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Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
15.08.2009 15:29
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Le Génie Civil représente
l'ensemble des techniques concernant les constructions civiles.
Les ingénieurs
civils s'occupent de la conception, de la réalisation,
de l'exploitation et de la réhabilitation d'ouvrages
de construction et d'infrastructures urbaines dont ils assurent
la gestion afin de répondre aux besoins de la société,
tout en assurant la sécurité du public et la protection
de l'environnement en théorie. Très variées,
leurs réalisations
se répartissent principalement dans cinq grands domaines
d’intervention: structures, géotechnique, hydraulique,
transport, et environnement.
Signalons qu'en génie civil il est parfois fait usage du calcul
des surfaces minimales. Ceci est déjà traité par un exemple dans
le chapitre de mécanique analytique.
SPIRALE DE CORNU
La clothoïde est une courbe transcendante plane dont la courbure
est proportionnelle à l'abscisse curviligne.
Elle est également appelée "spirale
de Cornu", en référence à Alfred
Cornu, le physicien français qui l'a inventée. Plus rarement, elle
peut apparaître sous le nom de radioïde aux arcs, spirale d'Euler
ou spirale de Fresnel.
Cette forme est également adaptée aux fins de courbes dans les
tracés des chemins de fer parce qu'un véhicule suivant ce tracé à une
vitesse constante subit une accélération angulaire constante, ce
qui réduit à la fois les efforts sur les rails et l'inconfort des
passagers dans les voitures.
Enfin, les sabots montés sur les pylones
de téléphériques, et qui supportent le cable porteur, adoptent
cette forme. De fait, il est possible de faire circuler la cabine à sa
vitesse maximale sur le pylone, sans incommoder les passagers.
De même cette courbe est utilisée
pour les boucles verticales ou loopings dans les montagnes russes
pour le confort des passagers, afin que l'accélération verticale
subie soit continue

(1)
Lorsqu'un véhicule aborde une courbe circulaire,, il va subir
une forme perpendiculaire à sa
direction (force centrifuge) donc de norme (cf.
chapitre de Mécanique
Classique):
(2)
dès le début de son entrée dans la courbe. Cet effet est problématique
car pour une voiture de poids moyen sur une autoroute, la force
centrifuge peut égaler la force de pesanteur (lorsque sa vitesse
est dans les valeurs légales!).
Ainsi, l'accélération passe brutalement de 0 à aussi,
les ingénieurs relèvent les courbes pour améliorer l'adhérence,
mais il est aussi possible d'essayer de trouver des courbes pour
lesquelles l'accélération sera plus progressive. Par exemple si
la courbure C donnée par (cf. chapitre
de Géométrie Différentielle):
(3)
est proportionnelle au trajet s (abscisse curviligne)
parcouru dans la courbe, nous aurons au début de la courbe donc
l'accélération sera nulle
Ce que nous cherchons est alors des courbes telles que :
(4)
Pour cela, rappelons que nous pouvons aussi écrire naturellement
pour un cercle, la courbure sous la forme:
(5)
Effectivement, si nous tournons d'un angle alors
nous nous déplaçons d'une longueur (cf.
chapitre de Trigonométrie).
Nous avons donc la relation:
(6)
Soit:
(7)
d'où:
(8)
De plus rappelons que l'équation paramétrique du cercle est:
(9)
Nous avons donc:
(10)
Soit:
(11)
Nous pouvons donc maintenant écrire:
(12)
Soit:
(13)
avec un petit changement de variables:
(14)
il vient:
(15)
en prenant (nous
pouvons toujours faire une translation par la suite).
Les deux intégrales s'appelent des "intégrales de Fresnel" et
ne sont pas calculable directement. Nous pouvons cependant les
exprimer sous forme de développement de Taylor sous la forme:
(16)
Le plot de l'intégral de Fresnel donne dans Maple:
plot([FresnelC(t),FresnelS(t),t=-5..5]);

(17)
En zoomant sur la partie qui nous intéresse:

(18)
La même chose à une constante facteur près en utilisant la série
de Taylor présentée antérieurement:

(19)
Les bureaux d'ingénieur utilisent des logiciels
spéciaux intégrant des spirales des clothoïdes dans des environnements
2D ou 3D sur la base de relevé topographiques fait par des géomaticiens.
CÂBLES SUSPENDUS
Galilée, fut sans doute le premier à s'intéresser à la chaînette
qu'il prit pour un arc de parabole. Jean Bernoulli, Huygens et
Leibniz trouvèrent (indépendamment) en réponse au défi lancé par
Jakob Bernoulli, sa véritable nature en 1691 : engendrée par un
cosinus hyperbolique.

(20) Source Chronomaths
Considérons (source: ChronoMath) pour l'étude un câble homogène,
flexible, attaché en deux points A et B. Dans sa
position d'équilibre, le câble pend dans un plan vertical et semble
prendre une forme parabolique. En fait, pas vraiment...

(21)
Créons dans ce plan un repère orthonormé ,
où O désigne le point le plus bas du câble et notons le
champ de pesanteur à son endroit.
Appelons la
tension au point O faisant échec à la tension en M de
sorte que la portion de câble [OM] de longueur L,
soumise à son poids linéique au point G, soit en équilibre
au sens statique:
(22)
Projetons sur les axes de coordonnées en notant l'angle .
Nous avons alors les décompositions suivantes:
(23)
Nous pouvons alors écrire le système:
(24)
Soit après simplification:
(25)
Soit:
(26)
En calculant le rapport:
(27)
Pour obtenir une équation différentielle différentions... (là c'est
subtil...):
(28)
Ensuite:
(29)
Mais la tangente c'est aussi la dérivée de la fonction décrivant
la chaînette. Donc:
(30)
Il vient alors:
(31)
Posons et
cherchons la primitive du membre de gauche dans un premier temps
(celle du membre droite étant évidente). Les calculs faits dans
le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral dans la détermination
des primitives et intégrales usuelles nous donne:
(32)
Nous avons donc:
(33)
en passant à l'exponentielle:
(34)
en remarquant que dans notre problème en nous
avons bien .
Pour trouver y' nous utilisons une astuce: Nous savons
que la fonction est symétrique. Donc si nous remplaçons x par –x la
tangente change aussi de signe et passe de y' a –y':
(35)
En soustrayant:
et
(36)
il vient:
(37)
Donc après intégration:
(38)
Soit:
(39)
Nous voyons bien avec Maple la différence entre une parabole
et la chainette:
> plot([x^2,cosh(x)],x=-4...4);

(40)
Considérons maintenant deux points dans le plan , et
déterminons l'équation de la chaînette de longueur L ayant
ces deux points comme extrémités.
Nous avons les deux équations :
(41)
Nous obtenons une troisième équation à l'aide de la longueur L qui
est connue. En effet (cf. chapitre
de Mécanique Analytique):
(42)
où nous avons toujours:
(43)
Ainsi nous obtenons un système non linéaire de trois équations à trois
inconnues ( ):
(44)
Déterminons à titre d’exemple la chaînette de longueur 38 cm
passant par les points , .
Il faut alors résoudre le système suivant :
(45)
Voici les commandes Maple qui nous permettent d'obtenir le résultat.
e1:=0=k*cosh(-9/k+c1)+c2;
e2:=10=k*cosh(9/k+c1)+c2;
e3:=38=k*(sinh(9/k+c1)-sinh(-9/k+c1));
fsolve({e1,e2,e3},{k,c1,c2},{k=0..infinity});
Maple donne : k
= 4.073758798, c1 = .2694982504, c2 = -14.46356329.
Graphiquement nous avons alors:

(46)
Dans le cas des lignes de chemins de fer électrifiées, nous pallions à la
flèche (cf. chapitre de Génie Mécanique) rédhibitoire par un câble
porteur principal de la caténaire : le câble supérieur (ci-dessous à droite)
subit une flèche acceptée, ce qui diminue les tensions entre les
pylônes. La caténaire reste ainsi bien linéaire grâce aux accroches
auxiliaires multiples à un câble auxiliaire.

(47) Source Chronomaths
Sinon signalons que nous retrouvons aussi les chaînettes dans
tous les endroits de la vie de tous les jours où un câble est suspendu
entre deux points sur une même horizontale.
BARRAGES
Considérons le barrage de hauteur z, de longueur L et
stockant de l'eau de densité ci-dessous:

(48)
Nous avons vu dans le chapitre de Mécanique des Milieux Continus
que la pression hydrostatique était donnée par:
(49)
mais dans cette situation nous avons évidemment:
(50)
Ainsi lorsque nous nous plaçons à la surface de l'eau en :
(51)
soit la pression de l'air à la surface du lac de barrage.
Sur un élément de surface d'aire dS il s'exerce une force élémentaire:
(52)
Or:
(53)
Ainsi:
(54)
d’où après intégration
(55)
Il s'agit donc de la force exercée sur la face immergée. La force
sur la face émergée (à gauche sur l'illustration) est simplement
donnée en posant .
Nous avons donc:
(56)
Remarque: En
moyenne à vide et à plein un barrage se déplacerait
de 80 cm.
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