Site
créé le 1er mai 2002
Le
présent site Internet a été conçu de façon à ce que les
connaissances requises pour le parcourir soient
les plus élémentaires possibles . Il n'est
donc pas nécessaire d'avoir obtenu
un doctorat pour le consulter, il suffit
de savoir
raisonner, d'observer et d'avoir du temps...
"La
simplicité est le sceau de la vérité et celle-ci resplendit
de beauté"
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Omniprésentes dans l'industrie (aérospatiale, imagerie,
cryptographie, tranports, chimie,…), ou dans les services
(banques, assurances, ressourches humaines, projets, logistique,
architectuure, télécom…),
les mathématiques appliquées
apparaissent aussi dans de nombreux autres secteurs
: sondages, modélisation des risques, protection
des données… Elles
interviennent dans notre vie quotidienne ( télécommunications, transports,
médecine, météorologie, musique…) et
contribuent à la résolution de
problématiques actuelles : énergie, santé, environnement,
climatologie, optimisation, développement
durable…
À ce titre, ancien étudiant dans le domaine de l'ingénierie,
j'ai souvent regretté l'absence
d'un ouvrage assez complet, détaillé
(sans aller dans l'extrême...)
et pédagogique
si possible gratuit (!) et portatif contenant au moins
une idée de l'ensemble du programme de mathématique appliquée
des écoles d'ingénieurs et présentant une
vue d'ensemble de ce qui est utilisé dans la réalité des
entreprises. Un ouvrage qui ne nécessite
pas non plus à devoir s'adapter
chaque fois à une nouvelle notation ou au vocabulaire
spécifique à
l'auteur quand il ne s'agit pas de changer carrément de
langue... et ou tout à chacun
peut proposer des améliorations ou des compléments.
J'ai été de
plus aussi frustré pendant mes études à devoir
ingurgiter assez souvent des "formules" ou des "lois" soit
disant (et à tort) indémontrables ou trop compliquées selon
mes professeurs ou même déçu de livres
d'auteurs renommés
(dont les développements sont laissés au soin
du lecteur ou comme exercice...). Bien qu'aujourd'hui je doive
admettre
effectivement que la
démonstration
de certaines relations présentées dans le
cadre des cursus des écoles d'ingénieurs ne puisse
se faire faute de temps dans le planning scolaire ou de
place
dans un livre,
je ne peux accepter qu'un professeur ou un auteur dise à son étudiant
(respectivement, son lecteur) que certaines lois sont indémontrables
(car la plupart du temps c'est faux) ou que telle ou telle démonstration
est trop compliquée sans lui donner une référence bibliographique
(où l'étudiant puisse trouver l'information nécessaire à
sa curiosité) ou au moins une démonstration infiniment
simplifiée
et satisfaisante.
Par ailleurs, j'estime totalement archaïque
que certains professeurs continuent de faire prendre
des notes de cours
de manière
massive
à leurs étudiants. Il serait beaucoup plus favorable
et optimal de
distribuer
un support
de cours contenant tous les détails et ce afin de pouvoir
se concentrer sur l'essentiel avec les élèves c'est-à-dire
les explications orales, l'interprétation, la compréhension
et la mise en pratique plutôt
que la copie de
tableau noir à outrance... Bien évidemment donner
un cours complet fait que certains étudiants brillent par
leur absence mais... c'est tant mieux! Ainsi, ceux qui sont passionnées
peuvent approfondir les sujets à la maison ou à la
bibliothèque
universitaire, les médiocres feront ce qu'ils ont à faire
et pour le reste (élèves en difficultés mais
travailleurs) ils suivront le cours donné par le professeur
pour profiter de poser des questions plutôt
que de recopier bêtement un tableau noir.
Alors, dans
mon esprit, ce site doit pouvoir se substituer, gratuitement, à de
nombreuses références et lacunes du système, permettant
ainsi à tout étudiant
curieux de ne pas être frustré pendant de longues années durant
son cursus de formation. Sans quoi, la science de l'ingénieur
prend alors l'aspect
rébarbatif d'une science figée, à l'écart de l'évolution scientifique
et technique, d'une accumulation hétéroclite de connaissances
et surtout de formules qui la font considérer comme un sous-produit
insipide des mathématiques et qui amène dans les entreprises
à de nombreux faux résultats...
Ceux qui voient la mathématique appliquée que comme
un outil (ce qu'elle est aussi), ou comme l'ennemi des croyances
religieuses,
ou encore comme un domaine scolaire rébarbatif, sont légion.
Il est cependant peut-être utile de rappeler que, comme
le disait Galilée, "le livre de la Nature est écrit
dans le langage des mathématiques" (sans vouloir
faire de scientisme!). C'est dans cet esprit que ce site aborde
la mathématique appliquée
pour les étudiants
en sciences de la Nature, de la Terre et de la Vie, ainsi que pour
tous ceux qui exercent une profession liée à ces diverses matières
y compris la philosophie ou pour toute personne curieuse de
s'informer
de l'implication des sciences dans la vie quotidienne.
La frontière
entre la philosophie et les sciences pures et exactes est très
ténue. Effectivement, comme le relate Platon dans le Phédon,
Socrate à ses dernières heures s'est entouré
de ses amis et disciples, dont Cébès et Simmias (deux
pythagoriciens) considérés par Socrate comme interlocuteurs
privilégiés. Ce n'est pas un hasard puisqu'il convient alors
de philosopher, déjà, en s'inspirant du modèle
pythagoricien qui fait des mathématiques une voie nécessaire
d'accès à la vérité, seule capable de
se frayer un chemin fiable pour aborder des sujets aussi importants
que ceux de l'âme et de sa destinée...
Le choix de
traiter l'ingénierie ici comme une branche de la mathématique
appliquée provient
certainement du fait que l'ensemble des domaines de la physique
(anciennement dénommée "philosophie
naturelle") et la mathématique sont à ce
jour tellement peu discernables que la médaille de Fields
(la plus haute récompense de nos jours dans le domaine
de la mathématique) a été décernée
en 1990 au physicien Edward Witten, qui a utilisé des
idées
physiques pour redémontrer un théorème mathématique.
Cette tendance n'est certainement pas fortuite, car nous pouvons
observer que toute science, dès qu'elle cherche à
atteindre une compréhension plus détaillée
du sujet qu'elle étudie, voit finalement toujours sa course
aboutir dans les mathématiques pures (la voie absolue
par excellence...). Ainsi, pouvons-nous présager dans
un futur lointain, la convergence de toutes les sciences (pures,
exactes ou sociales)
vers la mathématique pour la modélisation (lire à titre
d'exemple le document PDF "L'explosion des mathématiques" disponible
dans la rubrique Téléchargement du site).
Il peut parfois nous paraître difficile (à cause
d'une crainte aussi obscure et irrationnelle que non justifiée
des sciences pures chez une importante fraction de nos contemporains)
de transmettre le sentiment de beauté mathématique
de la nature, de son harmonie la plus profonde et de la mécanique
parfaitement huilée de l'Univers, à ceux qui ne connaissent
que les rudiements du calcul formel.
Le physicien R. Feynmann a parlé une fois de "deux
cultures": les gens qui ont, et ceux qui n'ont pas
eu une compréhension suffisante des mathématiques
pour apprécier la structure scientifique de la nature.
Il est bien dommage qu'il y faille cependant des
mathématiques
et que celles-ci aient aussi mauvaise réputation. Pour
l'anecdote, on prétend qu'un roi ayant demandé à Euclide
de lui enseigner la géométrie se plaignit de
sa difficulté.
Euclide répondit: "il n'y a pas de voie royale".
Les physiciens et mathématiciens ne peuvent se convertir
à un autre langage. Si vous voulez apprendre à connaître
la nature, à l'apprécier à sa juste valeur,
vous devez comprendre son langage. Elle ne se révèle
que sous cette forme et nous ne pouvons être prétentieux
au point de lui demander de changer afin que nous ne consentions
à nous occuper d'elle.
Au même
titre, aucune discussion intellectuelle ne vous permettra de
communiquer
à un sourd ce que vous ressentez vraiment en écoutant
de la musique. De même, toutes les discussions du monde
resteront impuissantes à transmettre une compréhension
intime de la nature à ceux de "l'autre culture".
Les philosophes et théologiens peuvent essayer de vous
donner des idées
qualitatives sur l'Univers.
Le fait que la méthode scientifique (au sens plein du terme)
ne puisse convaincre le monde entier de sa justesse et de sa
pureté,
trouve peut-être sa cause dans l'horizon limité de
certaines gens qui sont amené à s'imaginer que
l'homme ou qu'un autre concept intuitif, sentimental ou arbitraire
est le
centre de l'Univers (principe anthropocentrique).
Certes, dans
le but de partager ce savoir mathématique, il
est paradoxal de vouloir augmenter, avec notre travail, la
liste déjà longue des ouvrages disponibles dans les bibliothèques,
dans le commerce et sur l'Internet. Néanmoins, il faut être en
mesure de présenter une argumentation
solide qui justifie la création d'un tel site en comparaison à des
ouvrages comme ceux de Feynmann, Landau ou de Bourbaki. Voici
donc les quelques
arguments qui paraissent cependant susceptibles d'être présentés:
1. Le grand
plaisir que je prends à cette entreprise ("garder la main" et
progresser).
2. La passion
du partage gratuit et sans frontières de la connaissance
(au en français...).
3. Le caractère
évolutif et pratique d'un document électronique libre (outils de
recherche efficaces).
4. Le contenu évolutif en fonction de la demande !!!
5. La présentation
rigoureuse avec des démonstrations simplifiées de beaucoup de
concepts.
6. La présentation
du plus grand nombre d'outils mathématiques utilisés dans les entreprises.
7. La possibilité
pour les étudiants et professeurs de réutiliser le contenu par
copier/coller.
8. Une notation
constante et fixe, dans tout l'ouvrage, pour les opérateurs
mathématiques, un langage clair, rigoureux sur tous les sujets
abordés (critère des 3.C. : clair, complet et concis)
9. Rassembler le maximum
d'informations sur les sciences pures et exactes en un seul ouvrage électronique
(portatif), homogène et rigoureux.
10. Dégager, de toutes
les pseudo-vérités, les seules vérités
qui se démontrent.
11. Tirer bénéfice
de l'évolution des méthodes pédagogiques scolaires qui utilisent
l'Internet pour chercher la solution à des problèmes de mathématiques.
12. L'amélioration
spectaculaire des logiciels automatiques de traduction et de
la
puissance des ordinateurs qui feront de ce site, je le souhaite,
une référence dans les domaine des sciences dures.
Et aussi... je considère que les résultats
de la recherche individuelle sont la propriété de
l'humanité et qu'ils doivent être mis à la
disposition de tous ceux qui explorent où que ce soit
les phénomènes
de la nature. De cette façon le travail de chacun profite
à tous, et c'est pour toute l'humanité que s'amassent
nos connaissances ce qui est dans la tendance que permet l'Internet.
Je ne cache
pas, que ma contribution se limite en grande
partie à ce jour à celle d'un collectionneur qui
glane ses informations dans les ouvrages des maîtres ou
dans les publications ou pages Internet d'anonymes et
qui complète
et argumente les développements en les améliorant
quand ceci est encore possible. Quant à ceux qui voudraient
m'accuser de plagiat , ils devraient réfléchir
au fait que les théorèmes présentés
dans la plupart des ouvrages payants et disponibles dans le commerce
ont été
découverts et rédigés par leurs illustres
prédécesseurs
et que leur propre apport personnel a aussi constitué, comme
le mien, à mettre toutes ces informations sous une
forme claire et moderne quelques centaines d'années plus tard.
De plus, il peut être
vu comme douteux que l'on fasse payer l'accès à une
culture qui est certainement la seule véritablement valable
et juste dans ce bas monde et sur lequel il n'y a ni brevet,
ni droit à la propriété intelectuelle.
Après avoir
tenté un ordre de présentation rigoureux du sujet, j'ai décidé
d'arranger ce document dans un ordre plus pédagogique (thématique).
Il est à mon avis très difficile de parler d'un si vaste sujet
dans un ordre purement mathématique en une seule vie, c'est-à-dire
lorsque les notions sont introduites une à une, à partir de
celles déjà connues (où chaque théorie, opérateur, outil, etc.
n'apparaîtrait
pas avant sa définition dans le document). Un tel plan nécessiterait
de couper le document, en morceaux qui ne sont plus thématiques.
J'ai donc pris la décision de présenter les choses par
ordre logique et non par ordre de nécessité.
Les conséquences
de ce choix sont les suivantes :
1. Il faudra
parfois admettre provisoirement certaines choses, quitte à les
comprendre plus tard.
2. Il sera certainement
nécessaire
pour le lecteur de parcourir au moins deux fois l'ensemble de
l'ouvrage. Lors de la première lecture, on appréhende
l'essentiel et lors de la deuxième lecture, on comprend les détails
(je félicite
celui qui comprendrait toutes les subtilités du premier coup).
3. Il faut accepter le fait que certains sujets se répètent et
qu'il y ait de nombreuses références croisées ainsi que remarques
complémentaires.
Certains savent
que pour chaque théorème et modèle mathématique, il existe
quasiment toujours plusieurs méthodes de démonstration. J'ai
toujours tenté de choisir celle qui me semblait
la plus simple (par exemple en relativité il y a la présentation
algébrique
et matricielle et idem en physique quantique). L'objectif étant
d'arriver de toute façon au même résultat.
Ce site étant
encore en cours de finalisation, il manque forcément des vérifications
de convergences, de continuité et autres... (ce qui
fera grimper au plafond les mathématiciens...) ! J'ai
cependant
évité (ou, dans le cas contraire, je le signale) les approximations
habituelles de la physique et l'utilisation
de l'analyse dimensionnelle, en y ayant recours le moins possible.
J'essaie également d'éviter autant que possible
des sujets dont les outils mathématiques n'ont au préalable
été présentés et démontrés
avec rigueur dans le corps de l'ouvrage.
Enfin, cet
exposé,
perfectible, n'est pas une référence absolue et contient des erreurs.
Toute remarque est donc la bienvenue. Je m'appliquerai,
dans la mesure du possible, à corriger les faiblesses signalées
et à
apporter les modifications nécessaires au plus vite.
En revanche,
alors que les mathématiques sont exactes et indiscutables, la
physique théorique (ses modèles), reste interprétable dans
le vocabulaire commun (mais pas dans le vocabulaire mathématique)
et ses conclusions toutes relatives. Je ne peux que conseiller,
lorsque vous parcourrez ce site, de lire par vous-même et de ne
pas subir d'influences extérieures. Il faut avoir l'esprit très
(très) critique, ne rien prendre pour acquis et tout remettre
en cause sans hésitation. Par ailleurs, le mot d'ordre du bon
scientifique doit être : "Doute, doute, doute...,
doute encore, et vérifie toujours.". Nous tenons
aussi à rappeler
que
"rien de ce que l'on peut voir, entendre, sentir, toucher
ou goûter, n’est ce qu'il a l’air d’être", ne vous fiez dès
lors pas à votre expérience quotidienne pour tirer des conclusions
trop hâtives, soyez critique, cartésien, rationnel et rigoureux
dans vos développements, raisonnements et conclusions !
Je tiens à préciser à ceux
qui tenteraient de trouver par eux-mêmes les résultats de certains
développements présents
sur ce site, de ne pas s'inquiéter s'ils n'y arrivent pas ou
s'ils doutent d'eux à cause du temps passé à la résolution d'une équation
ou problème: certaines théories qui nous semblent évidentes
ou simples aujourd'hui, ont mis parfois plusieurs semaines,
plusieurs
mois, voire plusieurs années, pour êtres élaborées par des mathématiciens
ou physiciens de renom !
J'ai également
tenté de faire en sorte que ce site soit agréable à l'oeil et à
parcourir. Les concepteurs web professionnels voudront cependant
bien excuser la mauvaise qualité du code HTML / PHP (qu'ils ne
verront pas en partie..) / Javascript / CSS et l'abus de l'utilisation
du
biseautage et estampage de Photoshop ainsi que le choix d'une interface
optimisée pour une résolution de 1024 x 768 et
supérieure,
mais le temps me manque pour épurer le code et réaliser
des finitions graphiques correctes (de plus, je privilégie
plutôt la qualité du contenu que le contenant).
Enfin, j'ai choisi d'écrire cet exposé à la
première
personne du pluriel ("nous"). Effectivement, la mathématique-physique
n'est pas une science qui s'est faite ou évoluera grâce
à un travail individuel mais à l'aide d'une collaboration
intensive entre personnes reliées par la même passion
et le même désir du Savoir. Ainsi, en faisant usage
du "nous", il est rendu hommage aux hommes de science
disparus, aux contemporains et aux futurs chercheurs pour le
travail
qu'ils effectueront dans le but de s'approcher de la vérité et
de la sagesse.
MÉTHODES
La
science est l'ensemble des efforts systématiques pour acquérir
des connaissances sur notre environnement monde, pour les organiser
et les synthétiser
en lois et théories vérifiables et ayant pour principal
objectif d'expliquer le "comment" des choses. Les
scientifiques doivent soumettre leurs idées et résultats à
la vérification et la reproduction indépendante de
leurs pairs. Ils doivent abandonner ou modifier leurs conclusions
lorsque confrontées à des évidences plus complètes
ou différentes. La crédibilité de la science
s'appuie sur ce mécanisme d'autocorrection. L'histoire
de la science montre que ce système fonctionne depuis
très
longtemps et ce même très bien par rapport à tous
les autres. Dans chaque domaine, les progrès ont été spectaculaires.
Toutefois, le système a parfois des ratés qu'il faut
corriger avant que les petites dérives ne s'accumulent.
Le bémol
est que les scientifiques sont des hommes. Ils ont les défauts
de tous les hommes et, en particulier, la vanité, l'orgueil
et la fatuité. De nos jours, il arrive que plusieurs personnes
travaillant sur un même sujet depuis un certain temps développent
une foi commune et croient qu'ils détiennent la vérité.
Le chef de file de cette foi devient le Pape et distille des grands-messes.
Le Pape qui se prend au jeu, prend sa mitre et son bâton de
pèlerin pour évangéliser ses collègues
hérétiques. Jusque-là, cela prête à
sourire. Mais, comme dans les vraies religions, ils ont parfois
la fâcheuse tendance de vouloir s'étendre au détriment
de ceux qui ne croient pas. Certaines de ces "Eglises"
n'hésitent pas à se comporter comme l'Inquisition.
Ceux qui osent émettre une opinion différente se font
incendier à chaque occasion, lors des congrès, voire
sur leur lieu de travail. Certains jeunes chercheurs, en mal d'inspiration,
préfèrent se convertir à cette religion dominante,
pour devenir plus rapidement des dignitaires religieux à
peu de frais, plutôt que des chercheurs innovants, voire iconoclastes.
Le grand Pape écrit sa Bible pour diffuser sa pensée,
l'impose à lire aux étudiants et aux nouveaux venus.
Il formate ainsi la pensée des jeunes générations
et assure son trône. C'est une attitude moyenâgeuse
qui peut bloquer le progrès. Certains Papes vont jusqu'à
croire que le fait d'être pris pour le pape dans un domaine
leur donne automatiquement le même trône dans tous
les autres domaines...
Cet avertissement, et les
rappels qui vont suivre, doivent servir le scientifique à se remettre
en question en faisant un bon usage de ce que nous pouvons considérer
aujourd'hui comme les bonnes méthodes de travail (nous parlerons
des principes de la méthode de Descartes plus loin) pour
résoudre des problèmes ou développer des modèles théoriques.
Dans ce but,
voici un tableau récapitulatif qui propose les différentes
étapes que le scientifique devrait suivre lors de ses
travaux en mathématique ou physique théorique (pour les
définitions,
voir juste après)
:
| MATHÉMATIQUE |
PHYSIQUE |
1. Poser "l'hypothèse", la "conjecture"
la "propriété" à démontrer de manière formelle
ou en langage commun (les hypothèses étant notées H1.,
H2., ... les conjectures CJ1., CJ2.,... et les propriétés
P1., P2., ...)) |
1. Poser correctement
et de manière détaillée
le ou les "problèmes" à résoudre de manière
formelle ou en langage commun (les problèmes étant notés
P1., P2., ...) |
2. Définir les "axiomes" (sous-entendu
non-démontrables, indépendants et non-contradictoires)
qui vont donner les points de départ et établir des restrictions
aux développements (les axiomes étant notés A1., A2, ...).
Remarque:
Parfois par abus, "propriétés", "conditions"
et "axiomes" sont confondus alors que le concept
d'axiome est beaucoup plus précis et profond.
Dans la même idée,
le mathématicien définit le vocabulaire spécialisé relié à
des opérateurs mathématiques qui seront notés par D1., D2.,
D3., ... |
2. Définir (ou énoncer)
les "postulats"
ou "principes" ou encore les "hypothèses"
et "suppositions" (supposés non démontrables...)
qui vont donner les points de départ et établir des restrictions
aux développements (habituellement, les postulats et principes
sont notés P1., P2., ... et les hypothèses H1., H2., ...
en essayant d'éviter pour les postulats et principes,
une confusion possible avec l'énoncé du ou des problèmes
qui sont notés de la même
manière).
Remarque: Il ne faut pas cependant oublier que la validité d'un modèle
ne dépend pas du réalisme de ses hypothèses mais
bien de la conformité de ses implications avec la réalité.
|
3. Des axiomes posés, tirer directement
des "lemmes" ou des "propriétés" dont la
validité en découle directement et qui préparent au développement
du théorème censé valider l'hypothèse ou la conjecture de départ
(les lemmes étant notés L1., L2., ... et les propriétés P1.,
P2.,...). |
3. Une fois le "modèle
théorique" développé vérifier les équations
dimensionnelles pour déceler une éventuelle
erreur dans les développements
(ces vérifications étant notées VA1., VA2., ...). |
4. Une fois le ou les "théorèmes" (notés T1., T2., ...)
démontrés en tirer des "corollaires"
(notés C1., C2., ...) et encore des propriétés (notées P1.,
P2., P3.,...). |
4.
Chercher les cas limites (dont
les "singularités" font partie) du modèle
pour en vérifier la validité intuitive (ces contrôles aux
limites
étant notés CL1., CL2., ...).
|
5. Ttester la force ou
l'utilité de sa ou ses
conjectures ou hypothèses en démontrant la réciproque du
théorème
ou en la comparant avec des exemples à d'autres théories
mathématiques
pour voir si l'ensemble forme un tout cohérent (les exemples
étant notés E1., E2., ...). |
5.
Tester expérimentalement le modèle théorique obtenu et
soumettre le travail à comparaison avec d'autres équipes
de recherche indépendantes. Le nouveau modèle
doit prévoir des résultats expérimentaux
observés et jamais observés. Si le modèle
est validé alors il prend officiellement le statut
de "Théorie".
|
6. D'éventuelles
remarques peuvent être indiquées dans un ordre structuré et
notées hiérarchiquement R1., R2., ... |
6.
D'éventuelles remarques peuvent être indiquées dans un ordre
structuré et notées hiérarchiquement R1., R2., ... |
Procéder
comme dans le tableau ci-dessus est une base de travail possible
pour travailler en mathématique et physique. Évidemment,
procéder de façon propre et traditionnelle comme
ci-dessus prend un petit plus de temps qu'en faisant un peu n'importe
quoi,
n'importe comment (c'est pour cela que la plupart des professeurs
ne suivent pas ces règles, le temps leur manque cruellement
pour couvrir tout le programme scolaire).
Remarques:
R1.
Attention, il est très facile de faire des nouvelles théories
physiques en alignant des mots. Cela s'appelle de la "philosophie"
et les grecs
ont pensé aux atomes comme cela. Ca
peut donc mener à une vraie théorie. Par contre
il est bien plus difficile de faire une "théorie
prédictive", c'est-à-dire avec des équations
qui permettent de prédire le résultat d'une expérience. R2.
Toutefois ce qui sépare la mathématique de la physique
est que, en mathématique, l'hypothèse est
toujours vraie. Le discours mathématique n'est
pas une démonstration
d'une vérité extérieure à chercher,
mais vise uniquement la cohérence. Ce qui doit être
juste est le raisonnement.
MÉTHODE
DE DESCARTES
Présentons
maintenant les quatre principes de la méthode de Descartes
qui, rappelons-le, est considéré comme le premier
scientifique de l'histoire de par sa méthode d'analyse
:
P1. Ne recevoir jamais aucune
chose pour vraie que je ne la connusse évidemment être
telle. C'est-à-dire, d'éviter soigneusement la précipitation
et la prévention, et de ne comprendre rien de plus en
mes jugements que ce qui se présenterait si clairement
et si distinctement à mon esprit, que je n'eusse aucune
occasion de le mettre en doute.
P2. De diviser chacune des
difficultés que j'examinerais, en autant de parcelles qu'il
se pourrait, et qu'il serait requis pour les mieux résoudre.
P3. De conduire par ordre
mes pensées, en commençant par les objets les plus
simples et les plus aisés à connaître, pour
monter peu à peu comme par degrés jusques à
la connaissance des plus composés, et supposant même
de l'ordre entre ceux qui ne se précèdent point naturellement
les uns les autres.
P4. Et le dernier, de faire
partout des dénombrements si entiers et des revues si générales,
que je fusse assuré de ne rien omettre.
VOCABULAIRE
La physique-mathématique,
comme tout domaine de spécialisation, a son vocabulaire
propre. Afin que le lecteur ne soit pas perdu dans la compréhension
de certains textes qu'il pourra lire sur ce site, nous avons
choisi
d'exposer ici les quelques termes, abréviations et définitions
fondamentaux à connaître.
Ainsi, le mathématicien
aime bien terminer ses démonstrations (quand il pense qu'elles
sont justes) par l'abréviation "C.Q.F.D" qui
signifie "Ce
Qu'il Fallait Démontrer" ou encore dans les hautes écoles
par souci d'esthétisme et de traditions certains professeurs
(et mêmes élèves) notent cela en latin "Q.E.D" qui
signifie "Quod Erat Demonstrandum" (cela
en jette...).
Et lors de définitions
(elles sont nombreuses en mathématique et physique...) le scientifique
fait souvent usage des terminologies suivantes :
- ... il suffit
que ...
- ... si et
seulement si ...
- ... nécessaire
et suffisant ...
- ... signifie
que ...
Les quatre ne
sont pas équivalentes (identiques au sens strict). Car "il
suffit que" correspond à une condition suffisante, mais
pas à une condition nécessaire.
SUR
LES SCIENCES
Il est important que nous
définissions rigoureusement les différents types de sciences auxquelles
l'être humain fait souvent référence. Effectivement, il semble qu'au
21ème siècle un abus de langage malsain s'instaure et qu'il
ne devienne plus possible pour la population de distinguer la "qualité
intrinsèque" d'une science d'une autre.
Remarque: Etymologiquement le mot "science" vient
du latin "scienta" (connaissance) dont la racine est
le verbe
"scire" qui veut dire "savoir".
Cet abus de
langage vient probablement du fait que les sciences pures et exactes
perdent leurs illusions d'universalité et d'objectivité, dans le
sens où elles s'auto-corrigent. Ceci ayant pour conséquence que
certaines sciences sont reléguées au second plan et tentent d'en
emprunter les méthodes, les principes et les origines pour créer
une confusion quant à leurs distinctions.
En soi, la science
cependant ne produit pas de vérité absolue. Par principe,
une théorie scientifique est valable tant qu'elle permet
de prédire des résultats mesurables et reproductibles.
Mais les problèmes d'interprétation de ces résultats font partie
de la philosophie naturelle.
Étant donné
la diversité des phénomènes à étudier,
au cours des siècles s'est constitué un nombre
grandissant de disciplines comme la chimie, la biologie, la thermodynamique,
etc. Toutes ces disciplines à priori hétéroclites
ont pour socle commun la physique, pour langage les mathématiques
et comme principe élémentaire la méthode
scientifique.
Ainsi, un petit
rafraîchissement semble nécessaire :
Définitions:
D1. Nous définissons
par "science pure", tout
ensemble de connaissances fondées sur un raisonnement rigoureux
valable quel que soit le facteur (arbitraire) élémentaire choisi
(nous disons alors "indépendant de la réalité
sensible") et restreint au minimum nécessaire. Il n'y
a que la mathématique (appelée souvent "reine des sciences")
qui peut être classifiée dans cette catégorie.
D2. Nous définissons
par "science exacte" ou "science
dure", tout ensemble de connaissances fondées sur l'étude
d'une observation, observation qui aura été transcrite sous forme
symbolique (physique théorique). Principalement, le
but des sciences exactes est non d'expliquer le "pourquoi"
mais le "comment".
Remarque: Les
deux définitions précédentes
sont souvent incluses dans la définition de "sciences
déductives" ou encore de "sciences
phénoménologiques".
D3. Nous définissons
par "science de l'ingénieur",
tout ensemble de connaissances théoriques ou pratiques appliquées
aux besoins de la société humaine tels que : l'électronique,
la chimie, l'informatique, les télécommunications,
la robotique, l'aérospatiale, biotechnologies...
D4. Nous définissons
par "science" tout ensemble
de connaissances fondées sur des études ou observations de faits
dont l'interprétation n'a pas encore été retranscrite
ni vérifiée avec la rigueur mathématique
caractéristique
des sciences qui précèdent, mais qui applique des
raisonnements comparatifs statistiques. Nous incluons dans cette
définition: la médecine (il faut cependant prendre garde au fait
que certaines parties de la médecine étudient des
phénomènes
descriptifs sous forme mathématique tels que les réseaux
de neurones ou autres phénomènes associés à des
causes physiques connues), la sociologie, la psychologie, l'histoire,
la biologie...
Selon le philosophe
Karl Popper, une théorie n'est scientifiquement acceptable
que si, telle qu'elle est présentée, elle peut être
falsifiable, c'est à dire soumise à des tests expérimentaux.
La "connaissance scientifique"
est ainsi par définition l'ensemble des théories
qui ont jusqu'alors résisté à la falsification.
La science est donc par nature soumise en permanence à la
remise en question.
D5. Nous définissons
par "science molle" ou "para-sciences",
tout ensemble de connaissances ou de pratiques qui sont actuellement
fondées sur des faits invérifiables (non reproductibles
scientifiquement) ni par l'expérience, ni par la mathématique.
Nous incluons dans cette définition: l'astrologie, la théologie,
le paranormal (qui est démolie par la science zététique),
la graphologie...
D6. Nous définissons
par "sciences phénoménologiques" ou "sciences
naturelles",
toute science qui n'est pas inclue dans les définitions
précédentes
(histoire, sociologie, psychologie, zoologie, biologie,...)
D7. Le "scientisme"
est la doctrine fondamentale suivant laquelle il n'y a de vérité que
dans la science.
Ce qui est intéressant
dans cette doctrine, c'est que c'est certainement une des seules
qui demande aux gens de devoir réfléchir par eux-mêmes et de comprendre
l'environnement qui les entoure en remettant continuellement tout
en question et sans ne jamais rien accepter comme acquis (...)
TERMINOLOGIE
Le tableau méthodique
que nous avons présrnté plus haut contient
des termes qui peuvent peut-être vous sembler inconnus ou
barbares. C'est la raison pour laquelle il nous semble fondamental
de présenter les définitions de ces derniers, ainsi
que de quelques autres tout aussi importants qui peuvent éviter
des confusions malheureuses.
Définitions:
D1. Au-delà
de son sens négatif, l'idée de "problème"
renvoie à la première étape de la démarche scientifique. Formuler
un problème est ainsi essentiel à sa résolution et permet de comprendre
correctement ce qui fait problème et de voir ce qui doit être résolu.
Le concept de
problème est intimement relié au concept "d'hypothèse"
dont nous allons voir la définition ci-dessous.
D2. Une "hypothèse"
est toujours, dans le cadre d'une théorie déjà constituée ou sous-jacente,
une supposition en attente de confirmation ou d'infirmation qui
tente d'expliquer un groupe de faits ou de prévoir l'apparition
de faits nouveaux.
Ainsi, une hypothèse
peut être à l'origine d'un problème théorique qu'il faudra formellement
résoudre.
D3. Le "postulat"
en physique correspond fréquemment à un principe (voir définition
ci-dessous) dont l'admission est nécessaire pour établir une démonstration
(nous sous-entendons que cela est une proposition non-démontrable).
L'équivalent
mathématique (mais en plus rigoureux) du postulat est "l'axiome"
dont nous verrons la définition plus loin.
D4. Un "principe"
(parent proche du "postulat") est donc une proposition
admise comme base d'un raisonnement ou une règle générale théorique
qui guide la conduite des raisonnements qu'il faudra effectuer.
En physique, il s'agit également d'une loi générale régissant
un ensemble de phénomènes et vérifiée par l'exactitude de ses
conséquences.
Remarque: le mot "principe" est
utilisé avec abus dans
les petites classes ou écoles d'ingénieurs par les professeurs
ne sachant (ce qui est très rare), ou ne voulant (plutôt fréquent),
ou ne pouvant faute de temps (quasi exclusivement), pas démontrer
une relation.
L'équivalent
du postulat ou du principe en mathématiques est "l'axiome"
que nous définissons ainsi :
D5. Un "axiome"
est une vérité ou proposition évidente par elle-même dont
l'admission est nécessaire pour établir une démonstration
Remarques:
R1.
Nous pourrions dire que c'est quelque chose que nous posons
comme une vérité pour le discours que nous nous proposons
de tenir, comme une règle du jeu, et qu’elle n’a
pas forcément par ailleurs une valeur de vérité universelle
dans le monde sensible qui nous entoure)
R2.
Les axiomes doivent toujours êtres indépendants entre eux (on ne
doit pas pouvoir démontrer l'un à partir de l'autre), non contradictoires
(nous disons également parfois
qu'ils doivent être "consistants").
D6. Le "corollaire"
est un terme malheureusement quasi inexistant en physique (à tort
!) et qui est en fait une proposition résultant d'une vérité déjà
démontrée. Nous pouvons également dire qu'un corollaire est une
conséquence nécessaire et évidente d'un théoroème
(ou parfois d'un postulat en ce qui concerne la physique).
D7. Un "lemme"
constitue une proposition déduite d'un ou de plusieurs postulats
ou axiomes et dont la démonstration prépare celle d'un théorème.
Remarque: Le concept
de "lemme" est lui aussi (et c'est
malheureux) quasi réservé aux mathématiques.
D8. Une "conjecture"
constitue une supposition ou opinion fondée sur la vraisemblance
d'un résultat mathématique.
Remarque: Beaucoup
de conjectures jouent un rôle un peu comparable à des lemmes,
car elles sont des passages obligés
pour obtenir d'importants résultats.

D8. Par-delà son sens faible de conjecture, une "théorie" ou "théorème"
est un ensemble articulé autour d'une hypothèse et étayé par un
ensemble de faits ou développements qui lui confèrent un
contenu positif et rendent l'hypothèse bien fondée (ou tout au moins
plausible dans le cas de la physique théorique)
D9.
Une "singularité" est une
indétermination d'un calcul qui intervient par l'apparition d'une
division par le nombre zéro. Ce terme est aussi bien utilisé en
mathématique qu'en physique.
D10.
Une "démonstration" constitue
un ensemble de procédures mathématiques à suivre pour démontrer
le résultat déjà connu ou non d'un théorème.
D11.
Si le mot "paradoxe" signifie
étymologiquement : contraire à l'opinion commune,
ce n'est cependant pas par pur goût de la provocation, mais
bel et bien pour des raisons solides. Le "sophisme"
quant à lui, est un énoncé volontairement provocateur,
une proposition fausse reposant sur un raisonnement apparemment
valide. Ainsi parle-t-on du fameux "paradoxe de Zénon",
alors qu'il ne s'agit que d'un sophisme. Le paradoxe ne se réduit
pas à de la fausseté, mais implique la coexistence
de la vérité et de la fausseté, au point qu'on
ne parvient plus à discriminer le vrai et le faux. Le paradoxe
apparaît alors problème insoluble ou "aporie".
Remarque: Ajoutons que les grands paradoxes, par les interrogations qu’ils
ont suscitées, ont fait progresser la science
et amené des révolutions conceptuelles de grande
ampleur, en mathématique comme en physique théorique
(les paradoxes sur les ensembles et sur l’infini en mathématique,
ceux à la base de la relativité et de la physique
quantique).

SCIENCE
ET FOI
Nous
verrons qu'en science, une théorie est normalement incomplète,
car elle ne peut décrire exhaustivement la complexité
du monde réel. Il en est ainsi de toutes les théories,
comme celle du Big Bang (cf. chapitre d'Astrophysique)
ou de l'évolution des espèces (cf.
chapitre de Dynamique Des Populations ou de Théorie Des
Jeux).
Il convient de distinguer
différents courants scientifiques :
- Le "réalisme"
est une doctrine selon laquelle les théories physiques ont
pour objectif de décrire la réalité telle
qu'elle est en soi, dans ses composantes
inobservables.
-"L'instrumentalisme"
est une doctrine selon les théories sont des outils servant à prédire
des observations mais qui ne décrivent pas la réalité en
soi.
- Le "fictionnalisme"
est le courant selon lequel le contenu référentiel
(principes et postulats) des théories est un leurre, utile
seulement pour assurer l'articulation linguistique des équations
fondamentales.
Même
si aujourd'hui les théories scientifiques ont le soutien de beaucoup
de spécialistes,
les théories alternatives ont des arguments valables et
nous ne pouvons totalement les écarter. Pour autant, la
création
du monde en 7 jours décrite par la Bible ne peut plus être
perçue comme un possible, et bien des croyants reconnaissent
qu'une lecture littérale est peu compatible avec l'état
actuel de nos connaissances et qu'il est plus sage de l'interpréter
comme une parabole. Si la science ne fournit jamais de réponse
définitive, il n'est plus possible de ne pas en tenir
compte.
La foi (qu'elle soit religieuse,
superstitieuse, pseudo-scientifique ou autre) a au contraire pour
objectif de donner des vérités absolues d'une toute
autre nature puisqu'elle relève d'une conviction personnelle
invérifiable. En fait, l'une des fonctions des religions
est de fournir du sens à des phénomènes qui
ne sont pas explicables rationnellement. Les progrès de la
connaissance entraînent donc parfois une remise en cause
des dogmes religieux par la science.
A contrario, sauf à
prétendre imposer sa foi (qui n'est autre qu'une conviction
intimement personnelle et subjective) aux autres, il faut se défier
de la tentation naturelle de qualifier de fait scientifiquement
prouvé les extrapolations des modèles scientifiques
au-delà de leur champ d'application.
Le mot "science"
est comme nous l'avons déjà mentionné plus
haut de plus en plus utilisé pour soutenir qu'il existe des
preuves scientifiques là où il n'y a que croyance
(certaines pages web de ce genre prolifèrent de plus en plus).
Selon ses détracteurs c'est le cas du mouvement de scientologie.
Selon ces derniers, nous devrions plutôt parler de "sciences
occultes".
Les sciences occultes et
sciences traditionnelles existent depuis l'Antiquité, elles
consistent en un ensemble de connaissances et de pratiques mystérieuses
ayant pour but de pénétrer et dominer les secrets
de la nature. Au cours des derniers siècles, elles ont été
progressivement exclues du champ de la science. Le philosophe Karl
Popper s'est longuement interrogé sur la nature de la démarcation
entre science et pseudo-science. Après avoir remarqué
qu'il est possible de trouver des observations pour confirmer à
peu près n'importe quelle théorie, il propose une
méthodologie fondée sur la réfutabilité.
Une théorie doit selon lui, pour mériter le qualificatif
de "scientifique", doit pouvoir garantir l'impossibilité
de certains événements. Elle devient dès lors
réfutable, donc (et alors seulement) apte à intégrer
la science. Il suffirait en effet d'observer un de ces événements
pour invalider la théorie, et orienter par conséquent
sur une amélioration de celle-ci.
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