nous aurions facilement pu obtenir une
approximation convenable de ce résultat, en considérant
que l'intensité est maximale lorsque :
(40.35)
Ce qui nous amène à écrire
:
avec
(40.36)
Remarque: Un résultat remarquable de l'expérience
de Fraunhofer est qu'elle remet en question la vision corpusculaire
de la lumière
telle que nous l'avions au 19ème siècle.
Effectivement, beaucoup d'expériences
telle que la projection de l'ombre d'un objet sur un mur semblait
bien montrer que la lumière était tel un corpuscule ne traversant
pas la matière et étant stoppée net par tout obstacle que ce
soit en son centre ou en ses bords (il faut attirer votre attention
sur
les "bords" en particulier).
Or, l'expérience de Fraunhofer
ainsi qu'en particulier celle de Fresnel en ce qui concerne
les bords
(nous la verrons plus loin car elles est mathématiquement plus
délicate
à aborder), montrent bien que la lumière semble pouvoir se comporter
non pas comme un simple corpuscule mais bien comme une onde (à partir
du principe de d'Huygens que nous avons utilisé pour nos développements)
tel que nous l'ont montré les développements précédents qui
expliquent parfaitement bien les résultats expérimentaux
des diffractions de Fraunhofer.
Mais alors pourquoi garder
le modèle
corpusculaire de la lumière ? Tout simplement pour d'autres résultats
expérimentaux et théoriques dont pour les plus connus tel que
l'effet photo-électrique ou la diffraction Compton (cf.
chapitre de Physique Nucléaire)
qui s'expliquent théoriquement à merveille si ce n'est parfaitement
avec un modèle
corpusculaire de la lumière (et certaines autres particules de
dimension, charge, spin, etc. donné).
Au fait, comme nous le verront dans le chapitre de Physique Quantique
Ondulatoire, c'est le physicien De Broglie qui va mettre définitivement
un terme à cette dualité paradoxale en reliant à l'aide des outils
de la mécanique relativiste et physique quantique ondulatoire
les deux aspects mathématiquement.
POUVOIR DE RÉSOLUTION
Selon le critère du physicien
anglais Lord Rayleigh, le "pouvoir de résolution" d'une fente,
est l'angle
entre deux rayons lumineux de longueur d'onde ,
issus de deux sources ponctuelles ,
éloignées, dont les figures de diffractions sont séparées
telles que :

(40.37)
Or, nous avons vu que les minimas étaient
donnés par :
(40.38)
et donc pour
:
(40.39)
Si la lumière qui passe à
travers une fente forme une image sur un écran, et que l'image
est observée au microscope par exemple, il est impossible,
quel que soit le grandissement du microscope, d'observer plus de
détails dans l'image qu'il n'est permis par le pouvoir de
résolution de la fente. Il faut tenir compte de ces considérations
dans la conception des instruments d'optique.
CAS D'UNE RÉSEAU
DE FENTES RECTANGULAIRES
Considérons maintenant un réseau
de N fentes étroites de largeur ,
de hauteur
et distantes de d.
Un unique faisceau incident éclaire toutes les fentes.
Remarque: L'étude de ce modèle va nous permettre
de comprendre en partie comment fonctionne le prisme et le fonctionnement
des goniomètres utilisé en astronomie pour l'analyse
du spectre ainsi que la diffraction par rayons X par un réseau
d'atomes (donc l'importance est non négligeable).
Soit le schéma suivant :

(40.40)
Nous voyons sur le schéma ci-dessus que pour certaines directions
,
la distance
est telle que des interférences constructives ou destructives
se réalisent.
Posons que le réseau
est placé dans
le plan YZ et que la direction du faisceau ce fait selon
l'axe X. Plaçons nous en un point d'observation
P situé dans le plan XY.
Selon les propriétés des ondes électromagnétiques
(cf. chapitre d'Électrodynamique),
le vecteur champ électrique
de l'onde émise par la
fente est perpendiculaire à la direction d'observation et
peut s'exprimer par :
(40.41)
et nous avons vu que :
(40.42)
d'où :
(40.43)
Dans une direction
quelconque, les ondes issues de deux fentes adjacentes sont déphasées
de
et au point P d'observation, le champ électrique résultant est donné
par la somme des contributions de chaque fente avec son
décalage propre. D'où :
(40.44)
Nous voyons donc que chaque onde est déphasée de
:
(40.45)
Nous pouvons maintenant
représenter
en utilisant les phaseurs (cf. chapitre de
Mécanique Ondulatoire)
dans l'espace des phases tel que :
(40.46)
Ce qui donne graphique pour le deuxième
terme contenant la variable de sommation j pour
une distance R fixe :

(40.47)
Nous voyons que les
mis bout à bout forment un polygone régulier, inscrit
dans un cercle de rayon :
(40.48)
La norme du champ électrique résultant étant
égale à la corde définie par l'angle :
(40.49)
nous aurons :
(40.50)
L'énergie lumineuse
(in extenso l'intensité) émise
dans la direction
étant proportionnelle au carré du champ électrique
(cf. chapitre d'Électrodynamique),
nous avons alors pour les interférences destructives ou
constructives :
(40.51)
Nous substituons maintenant
par l'expression trouvée lors de notre étude plus
haut de la diffraction par une seule fente :
(40.52)
Ainsi, nous obtenons pour l'addition des effets d'interférences
et de diffraction :
(40.53)
Bien que cette relation semble compliquée, tous ses paramètres
n'ont pas la même importance pratique.
En effet considérons la fonction :
(40.54)
Le terme A présente
des maxima lorsque :
(40.55)
et
des valeurs nulles si :
avec
(40.56)
Bien que le terme B fasse
diverger la relation pour ,
la règle de l'Hospital (cf. chapitre
de Calcul Différentiel
Et Intégral) nous donne que :
(40.57)
Il en résulte que pour
et donc des valeurs nulles de A et de B,
la fonction
présente des énormes pics de hauteur .
Vu leur grande amplitude, les pics principaux sont ceux que l'on
observe expérimentalement le plus facilement. Ainsi, la position
angulaire des maxima de la fonction
est donnée par :
(40.58)
La valeur de n,
qualifie le "numéro d'ordre du maximum d'interférence".
Appliquons ses résultats à la relation d'interférence
:
(40.59)
Le pic d'ordre n est centré sur la valeur équivalente
qui annule le numérateur et le dénominateur de cette
fraction tel que :
(40.60)
d'où :
(40.61)
Ainsi, un réseau
dont nous connaissons la valeur d du pas peut utilisée pour mesurer la longueur d'onde
d'une lumière incidente inconnue.
Cependant, si la lumière incidente est polychromatique (typiquement
pour les observations astronomiques), la relation précédente
nous donne pour une longueur d'onde donnée la position des
franges d'interférences. Ainsi, un astronome faisant passer
de la lumière polychromatique de son télescope par
un réseau diffraction faire une analyse spectroscopique de
la lumière.
La relation nous donne également
que pour des valeurs fixes de m et d,
plus
est grand, plus l'angle
l'est aussi dans un intervalle compris entre .
Ainsi, les raies spectrales résultant de l'incidence d'un
faisceau polychromatique montrent un spectre allant du violet
(faible
longueur d'onde donc petit angle) au rouge (grande longueur d'onde
donc grand angle).
Au moyen d'un goniomètre, nous mesurons les angles
des pics principaux d'ordre m,
pour le plus grand nombre possible de valeurs de m.
Nous en déduisons
de la pente du graphique :
(40.62)
Le pied du pic est situé à
en un endroit où le numérateur
s'annule pour la première fois après le passage du
pic.
Puisque l'argument de cette
fonction augmente de
entre deux pics successifs (parmi tous les pics principaux et secondaires),
il vaut
à l'endroit du pic d'ordre m (pic
principal donc) et doit parcourir
radians supplémentaires pour atteindre le pied du pic.
Le numérateur vaut donc :
(40.63)
La distance angulaire
entre le sommet et le pied du pic principal est donc donné
par :
(40.64)
Mais dès le premier
ordre, nous avons .
La différence des deux sinus donne (cf.
chapitre de Trigonométrie)
:
(40.65)
Un développement
de MacLaurin (cf. chapitre des Suites Et
Séries) de donne
lorsqu'on prend le premier terme du développement
:
(40.66)
mais nous avons aussi la relation remarquable .
D'où la largeur angulaire d'un pic d'ordre m :
(40.67)
Or :
(40.68)
Donc :
(40.69)
Il est clair que deux raies superposées seront vues comme
distinctes si elles sont séparées d'une distance
angulaire
égale à leur largeur angulaire. L'expression :
(40.70)
établit qu'à deux positions angulaire correspondent
deux longueurs d'onde. Nous pouvons donc donner la séparation
de deux raies par
au lieu de .
Ainsi de :
(40.71)
nous tirons :
(40.72)
Mais :
(40.73)
Lorsque
et
sont petits, nous avons :
(40.74)
Ce qui nous amène à écrire par substitution
:
(40.75)
Le pouvoir de résolution
R d'un réseau représente sa capacité de séparer
deux raies spectrales de longueurs d'onde
et
voisines tel que :
(40.76)
Nous voyons que le pouvoir de résolution augmente proportionnellement
à l'ordre de diffraction.
FENTES DE YOUNG
Selon le principe de la dualité onde-corpuscule, la lumière se
comporte à la fois comme une onde et comme un corpuscule (particule
matérielle). C'est la résolution de problèmes comme ceux du corps
noir (cf . chapitre de Thermodynamique),
de l'effet photoélectrique (cf. chapitre
de Physique Nucléaire) ou encore celui de l'effet Compton
(cf. chapitre de Physique Nucléaire)
qui a révélé l'existence de cette dualité.
Mais nous allons nous maintenant étudier la manière la plus flagrante
mettant en évidence l'aspect ondulatoire de la matière à l'échelle
atomique à l'aide de l'expérience
des fentes de Young. Nous allons aborder celle-ci de manière
simplifiée
comme un cas particulier du réseau de fentes rectangulaires
mais ayant l'avantage de mettre expérimentalement en évidence
de manière aisée le comportement
duaire et probabiliste de la matière à l'échelle
atomique.
Soit une source de lumière S, qui rayonne une onde monochromatique de
longueur d'onde à travers
deux fentes et percées
dans un obstacle opaque à la lumière, comme le montre la figure
ci-dessous :

(40.77)
Remarque:
R1. L'intérêt du dispositif est qu'il permet de produire
deux sources de lumières cohérentes. C'est-à-dire deux sources
dont la différence de phase est constante tout au long de l'expérience.
R2. La source des développements qui vont suivre provient du
lien suivant: www.boutichesaid.cv.dz
Nous disposons un écran d'observation E en un point H tel
que la distance :
(40.78)
où a serait typiquement de l'ordre du millimètre et D du
mètre.
L'onde donnera
après son passage à travers les fentes et ,
comme nous l'avons déjà vu, naissance à deux ondes "filles" et de
même pulsation qui
emprunteront respectivement les chemins et et
qui iront interférer au point M de l'écran E.
Si l'interférence en M est constructive, ce point sera
alors situé sur une frange brillante et si l'interférence en M est
destructive, il sera sur une frange obscure. Pour observer cela, écrivons
d'abord l'onde résultante au point M :
(40.79)
dans laquelle nous avons en termes de phaseurs (cf.
chapitre de Mécanique Ondulatoire) :
et
(40.80)
où A est l'amplitude k est le vecteur d'onde
et t, représente la variable temps comme nous l'avons déjà étudié en
détail dans le chapitre de Mécanique Ondulatoire.
Maintenant, faisons un changement de variable (histoire de ne
pas avoir à se trimbaler de longues exponentielles) :
et
(40.81)
Remarque: Nous verrons plus loin qu'au fait et

Pour le calcul de l'intensité au point M, nous allons
prendre la norme complexe (module) de de ce
qui s'écrit donc comme le produit du complexe et son conjugué :
(40.82)
Remarque: Ce calcul est très important car l'analogie
avec la physique quantique ondulatoire est très forte à ce niveau
et similaire au calcul de l'amplitude de probabilité (cf.
chapitre de Physique Quantique Ondulatoire).
Donc :
(40.83)
L'intensité est donc maximale si et seulement si :
(40.84)
Donc que :
(40.85)
avec .
Ce qui donne :
(40.86)
Remarque: C'est ici que trivialement nous voyons que et

L'intensité est donc nulle si et seulement si :
(40.87)
Donc que :
(40.88)
avec .
Ce qui donne :
(40.89)
Maintenant, il nous faut calculer en
fonction de z pour savoir ce que nous observons sur l'écran E.
Considérons pour cela le schéma suivant :

(40.90)
où et .
Nous avons sur notre schéma :
(40.91)
Or , donc
nous avons :
(40.92)
Comme z et a sont petits devant D et en
utilisant l'approximation :
(40.93)
si est
petit devant 1. Nous avons alors :
(40.94)
De même :
(40.95)
Donc en soustrayant ces deux relations :
(40.96)
Donc finalement en utilisant la relation :
(40.97)
il vient :
(40.98)
Ainsi, la distance entre deux maximum consécutifs est :
(40.99)
et est appelé "interfrange".
Pour les franges d'intensité nulle il vient immédiatement :
(40.100)
Cette relations révèle que l'intensité I présente des
minima (franges obscures) et maxima (franges brillantes) distribués
selon la direction z de manière périodique. Cela ne nous étonne
pas plus que cela pour l'instant car il découle du cas plus général
étudié plus haut.

(40.101)
Il convient cependant de préciser que les calculs précédents
montrent que l'intensité des franges est partout égale. Or nous
observons expérimentales (voir la figure ci-dessus) que leur intensité diminue
lorsqu'on s'éloigne du centre de l'écran. Comme nous l'avons déjà
vu, deux phénomènes
sont à l'origine
de cette observation :
Premièrement, les fentes ont une certaine largeur, ce qui implique
un phénomène de diffraction. En effet, une lumière envoyée sur
un petit trou n'en ressort pas de façon isotrope. Cela se traduit
par le fait que la lumière est majoritairement dirigée vers l'avant.
Cet effet se répercute sur la figure observée après les fentes
d'Young : l'intensité des franges décroît au fur et à mesure que
l'on s'éloigne du centre.
Le second phénomène à prendre en compte est le fait que les ondes émises
en et sont
des ondes sphériques, c'est-à-dire que leur amplitude décroît au
fur-et-à-mesure qu'elles avancent. Ainsi l'amplitude de et ne
sera pas la même au point M.
Donc nos calculs restent approximatifs par rapport à l'étude
que nous avions fait du réseau de fentes rectangulaires mais c'est
ainsi que l'expérience des fentes de Young est présentée dans les écoles
et cela suffit à mettre en évidence le résultat principal.
L'expérience originelle de Thomas Young peut donc être interprétée
en utilisant les simples lois de Fresnel
comme nous l'avons fait avec le réseau de fentes. Ce qui met en évidence
le caractère ondulatoire de la lumière. Mais cette expérience a
par la suite été raffinée, notamment faisant en sorte que la source S émette
un quantum à la fois. Par exemple, on peut à l'heure actuelle émettre
des photons ou des électrons ou encore des atomes un par un. Ceux-ci
sont détectés
un par un sur l'écran placé après les fentes d'Young. Nous observons
alors que ces impacts forment petit à petit la figure d'interférences.
Selon des lois classiques concernant les trajectoires de ces corpuscules,
il est impossible d'interpréter ce phénomène!!! D'où l'intérêt de
l'étude théorique et expérimentale des fentes de Young.
De gauche à droite et de haut en bas, voici les motifs obtenus
en accumulant 10, 300, 2'000 et 6'000 électrons avec un
flux de 10 électrons/seconde. L'accumulation des électrons
finit par constituer des franges d'interférence ce qui est
assez déroutant à priori!

(40.102)
Nous reviendrons sur ce phénomène crucial dans le chapitre de
Physique Quantique Ondulatoire pour en dire un peu plus.
POLARISATION
DE LA LUMIÈRE
Ce n'est qu'au 19ème
siècle
qu'on découvrit la polarisation de la lumière (nous
allons de suite expliquer de quoi il s'agit). Cependant, à
l'époque de Newton, on connaissait déjà un
phénomène dû à la polarisation : l'existence
de cristaux dits "cristaux biréfringents" (tel le spath
d'Islande) qui ont la propriété de réfracter
un seul rayon en deux rayons distincts (aujourd'hui nous savons
que
les deux rayons
réfractés par un tel cristal sont polarisés).
Pour comprendre ce qu'est
la
"polarisation de la lumière",
revenons au cas d'une onde se propageant sur une corde (cf.
chapitre de Mécanique
Ondulatoire). Une telle onde peut le faire dans un plan
vertical (droite) aussi
bien que dans un plan horizontal (gauche) ou dans tous les plans
intermédiaires:
(40.103)
Dans les deux cas, nous disons que l'onde
est "polarisée linéairement", ce qui signifie que
les oscillations se font uniquement et toujours dans le même
plan, appelé "plan de polarisation". Une telle onde peut
passer à travers une fente verticale si elle est polarisée
verticalement, une onde polarisée horizontalement ne pourra
pas.
Rappel : nous avons vu dans le chapitre
d'Électrodynamique que pour les ondes électromagnétiques,
le champ électrique
oscille (du moins pour la solution standard des équations
de Maxwell) et est orthogonale à la direction de propagation.
Le vecteur champ électrique d'une onde peut être décomposé en deux composantes
perpendiculaires l'une à l'autre,
si l'onde se propage dans la direction z et transportant chacune la moitié de l'intensité de
l'onde. Ces deux composantes changent à tout moment lorsque
varie. Le résultat à tout instant est un champ horizontal
total et un champ vertical total.
(40.104)
Si tourne autour de la direction de propagation avec son extrémité
décrivant un cercle, nous disons alors que l'onde est "polarisée
circulairement" :
(40.105)
reste alors constant en module mais tourne tout en progressant,
effectuant un tour complet pour chaque parcours égal à
une longueur d'onde.
Remarque: La
lumière n'est pas forcément polarisée
! Chaque atome émet un train d'ondes qui dure moins d'un
cent millionième de seconde (ces trains d'ondes sont parfaitement
expliqués par la propagation de la particule libre en
physique quantique avec les transformées de Fourier),
et toutes ces ondes n'ont aucune corrélation
de phase ou d'orientation. Le champ résultant
en une position donnée de l'espace, est la somme géométrique
de tous ces trains d'ondes : il change constamment.
Ainsi, la lumière naturelle est
un mélange aléatoire et très rapidement variable
d'ondes linéairement polarisées dans toutes les directions.
En regardant vers la source, nous observons un champ ,
résultant qui oscille dans une certaine direction durant
une fraction de période puis saute brusquement à une
nouvelle direction aléatoire tout en restant perpendiculaire
à la direction de propagation :
(40.106)
Cette introduction ayant
été faite, passons à quelque chose d'un peu
plus formel :
Nous avions donc vu en électrodynamique
qu'une onde plane progressive monochromatique (même si physiquement
elle n'existe pas...) se propageant dans le vide était composée
d'un champ et
d'un champ magnétique
et était caractérise par sa pulsation ,
son amplitude en champ électrique
et en champ magnétique
et sa direction de propagation donnée par un vecteur unitaire
à choix selon l'orientation du repère choisi.
Nous avons vu également que
ces ondes possèdent des propriétés structurelles
remarquables, en particulier :
- et
sont transverses, c'est-à-dire que leur direction est en
tout point et à tout instant orthogonale à la direction
de propagation (théorème de Malus). Ceci, permettant
de définir un plan d'onde, plan généré
par les deux directions de et .
- Les normes de ces deux vecteurs sont
reliées par ,
où
est la vitesse de la lumière dans le vide (c'est ce rapport
immense entre le champ magnétique et le champ électrique
d'une onde électromagnétique qui fait que les développements
présentés plus loin se font de préférence
par rapport à la composante de l'onde)
- Enfin, ces deux vecteurs sont orthogonaux
entre eux, et le trièdre
est un trièdre orthogonal direct.
Ces trois propriétés
se résument par la relation :
(40.107)
où nous avons choisi le repère
tel que l'onde se propage selon la direction .
De plus, nous avions montré que le champ électrique
est une fonction d'onde trigonométrique donnée à
l'arbitraire de phase près par :
ou
(40.108)
Plaçons nous maintenant
dans une base (x, y, z).
L'expression la plus générale du champ électrique
d'une onde plane progressive monochromatique se propageant selon
peut être décomposée selon deux composantes
:

(40.109)
La norme du champ étant dès
lors donnée dès lors par :
(40.110)
Si
(ce qui est le cas le plus souvent) nous avons alors :
(40.111)
En choisissant une autre origine des
temps, nous pouvons toujours nous ramener à écrire
:
(40.112)
avec .
Remarque: Le choix d'écrire
plutôt que
nous sera utile plus tard pour l'utilisation des relations trigonométriques
remarquables et nous permettre de trouver l'équation d'une
ellipse (patience... c'est pas très loin).
En utilisant les phaseurs
(cf. chapitre de Mécanique Ondulatoire)
ces dernières
relations peuvent se ramener à :
(40.113)
Mais la polarisation la plus générale
est décrite par un vecteur complexe normalisé à
l'unité dans un espace à deux dimensions de composantes
:
(40.114)
avec .
Cependant, pour décrire ce champ,
et donc l'ensemble de l'onde, il est commode de se placer dans le
plan
et de décrire l'évolution du vecteur dans ce plan. C'est ce que nous allons faire par la suite. Ceci
revient en fait à choisir une origine des coordonnées
selon z.
Dans ce cas, nous pouvons écrire :
(40.115)
POLARISATION LINÉAIRE
Définition: Nous
disons qu'une onde est "polarisée
linéairement"
lorsque
ou .
Dans le premier cas ( ,
nous avons :
(40.116)
Dès lors, nous avons
qui ont des valeurs comprises respectivement entre
.
Remarque: Relativement à un diagramme que nous verrons plus
loin il convient de prendre en compte que lorsqu'une composante
est positive l'autre l'est aussi et inversement.
Nous avons dès lors à chaque instant :
(40.117)
ce qui signifie que le champ garde
une direction fixe. D'où le fait que nous parlions d'onde
polarisée linéairement.
Si
nous avons alors :
(40.118)
Dès lors, nous avons
qui ont des valeurs comprises aussi entre
.
Remarque: Relativement à un diagramme que nous verrons plus
loin il convient de prendre en compte que lorsqu'une composante
est positive l'autre est négative et inversement.
Nous avons dès lors à chaque instant :
(40.119)
ce qui signifie aussi que le champ
garde une direction fixe. D'où le fait que nous parlions
également d'onde polarisée linéairement.
POLARISATION ELLIPTIQUE
Si
est quelconque, et en nous plaçant en ,
nous avons :
et
(40.120)
d'où :
(40.121)
De plus, nous pouvons écrire
:
(40.122)
En portant chacun des membres au carré
:
(40.123)
et en sommant, nous éliminons
le temps et obtenons :
(40.124)
Nous remarquons que si
nous retrouvons :
(40.125)
Ceci dit, ceci est l'équation
d'une ellipse :
(40.126)
En tout point similaire à la
forme générale des coniques que nous avons vue
en géométrique analytique (cf.
chapitre de Géométrie Analytique) :
(40.127)
Dans ce cas, l'extrémité
de décrit donc une ellipse et nous parlons dès lors
naturellement de "polarisation elliptique".
Suivant la valeur de ,
cette ellipse peut être parcourue dans un sens ou dans l'autre.
Pour déterminer ce sens, dérivons l'expression du
champ et plaçons nous à
toujours dans le même plan d'onde en :
(40.128)
Ainsi :
- Si
l'ellipse est parcourue dans le sens direct (inverse des aiguilles
d'une montre) comme le montre la figure plus loin. Nous disons alors
que la polarisation est "elliptique gauche
directe".
- Si
l'ellipse est parcourue dans le sens direct aussi (inverse des aiguilles
d'une montre) comme le montre la figure plus loin. Nous disons alors
que la polarisation est "elliptique droite
directe".
- Si
l'ellipse est parcourue dans le sens horaire (sens des aiguilles
d'une montre). Nous disons alors que la polarisation est "elliptique
droite indirecte".
- Si
l'ellipse est parcourue dans le sens horaire (sens des aiguilles
d'une montre) comme le montre la figure plus loin. Nous disons alors
que la polarisation est "elliptique gauche
indirecte".
POLARISATION CIRCULAIRE
Si
et
nous avons alors l'équation de l'ellipse qui se réduit
à :

qui est l'équation d'un cercle
de rayon ,
le sens étant toujours donné par le signe du sinus
:
- Si
il s'agit d'une polarisation circulaire gauche
- Si
il s'agit d'une polarisation circulaire droit.
.... voir la figure plus bas pour un schéma.
POLARISATION NATURELLE
Nous pouvons considérer l'émission
d'une source comme une succession d'ondes planes progressives monochromatiques
dont l'expression sera donc :
(40.129)
Ces trains d'ondes sont donc dans un
état de polarisation particulier. Cependant, cet état
varie aléatoirement d'un train d'onde à l'autre, et
ceci en un temps très court par rapport au temps d'intégration
des détecteurs. Ceux-ci ne verront donc pas de polarisation
particulière, et le champ n'aura pas de direction particulière.
Nous parlons dès lors de "lumière
non polarisée". Si nous superposons cette lumière
à une onde polarisée, nous obtenons ce que nous appelons
une "polarisation partielle".
Finalement, nous pouvons résumer
tout ce que nous avons vu jusqu'à maintenant par la figure
suivante où nous avons :
- La polarisation linéaire 
- La polarisation linéaire partielle
(n'est pas représentée)
- La polarisation elliptique gauche
ou droite 
- La polarisation elliptique partielle
(n'est pas représentée)
- La polarisation circulaire gauche
ou droite 
- La polarisation circulaire partielle
(n'est pas représentée)

(40.130)
Nous pouvons représenter cela de manière animée
avec Maple (nous n'avons pas mis le *.gif ci-dessous afin de na
pas trop charger le document...) et les commandes suivantes:
> restart;
> with (plots):
> Ex:=1;Ey:=1;phi:=Pi/4;k:=1;omega:=1;
> animate3d([x,a*Ex*cos(omega*t-k*x),a*Ey*cos(omega*t-k*x-phi)],a=0..1,x=-10..10,t=0..2*Pi,frames=15,grid=[35,35],style=patchnogrid,axes=boxed);

(40.131)
Il est bien entendu possible de modifier les paramètres. Par
exemple, donne
une polarisation circulaire, donne
une polarisation rectiligne comme nous l'avons montré plus haut.
LOI DE MALUS
Pour polariser de la lumière,
le physicien fera usage de polariseurs. Nous n'entrerons pas ici
(car ce n'est pas dans le cadre de l'optique ondulatoire) dans les
détails des propriétés atomiques ou moléculaires
de la matière qui sont la cause de la polarisation de la
lumière transmise.
Pour nos besoins, nous allons nous
restreindre à un polariseur qui polarise une lumière
incidente de manière linéaire selon l'axe x (la composant
étant dès lors nulle). Il vient dès lors :
(40.132)
Or, nous avons vu dans le chapitre
traitant des équations de Maxwell (chapitre d'Électrodynamique)
que :
(40.133)
Dès lors, il vient pour l'intensité
maximale (tel que
) :
(40.134)
relation qui constitue la non moins
fameuse "loi de Malus".
Pour étudier de façon
quantitative la polarisation, nous allons nous servir d'un ensemble
polariseur/analyseur. Nous faisons d'abord passer la lumière
dans un polariseur dont l'axe fait un angle
avec l'axe x,
puis dans un second polariseur, appelé "analyseur", dont
l'axe fait un angle
avec le même axe (voir figure ci-dessous) avec :
(40.135)
dont la norme est égale à
l'unité !

(40.136)
A la sortie de l'analyseur, le champ
électrique
s'obtient en projetant la lumière polarisée linéairement
obtenue à la sortie du polaroïd :
avec
(40.137)
sur
(ce qui signifie : projection=produit scalaire, pour obtenir un
vecteur on multiplie par le vecteur sur lequel on projette ) :
(40.138)
Nous en déduisons la loi de
Malus pour l'intensité :
(40.139)
dans le cas particulier
de la polarisation linéaire bien sûr. Nous réutiliserons
ce résultat
en cryptographie quantique (cf. chapitre
de Cryptographie).
COHÉRENCE ET INTERFÉRENCE
Nous allons maintenant voir quelles sont les conditions nécessaires
à ce que des ondes planes interférent entre elles.
Ces développements
permettent de comprendre bien des choses sur la vision du monde
qui nous entoure via notre oeil (surtout pourquoi l'ensemble des
ondes reçues par nos rétines ne se mélangent
pas et donc les couleurs non plus!).
Considérons deux ondes planes et de
pulsations et ,
de vecteurs d'onde et se
propageant toutes deux parallèlement à l'axe .
Nous notons On note et les
amplitudes complexes des deux ondes et nous nous s'intéressons à l'intensité moyenne
observée en un point O pris comme origine des coordonnées:

(40.140)
Nous posons:
(40.141)
et nous supposerons:
(40.142)
Au point O les amplitudes complexes s'écrivent
(40.143)
où et représentent
les phases de et .
Calculons maintenant l'intensité instantanée au point O qui
sera notée J(t).
Comme l'intensité moyenne I est proportionnelle au carré de
l'amplitude, nous supposerons qu'il en sera de même pour l'intensité instantanée.
Ce qui nous amène à calculer la somme des parties réelles des amplitudes
des deux ondes:
(40.144)
Ce qui s'écrit en se rappelant que (cf.
chapitre sur les Nombres):
(40.145)
Soit:
(40.146)
Et nous avons alors:
(40.147)
Il vient la somme de quatre termes:
(40.148)
Pour calculer l'intensité moyenne, nous allons choisir une approche
expérimentale. L'intensité moyenne sur le temps de pose du
détecteur (électronique ou biologique) sera donc donnée par:
(40.149)
I est donc la somme des moyennes des quatre termes intervenant
dans J(t). En lumière visible (cas de notre oeil),
les fréquences sont de l'ordre de et
les temps de pose des détecteurs varient entre la milliseconde
et la seconde. contient
alors typiquement périodes
de et !!
Examinons l'effet de la valeur moyenne sur chacun des termes
de J(t):
1. Nous avons (cf. chapitre de Calcul Différentiel et Intégral):
(40.150)
Nous pouvons estimer que sur un grand nombre de périodes (temps
d'ouverture du détecteur), c'est cette moyenne qui sera mesurée
(en l'occurrence c'est celle-ci!).
2. Nous avons de même:
(40.151)
avec la même remarque que précédemment en ce qui concerne le
détecteur!
3. Pour le troisième terme c'est un peu différent:
(40.152)
Or, la moyenne d'un cosinus et d'un sinus sur une période est
nulle. Donc si le détecteur fait une mesure sur un temps d'exposition
supérieur à ,
soit sur un grand nombre de périodes, nous aurons:
(40.153)
4. Pour le quatrième terme c'est encore différent dans l'approximation
expérimentale. Effectivement:
(40.154)
Or, .
Donc le détecteur n'a pas le temps de mesurer l'intensité moyenne
sur une période entière en première approximation puisque:
(40.155)
et que cette valeur est beaucoup beaucoup plus grande dans le
spectre du visible que le temps d'ouverture/échantillonnage de
l'oeil qui est lui de 0.1 [s].
Ainsi, nous noterons la moyenne de quatrième terme par:
(40.156)
L'intensité moyenne vaut donc dans un cadre expérimental:
(40.157)
ou:
(40.158)
Si les pulsations sont égales
(ou pratiquement égales), c'est alors l'interférence entre deux
ondes planes monochromatiques. L'intensité moyenne s'écrit alors:
(40.159)
L'intensité mutuelle est non nulle et nous disons alors qu'il
y a cohérence. Dans le cas contraire, si les deux pulsations sont
très différentes, la moyenne est
nulle et nous avons alors:
(40.160)
Le terme d'interférences a disparu, l'intensité moyenne est la
somme des intensités moyennes des deux ondes. Nous disons dans
ce cas que les deux ondes sont incohérentes entre elles.
Quand nous savons que l'oeil interprète l'intensité pour former
les perceptions des objets nous comprenons pourquoi deux objets
de deux couleurs différentes ne forment pas une perception correspondant à un
mélange des deux couleurs car même si dans le spectre du visible,
les pulsations sont presque égales, leur déphasage en un point
donné de l'espace est rarement nul tel que:
(40.161)
Il n'y donc pas interférence et nous avons en réalité:
(40.162)
et ce d'autant plus que le déphasage n'est pas constant dans
le temps et que la moyenne de déphasages fait que le troisième
terme s'annule. On ne peut donc pas interférer de manière simple
des ondes planes de sources différentes. Par contre lorsque la
source est identique nous retrouvons ce que font nos écrans avec
les trois couleurs primaires RVB.
Lorsque est
un multiple de , I est
maximale (interférence constructive). Lorsque est
de la forme , I est
minimale. Nous avons alors une interférence destructive.
Remarque: Lors de la composition de plusieurs ondes, nous pouvons toujours
considérer qu'il y a interférence. Toutefois, nous appelons "conditions
d'interférences" des conditions d'observation des ces interférences,
in extenso des conditions pour que le résultat de leur composition
soit suffisamment stable pour être observé. Il est d'usage de parler
de visibilité ce qui restreint à la seule observation par l'oeil
(humain).
Nous avons vu pour l'oeil que la fréquence temps d'échantillonnage
est de .
Sachant que la lumière visible à une fréquence de ,
la fréquence doit donc être stabilisée par la source pendant:
(40.163)
ce qui matériellement est impossible sauf à ce que la source
soit la même. Nous en déduisons que pour des interférences soient
visibles à l'oeil, les sources doivent être synchrones à mieux que ce
qui en pratique amène à ne considérer que des sources absolument
synchronisées sur une source unique.
Dans le modèle précédent, nous avons par ailleurs négligée qu'une
onde réelle est limitée dans le temps. Un photon est représenté par
un paquet d'onde limité. Soit T sa
durée, il aura une longueur dans
le vide ou dans l'air que nous appelons "longueur
de cohérence
temporelle".
Un rayonnement donné est donc une superposition d'une succession
de trains d'ondes dont la longueur moyenne est ,
les trains d'ondes successifs n'ont pas de relation de phases entre
eux: ils ne peuvent pas interférer.
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