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GÉOMÉTRIE
EUCLIDIENNE |
Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
23.10.2009 18:30
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
L'objet de la "géométrie
euclidienne" (appelée plus communément
"géométrie plane")
est, en principe, l'étude des formes et des propriétés des corps
naturels. La géométrie n'est cependant pas une science expérimentale,
puisque son objet est, non pas d'étudier certains aspects de la
nature, mais une reproduction nécessairement arbitraire de celle-ci.
Nous allons dans ce chapitre présenter implicitement, dans
un premier temps, les cinq postulats de la géométrie
euclidienne (dont les quatre premiers sont considérés
aujourd'hui comme des axiomes) et ensuite développer
autour de ceux-ci la géométrie de base que le
lecteur aura besoin pour l'étude du reste du site. Une
fois ceci fait, nous résumerons notre étude en
présentant de
manière explicite les cinq postulats d'Euclide et ensuite
les axiomes de Hilbert.
Remarque: Nous avons tenté de préserver au mieux les notations
propres à Euclide en ayant toutefois une approche plus moderne
de certains concepts et de présenter uniquement ceux qui
sont utiles à l'ingénieur sur le marché du
travail.
OBJETS
DE LA GÉOMÉTRIE EUCLIDIENNE
Avant d'énoncer les cinq postulats, il nous semble bon
de définir quelque concepts intuitifs au préalable
:
D1. La
notion expérimentale la plus simple est celle de "volume".
Nous disons qu'un corps occupe un certain volume lorsqu'il
occupe
dans l'espace à trois dimensions une certaine place (pour des
espaces
à des dimensions supérieures, nous parlons d'hyper-volumes).
D2. Nous
admettrons comme une chose évidente qu'un volume est limité par
une "surface"; mais si l'existence du volume est physiquement
contrôlable et mesurable, la surface est une création de l'esprit;
c'est quelque chose d'analogue à une baudruche, par exemple, enveloppant
un volume quelconque, mais d'analogue seulement. C'est un être géométrique
à deux dimensions sans épaisseur.
D3. Lorsqu'une
surface est limitée, cette limite est une "ligne". Ici
encore, la ligne est une création de l'esprit, une ligne n'a pas
d'existence expérimentale; c'est quelque chose d'analogue à la figure
formée par un fil de fer. Etre géométrique encore mais d'une dimension
sans hauteur ni largeur.
D4. Une "droite"
est définie comme la ligne de plus court chemin joignant deux
points sur une surface.
D5. Quand
une ligne est limitée, sa limite est un "point":
le point est quelque chose d'analogue à l'intersection de
deux fils tendus. C'est encore une création de l'esprit,
un être géométrique.
Remarque: Il est d'usage, en géométrie, de représenter un point
par une lettre A, B,...; une ligne, ou une surface
par une lettre entre parenthèses (mais cela est rarement respecté car
nous supposons souvent que le lecteur sait de quoi nous parlons).
Nous disons alors, par exemple: la ligne (L), la surface
(S).
D6.
L'expression
le "segment" AB
désigne en général une ligne limitée
par les points A
et B.
Nous dirons qu'un point M
est sur le segment AB,
pour traduire le fait suivant: tout segment AB
peut être séparé d'une infinité de façons
en deux morceaux limités
par A
et M
d'une part, par M
et B
d'autre part - fait inspiré au géomètre par la possibilité de
couper expérimentalement un bout de fil de fer en deux,
et cela d'une infinité
de façons (nous y reviendrons lors plus loin)
Remarque: L'expression: "la ligne (L) est tracée sur
une surface (S)" signifie que la surface (S)
pourrait être divisée en plusieurs morceaux, de manière que la
ligne (L) soit la frontière ou une partie de frontière
d'un de ces morceaux. Cette définition est inspirée du fait
qu'il est possible de découper une étoffe, par exemple, en suivant
avec des ciseaux un trait quelconque tracé sur cette étoffe.
Lorsqu'une ligne (L) est tracée sur une surface (S),
tout point M qui est situé sur la ligne (L) est
aussi, par définition, situé sur la surface (S). Nous
disons alors que c'est un "point de
cette surface".
D7. Nous
appelons "angle" (ou "angle
plan") ou plus rigoureusement "angle
rectiligne" la portion de plan limitée par
deux demi-droites (voir plus loin la définition d'une demi-droite)
DIMENSIONS
Nous avons parlé de volume,
surface et de ligne auxquelles nous pouvons associer des dimensions.
Mais qu'est-ce une dimension au fait ? Nous allons tâcher
d'essayer de définir
au mieux cette dernière mais d''abord, il faut savoir qu'il existe
en géométrie plusieurs types de dimensions. La plus connue et commune
est celle que nous appelons la "dimension
topologique".
Par exemple, le point (abstraction mathématique et géométrique)
à une dimension topologique de 0, la courbe (trait continu d'épaisseur
nulle) une dimension de 1, la surface une dimension de 2, un volume
une dimension de 3 et un hyper-volume une dimension 4 (pour représenter
un hyper-volume, prenez un volume dessiné sur papier (...) et faites
en une translation et reliez les sommets) Ce sont toutes des valeurs
entières par définition :

(21.1)
Pour
calculer la dimension de certains objets, nous allons utiliser la
méthode de la géométrie métrique plane qui consiste à un étalon
de cet objet, c'est à dire cet objet lui même mais en plus petit,
et nous allons le reporter sur notre objet un certain nombre de
fois :

(21.2)
Soit
L
la longueur totale du segment. Nous allons prendre un étalon de
longueur n que
nous allons reporter sur le segment. Cet étalon sera reporté L/n
fois. Nous remarquons que:
(21.3)
Nous
pouvons appliquer le même raisonnement à une surface:

(21.4)
Soit
la
surface totale du carré. Cette fois, nous prenons un autre carré,
plus petit, de côté n et
de surface .
Nous reportons le petit carré sur le grand fois
pour obtenir la surface du grand carré. Nous remarquons que:
(21.5)
Dans
ces deux exemples, nous avons fait apparaître le nombre 1 pour le
segment, et le nombre 2 pour le carré. Ces nombres sont la "dimension"
de l'objet.
Généralisons:
soit N
le nombre de fois que nous reportons l'étalon de longueur n
sur notre objet de longueur L,
et soit d
la dimension de l'objet, nous avons:
(21.6)
Dans
le cas des fractales (cf. chapitre sur
les Fractales)
les dimensions sont variables et fractionnaires. Considérons la
courbe de Von Koch (par exemple) après une itération de la suite
la définissant:

(21.7)
Soit L
sa taille tel que .
Pour calculer sa dimension nous prenons l'élément fondamental de
la courbe (ci-dessous en rouge):

(21.8)
Soit n
la taille de cet étalon tel que .
Nous voyons très bien que nous pouvons le reporter 4 fois sur la
courbe. Donc:
(21.9)
Le dimension de Van Koch
à donc une valeur fractionnaire.
Nous pouvons donc calculer
la dimension de n'importe quels objets fractals à la condition de
connaitre leurs mesures.
Ne nous hasardons pas à aller
chercher des objets complexes dans quelques galaxies alors que
la fractale la plus connue se trouve dans votre assiette. Eh oui
!
Le chou-fleur est bien un fractal ! Vous avez sûrement déjà remarqué
que quand nous découpons le chou-fleur, nous le cassons au lieu
de le couper, et ça donne plein de petits choux-fleurs, qui eux
même peuvent donner d'autres plus petits choux-fleurs. Cette
particularité
d'autosimilarité à différentes échelles fait du chou-fleur un
fractal.
Calculons à présent la dimension
fractale du chou-fleur. Quand nous cassons le chou-fleur, nous obtenons
entre 12 et 14 branches qui ressemblent au chou-fleur entier à une
dilatation près. Cette dilatation est, si nous la calculons, de
facteur 3. Donc, selon la formule ci-dessus, la dimension du chou-fleur
est d'environ:
(21.10)
Il existe également d'autres
dimensions. Prenons pour exemple, les "dimensions
d'homothétie"
dont voici quelques exemples simples (voir plus loin la définition
rigoureuse de "l'homothétie") :

(21.11)
Le segment (tout à gauche),
de dimension 1 a par homothétie, vu sa longueur, doublé et nous
remarquons que:
(21.12)
Le carré (au milieu), de
dimension 2
a par homothétie, vu sa surface, doublé et nous remarquons que:
(21.13)
Le cube (tout à droite),
de dimension 3 a
par homothétie vu son volume doublé et nous remarquons que:
(21.14)
Le facteur de duplication
d'échelle (homothétie) est donc égal à:
(21.15)
Comme vous pouvez le voir,
il s'agit toujours d'une valeur entière mais d'un autre type de
dimension.
Le concept de dimensions
ayant été introduit intéressons nous maintenant
aux postulats d'Euclide qui pourront paraître vagues dans
un premier temps mais qui seront détaillés au
fur et à mesure de
notre lecture.
CONSTRUCTIONS
D'EUCLIDE
La construction de la géométrie plane d'Euclide se fonde sur cinq
postulats (dont les quatre premiers sont considérés aujourd'hui
comme des axiomes comme nous en avons déjà fait mention) :
P1. Conduire
une droite d'un point quelconque à un point
quelconque.
Sous
forme moderne nous dirions que par deux points distincts A et B,
il passe une droite et il n'en passe qu'une seule.
Autrement
dit : Deux droites (D) et (D') qui
ont deux points communs sont confondues, tout point de l'une
est un point de l'autre et réciproquement.
Il
résulte de ce postulat que deux droites (D) et (D'),
ou bien n'ont aucun point commun,
ou bien ont un seul point commun qui s'appelle "point
d'intersection" et sont alors "sécantes" et "distinctes",
ou bien ont plus d'un point commun et sont alors "confondues".
P2. Prolonger indéfiniment,
selon sa direction, une droite finie.
Sous
forme moderne nous dirions que tout
segment AB est
prolongeable en une droite passant par A et B (compte
tenu du premier axiome, elle est unique dans une géométrie
Euclidienne)
P3. D'un point quelconque, et avec un intervalle
quelconque, décrire
une circonférence de cercle.
Sous forme moderne nous dirions pour
tout point A et tout point B distinct
de A, nous pouvons décrire un cercle de centre A passant
par B
P4.
Tous les angles droits sont égaux
entre eux.
Sous
forme moderne nous dirions qu'à
chaque angle du
plan correspond sa mesure ,
effectuée avec une unité choisie une fois pour toutes où est
un nombre positif, inférieur à .
Réciproquement, soit un
nombre positif quelconque compris entre 0 et ,
nous admettrons qu'il existe une infinité d'angles égaux
entre eux dont la mesure avec l'unité d'angle choisie soit .
P5. Si une droite, tombant sur deux droites, fait les angles
intérieurs
du même côté plus petits que deux droits, ces
droites, prolongées à l'infini, se rencontreront
du côté où les angles sont plus petits que
deux droits.
Sous
forme moderne nous dirions que: étant donnés
une droite et un point, il existe une unique droite passant
par ce point
et ne coupant pas la droite initiale.
La
construction d'Euclide permet donc le développement de la
notion de mesure de longueur, d'aire, de volume, d'angle comme
nous allons le voir plus loin.
Les deux théorèmes fondamentaux de la géométrie
euclidienne sont le théorème
de Pythagore et celui de Thalès comme nous en verrons
la démonstration plus loin. Un peu d'analyse permet d'aller plus
loin avec la trigonométrie que nous avons déjà développée
dans le chapitre précédant.
DROITE ET SEGMENTS
Dans un premier temps, la figure
géométrique la plus simple (mis à part le point...) en géométrie
euclidienne est la "ligne
droite" et celle-ci est directement concernée par deux
premiers postulats d'Euclide.
Définitions:
D1. La
"ligne
droite"
est l'image donnée par un
fil tendu d'épaisseur nulle et de longueur infinie.
Remarque: Nous pouvons également définir la "ligne
droite" comme une infinité de points mis à côté les
uns des autres dans une même direction sur un plan.
D2. Nous
appelons "demi-droite" la
portion de droite limitée à un point O appelé "origine".
Remarque: L'expression "la
demi-droite OA"
désigne la demi-droite d'origine O, point nommé le "premier",
qui contient le point A.
D3. Nous
disons que deux demi-droites OA, OB sont
des "demi-droites opposées" lorsqu'elles
constituent la droite AB toute
entière.
D4. Nous
appelons "segment" AB une
portion de droite limitée par deux points A et B.
Ces points sont appelés les "extrémités" du
segment.
GRANDEURS
DE MÊME ESPÈCE
Nous disons
que des figures géométriques
(sous entendus des droites) sont des "grandeurs
de même espèce"
lorsqu'il est possible de définir:
1. Dans
quel cas une figure (A)
sera dite égale à une figure (B)
et, si elles sont inégales, laquelle est la plus petite
2. Ce
que nous devons entendre par somme d'une figure (A)
et d'une figure (B)
Les définitions
choisies doivent être telles que si (A)
est déclaré plus petit que (B)
et (B)
plus petit que (C), (A)
soit déclaré aussi plus petit que (C).
Il faut, en outre,
que la figure appelée "somme de (A)
et de (B)"
soit égale à celle qui est appelée somme de (B)
et de (A).
Enfin, la substitution dans une comparaison, une égalité ou une
somme, d'une figure par une figure égale ne doit pas modifier
le résultat des opérations.
Pour faire
comprendre ce que sont des grandeurs de même espèce, prenons l'exemple
des segments de droite:
- Nous admettrons qu'il est possible de
décider
de l'égalité de deux segments AB et A'B'
lorsque nous pouvons les faire coïncider.
- Nous admettrons aussi
qu'il est possible de remplacer le segment A'B' par
un segment égal AD et porté sur la demi-droite AB.
- Enfin, nous admettrons qu'il est possible de distinguer entre
trois
points A, B, C,
pris au hasard sur une droite, lequel est entre les deux autres.
Nous convenons
alors de dire que le segment A'B'
est plus petit que le segment AB,
ce qui s'écrit en abrégé:
(21.16)
lorsque
le point C, obtenu en portant sur la demi-droite AB
un segment AC
égal à A'B',
tombe entre A
et B.
Si le
point C
était en B,
les segments AB
et A'B'
seraient égaux et nous écririons alors :
A'B'=AB
(21.17)
Nous
convenons d'appeler la "somme de
deux segments" AB,
A'B',
le segment AC
obtenu en portant sur la demi-droite opposée à la demi-droite BA
un segment BC
égal à A'B'.
Nous traduisons cette opération en écrivant:
AC=AB+A'B'
(21.18)
Considérons
toujours des grandeurs de même espèce... Ajouter entre elles plusieurs
de ces grandeurs, c'est ajouter l'une d'elles à une autre, la
somme obtenue à une troisième, etc. Par exemple, ajouter les
segments
AB,
BC,
CD, c'est ajouter AC et CD ce qui donne AD.
Nous résumons l'opération en écrivant:
AD=AB+BC+CD
(21.19)
Multiplier
une grandeur par un nombre entier n,
c'est ajouter n
grandeurs égales à celle-là. Par exemple, si nous avons AB=BC=CD,
la relation précédente s'écrirait:
(21.20)
Nous
allons définir ce que nous appelons "comparer deux grandeurs
(A)
et (B)
de même espèce" :
Choisissons
arbitrairement une grandeur (C)
de même espèce que (A)
et que (B)
et plus petite que chacune d'elles. Formons une suite de grandeurs
telles que:
(21.21)
Nous
constatons que la grandeur
(A)
s'intercale entre deux grandeurs et
et
que (B)
se trouve entre deux autres et
par
construction.
Nous disons alors par définition que le rapport des grandeurs
(A)
et (B)
est un nombre (A)/(B)
positif compris entre :
et
(21.22)
Prenons
alors, par exemple, deux segments quelconques AB,
A'B' mais différents (par exemple 1.2 [cm]
et 3.5 [cm]):
Pour réaliser l'opération précédente, utilisons
une règle graduée
dont l'unité sera la grandeur C, un segment arbitrairement
choisi (par exemple de 1 [cm]).
Nous appliquons le zéro
de la règle en A,
et B s'intercalera par construction
entre deux graduations de la règle numérotée p et p+1
à moins que la grandeur C soit égale à AB...
(soit avec le choix pris comme exemple, B s'intercalera
entre la 1ère et la 2ème).
Pour A'B',
nous appliquons le zéro de la règle aussi
en A',
et B'
s'intercalera aussi entre deux grandeurs de la règle numérotée q et q+1 à moins
que la grandeur C soit égale à A'B'...
(soit avec le choix pris comme exemple, B' s'intercalera
entre la 3ème et la 4ème).
Nous exprimerons le résultat
de ces mesures et leur rapport en écrivant:
(21.23)
où le terme tout à gauche s'appelle
une "mesure par défaut"
et celui à l'opposé une
"mesure par excès".
Par exemple avec les mesures prises comme exemple nous avons donc:
(21.24)
Définition: Nous appelons "mesure d'une grandeur" (A)
le nombre positif qui mesure le rapport de cette grandeur
et d'une
grandeur (U) arbitrairement choisie et que nous appelons
"l'unité", la
mesure de l'unité étant "1", par définition.
Nous
pouvons démontrer que
si a est la mesure de (A),
b celle de (B)
évaluées toutes deux avec une même unité (U), le nombre (A)/(B)
est égal au rapport a/b. Ce rapport étant indépendant
de l'unité choisie.
Remarque: Nous disons que (B) est une "partie
aliquote" de (A) si le rapport (A)/(B)
est un nombre entier.
Nous
conviendrons une fois pour toute, qu'en géométrie toutes les grandeurs
de même espèce qui interviennent dans une figure donnée sont mesurées
avec la même unité.
Soit
(A),
(B),
(C),
..., (S)
des grandeurs de même espèce et (A'),
(B'),
(C'),
..., (S'),
des grandeurs de même espèce, mais qui ne sont pas nécessairement
de même espèce que les précédentes. Nous disons que ces grandeurs
sont "homologues", si
nous pouvons les grouper deux à deux,
(A')
homologue de (A),
(B')
homologue de (B),
..., etc., de manière que les conditions suivantes soient réalisées:
-
Si (A)
est égal à (B),
(A')
est égal à (B')
-
Si (A)
est plus petit que (B),
(A')
est plus petit que (B')
-
Si (S)
est la somme de (A)
et de (B),
(S')
est la somme de (A')
et de (B')
Pour
calculer le rapport (A)/(B),
formons la suite et
pour calculer le rapport (A')/(B'),
formons la suite ,
obtenue comme la précédente, mais à partir de la grandeur (C')
homologue de (C).
Il
est évident que si (A)
s'intercale entre et
,
(A')
s'intercalera entre et
;
de même, si (B)
s'intercale entre et
.
Les rapports (A)/(B)
et (A')/(B')
seront encadrés par les mêmes nombres :
et
(21.25)
Par
conséquent: Le rapport de deux grandeurs (A)
et (B)
est égal au rapport des grandeurs homologues (A')
et (B').
Si,
en particulier, les grandeurs (A),(B)...
sont mesurées avec une unité (U),
et si les grandeurs (A'),(B'),...
sont mesurées avec une unité (U'),
homologue de (U),
les rapports égaux :
(A)/(U)
et (A')/(U') (21.26)
ne
sont autres que les mesures de (A)
et de (A').
Par conséquent:
Les
mesures de deux grandeurs homologues (A)
et (A')
sont égales, à condition que les unités choisies pour les mesurer
soient des grandeurs homologues.
Considérons
maintenant sur une demi-droite Ox un point M.
Soit x la
mesure (selon la définition précédente) de OM.
A chaque point M de
la demi-droite correspond un nombre positif x et un
seul; nous admettrons qu'à un nombre
positif x arbitrairement choisi correspond réciproquement
un point M
de la demi-droite et un seul.
Une
conséquence de cette hypothèse est qu'il existe un point, et un
seul, C
qui divise le segment OM en parties égales. Ce point est
le point de la demi-droite OM, tel que:
(21.27)
Nous
l'appelons "milieu
du segment" OM.
Théorème:
Il existe un point M et un seul, situé sur le segment AB
tel que la mesure du rapport MA/MB soit égal à un
nombre positif donné .
Remarque: Si ,
ce point est le milieu du segment.
Démontrons
cette unicité : Soit
M un point quelconque du segment AB;
soit x, la mesure de AM, et a
la mesure de AB:
la mesure de MB sera a-x puisque
M est placé entre A
et B.
Nous aurons alors:
(21.28)
Pour
que ce rapport soit égal à ,
il faut, et il suffit, que x soit solution de l'équation:
(21.29)
Or,
cette équation admet la seule solution:
(21.30)
A
cette valeur positive et inférieure à a
de x correspond un point M
et un seul de la demi-droite AB
tel que MA=x.
Ce point M satisfait, et satisfait seul, aux conditions
imposées.
Théorème:
Il existe un point M
et un seul de la droite AB,
situé en dehors du segment AB,
tel que le rapport MA/MB soit égal à un nombre donné et
défini différent
de 1.
Démontrons
aussi cette unicité
:
1.
Supposons .
Soit M un point quelconque de la droite AB
situé en dehors du segment AB:
ou bien A
est sur le segment MB, ou bien B
est sur le segment MA. Si A
est sur le segment MB, nous avons nécessairement ,
donc :
(21.31)
Le
point M
ne répond donc pas à la question de l'unicité.
Si B est sur le segment MA, MA=x, AB=a,
MB=x-a.
Nous aurons donc:
(21.32)
Pour que ce rapport soit égal à ,
il faut, et il suffit que x soit solution de l'équation:
(21.33)
Cette équation admet, nous l'avons vu, comme seule solution:
(21.34)
qui est bien positive et supérieure à .
A cette valeur positive et supérieure à 1de x correspond
un point M et un seul de la demi-droite AB.
Ce point M satisfait, et satisfait seul aux conditions imposées
d'unicité.
2. Supposons maintenant .
Nous chercherons le point M pour lequel (nous avons simplement inversé le rapport) :
(21.35)
nombre supérieur à 1. Il y en
a un et un seul d'après (1.) . Il satisfait seul aux conditions
imposées.
Remarque: Il n'existe aucun point M situé en dehors du AB
pour lequel MA/MB=1. En effet, si A est sur le segment
MB, nous avons, quel que soit M, ,
et si B est sur le segment MA, .
PLAN
Passons maintenant à l'étude
d'un objet géométrique de dimension supérieure à celle
de la droite qu'est le plan et la surface.
Considérons une surface finie (S) et deux points A et B de cette surface. Deux cas peuvent se présenter:
1. Il y a des points de la droite AB
qui ne sont pas sur la surface (S). Nous dirons dans ce cas:
la droite AB
coupe la surface; les points communs à la droite AB
et à la surface (S) sont les points d'intersection de la
surface (S) et de la droite AB.
Parmi ces points communs se trouvent, en particulier les points
A et B.
2. Tous les points de la droite AB
sont des points de la surface (S). Nous disons alors que
la droite AB est sur la surface (S).
Définition: Nous appelons "plan" la
surface telle que toute droite AB
qui joint deux points arbitrairement choisis sur la surface, soit
sur la surface.
Nous admettrons qu'une pareille surface existe et que par trois points ABC,
non alignés, il passe un plan et un seul. L'étude des plans
sera faite ultérieurement: nous nous proposons actuellement
l'étude des
figures géométriques tracées dans un plan donné, figures dites "figures
planes".
Leur étude constitue la "géométrie plane".
Remarque: Dans la pratique, les figures sont tracées soit sur une
feuille de papier, soit sur la surface du tableau noir.
Le
plan étant défini, nous pouvons déjà nous intéresser à opération
de base concernant les figures du plan que nous détaillerons
plus tard rigoureusement.
DÉPLACEMENTS ET RETOURNEMENTS
Soit (F) un dessin effectué sur un tableau plan: effectuons sur un papier transparent,
dont le recto est appliqué sur le plan du tableau, un calque du
dessin (F). Effectuons, en appliquant ce calque en un autre point du tableau, un nouveau
dessin (F') identique à (F).
Deux
cas sont à considérer
:
1. Si le recto du papier transparent est demeuré appliqué sur le tableau,
le dessin (F') se
déduit de (F) par
une opération appelée "déplacement" ou
"translation".
2. Si, au contraire, le papier a été retourné, et si c'est
le verso qui est appliqué sur
le tableau, l'opération s'appelle "retournement" ou
"symétrie"
A chaque point A du dessin (F),
l'une quelconque de ces deux opérations fait correspondre un point
A' du dessin (F'),
que nous appelons "l'homologue" de A. Un segment AB de (F)
vient en coïncidence avec un segment A'B' homologue de (F');
ces deux segments sont par définition égaux et cela quels que soient
A et B.
Définition: Nous disons communément
que le dessin (F)
est "superposable" au dessin
(F') et que ces dessins représentent
des figures égales.
ANGLES
Nous
avons déjà brièvement défini le concept "d'angle"
dans le chapitre précédent traitant de la trigonométrie. Nous avons
maintenant en plus le quatrième postulat d'Euclide à notre disposition
concernant ce concept.
Nous
allons maintenant revenir plus en détail et en voir les concepts
sous-jacents qui vont nous permettre d'aborder plus loin un
objet particulièrement utile qu'est la bissectrice:
Définitions:
D1.
Nous appelons "angle" (ou "angle
plan") ou plus rigoureusement
"angle rectiligne" la portion de plan limitée par deux
demi-droites OA,OB,
par exemple. Le point 0 s'appelle "sommet" de l'angle,
les demi-droites OA,OB,
s'appellent les "côtés" de l'angle.
D2.
Nous appelons "angle formé par deux segment AB,AC",
l'angle de sommet A
dont les côtés sont les demi-droites AB,AC.
D3.
Les demi-droites OA,OB
divisent le plan en deux régions: elles définissent donc deux angles:
1.
L'un constitué par la région couverte de hachures (voir la
figure
à l'extrémité gauche ci-dessous) s'appelle "angle
saillant"
2.
L'autre, constitué par la région couverte
de hachures (voir la figure au centre ci-dessous) s'appelle "angle
rentrant".

(21.36)
La
notation ou
désigne
un de ces deux angles: la lettre qui indique le sommet doit être
(normalement) écrite au milieu (souvent on ne mentionne pas le
sommet si le contexte est évidente). Lorsqu'aucune précision
n'accompagne cette notation, elle représente par définition l'angle
saillant !!
D4.
Nous appelons "angles adjacents" deux angles qui ont le
somment et un côté communs et qui sont placés de part et d'autre
de ce côté commun. Sur la figure ci-dessus à l'extrême droite, les
angles saillants ,
,
sont adjacents.
Soit,
et deux
angles d'un même plan. Nous avons admis précédemment qu'il existe
un déplacement qui amène O
en O'
et A'
en un point A
de la demi-droite OA;
ce déplacement amène OB
soit en ,
de manière que les deux angles ,
ne
soient pas adjacents, soit en ,
de manière que et
soient
adjacents. Dans ce dernier cas, un demi-tour supplémentaire autour
de OA
amènera dans
la position .
Ce déplacement et ce retournement, s'il y a lieu, remplace par
un angle ,
égal par définition.

(21.37)
Si
est
confondu avec OB,
il y a des points de l'un des deux angles et
qui
sont égaux, tout point de l'un étant un point de l'autre
: nous dirons, dans ce cas, que les angles ,
sont
des "angles égaux", ce qui
s'exprime par l'égalité :
(21.38)
Si
n'est
pas confondu avec OB,
il y a des points de l'un des deux angles ,
par exemple, qui ne sont pas des points de AOB.
Sur la figure ci-dessus, l'angle est
couvert de hachures, l'angle également;
les points dont nous parlons sont ceux de l'angle couvert
une seule fois de hachures. Nous conviendrons de dire que
l'angle
et,
par conséquent, l'angle égal à sont,
dans ce cas, plus grands que l'angle ,
ce qui s'exprime par l'inégalité :
(21.39)
Maintenant que nous sommes en mesure de comparer des angles, étudions
comment nous pouvons sommer (et donc respectivement soustraire)
ceux-ci.
Etudions
d'abord le cas de la somme
de deux angles ,
adjacents.
Deux cas peuvent se présenter suivant que les angles sont saillants
ou rentrants :
1.
Soit et
les
deux angles à additionner (voir figure ci-dessous à gauche). Par
définition, la somme de ces angles est l'angle ,
ce que nous exprimons par l'égalité :
(21.40)
2.
Soit un
angle rentrant à additionner à l'angle saillant .
Si nous couvrons de hachures successivement les deux angles (voire
figure ci-dessous à droite), l'angle se
trouve couvert deux fois :

(21.41)
Dans
ce cas, la somme des angles (rentrant)
et
(saillant) est
donc
égale à augmenté
de deux "angles plats" (voir plus loin la définition),
ce qui s'exprime en écrivant :
(21.42)
Remarque: Ceci peut paraître confus à certains
mais ceux qui auront déjà parcouru le chapitre de
Trigonométrie
savent que les angles du cercle trigonométriques sont égaux
à eux mêmes modulo .
Etudions
maintenant le cas de la somme de deux angles quelconques :
La
somme de deux angles ,
est
par définition, égale à la somme de l'angle et
d'un angle égal
à l'angle et
adjacent à l'angle .

(21.43)
Un
pareil angle est obtenu par un déplacement qui amène O
en O'
et A'
en un point OA,
suivi ou non d'un retournement autour de OA.
Etudions
comme dernier cas la somme
de plus de deux angles :
La somme de plusieurs angles ,
,
etc., est, par définition, égale à la somme obtenue en ajoutant le
premier au second, la somme au troisième, et ainsi de suite.
Soit le
premier angle, un
angle égal au dernier des angles à ajouter et adjacent au précédent.
Le résultat de l'addition sera augmenté
d'autant de fois deux angles plats que le plan a été recouvert
au cours des opérations. On constate aisément que ce résultat
ne dépend
pas de l'ordre des angles à ajouter , ,
etc.
MESURES
DES ANGLES
Nous
avons défini l'égalité et la somme de deux ou plusieurs angles.
Ces définitions satisfont aux conditions de grandeurs de même espèce
que nous avons déjà vues précédemment.
Choisissons
donc arbitrairement un angle du plan ,
qui sera l'unité d'angle pour le plan: la mesure du rapport ,
effectuée comme il a été expliqué précédemment lors de notre
discussion sur les grandeurs de même espèce, sera un nombre
positif ,
appelé par définition "mesure de l'angle ,
avec l'unité choisie ".
Nous
désignons par la
lettre grecque minuscule "pi" le nombre irrationnel : (21.44)
qui
est par définition la
mesure d'un "angle
plat" (nous verrons qu'elle en est l'unité un peu plus
loin).
Remarque: Comme tous les angles du plan sont plus petits que deux
angles plats, le nombre (qui
est la mesure de )
doit être inférieur à .
Ayant défini l'angle plat,
nous pouvons maintenant définir d'autres types d'angles d'usage
courant :
Définitions:
D1. Nous appelons "angle droit",
tout angle égal à la
moitié d'un angle plat.
D2. Nous disons que deux angles sont des "angles
perpendiculaires", noté ,
lorsqu'ils sont touts les deux droits et adjacents.
D3. Nous appelons "angle aigu" tout
angle inférieur à un
angle droit et "angle obtus" tout
angle supérieur à un
angle droit.
D4. Nous disons que deux angles sont des "angles
supplémentaires" lorsque
leur somme vaut deux angles droits.
D5. Nous disons que deux angles sont des "angles
complémentaires" lorsque
leur somme vaut un angle droit. Considérons
maintenant les symboles comme les
mesures de plusieurs angles ,
,
. Nous
n'insistons pas sur le fait évident que les égalités ou
sont
équivalentes, ainsi que les inégalités ,
.
Ces remarques de bon sens s'imposeront chaque fois que des grandeurs
de même espèce auront été mesurées, bien entendu avec la même unité.
En
revanche, nous insisterons sur le fait que, d'après la définition
même de la somme de plusieurs angles, est
la mesure de l'angle augmentée
d'autant de fois deux angles plats que le plan a été recouvert au
cours des opérations d'addition.
(21.45) Le
nombre entier n
qui s'introduit dans ce calcul a une valeur qui pourrait être précisée,
mais qui n'a pour le géomètre aucune importance, comme nous pourrons
le constater ultérieurement. Nous décidons donc de ne pas écrire
en géométrie le inutile
(mais sous-entendu). Egalement, nous décidons par convention d'écrire:
(21.46) Ainsi,
nous avons cette
convention d'écriture signifie que est
la mesure de l'angle
si
nous avons .
Si
est
supérieur à ,
l'égalité signifie que la mesure de l'angle
est
,
k
étant un nombre entier positif ou nul choisi de manière que nous
ayant .
Remarques:
R1.
Il existe un nombre entier positif k
et un seul, tel que nous ayons ,
c'est-à-dire:
(21.47) car
les deux nombres et
sont
positifs et différents de 1.
R2 Dire que est
la mesure de l'angle suppose
que nous ayons et
entraîne l'égalité .
Mais écrire n'entraîne
en général, que soit
la mesure de ;
il faut, en outre, que l'on ait .
UNITÉS
DE MESURE DES ANGLES
Nous avons défini l'angle plat comme étant égal à sans
spécifier l'unité. C'est ce que nous allons maintenant
nous appliquer
à faire.
Il existe (encore) plusieurs unités de mesures d'angle dont voici la liste
: Définitions: D1. Nous appelons "degré"
la 180ème partie de l'angle plat. Tous les calculs anciens sont effectués en degrés; les sous-multiples
du degré sont: la "minute sexagésimale",
égale au 60ème du degré, et la "seconde
centésimale", égale au 60ème de la minute
sexagésimale. La notation se
lit: trente degrés, dix-huit minutes, onze secondes. Ce type de
mesure est courant encore en astronomie.
Remarque: Nous utilisons encore aujourd'hui couramment le degré
dans les écoles mais sans la notation usant des minutes et secondes
(pas commode pour la somme des angles). Nous notons alors l'angle
en degrés avec une notation décimale comme par exemple .
D2. Nous appelons "grade"
la 200ème partie de l'angle plat. Le grade est également une ancienne unité d'angle. Ses sous-multiples
sont: la "minute centésimale",
égale au 100ème du grade, et la "seconde
sexagésimale", égale au 100ème de la minute
centésimale. La notation se
lit: quarante grades, dix-huit minutes, vingt-quatre secondes. D3. Nous appelons "radian"
(noté [rad]) l'angle plan décrit par une sécante à un cercle, passant
par son centre, tel que l'arc de cercle ainsi défini par l'axe horizontal
passant par le centre du cercle et la sécante soit d'égale longueur
au rayon de ce cercle (cf. chapitre de Trigonométrie).
Ainsi,
en radians, un angle plat est égal à et
tous les autres angles sont des multiples réels de cette
constante.
BISSECTRICE
Maintenant que nous savons
comparer, additionner et mesurer des angles nous allons pouvoir
nous pencher sur un concept important en géométrie
qu'est celui de "bissectrice" et de quelques propriétés
y relatives que nous réutiliserons plus loin pour des
théorèmes
importants.
Définitions:
D1. Nous
appelons "bissectrice" la
droite qui divise un angle en deux parties égales.
D2. Nous appelons "demi-bissectrice"
la demi-droite qui divise un angle en deux parties égales.
Maintenant voyons quelques propriétés importantes de la bissectrice
:
Deux droites AB et CD qui
se coupent forment comme nous le savons déjà intuitivement, quatre
angles:
(21.48)
Les angles , de
même que les angles
dont les côtés sont opposés, sont dites "angles
opposés par
le sommet".
Trivialement, si est
la mesure de l'angle ,
la mesure de l'angle adjacent est ;
celle de l'angle adjacent
au précédent est ;
celle de est .
Soit OE la
demi-bissectrice de l'angle , OG celle
de , OF celle
de , OH celle
de ,
nous aurons:
(21.49)
et, par conséquent :
(21.50)
Nous aurions de même
:
(21.51)
Nous résumons ainsi
tous ces résultats et propriétés de mesure:
P1. Deux angles opposés par le sommet sont égaux
P2. Deux angles opposés par le sommet ont même bissectrice
P3. Les bissectrices de deux angles adjacents supplémentaires
sont rectangulaires
P4. Les bissectrices des angles formés par deux sécantes sont
deux droites rectangulaires (à angle droit)
TRIANGLES
Nous
avions étudié jusqu'à présent le concept de dimensions, de
point, de segment, de ligne, d'angle et de plan ouvert (infini).
Cependant un plan
peut-être délimité par plusieurs lignes pour obtenir ainsi des
formes géométriques (planes) dont les plus simples peuvent être
considérées
comme les triangles.
Définition: Nous appelons "triangle" la
figure formée par
trois segments AB, BC, CA,
les points A,B,C n'étant pas alignés.
Les segments AB, BC, CA,
sont les "côtés" du
triangle. Les points A,B,C sont
les "sommets" du triangle.
L'angle saillant ,
qui contient toues les points du côté BC,
s'appelle angle du
triangle et BC est alors sont "côté
opposé".
Remarque:
Nous employons la notation lorsque
aucune confusion n'est possible; à défaut, nous utilisons
la notation avec
le même sens.
Il y a
six éléments dans un triangle, à savoir : trois angles , , et
trois côtés AB,
BC, CA.
Nous désignerons
par ,
,
les
longueurs des côtés mesurés avec la même unité; par , , ,
les mesures des angles.
La somme des angles d'un triangle plan est toujours égale à 180°
(ou radians).
La démonstration est assez simple.
Démonstration:
Sur la figure ci-dessous, ABC est
un triangle quelconque, et D la parallèle à (BC)
qui passe par A. Nous observons :
1. Les
angles bleus ont même mesure car ils sont alternes-internes (les
droites (BC)
et D étant parallèles).
Remarque: Pour la démonstration de l'égalité des angles alternes-internes
voir plus loin le quatrième axiome d'Euclide.
2. De
même, les angles verts ont même mesure car ils sont alternes-internes.
3. Nous
remarquons que la somme des angles bleu + rouge + vert forme un
angle plat en A,
puisque
D est une droite. Donc angle bleu + angle rouge
+ angle vert = 180°.
4. D'après
les égalités d'angles constatées en (1.) et (2.), nous déduisons
que :


(21.52)
Cette démonstration étant valable quel que soit le triangle tracé
dans le plan.
C.Q.F.D.
TRIANGLES ÉGAUX
Définitions: Nous
disons que deux triangles sont des "triangles égaux" lorsque
nous pouvons par un déplacement soit par un retournement ou les
deux combinés, superposer tous les sommets du premier triangle
au deuxième.
Nous disons alors aussi que les triangles sont des "triangles
homologues"
De cette
définition, il vient que deux triangles sont égaux
lorsque soit:
1. Ils
ont un côté égal et deux angles égaux
2. Deux
côtés égaux et un angle égal (réciproque de (1.))
Démonstrations:
Premier cas d'égalité : Deux triangles qui ont un côté égal BC=B'C',
compris entre deux angles égaux ,
sont égaux.
Puisque BC=B'C' (voir
figure ci-dessous), il existe un déplacement qui amène B' en B
et C' en C.
Ce déplacement amène A' en
situé
du même côté par rapport à la droite BC,
ou en symétrique
de par
rapport à cette droite.
Les deux demi-droites
BA et
font
par hypothèse, avec BC le
même angle .
Comme elles sont par construction d'un même côté de BC,
elles sont confondues. Les deux demi-droites CA et
sont
confondues pour la même raison et parce que .
est
donc confondu avec A.
Les deux triangles ABC, A'B'C' sont
donc égaux.

(21.53)
Deuxième cas d'égalité :
Deux triangles qui ont un angle égal compris
entre deux côtés égaux AB=A'B', AC=A'C' sont égaux.
Puisque AB=A'B' (voir
figure ci-dessous) il existe un déplacement situé par rapport à
AB du même côté que
le point.
S'il l'amenait en symétrique
de par
rapport à AB,
un demi-tour autour de AB l'amènerait
en .
Les demi-droites situées
d'un même côté de AB font,
par hypothèse le même angle avec AB, puisque .
Elles sont donc confondues. L'hypothèse entraîne
alors que et
sont
confondus. Les deux triangles ABC, A'B'C' sont
donc égaux.
(21.54) C.Q.F.D.
TRIANGLES
ISOCÈLES
Définition: Nous disons qu'un triangle ABC est
un "triangle
isocèle" lorsque
deux de ses côtés sont égaux ("iso"
signifiant "même") AB
et AC sont égaux. Le troisième
côté BC est
alors appelé la "base" de
ce triangle.
Remarque: Nous disons qu'un triangle est "scalène"
quand il n'est pas isocèle.
Définition: Nous appelons "médiatrice" d'un
segment BC,
la perpendiculaire à la droite BC
au point H
de cette droite, milieu de BC.

(21.55)
Théorème :
Dans un triangle isocèle ABC comme
représenté ci-dessus:
1. Les
angles
et opposés
aux côtés égaux sont égaux
2. La
médiatrice de BC
et la bissectrice de l'angle sont
confondus (figure ci-dessus)
Démonstration:
Les deux triangles BAH, CAH définis
par la bissectrice de ont
un angle égal par
construction compris entre deux côtés égaux : AH qui est
commun et AB=AC par hypothèse. Comme les
angles sont
droits et égaux et que la somme des angles d'un triangle est égal
à un angle plat, alors les angles et
sont
donc égaux.
C.Q.F.D.
Théorème:
Le lieu géométrique des points M équidistants
(à même
distance) de deux points B
et C donnés
est la médiatrice (D) du segment BC.
Remarque: Nous appelons "lieu géométrique"
d'un point M, assujetti à des conditions, l'ensemble des
positions occupées par le point M.
Démonstration:

(21.56)
1.
Tout point
du lieu est sur la droite (D).
Autrement dit, l'hypothèse MB=MC entraîne
que M est
la médiatrice de BC.
En effet, si MB=MC,
le triangle MBC est
isocèle et le sommet M est
sur la médiatrice de BC.
2. Tout point de (D) est un point du lieu. Ce qui revient
à dire que si M est sur la médiatrice de BC,
nous avons MB=MC. En effet, si M est
sur la droite (D) qui rencontre en H, milieu
de BC, la droite BC, les triangles MHB, MHC
sont égaux (deuxième cas d'égalité : parce
que ces angles sont droits, HM commun; HB=HC parce
que H est le milieu de BC) : les côtés MB,
MC sont donc égaux et nous avons bien MB=MC.
Le point M est un point du lieu.
C.Q.F.D.
A
l'aide de ce théorème nous pouvons en énoncer un second : Par
un point A
pris hors d'une droite BC,
nous pouvons mener à cette droit une seule et unique perpendiculaire
:
Démonstration:
1.
Soit un triangle ABC,
faisons subir à ce triangle un demi-tour autour de BC
(symétrie
horizontale) : A vient
en A' symétrique
de A par
définition, par rapport à BC.
Puisque les figures ABC,
A'BC sont égales, AB=A'B et
AC=A'C .
BC est
donc la médiatrice de AA' et
les droites BC et
AA' sont
perpendiculaires. AA' est
donc bien une perpendiculaire à BC menée
par A.
2. Nous ne pouvons en mener plusieurs : soit AH une perpendiculaire
menée de A à BC, elle rencontre la droite BC
en H qui est différent soit de B,
soit de C. Supposons que H soit différente de B.
qui
se déduisent l'un de l'autre par retournement, sont égaux, et, comme
chacun d'eux est droit, l'angle est
plat. La droite AH est confondue avec la droite AA' est
donc bien la seule perpendiculaire à BC qui passe par
A.
C.Q.F.D.
Définitions:
D1. Nous appelons "projection
orthogonale" d'un point A
sur une droite BC
le point H où la perpendiculaire menée
par A à cette
droite la rencontre. Le point H s'appelle
aussi "pied" de cette perpendiculaire.
D2. Nous appelons "distance
géométrique" du
point A à la
droite BC
la longueur du segment AH.
Puisque BC est
la médiatrice de AA',
H
est le milieu de AA';
donc : Un point A et
son symétrique A' par
rapport à une droite (D) sont caractérisés par les deux
propriétés suivantes :
P1. AA'
est perpendiculaire à (D)
P2. Le milieu de AA'
est sur (D)
La
droite AB,
qui joint le point A à un
point de la droite BC,
autre que le pied H de
la perpendiculaire menée de A à cette
droite, s'appelle "droite oblique".
Le point B s'appelant "pied
l'oblique". TRIANGLES ÉQUILATERAUX
Définition: Nous disons qu'un triangle ABC est
un "triangle équilatéral" lorsque
tous ses côtés
sont de longueur égales ou que tous ses angles sont égaux.
Chacun de ces côtés
est donc une base.

(21.57)
Remarque: Nous prenons pour habitude d'annoter
les côtés égaux par deux traits parallèles disposés au milieu de la
base.
Comme la somme des trois angles de ce triangle doit faire 180° (en
degrés) et que les trois angles ont même mesure, chacun d'eux
mesure donc : 180°/3 soit 60°.
TRIANGLES
RECTANGLES
Définition: Un "triangle rectangle" est
un triangle ABC
qui a un angle droit :

(21.58)
Dire que le triangle est rectangle en A signifie c'est en se
trouve l'angle droit.
Remarque: Dans un triangle rectangle, le côté le plus grand est
toujours le côté opposé à l'angle droit. Nous l'appelons
"l'hypoténuse". Nous démontrons
cette propriété avec le théorème de Pythagore (voir plus bas).
TRIANGLES
RECTANGLES-ISOCÈLES
Définition: Un "triangle rectangle-isocèle" ABC est à la
fois rectangle et isocèle, ce qui signifie qu'il a à la
fois un angle droit et deux côtés de même longueur.

(21.59)
Remarques: Le sommet principal correspond à l'angle droit. En effet,
comme BC, l'hypoténuse, doit être le côté le plus grand,
ce sont les côtés AB et AC qui ont même longueur
(plus petite).

INÉGALITÉS DANS LES TRIANGLES
Voyons maintenant quelques inégalités (propriétés) intéressantes
dans le triangle.
P1. Montrons d'abord que dans tout triangle, un côté opposé à un
angle droit ou obtus (supérieur à 90° donc...) est supérieur à chacun
des deux autres côtés du triangle.
Démonstration:
Considérons le triangle ABC ci-dessous dans lequel et
soit Cx le prolongement du côté BC. Portons, sur
la demi-droite Bx, une longueur pour
construire un triangle isocèle dans le triangle initiale:

(21.60)
Le triangle BAD est donc un triangle isocèle de base AD dont
l'angle à la base BAD est bien évidemment aigu (inférieur à 90°).
Donc par construction .
La droite AD est intérieure par construction à l'angle et
par suite:
(21.61)
et comme par
construction nous avons donc:
(21.62)
Ce qui terme notre démonstration. Car la démarche est la même
pour montrer que .
C.Q.F.D.
P2. Dans tout triangle dont les côtés ont des longueurs strictement
croissantes, alors un côté est toujours inférieur à la somme des
deux autres.
Démonstration:
Supposons que dans le triangle ABC ci-dessous les côtés soient
tels que :

(21.63)
Soient D le point du côté BC tel que soit
les côtés du triangle isocèle construit ABD. Nous obtenons:
(21.64)
Le triangle ABD étant isocèle, l'angle à la base est
aigu et son supplément est
obtus. Dans le triangle ADC, nous obtenons d'après la propriété P1
précédente que ,
c'est-à-dire:
(21.65)
ou:
(21.66)
il s'agit de la fameuse "inégalité triangulaire" sous
forme géométrique. Nous la retrouverons dans de nombreux autres
chapitres du site dans des espaces et des concepts mathématiques
plus abstraits.
La propriété est alors immédiate pour les autres côtés b et c par
permutation de la méthode:
(21.67)
C.Q.F.D.
P3. Dans tout triangle un côté quelconque est supérieur à la
différence des deux autres.
Démonstration:
Supposons que nous ayons .
En retranchant c aux deux membres de l'inégalité:
(21.68)
il vient immédiatement:
(21.69)
La propriété est alors immédiate pour les autres côtés b et c par
permutation de la méthode:
(21.70)
En définitive puisque:
et
(21.71)
pour tout triangle à côtés croissants nous avons:
(21.72)
C.Q.F.D.
THÉORÈME DE PYTHAGORE
Maintenant que
nous avons vu ce qu'était le triangle et certaines de
ses propriétés
ainsi que le concept d'angle, nous pouvons démontrer
le fameux
"théorème de Pythagore" (qui donne donc la relation
que doivent satisfaire trois nombres qui représentent les côtés
d'un triangle rectangel) et faire de la trigonométrie
du cercle (cf. chapitre de Trigonométrie).
Il existe plusieurs démonstrations de ce théorème dont en voici
une parmi tant d'autres :
Démonstration:
Soit un carré (4 angles droit) dans
lequel est inscrit un autre carré, nous déterminons la surface
du carré inscrit à partir des triangles rectangles résultants
de l'espace vide entre les deux carrés tel que présenté sur la
figure ci-dessous :
(21.73)
La surface du
carré blanc est bien sûr :
(21.74)
Pour avoir la
surface du carré gris on peut soustraire au carré blanc la surface
des 4 triangles rectangles (d'une surface de moitié de celle
d'un quadrilatère de même longueur et hauteur), chacun de surface
:
(21.75)
La surface du carré gris est donc finalement :
(21.76)
Après simplification, Le résultat obtenu étant
équivalent au carré des côtés de la surface grise, avons le résultat
du fameux "théorème de
Pythagore" :
(21.77)
C.Q.F.D.
Remarque: C'est au chinois Tchao Kiung K'ing (2ème siècle) que
l'on doit cette démonstration.
THÉORÈME DE THALÈS
Ayant démontré le théorème de Pythagore et maintenant que les
concepts de parallèles,
segments, angles et autres nous sont connus, nous pouvons enfin
démontrer le théorème de Thalès dont voici une possible démonstration
qui nécessite d'abord le développement de deux lemmes
:
L1. Triangles de même
surface
Soit
la figure:

(21.78)
Nous
avons:
(21.79)
EFGH est
un rectangle car ses côtés sont parallèles deux à deux et
il a au moins deux angles droits. Donc ses côtés opposés
ont même longueur:
EH=FG.
est
la hauteur relative à dans
le triangle EAB et
FG est
la hauteur relative à dans
le triangle FAB.
La
surface du triangle ne dépend que de la longueur du côté et de la
longueur de la hauteur relative à ce côté. Pour les deux triangles
EAB et
FAB, ces longueurs
sont égales, donc ils ont la même surface.
Conclusion:
Si deux triangles ont un côté commun et si les troisièmes
sommets sont une parallèle à ce côté commun, alors ils ont
la même
surface.
L2.
Rapports égaux
Soit
le rapport de proportions ("calcul proportionnel" ou "produit
en croix"):
(21.80)
alors:
(21.81)
Si
ad=bc,
alors ad+cd=bc+cd (nous ajoutons un même nombre positif ou négatif aux deux membres).
D'où après factorisation:
(21.82)
et
en appliquant inversement la règle des produits en croix:
(21.83)
Exposons
maintenant en quoi consiste le théorème de Thalès :
Soit
la figure:

(21.84)
Avec:
(21.85)
Nous
avons montré précédemment que si deux triangles ont un côté commun
et si les troisièmes sommets son sur une parallèle, alors ils ont
la même surface. Donc les triangles ACD et
BCD ont
la même surface.
En
ajoutant à chacune de ces deux surfaces celle du triangle OCD,
nous obtenons que les triangles ODA et
OCB ont
la même surface.
Nous
en déduisons que en utilisant à nouveau le rapport en croix:
(21.86)
Soit
la
hauteur issue de D dans
le triangle OCD et
la
hauteur issue de C dans
le triangle OCD:
et
(21.87)
Conclusion:
(21.88)
Soit
maintenant la figure:

(21.89)
Les
triangles IJD et
IDB ont
la même surface d'après le lemme 1, ainsi que les triangles OJD et
OIB
donc :
(21.90)
d'où
:
(21.91)
et donc :
(21.92)
De
la même manière dans les triangles OIA et
OCJ, nous obtenons
:
(21.93)
D'après
le lemme 2, comme :
(21.94)
alors
:
(21.95)
Donc
finalement en reprenant tous les résultats obtenus:
(21.96)
qui
constitue le "théorème de Thalès" des rapports.
PARALLéLISME
Définition: Nous appelons "parallèles"
deux droites également
distantes l'une de l'autre sur toute leur longueur.
Ce
concept est directement relié au cinquième postulat
d'Euclide et est souvent considéré comme le plus
important ayant été
montré qu'il ne peut être considéré comme
un axiome car n'étant pas respecté dans les géométries
non-euclidiennes (cf. chapitre de
Géométries Non-Euclidiennes)
Conséquence
de ce postulat sont les suivantes dans une géométrie
euclidienne :
1. Si deux
droites (AB) et
(CD) sont
parallèles, toute droite (E'F') qui
coupe l'une coupe l'autre.
Démonstration:
Soit F le point commun à la droite (CD) et à
la droite (E'F'): si la droite (E'F') ne
coupait pas la droite (AB), elle lui serait parallèle, et
par le point F passeraient deux droites (CD) et
(E'F') parallèles à une même troisième (AB),
ce qui n'est pas le cas. Donc, la droite (E'F'), coupe
la droite (AB).
C.Q.F.D.
2. Deux
droites (AB) et
(CD) parallèles
à une même troisième (E'F') sont
parallèles entre elles.
Démonstration:
Si la droite (CD) n'était pas parallèle à la droite (AB),
elle la couperait : elle couperait aussi la droite (E'F') parallèle
à la droite (AB), elle ne serait donc pas parallèle à (E'F').
C.Q.F.D.
Théorème : Si deux droites
parallèles sont coupées par une sécante :
1. Les angles alternes-internes
sont égaux
2. Les angles alternes-externes sont égaux
3. Les angles correspondants
sont égaux
Démonstration:
Soient deux parallèles AB et CD et
la sécante EF :

(21.97)
1. Par le milieu O de
EF menons
la perpendiculaire GH à
AB, qui est aussi
perpendiculaire à CD. Les triangles rectangles EOG et
FOH ont
un angle aigu égal à, et
l'hypoténuse égale, OF=OE.
Ils sont égaux, et les angles et
sont
égaux.
2. Les angles alternes externes et
sont
égaux, car est
opposée par le sommet à l'angle ,
qui est alterne interne avec l'angle .
C.Q.F.D.
Réciproque
: Si deux droites sont coupées par une sécante qui forme avec
ces droites :
- Soit
deux angles alternes internes égaux
- Soit
deux angles alternes externes égaux
- Soit
deux angles correspondants égaux, ces deux droites sont parallèles
alors ces
deux droites sont parallèles.
Remarque: Pour démontrer le parallélisme de deux droites, il faut
et il suffit que les angles alternes internes, alternes externes
ou correspondants, formés par ces deux droites avec une sécante,
soient égaux.
CERCLES
Définition: Nous appelons "cercle" le
lieu géométrique
des points M du
plan qui sont à une distance donnée R,
appelée "rayon" de ce cercle,
d'un point fixe O,
appelé "centre" de ce cercle.
OM=R
(21.98)
Remarque: Le mot "rayon" désigne soit le segment OM,
soit sa mesure R.
Les cercles sont directement
concernés par le troisième postulat d'Euclide que nous avions
énoncé. plus haut.
Nous appelons "diamètre"
d'un cercle toute droite qui passe par le centre O du
cercle. Tout diamètre rencontre le cercle en deux points A et
B, définis par
OA=OB=R,
que nous appelons "extrémités du diamètre".
Nous réservons
la notation"diamètre AB"
pour le diamètre d'extrémités A et
B. Nous disons
que deux points d'un cercle sont "diamétralement
opposés"
quand ils sont les deux extrémités d'un même diamètre.
Un cercle divise le plan
en deux régions : celle qui contient le centre, que nous appelons
"région intérieure", et celle qui ne le contient
pas, que nous appelons "région extérieure".
Théorème : La condition
nécessaire
et suffisante pour qu'un point P soit
strictement intérieur à un cercle (O),
de centre (O)
et de rayon R,
est .
Démonstration:
1. La condition est nécessaire
: Si, par hypothèse, P est
à l'intérieur du cercle (O),
il est situé soit en O,
soit entre les extrémités A et
B du
diamètre délimité par le lieu géométrique des points M.
S'il est en O,
la proposition est évidente, s'il n'est pas en O,
il est entre O
et A par
exemple, et nous avons ,
c'est-à-dire .
2. La condition est suffisante : Si, par hypothèse ,
P se trouve entre les extrémités A et B des
lieux géométriques définis par les points M, donc à l'intérieur
du cercle (O).
C.Q.F.D.
Corollaires : la condition
nécessaire et suffisante pour que P soit
extérieur au cercle (O) est
.
Nous appelons "corde"
CD d'un cercle
le segment dont les extrémités C et
D sont
sont sur ce cercle.
Théorème : La médiatrice
d'une corde CD est un diamètre
Démonstration (voir figure
ci-dessous): La médiatrice de CD, corde du cercle (O) de
centre O et
de rayon R ,
passe par le point O parce
que comme nous l'avons démontré lors de notre étude des triangles
nous avons .

(21.99)
C.Q.F.D.
Corollaire : La perpendiculaire menée par le centre O d'un
cercle à une corde CD passe par le milieu H de
cette corde.
Théorème : Par trois points
A, B, C non
alignés, il passe un cercle et un seul.
Démonstration (voir figure
ci-dessous):
Tracer la médiatrice (D) de
AB et la médiatrice
de
AC. Si (D) et
étaient
parallèles, la perpendiculaire AB à
(D) serait
perpendiculaire à ,
donc confondue avec AC. ABC seraient
alignés. Donc (D) et
non
parallèles se coupent en un point O :

(21.100)
1. Il passe un cercle par
A, B, C :
le point O étant
sur (D), médiatrice
de AB, OA=OB
par définition : le point O étant
sur ,
médiatrice de AC,
OA=OC.
Le cercle (O),
de centre O et
de rayon OA,
passe par B (puisque
OA=OB)
et par C (puisque
OA=OC).
Il passe donc par A, B, C.
2. Il ne passe A, B, C qu'un seul cercle
: S'il passait par A, B, C un cercle différent
du cercle (O) de centre O et de rayon OA,
son centre O' se trouverait sur la médiatrice de AB et
de AC qui sont deux cordes de ce cercle; il serait donc
confondu avec O.
C.Q.F.D.
Remarque: La médiatrice de BC, corde du cercle (O),
passe par le point O. Nous pouvons donc dire (résultat
important) que les trois médiatrices des côtés d'un triangle ABC concourent.
AXIOMES DE HILBERT
Euclide a rassemblé toutes les connaissances géométriques
de son temps sous la forme des ses cinq postulats.
Il a laissé son
nom à la géométrie euclidienne qui utilise
son cinquième postulat, à la géométrie
non-euclidienne qui ne l'utilise pas, et aux espaces euclidiens.
Cette base postulée est néanmoins imparfaite, pour
démontrer
rigoureusement les théorèmes associés à cette
géométrie, il est nécessaire d'admettre comme
vrai des hypothèses supplémentaires implicites. David
Hilbert construisit une axiomatique correspondante à l'idée
que se faisait Euclide de la géométrie en ajoutant
les hypothèses ad hoc.
Les axiomes de Hilbert sont eux regroupés en cinq catégories:
l'association, l'ordre, la congruence, la continuité et
les parallèles.
Trois concepts sont associés à cette axiomatique
:
1. Celui de l'association définit le mot "contient", il
correspond aux notions "est élément de" et "est
inclu dans" de la théorie des ensembles.
2. Celui de "l'ordre"
correspond à "une
relation binaire" entre un couple de points et un point, il apparaît
dans les expressions "entre" et permet de définir
les segments.
3. La congruence, qui correspond à trois "relations
d'équivalence"
pour les couples de points, les triangles et les angles.
Remarque: Les points, droites et plans sont considérés
comme distincts par défaut.
Voici donc les "axiomes de Hilbert" :
AXIOMES D'ASSOCATIONS (A)
A.A1. Soit deux points, il existe une droite passant par ces deux
points.
A.A2. Soit deux points, il n'existe qu'une unique droite passant
par ces deux points (in extenso la droite décrite en A.A1)
est unique.
A.A3. Une droite contient au moins deux points, et pour une droite
donnée, il existe au moins un point non contenu dans la
droite.
A.A4. Soit trois points non contenus dans une droite, il existe
un plan contenant ces trois points. Tout plan contient au moins
un point.
A.A5. Soit trois points non contenus dans une droite, il n'existe
qu'un unique plan contenant ces trois points.
A.A6. Soit deux points contenus dans une droite D et
dans un plan A, alors a contient tous les points de d.
A.A7: Si deux plans A et B contiennent tout
deux un point C, alors l'intersection de A et B contient
au moins un autre point.
A.A8: Il existe au moins quatre points non coplanaires.
AXIOMES D'ORDRE (O)
A.O1. Si un point B est entre les points A et C, B est aussi entre
les points C et A, et il existe une droite contenant les trois
points A,B,C.
A.O2. Soit deux points A et C, il existe un point B élément
de la droite AC tel que C se situe entre A et B.
A.O3.: Soit trois points contenus dans une droite, alors un et
un seul se situe entre les deux autres.
A.O4. ("Axiome de Pasch") Soit
trois points A, B, C non colinéaires,
et soit une droite D contenue dans le plan ABC mais
ne contenant aucun des points A, B, C:
Si D contient un point du segment AB,
alors D contient aussi soit un point du segment AC soit un point
du segment BC.
AXIOMES DE CONGRUENCE (G)
Remarque: Intuitivement "congruent" signifie en géométrie
"superposable".
A.G1. Soit deux points A, B et un point A' élément
d'une droite d, il existe deux et deux uniques points C et D, tel
que A' se situe entre C et D, et AB est congru A'C et AB est congru à A'D.
A.G2. La relation de congruence est transitive, c'est à dire,
si AB est congru à CD et si CD est congru à EF, alors
AB est congru à EF.
A.G3. Soit une droite d contenant les segments adjacents
[AB] et
[BC], et soit une droite d' contenant les segments
adjacents [A'B']
and [B'C'] . Si [AB] est congru à [A'B'] et
[BC] est congru à [B'C'] alors
[AC] est
congru à [A'C'].
A.G4. Soit un angle ABC et une demi-droite B'C'
, il existe deux et seulement deux demi-droites, B'D et B'E,
tel que l'angle DB'C'
est congru à l'angle ABC et l'angle EB'C'
est congru à l'angle
ABC.
Corollaire: Tout angle est congru à lui-même.
A.G5. Soit deux triangles ABC et A'B'C'
tel que AB est congru à A'B', AC est
congru à A'C' , et l'angle BAC est congru à l'angle
B'A'C' , alors le triangle ABC est congru au triangle A'B'C' .
Remarque: Ces axiomes permettent de comparer les segments, et aussi
les angles de définir le milieu d'un segment, les droites orthogonales,
de parler de triangles équilatéraux, isocèles, etc... Ils permettent
également de définir rigoureusement les déplacements dont Euclide
faisait si souvent usage sans les avoir définis.
AXIOMES DE CONTINUITÉ (C)
DA1. ("Axiome d'Archimède")
Soient [AB] et [CD] deux
segments quelconques. Alors il existe toujours
une suite finie de points appartenant
à la droite contenant le segment [AB] et
tels que qui
peuvent satisfaire .
DA2. ("Axiome
de Cantor") Si et sont
deux suites infinies de points telles que et
telles que ,
alors il existe un point X appartenant à tous
les segments .
En d'autres termes : soit une suite de segments emboîtés dont
la longueur tend vers 0 alors il y a un point commun à tous
les segments.
Remarque: Ces axiomes permettent d'établir une correspondance entre
les points d'une droite et l'ensemble des nombres réels.
AXIOMES DES PARALLÈLES (P)
A.P1. Soit d une
droite et P un
point n'appartenant pas à d.
Il passe une et une seule droite d' par P qui
soit parallèle à d.
Autre formulation équivalente :
A.P1. Soit une droite d, un point P non inclu
dans d,
alors il existe un plan contenant d et A. Ce
plan contient une et une unique
droite contenant P et ne contenant aucun point de d.
Nous ne pouvons pas réellement démontrer la non-contradiction
logique de l'ensemble de ces axiomes. Cependant nous savons
deux choses si nous faisons un parallèle avec ce que nous
avons
étudié dans la section d'Arithmétique et d'Algèbre
du site (en particulier les chapitres sur la Théorie Des
Ensembles, l'Analyse Fonctionnelle, les Suites Et Séries)
:
1. Si ces axiomes sont contradictoires, alors la théorie
des nombres réels est contradictoire.
2. Si le système d'axiomes obtenu en supprimant l'axiome de Cantor est
contradictoire, alors la théorie des nombres rationnels est contradictoire.
Ainsi, la confiance qu'on a dans la solidité de ces axiomes
repose sur celle qu'on a dans la théorie des nombres réels,
qui est très grande.
BARYCENTRE
Maintenant que nous avons abordé le minimum de la construction
d'Euclide et d'Hilbert de la géométrie, nous pouvons
passer à un niveau supérieur pour faire de l'analyse
de propriétés des formes géométriques.
Nous commencerons donc par étudier le concept de "barycentre",
appelé également mais plus rarement "centroïde".
Remarques:
R1. La
définition du barycentre nécessite certains des outils mathématiques
définis dans le chapitre de Calcul Vectoriel . La lecture de ce
chapitre est donc recommandée si le lecteur
souhaite comprendre ce qui va suivre.
R2. Les développements qui vont suivre sont aussi bien utilisés
en géométrie qu'en physique!
Définition: Nous appelons "barycentre"
ou "centroïde" des
points
du
plan ou de l'espace affectés respectivement des coefficients (
où les
sont des réels tels que )
l'unique point G tel que :
(21.101)
Le couple
noté est
appelé "point pondéré" ("point
massif" en physique
quand représente
une masse).
Remarques:
R1. En
mécanique, le "centre d'inertie"
d'un corps correspond au barycentre des particules qui composent
le corps en question.
Chaque particule étant pondérée par
sa masse propre. C'est donc le point par rapport auquel la
masse est uniformément répartie. Si la densité est
constante, le centre d'inertie se confond avec le barycentre.
R2. Le "centre
de gravité" d'un
corps correspond au barycentre des particules qui
composent le corps en question, chaque particule étant
pondérée par son poids propre! Très souvent
en mécanique, la dimension des corps étant faible devant
la rotondité de la terre, on considère un champ de
gravité uniforme. Sous cette hypothèse, le centre de
gravité et le centre d'inertie sont confondus.
R3. Lorsque pour tout point massif
nous avons ,
nous parlons alors de "isobarycentre".
Pour un point O arbitraire,
nous avons bien évidemment par simple addition vectorielle :
(21.102)
d'où le
résultat majeur :
(21.103)
En passant à la limite, si le domaine est continu, nous avons :
(21.104)
Nous pouvons très
bien également travailler avec les éléments
de surface ou de volumes (pour ne faire mention que des plus
triviaux)
pour déterminer le barycentre :
et
(21.105)
Dans
l'espace muni d'un repère en
notant les
coordonnées du point pondéré et
celles
de G, nous avons
alors :
(21.106)
Voyons
quelques propriétés du barycentre :
P1. Soit
, n points
pondérés. Si ,
nous avons alors pour tout point M :
(21.107)
Démonstration:
(21.108)
Puisque
par définition du barycentre :
(21.109)
nous avons
alors bien :
(21.110)
C.Q.F.D.
P2.
Pour ,
les points pondérés et
ont
même barycentre car (invariance barycentre) :
(21.111)
La démonstration
est évidente (si vous ne voyez pas, contactez-nous).
P3. Le barycentre G de
n points
pondérés est invariant quand on remplace p
d'entre eux, par leur barycentre G',
affecté de la condition
de leur coefficient, G est
alors le barycentre de
:
(21.112)
Démonstration:
Si G' est le barycentre des points
pondérés
alors :
(21.113)
Pour le
cas particulier où M
= G :
(21.114)
Or G étant
le barycentre des n points
pondérés donc
:
(21.115)
Comme
l'égalité
précédente prouve que bien que G est
le barycentre des
points pondérés :
(21.116)
C.Q.F.D.
P4.
Si ,
pour tous points M, N :
(21.117)
Démonstration:
Pour calculons
:

(21.118)
puisque
,
nous avons alors :
(21.119)
C.Q.F.D.
Remarques: Quand un corps a une certaine symétrie, les calculs
se simplifient car le barycentre doit coïncider avec l'élément
de symétrique. Si un corps, comme une sphère, un parallélépipède,
etc., a un centre de symétrie, le barycentre est confondu avec
lui. Si le corps a seulement un axe de symétrie, le barycentre
est alors sur cet axe.
TRANSFORMATIONS
Les transformations
dans le plan (et plus) sont habituellement définies rigoureusement
à l'aide de la théorie des groupes (cf. chapitre
d'Algèbre Ensembliste).
Mais dans le cadre de la géométrie
euclidienne, cette approche ne nous intéressera pas. Nous
ferons donc dans ce chapitre uniquement une approche très peu
formelle (donc plus intuitive) aux transformations élémentaires
dans le plan que sont : la translation, l'homothétie
et la rotation.
Remarque: Par définition, "l'isométrie" est
une transformation qui conserve les distances et les aires. Comme
nous le verrons ci-après,
la translation, la rotation et la réflexion sont des isométries,
l'homothétie n'étant elle pas du tout une isométrie dans le plan.
TRANSLATION
Soit une
droite dans un plan P
sur laquelle deux points A
et B
définissent un segment de la droite noté .
Définition: Une "translation" T
("déplacement" dans une direction donnée comme disait
Euclide) de ce segment de droite associe à chaque point A
et B
de nouveaux points A'B'
tels que .
Nous pouvons donc restreindre la notion de translation à un point
uniquement tel que nous puissions écrire mathématiquement:
(21.120)
Autrement
dit, une fonction de transformation de type translation de l'ensemble
du plan à lui-même associe à chaque pré-image au plus une seule
et unique image. La translation est donc une fonction bijective.
Nous pouvons donc définir une application de transformation réciproque
notée telle
que (rappel de ce qui a été vu en arithmétique) :
(21.121)
Nous disons
par définition qu'un point est "invariant
par translation"
si et seulement si :
(21.122)
Dans
un autre type de formalisme, le déplacement du point A
au point B
selon le vecteur est
appelé "translation de vecteur"
(cf. chapitre de Calcul Vectoriel).
Elle se traduit mathématiquement
par la somme des coordonnées du point et de la matrice des coordonnées
du vecteur.
Par exemple
dans un espace à trois dimensions:
(21.123)
La
translation n'étant pas une transformation linéaire (cf.
chapitre d'Algèbre Linéaire), nous ne pouvons nous
autoriser à la
représenter
par la multiplication d'une matrice carrée comme nous le verrons
pour les autres transformations suivantes.
Il faut pour cela passer alors par un artifice consistant à utiliser
un système
appelé les
coordonnées
homogènes
(cf. chapitre de Géométrie Projective)
où les points du plan sont
représentés par un vecteur à trois composantes (et respectivement
ceux de l'espace par un vecteur à quatre dimensions):
avec
(21.124)
Dans le cadre de l'étude de la translation nous posons car
dans ce cas:
(21.125)
Ce système de coordonnées homogènes est applicable à toutes les
autres transformations que nous verrons par la suite en rajoutant à chaque
fois une coordonnée (cf. chapitre de Géométrie Projective).
Remarque: Une translation envoie une droite sur une droite
parallèle (parallèle à l'originale bien évidemment!).
HOMOTHÉTIE
Soit une
forme quelconque dans le plan (point, droite, ovale, polygone,...),
un nombre R,
et un point C
placé à un endroit prédéfini.
Définition: Une "homothétie" (appelée
aussi "changement
d'échelle")
H
de rapport R
et de centre C
est l'application qui à chaque point M
de la forme associe au segment un
nouveau point colinéaire à mais
disposé à une distance supérieure ou inférieure de rapport R
par rapport au centre C tel que

Nous pouvons
restreindre la notion d'homothétie à un segment de droite
tel que nous puissions écrire mathématiquement:
(21.126) Autrement
dit, une fonction de transformation de type homothétie de l'ensemble
du plan à lui-même associe à chaque pré-image au plus une seule
et unique image. L'homothétie est donc une fonction bijective. On
peut donc définir une application de transformation réciproque notée
telle
que :
(21.127)
Si
,
alors C
est le seul point invariant. Si ,
alors tous les points sont invariants et l'homothétie est dite
de type "homothétie identité".
Si ,
alors nous disons alors que nous avons une "symétrie
centrale".
La symétrie centrale est donc une rotation de 180°.
Dans un
autre type de formalisme, une homothétie de centre O
et de rapport k,
associe au point A
un point B
tel que .
Le point B
se trouvant sur la droite OA
et à une distance .
Le signe de k
détermine la position de B par rapport à O :
 
(21.128)
Nous
nous permettons maintenant de faire un petit passage dans
la géométrie
spatiale (le saut n'étant pas bien grand et nécessitant juste la
connaissance du calcul vectoriel et de l'algèbre linéaire) :
Nous
pouvons
également remplacer le scalaire k
par une matrice carrée tel que:
(21.129)
Une solution
triviale pour obtenir une homothétie est de poser que
d'où la forme matricielle diagonale évidente de k
:
(21.130)
Cette
matrice est appelée "matrice de transformation
par homothétie
de centre O (origine
du repère) et de rapport k" et donc l'homothétie
étant une matrice diagonale commute avec toute application linéaire.
Dans le cas présenté précédemment, l'homothétie conserve
les formes dans toutes les axes (sa géométrie est invariante par
transformation) nous utilisons en effet le même facteur k
pour tous les axes. Mais nous pourrions également utiliser la matrice
suivante:
(21.131)
qui elle déformerait l'objet selon un facteur différent pour chaque
axe.
Ou encore faire un cisaillement dans le plan qui déforme la géométrie
selon l'axe x, par exemple avec :


(21.132)
La transformation
inverse de l'homothétie est bien évidemment l'homothétie
de centre O
et de rapport
soit sous la forme d'une matrice:
(21.133)
Lorsque
le centre d'homothétie ne coïncide pas avec l'origine du repère
choisi (ce qui arrive quasiment tout le temps), la procédure de
calcul des coordonnées du point image est très simple. Il faut
:
1. Réaliser
une translation pour faire correspondre le centre de l'homothétie
avec l'origine du repère et appliquer cette translation à tous les
points en jeu. 2. Réaliser
l'homothétie proprement dite comme décrit précédemment (le centre
est l'origine du repère). 3. Réaliser
la translation inverse pour ramener le centre et l'image à sa place.
ROTATION
Soit une
forme quelconque dans le plan (point, droite, ovale, polygone),
un nombre ,
et un point C
placé à un endroit prédéfini.
Définition: Une "rotation" R
d'angle et
de centre C
l'application qui à chaque point M
de la forme associe au segment un
nouveau point mais ayant subie une rotation positive ou négative d'angle
et
de centre C
tel que
et ont
même longueur mais pas même direction.
De cette
définition, il ressort que l'axe de rotation d'un objet est
le lieu de points de cet objet qui restent immobiles.
Remarque: La rotation est également, de manière plus
savante, une application bijective dans le plan, nous pouvons donc
également définir une application de transformation réciproque notée
.
Si
,
alors C
est le seul point invariant. Si (avec
),
alors tous les points sont invariants et la rotation est dite
de
type "rotation identité".
Si nous choisissons un système
d'axes perpendiculaires adéquat tel que leur intersection se confonde
avec C
et que
alors R
est dite une "rotation de symétrie centrale".
Dans un
autre type de formalisme, la rotation s'exprime de manière beaucoup
plus rigoureuse. Nous allons nous aider du dessin d'un cercle de
rayon unité (donc dans le plan) pour étudier ce type de transformation.
Nous allons considérer le premier cas ou l'origine du repère et
de la translation son confondus : 
(21.134)
où A'
est l'image A
par la rotation de centre O
et d'angle .
Nous
avons dans le plan pour le point A
(cf.
chapitre de Trigonométrie) :
(21.135) et identiquement
pour le point A'
: (21.136) avec
. Ce qui
nous amène à écrire:
(21.137)
Identiquement
(en sa basant sur le fait les relations trigonométriques élémentaires
présentées dans le chapitre de Trigonométrie du site sont connues),
nous trouvons :
(21.138)
ce qui
nous permet d'écrire la matrice de rotation dans le plan (en s'imaginant
que l'axe Z sort de la feuille):
(21.139)
La transformation
inverse consiste très simplement à la rotation de centre O
(le même qu'auparavant) et d'angle soit
(nous utilisons à nouveaux les relations
trigonométriques évidentes des angles opposés):
(21.140) Lorsque
nous souhaitons procéder à une rotation autour d'un point quelconque,
tout comme pour l'homothétie, il convient de réaliser une translation
de vecteur (H
étant l'origine du repère de l'homothétie ) pour faire confondre
O
et H,
puis de réaliser la rotation simple autour de H,
et enfin de ramener O
(confondu alors avec H)
à son point de départ.
Lors de
la rotation d'un objet dans l'espace (nous profitons de la lancée...),
la transformation est assez similaire à la précédente. Effectivement,
lors d'une rotation d'angle ,
autour de l'axe Z la coordonnée z ne change pas. Ce qui nous amène à écrire la matrice de rotation
dans l'espace tridimensionnel par rapport au plan x,
y comme étant :
(21.141)
La philosophie est ensuite toujours la même relativement aux autres
axes :
Rotation autour de X d'angle :
(21.142)
 Rotation autour de Y d'angle :
(21.143)
Nous
avons donc finalement trois matrices de rotation correspondant
chacune à un des plans
de l'espace tridimensionnel. Ces trois matrices font
partie du groupe des matrices d'ordre trois, noté "SO(3)"
et appelé par les physiciens et mathématiciens "groupe
de rotations spatiales SO(3)". Une rotation quelconque peut donc être représentée
par la matrice
produit résultant du produit de ces trois matrices.
Remarque: Toute rotation consiste ensuite en une composition
des ces trois rotations mais il est important que le lecteur se
souvienne
du chapitre d'Algèbre Linéaire où nous avions vu que la multiplication
matricielle n'est pas commutative. Ainsi, tourner autour de l'axe
X de 90° et ensuite autour de l'axe Z de 90° n'est
pas équivalent à faire tourner d'abord selon l'axe Z et
ensuite selon l'axe X du même angle comme le montre l'image
ci-dessous:

Si nous cherchons à réaliser la composition
d'une rotation R
et d'une homothétie d'échelle H
(dans cet ordre) la matrice de transformation sera :
(21.144)
Remarques:
R1. Nous rappelons
(cf. chapitre d'Algèbre Linéaire)
que la multiplication de 2 matrices n'est pas commutative.
R2.
La similitude directe de centre C, de rapport R et
d'angle
est la composée de l'homothétie de centre C
et de rapport R et de la rotation de centre C et
d'angle
.
Nous renvoyons le lecteur au chapitre sur les Nombres
pour revoir que les nombres complexes permettent formellement d'opérer
avec les opérations d'addition et de multiplication à
des similitudes (directes ou rétrogades).
R3. Nous pouvons faire des rotations beaucoup plus puissantes
et variables à l'aide des nombres quaternions (ou "hypercomplexes").
Pour plus d'informations le lecteur se reportera au chapitre sur
les Nombres.
RéFLEXION
Définition: La "réflexion",
appelée également "symétrie
axiale", notée (en
géométrie) par rapport à la droite
est l'application qui associe à chaque point M
extérieur
à le
point M'
tel que soit
la médiatrice de MM '.
Si M
appartient à ,
alors .
Mathématiquement cela s'écrit:
(21.145)
Autrement
dit, une fonction de transformation de type
réflexion de l'ensemble
du plan à lui-même associe à chaque pré-image au plus une seule
et unique image. La réflexion est donc une fonction bijective.
Nous pouvons donc définir une application de transformation réciproque
notée telle
que:
(21.146)
Remarque: Tous les points de
sont trivialement invariants par la réflexion dans le plan.
Sous forme matricielles les réflexions du plan sont extrêmement
simple à formaliser en utilisant l'algèbre linéaire (voir chapitre
du même nom) comme le montrent les exemples ci-dessous:
- Réflexion par rapport à l'axe des Y:


(21.147)
- Réflexion par rapport à l'axe des X:


(21.148)
- Réflexion par rapport à l'origine:

(21.149)
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