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DES JEUX ET DE LA DÉCISION | ÉCONOMIE
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Dernière mise-à-jour de ce chapitre:
07.11.2009 20:05
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
THéorie moderne deS PORTEFEUILLES
La théorie du marché des valeurs dite aussi "théorie
moderne du portefeuille" est la théorie mathématique
qui traite du choix, de la gestion et des opérations des échanges
des emprunts, prêts et capitaux . Elle fait très fortement
appel aux modèles statistiques et il est donc important d'avoir
lu et compris le chapitre y relatif sur le site au préalable.
Il faut cependant savoir qu'en pratique, dans les banques, seulement
une infime minorité
des acteurs du marché connaissent, comprennet et appliquent
des modèles
mathématiques et pour les autres ayant obtenus des certifications
ou diplômes de formation continue, le niveau est affligeant.
La gestion financière
n'est donc finalement souvent que l'application du bon sens (quand
il est
présent...)
sur la variation des prix sur les
quantités...
Il faut savoir cependant que beaucoup sont pérsuadés
que tout est écrit quelque part (croyance probablement
assez ancrée dans la culture occidentale), qu'une sorte
de réalité assez
abstraite
existe en dehors de notre monde concret et que si nous étions
assez malins nous pourrions la formaliser mathématiquement
et prévoir les évolutions futures sur le long terme.
Au fait le scientifique sait lui que nous avons affaire dans ce
genre de domaine
à un chaos déterministe du marché et que la
seule manière de gérer
celui-ci est de corriger au jugé avec une vague idée
de ce qui va se passer. En économie les spécialistes
parlent de la "dictature
des marchés", mais c'est reconnaître en un sens
que nous ne savons rien prédire! Évidemment, certains,
dans certains milieux de la complexité, vendenteaux banquiers
et à
d'autres l'idée qu'ils sauront prédire les flucturations
de la Bourse... mais il suffit d'observer le passé pour
voir qu'aucun modèle moderne n'aurait su le prédire.
La seule chose que les mathématiques peuvent faire dans
la gestion financière c'est d'analyser le comportement d'un
actif financier idéalisé dans un cadre qui l'est
lui aussi et c'est déjà pas mal
et force un peu au bon sens... (pour ceux
qui savent faire de maths ce qui est très loin du cas de 99% des
personnes travaillant dans la finance).
Définitions: La "Bourse"
("Stock Exchange") est le
marché public où s'échangent des titres (actions,
obligations, contrats, options, etc.) dont la valeur va fluctuer
relativement à la "valeur fondamentale"
(valeur de base calculée selon des modèles théoriques)
au gré de l'offre et de la demande. Lorsqu'un titre est
beaucoup demandé, son prix monte, et inversement, lorsque
personne n'en veut.
La Bourse est une structure qui permet :
1. Pour les entreprises qui veulent investir (donc augmenter leur
capital) d'obtenir des fonds afin de satisfaire le demande potentielle.
2. De rendre au plus stable l'économie en la rendant la plus dynamique
et fluide possible (mais sous contrôle quand même...)
dans le but qu'elle s'auto-régule.
Le système cité ci-dessus fonctionne si et seultement
s'il est transparent, rationnel, efficient, autorégulant
et équilibré!
Remarque: Nous parlons de "bulle spéculative"
lorsque les prix observés sur un marché boursier
s'écartent
trop de la valeur fondamentale des bien échangés.
Avant de commencer à s'attaquer à la mathématique pure et dure,
il va nous falloir au préalable donner encore une fois un grand
nombre de définitions pour s'habituer au vocabulaire usité par les
analystes et ingénieurs financiers (attention c'est relativement
long...).
porTEFEUILLES
La majorité des transactions boursières concernent le contenu
des
"portefeuilles de titres" (security
portfolio) qui sont l'ensemble des titres qu'un acteur du marché peut
détenir.
Gérer
un portefeuille consiste donc (le plus classiquement) pour un
gestionnaire
à chercher un retour sur investissement maximal pour le
client tout en minimisant les risques.
Les "titres fainanciers" (financial
security) se dérivent
sous la forme d'actions, d'obligations, d'options de devises et
de matières premières tous appelés plus généralement
"produits financiers" ou
encore "actifs financiers"
et dont les définitions (non exhaustives) seront données ci-dessous.
Définitions:
D1. Pour mesurer l'évolution générale d'un
marché boursier, nous utilisons des "indices"
reflétant la moyenne arithmétique (Down Jones Index
par exemple) ou la moyenne pondérée (Swiss Market
Index par exemple) des cours (valeurs) d'un certain nombre de titres
représentatifs. Cela permettant d'en connaître le rendement.
D2. Un "produit dérivé"
est un produit/instrument financier, qui s'achète
et se vend, et qui est toujours bâti sur la base d'un titre
financier. Ce dernier est alors appelé "actif
sous-jacent"
du produit dérivé. Ceux-ci peuvent donc être
des actions, des obligations, des devises, ... et même des
produits dérivés... Le danger avec les produits
dérivés est, à force de les superposer de ne plus
savoir exactement quels sont les sous-jacents.
ACTIONS
Définition: Les "actions" sont
des papiers-valeurs reconnaissant par contrat des droits de
propriétés
sur le capital valeur d'une entité dite "société anonyme".
Ce contrat a un prix et il est échangeable sur le marché.
L'action donne à son propriétaire des droits de différente
nature de types tels que les droits sociaux (droit de vote aux
assembléess
générales, droit d'élection et d'être
élu au conseil d'administration) ou patrimoniaux (droite
de recevoir une part du bénéfice net, sous forme
de "dividende" variable, ou une part du produit de la liquidation
de
la société si elle tombait en faillite, ainsi qu'un
droit préférentiel d'acheter de nouvelles actions
en cas d'augmentation du capital).
Définition: Le "rendement boursier"
est le rapport, exprimé en pourcentage, entre les dividendes
par action distribués par une société et
le cours des actions en circulation de cette société.
L'action n'est pas remboursable!
Remarques:
R1. Nous
différencions les "actions au porteur" négociable
sans restrictions en Bourse et les "actions
nominatives"
dont la valeur doit être négociée avec des restrictions juridiques
plus ou moins complexes car il y figure de nom le nom de l'actionnaire
qui doit être inscrit au registre des actionnaires.
R2. Lorsqu'une société anonyme veut augmenter sont
capital-actions, elle peut émettre des actions supplémentaires.
Les nouvelles actions seront proposées aux actionnaires de
la société à un cours fixe et en proportion
des actions qu'ils détiennent ("droit
de souscription"). Ce qui leur permettra de maintenir
le pourcentage de leur part au capital, ainsi que le poids de leurs
droits de vote.
OBLIGATIONS
Contrairement à l'emprunt individuel (emprunt indivis),
l'emprunt dit "emprunt obligataire"
fait appel à de nombreux prêteurs, appelés "souscripteurs",
qui reçoivent, en échange de sommes prêtées,
des titres appelés "obligations".
Définition: Les "obligations"
sont des papiers-valeurs (titres de créance) établissant
par contrat des droits de créance
(capital prêté) et qui rapportent un intérêt fixe au titulaire
(elles sont remboursables à une échéance prévue par le contrat).
Ce contrat a un prix (dépendant de la date!) et il est échangeable
sur le marché et
le débiteur est obligé de payer le intérêts.
Par ailleurs si l'obligation est "convertible"
elle donne droit au créancier d'obtenir le remboursement
de l'obligation, soit sa conversion en actions, suivant des modalités
fixées d'avance.
Nous distinguons principalement quatre types d'obligations:
T1. "Obligation à taux fixe"
qui est la plus classique des obligations. Elle verse un flux d'intérêt
définitivement
fixé lors de son émission selon une périodicité prédéfinie
jusqu'à son échéance (ce qui est sécurisant).
Ce n'est cependant pas un investissement sans risque comme nous le
verrons dans un exemple simple plus loin.
T2. "Obligation à taux variable"
dont les flux d'intérêt, mais pas le prix de remboursement,
sont indexés sur un taux de référence comme
le taux directeur d'une banque centrale, les résultats d'une entreprise,
ou autre. Le risque associé à ce taux variable est appelé "risque
de taux".
T3. "Obligation indexée"
dont les flux d'intérêt et le prix de remboursement sont indexé
sur un taux de référence qui peuvent être du même type que ceux
précités.
T4. "Obligation zéro-coupon"
qui ne comportent que deux flux financiers :
un flux initial et un flux final, sans aucun paiement intermédiaire.
C'est la moins risquée de toutes les obligations.
Les obligations sont caractérisées
par plusieurs propriétés:
P1. Leur "devise" de base
qui peut fluctueur sur un marché global.
P2. Leur "date d'échéance"
ou "date
de maturité" qui permettra
en fonction de leur date d'émission et du type de calendrier (échéancier)
de connaître la
valeur
actualisée
de l'obligation
à tout moment. P3. Leur "valeur
nominale",
appelé le "pair",
désigne
la valeur servant au calcul des intérêts.
P4. Leur"taux
d'intérêt
nominal" associé à la périodicité (souvent annuelle)
permet de définir
l'intérêt
appelé "coupon" ou "coupon
de dividende" appliqué sur
la valeur nominale d'une obligation qui sera versée au souscripteur à la
date dite "date
de jouissance". Normalement le mode de calcul du taux
d'intérêt doit être communiqué.
P5. Leur "prix
d'émission", "prix
de souscription", ou encore "prix
de remboursement"
(en pourcentage du pair) est le prix réellement
payé par le souscripteur pour devenir propriétaire
d'une obligation. L'émission
des obligations se fait donc au pair si la valeur nominale est égale à la
somme demandée
pour son acquisition. Elle se fait au-dessus du pair si la somme
demandée est supérieure au nominal, la différence
étant appelée "prime d'émission".
P6. Leur "prix
de remboursement"
est la somme réellement versée à l'emprunteur
lors du remboursement de l'obligation à échance. Le remboursement
peut être
prévu au pair ou parfois en-dessus à l'échéance
(in fine), par tranches, ou jamais (obligation perpétuelles).
Remarque: L'investisseurs doit être particulièrement
attentif
à l'indication "subordonné"
sur son papier d'obligation, qui signifie qu'en cas de faillite
du débiteur (assimilé au "risque
de signature"),
le détenteur de l'obligation ne pourra
être remboursé qu'après tous les autres créanciers...
Le risque de signature peut être évité en choisissant des
obligations (très)
sûres comme les obligations d'état ou
de sociétés renommées. Le revers de la médaille est la faiblesse
des taux alors offerts qu'il faut en plus mettre en opposition
à l'inflation (sur un taux de 3% sur dix ans d'une obligation
d'état qui subit une inflation de 2% il reste plus que 1% de rénumération
par exemple).
Exemples:
E1. Considérons
un emprunt obligatoire de 3'000'000.- divisé en 300
obligations de 10'000.- nominal émis en juin 2004 pour
une durée
de 10 ans. Souscription : 99.5% de la valeur au pair. Remboursement
au pair à
l'échéance. Intérêt annuel : 4.5%.
Les valeurs définies
plus haut s'expriment alors ainsi :
La valeur nominale C
de l'obligation est donc de 10'000.-. Le nombre N d'obligations
est de 300. La durée n de l'emprunt est de 10 ans
et le taux t% de 4.5. Le prix d'émission est le
99.5% de 10'000.- soit E=9'950.-. Le remboursement R est
au pair et vaut donc 10'000.- et le coupon à une valeur c
de 450.-.
E2. Soit
une obligation à taux fixe, émise au prix de 1'000.-,
et versant un coupon annuel de 100.-. Le taux servi est donc
de
100/1'000=10%.
Supposons
que les taux du marché passent à 15%. Cela signifie
qu'une nouvelle obligation, qui est émise au prix
de 1'000.-, sert un coupon de 150.- (car 150/1'000=15%).
La nouvelle
obligation est donc plus intéressante que l'ancienne,
et tout le monde va vouloir vendre l'ancienne pour acheter
la nouvelle. C'est pourquoi le prix de l'ancienne
obligation va implictement baisser, jusqu'à ce qu'il corresponde à
une rémunération de 15%, soit ici 666 francs. Alors,
nous aurons bien 100/666=15%.
De même,
si les taux du marché baissent à 5%, cela signifie
qu’une nouvelle obligation, qui est émise au prix
de 1'000.-, sert un coupon de 50.- (car 50/1'000=5%).
La nouvelle
obligation est donc moins intéressante que l'ancienne,
et personne ne voudra l'acheter. C'est pourquoi le
prix de l'ancienne obligation va implicitement monter, jusqu'à ce
qu'il corresponde à une rémunération
de 5%, soit ici 2'000.-. Alors, on aura bien 100/2'000=5%.
Ainsi, le
prix d'une obligation à taux fixe diminue implicitement
lorsque les taux montent, et monte lorsque les taux baissent. C'est
la
raison pour laquelle un placement en obligations n'est pas
sans risques: on peut perdre une partie du capital. En fait, la
seule stratégie sans risque consiste à acheter les
obligations au moment de l'émission, et à les
garder jusqu'à l’échéance.
A tout moment, la valeur
actuelle sur le marchée d'une obligation doit donc être
égal à la valeur des coupons et du remboursement auxquels
elle donnera encore droit. La valeur actuelle étant calculée
au taux du marché obligataire en vigueur pour des obligations
du même type et de même durée.
Ainsi, la valeur actuelle
d'une obligation à taux fixe doit être vue comme un
capital initial dont on retire pendant n
périodes restantes une certaine somme fixe ,
somme correspondant au prix du coupon:
avec C la
valeur nominale de l'obligation et le tout cumulé étant périodiquement soumis à l'intérêt
du taux du marché constant
dans le cadre d'une considération d'un avenir certain.
Ainsi, la valeur actuelle
d'une obligation est dans un premier temps constituée que
de la valeur actuelle des coupons futurs restant pendant n
périodes tel que :
(1)
Cette partie du prix de la
valeur de l'obligation correspond donc à la somme totale
nécessaire tel que l'on peut solder
après avoir retiré n fois (le nombre de périodes
restant) la valeur c à un taux d'intérêt
.
Ensuite, l'obligation est
constituée de la valeur du remboursement R. Bien que
celle-ci soit remboursée à terme, elle peut être
vue comme un capital épargne à un taux correspondant
à celui du marché
tel que :
(2)
La valeur actuelle de l'obligation
concernant le remboursement est alors :
(3)
ce qui correspond au capital
actuel pour obtenir le remboursement R pendant les n
périodes restantes.
Ainsi, le prix total d'une obligation est :
(4)
c'est-à-dire la valeur actuelle des coupons futurs ainsi
que la valeur actuelle du remboursement in fine. Cette relation
à son importance en finance, il convient de s'en souvenir!!
La valeur d'une obligation,
au sens de son cours en Bourse, peut donc différer de sa
valeur nominale fixée à l'émission si les
taux d'intérêts changent sur le marché d'où
l'intérêt de calculer sa valeur actuelle.
Exemple:
Soit à calculer
le prix actuel d'un obligation, ayant des coupons annuels de
450.-, avec un remboursement au pair dans 5 ans de 10'000.-.
La
valeur actuelle pour un taux du
marché compris entre
0% et 100% à la caractéristique suivante :

(5)
Evaluer une obligation revient
donc à trouver ce qu'elle devrait valoir en principe
dans les conditions actuelles du marché, donc son cours
potentiel, par une opération mathématique dite "opération
d'actualisation"
déterminant sa valeur actuelle théorique. Il s'agit
donc comme nous le savons déjà de calcul actuariel..
L'obligataire aura évidemment
pour objectif de chercher le taux du marché qui permet de
faire de son investissement une action rentable. Ainsi, nous définissons
le " taux de rendement actuariel" (TRA) x comme
étant l'intérêt du marché qui permet
de satisfaire les relations suivantes, en fonction de la durée
restante à courir n de l'obligation.
Ainsi, à l'émission
:
(6)
ou à une date quelconque
:
(7)
Le taux de rendement actuariel
d'une obligation est donc le taux x qui annule la différence
entre la valeur du prix d'émission E et la valeur
actuelle des flux futurs qu'elle génère. Ce taux
est calculé au jour du règlement et figure obligatoirement
dans les brochures d'émission. Pour l'acheteur de l'obligation,
le taux actuariel représente le taux de rentabilité
qu'il obtiendrait en gardant l'obligation jusqu'à son remboursement
et en réinvestissant les intérêts au même
taux actuariel.
Voyons quelques autres définitions utiles relatifs aux obligations
:
Définitions:
D1. Le "coupon échu" (C.E.) d'une
obligation est payé à son propriétaire sous déduction de d'impôts
anticipés. Ainsi, le calcul du coupon net annuel d'obligations à X.-
(valeur monétaire) à rendement de est
trivialement donné par :
(8)
D2. "L'intérêt couru" (I.C.) est
le montant de l'intérêt qui s'est accumulé depuis
la dernière
date de paiement de l'intérêt, mais qui n'est pas
encore dû. Il est gagné par une obligation depuis sa dernière échéance
et est déterminé lors d'une vente ou d'un inventaire. Son calcul
est trivialement donné par :
(9)
où est
bien évidemment le nombre de jours compris entre la date
de la dernière échéance et la date de jouissance
(l'année commerciale étant définie comme ayant 360 jours).
Remarque: Donc pour obtenir la valeur effective d'une obligation,
nous ajoutons à sa valeur cotée l'intérêt couru depuis la dernière
échéance.
D3. Par extensions, si nous cherchons à calculer la valeur nette
de X coupons à Y% dont
la valeur nominale vaut Z avec un impôt anticipé de IA%
, nous calculons le "coupon
annuel net à l'échéance" (C.P.A.E.) par
la relation triviale :
(10)
Contrairement au calcul de l'intérêt couru , le calcul du dividende
couru est impossible. Le cours de l'action est toutefois influencé par
la date plus ou moins proche du paiement du dividende.
BONS DE SOUSCRIPTION
Définition: Un "bon de souscription",
également appelé "option
de souscription" ou "stock-option",
est un titre financier permettant (donc il n'y a pas obligation!)
de souscrire pendant une période donnée, dans une
proportion et à un prix fixé à l'avance (souvent
une moyenne des cours de la bourse avant l'émission des
bons),
à un autre titre financier sous-jacente (action, obligation,
voire un autre bon...).
Le bon permet donc d'être intéressé à
la hausse ou à la baisse d'une action sans avoir à
y consacrer le même montant de capitaux qu'en achetant directement
des actions. Ainsi, lors de l'acquisition, si le titre sous-jacent
à une valeur plus élevée que sur le bon de
souscription, l'acquéreur fera un bénéfice
qui est appelé "plus-value d'acquisition".
Ensuite, l'acquéreur qui possède maintenant les titres
sous-jacents peut très bien vendre ceux-ci lorsque le prix
est plus élevé que lorsqu'il en a fait l'acquisition
et cela engendre alors un (pseudo) second bénéfice
appelé "plus-value de cession".
Un bon de souscription peut être donc attaché à
l'émission d'une action ou d'une obligation. Alors, selon
les cas, nous parlons "d'actions à
bons de souscription d'actions" (ABSA) ou "d'obligations
à bons de souscription d'actions" (OBSA) mais
également "d'obligations à
bons de souscription d'obligations" (OBSO) ou "d'actions
à bons de souscription d'obligations" (ABSO).
Dès l'émission de ces valeurs composées, le
tout se scinde en parties : les actions ou les obligations redeviennent
des titres classiques et les bons acquièrent une vie propre.
Ils sont cotés séparément après l'émission.
Les "plans de souscription",
plus connus sous le nom de "plan de stock-options",
sont des paquets d'émission de bons de souscription (nominatifs)
destinés aux employés méritant méritant
d'une entreprise et visent très souvent à renforcer
l'association au développement entre cette même entreprise
et ses salariés. Ainsi, ces derniers lors de l'acquisition
des titres seront des actionnaires à part entière,
recevant des dividendes et pouvant participer aux assemblées
des actionnaires. Ce qui est censé accroître la motivation
de l'employé (...).
Par ailleurs, les stock-options (données par l'entreprise),
sont des actifs financiers sans risques puisqu'il n'y a aucune obligation
des les appliquer et qu'ils ont été offerts... Précisons
aussi que bon nombre d'entreprises annulent les bons de souscription
des employés qui les quittent...
Exemple:
Le bon de la société X permet de souscrire à
une action de cette société au prix de 500.- jusqu'au
30 avril 2004. Si l'action X dépasse le niveau de 525.-,
le bon qui permet de se procurer une action à un coût
inférieur au cours de Bourse se révèle un placement
gagnant. Si l'action X vaut par exemple 1'000.- en avril 2004, le
bon vaudra 475.- (1'000.- moins le prix d'exercice de 525.-).
Remarque: Le développement de la liquidité sur les
marchés d'actions et d'obligations a incité les établissements
financiers à émettre des bons de souscription permettant
de faire l'acquisition de titres financiers existants indépendamment
des opérations financières de la société
concernée. Sauf exception, ceux-ci ne concernent que les
investisseurs entre eux et ne permettent donc pas le financement
de l'entreprise. Ces bons (également cotés) sont
fréquemment
appelés "warrants"
ou, plus précisément "covered
warrants" (warrants couverts) car, dès l'émission,
l'établissement financier se couvre en rachetant des titres
sur le marché.
D'un point de vue conceptuel, un bon est assimilable à une
option d'achat (Call) vendue par une société sur des
actions à émettre ou existantes (voir plus loin la
définition détailée de ce qu'est une option).
Le prix d'exercice de cette option est le prix auquel le détenteur
du bon peut acheter le titre financier correspondant et l'échéance
de l'option est celle du bon.
Cependant, l'évaluation d'un bon présente quelques
particularités par rapport à une option :
- Un bon a généralement une durée de vie longue
(2 à 4 ans) et rend difficilement acceptable l'hypothèse
de constance des taux d'intérêt utilisée par
le modèle de Black & Scholes (voir la démonstration
de ce modèle plus loin).
- Toute opération de l'entreprise émettrice qui modifie
la valeur du titre sous-jacente affecte la valeur du bon. Effectivement,
les entreprises ont le droit de réserve légal d'émettre
un nouveau contrat pour les bons de souscription et d'en changer
la valeur et la période de temps de validité!
- Si le titre sous-jacent est une une obligation, son prix évoluant
dans le temps et sachant que plus une obligation se rapproche de
son échéance, plus sa valeur tend vers son prix de
remboursement. Sa volatilité se réduit progressivement
ce qui rend inapplicable le modèle de Black et Scholes qui
postule la constance de la volatilité dans le temps!
Les opérateurs utilisent alors des modèles dérivés
de Black & Scholes pour remédier à ces lacunes
et évaluer le prix des bons de souscription.
CONTRATS À TERME
Ce type de contrat est symétrique, c'est-à-dire
que chaque contrepartie a autant de chance de gagner ou de perdre
de l'argent.
Définition: Un "contrat à terme"
ou "forward" est un contrat d'achat ou de ventre d'un produit financier,
passé
entre deux contreparties,
dont toutes les caractéristiques sont fixées à l'avance
: date de réglement, prix à terme, etc. Le prix conclu
est appelé "cours
à terme", et l'échange se fera à ce
prix quelque soit le cours du marché à la date de
livraison.
Deux types d'exécution peuvent se produire :
- Les "physical settlement" : le sous-jacent est effectivement
échangé (ce qui est rare)
- Les "cash settlement" : si le cours du sous-jacent est en dessous
du prix fixé, l'acheteur (du contrat à terme) se fournit sur le
marché et vers la différence au vendeur et inversement.
L'intérêt des contrats à terme pour les intervenants est de figer
des cours dans le futur : il s'agit dans ce
cas d'une opération de
couverture.
Exemple: Un
industriel suisse sait qu'il doit
recevoir en dollars une forte somme d'argent dans
six mois. Pour se couvrir contre une baisse du dollar, il achète
un
contrat à terme, d'échéance
6 mois sur le dollar, en francs suisse. Notons que cette opération
de couverture du risque de change peut lui être défavorable
si dans six mois, le contrat cête moins que le taux
de change.
OPTIONS
Les options sont des "actifs conditionnels"
("contingent claim") une
forme particulière d'un titre (contrat), donnant à son
détenteur
le droit, et non l'obligation d'acheter ou de vendre une certaine
quantité
d'un actif financier (action ou obligation), à ou jusqu'à une date
(échéance ou maturité) et à un
prix fixé d'avance.
Remarque: Nous reviendrons plus loin plus très en détail
sur les options qui sont des produits dérivés importants.
Définition: Une "option"
est un produit dérivé qui donne le droit, et non
l'obligation, d'acheter ("option d'achat",
appelée aussi "Call")
ou de vendre ("option de vente",
appelée aussi "Put")
une quantité donnée d'un actif sous-jacent (action,
obligation, indice boursier, devise, matière première,
autre produit dérivé, etc.) à un prix
fixé
d'avance appelé "strike" et
durant (jusqu'à)
un certain temps appelé
"échéance" ou
"maturité" en échange
d'une "prime" dépendante
de la valeur intrinsèque à la maturité de l'option appelée "flux"
ou "payoff terminal".
Voici un schéma récapitulatif :
|
Call |
|
Put |
|
Acheteur d'un Call
(long Call) |
Vendeur d'un Call
(short Call) |
|
Acheteur d'un Put
(long Put) |
Vendeur d'un Put
(short Put) |
|
A le droit, mais non l'obligation, d'acheter la valeur sous-jacente
au prix fixé d'avance jusqu'à la date d'échéance |
A l'obligation de vendre la valeur sous-jacente au prix fixé
d'avance si le Call est exercé |
|
A le droit, mais non l'obligation, de vendre la valeur sous-jacente
au prix fixé d'avance jusqu'à la date d’échéance |
A l'obligation d'acheter la valeur sous-jacente au prix fixé
d'avance si le Put est exercé |
(11)
Il y a donc une différence
mathématique d'une énorme importance entre les options
et les actions/obligations. Effectivement, ces premières
ayant une date d'exercice fixée, leur dynamique de prix peut
être statistiquement prédictible et ceci d'autant mieux
lorsque nous sommes proche de leur d'achat ou de leur date d'exercice.
Leur volatitlité est souvent maximale entre deux et ceci
n'est pas applicable pour les actions/obligations car on sait jamais
au niveau stratégique quand elles seront vendues ou respectivement
achetées.
Remarques:
R1. L'utilité de l'existence des options peut être
vue comme des actifs financiers permettant de croître la
volatilité
(écart-type ou "loss/gain
deviation")
du marché
et ainsi son équilibre.
R2. Pour des raisons évidentes, le détenteur
ou acheteur d'un contrat d'option est dit être
en position longue alors que sa contrepartie, l'emetteur
ou vendeur du contrat, est en position courte.
R3. Si l'option peut être exercée à n'importe quel instant précédant
l'échéance, nous parlons "d'option
américaine",
si l'option ne peut être exercée qu'à l'échéance, nous parlons "d'option
européenne". Une option non exercée est considérée
comme
"abandonnée" (perdue).
R4. Parallèlement aux options classiques, apparaissent
depuis les années 1990, sur les marchés des options
dites "options exotiques"
caractérisées par le nom du lieu où elles
ont
été créées et la manière de
calculer leur prix d'exercice à l'échéance.
Formalisons un peu plus les choses quand même... mais sans
aller trop dans les détails (nous nous les gardons pour l'étude
du modèle de Black & Sholes plus loin). Considérons
pour simplifier que des options portant sur un seul sous-jacent,
qui est une action ordinaire ne versant pas de dividendes.
Nous noterons le
prix (cours) de l'action sous-jacente de l'option au temps t et
de maturité T et
ferons abstraction des différents Puts et Calls continentaux
(américains et européens).
Imaginons donc un Call, qui donne à son détenteur
le droit (mais non l'obligation) d'acheter l'actif sous-jacent à tout
moment entre aujourd'hui
et
au prix d'exercice K fixé à l'avance.
A tout temps, deux cas se
produisent pour l'acheteur du Call :
1.
: dans ce cas, le Call donne le droit d'acheter au prix K le
sous-jacent que nous pourrions acheter moins cher sur le marché.
Ce droit n'a donc aucun intérêt si nous ne somme
pas
à l'échéance, et nous ne l'exerçons
donc pas. Cependant, si nous sommes à l'échéance
il faut voir... il y a une part de risque quand à l'évolution
ultérieure de .
2.
: le call permet d'acheter l'action moins cher que sur le marché.
Nous exercerons donc très probablement le droit (le profit
étant la différence entre ses deux prix).
Du point de vue de la contrepartie
(vendeur du Call), dans le cas (1) elle ne verse rien à l'acheteur,
et tout est oublié (le contrat expire; tout lien contractuel
entre les deux parties disparaît). Dans le cas (2), le
vendeur est assigné, il doit vendre à sa contrepartie
l'action aux prix K.
S'il ne détient pas cette action, il doit d'abord l'acheter
sur le marché plus cher (au prix ).
Ainsi, dans le premier cas,
l'acheteur et le vendeur ne reçoivent ni ne doivent rien.
Dans le deuxième cas, tout se passe comme si l'acheteur
de Call achetait l'action sur le marché et recevait au
même
moment la somme
(pour le vendeur c'est bien évidemment l'inverse).
Voyons un exemple maintenant
du point de vue de l'investissement (la prise de risque
est flagrante
dans cet exemple) :
Exemple:
Imaginons le cas d'une action
valant actuellement 1000.- (peu importe la devise) et qu'elle soit
supposée augmenter de 12% en une année.
Imaginons aussi que notre
investisseur à l'alternative d'acheter l'action à 1000.- ou d'acheter
l'option Call à un prix d'exercice d'une action de 1000.- (donc
supposé
égal au prix de l'action, ce qui n'est pas nécessairement
toujours le cas) pour une prime de 40.- (nous verrons plus tard
comment calculer les primes). Evidemment, l'investisseur peut pour
1000.- acheter 25 options Call plutôt qu'une seule action.
La question est de trouver
l'investissement le plus intéressant : Ainsi,
une augmentation de 120.- dans le cas de l'achat d'une action représente
un retour sur investissement de 12% par année, alors que l'achat
d'une option Call aura un retour sur investissement de 80.- (120.-
de gains sur le prix de vente moins 40.- de la prime payée) soit
de 200%.
Il apparaît clairement dans cet exemple que la rentabilité d'achat
d'un Call à même investissement est nettement supérieure à l'achat
de l'action tant que la prime d'option ne dépasse un certain seuil.
Maintenat abordons de manière détailée et
par l'exemple un autre concept que nous avons déjà
implicitement présenté dans les paragraphes précédents
et qui nécessite toute notre attention car il en est souvent
fait mention par les analystes. Il s'agit de "l'effet
de levier" des options.
Lorsque nous évoquons les options, nous ne retenons souvent que
le droit d'acheter ou de vendre un bien ou un instrument financier
(à un prix fixé d'avance et durant un certain temps), en négligeant
l'obligation correspondante du vendeur de l'option. Or, l'effet
de levier qui caractérise ces instruments financiers peut rendre
cette obligation dévastatrice pour le vendeur.
Pour voir de quoi il s'agit commençons par le risque des
Call.
Exemple:
L'acheteur d'un Call sur une action (par exemple) limite son risque
à la prime de l'option pour un gain potentiel illimité. Le vendeur
du Call se trouve dans la position exactement inverse: il encaisse
la prime de l'option, mais prend un risque illimité.
Prenons une action X cotée 350.- à la mi-octobre. Un investisseur
parie sur la hausse du titre et achète 12.50.- (la "prime")
une option Call à échéance janvier de l'année suivant aux prix d'exercice
de 380.-. Une présentation graphique permet de mettre aisément en
relation l'évolution du titre (en abscisse) et son effet sur l'acheteur
ou vendeur du Call.
Considérons le cas de l'acheteur du Call :
Tant que le cours de l'action reste en dessous de 380.- ("valeur
de levier"), prix d'exercice, l'acheteur du Call n'aura
aucun intérêt à exercer sont option, qui est dite "out-of-the-money".
Par contre, si le cours de l'action progresse et dépasse le prix
d'exercice, l'option est dite alors "in-the-money"
et il devient intéressant d'exercer l'option. Lorsque le prix d'exercice
de l'option est égale au prix du sous-jacent en bourse, nous disons
que l'option est "at-the-money".
Dès que le cours de l'action dépasse 392.50, soit l'addition du
prix d'exercice et de la prime de l'option à la mi-octobre (380+12.50.-),
le détenteur du Call commence à gagner de l'argent sur son investissement
initial. Si le cours du titre monte tout à coup à 500.-, soit une
augmentation d'un peu plus de 40%, le gain sera beaucoup plus que
proportionnel: pour 12.50.- investis, l'acheteur réalisera un bénéfice
de 107.50.- soit un gain de 860%: c'est "l'effet
de Levier".

(12)
Considérons maintenant le cas du vendeur du Call :
Tant que l'action reste en dessous de 380.- ("valeur
de levier"), le vendeur du Call fait un bénéfice de
12.50.-, représentant la prime de l'option. A partir de 380.-, le
vendeur risque d'être obligé de livrer l'action au prix d'exercice,
soit 380.-. A partir de 392.50.-, il commence à perdre de l'argent
sur l'opération, puisque l'action qu'il devra sans aucun doute livrer
vaudra plus cher que l'addition du prix d'exercice et de la prime
encaissée. Si pour son malheur le titre monte effectivement à 500.à
et qu'il ne le possède pas, il lui faudra aller le racheter en Bourse
pour honorer la demande d'exercice du détenteur du Call, en perdant
107.50.- sur l'opération, soit plus de huit fois la prime encaissée
au départ.

(13)
Mainteant intéressons nous au risque des Put.
Exemple:
L'acheteur d'un Put limite son risque au coût de la prime de l'option
pour un gain potentiel beaucoup plus important. En face de lui,
le vendeur du Put se trouve dans la position exactement inverse
: il encaisse la prime de l'option mais prend un risque beaucoup
plus grand. Si nous prenons la même action X cotée à 350.-
à la mi-octobre, nous nous trouvons cette fois avec un investisseur
qui parie sur la baisse du cours de l'action. Il achète donc pour
49.50.- (la "prime") un Put d'échéance décembre au prix
d'exercice de 390.-.
Considérons le cas de l'acheteur du Put :
L'acheteur du Put commence à réaliser un profit si le prix de
l'action tombe en dessous de 340.50.-, soit le prix d'exercice mois
le prix de l'option (390-49.50.-). Entre 340.50.- et 390.- l'exercice
n'est pas profitable mais permet de diminuer la perte. Au-dessus
du prix at-the-money (390.-) l'exercice du Put n'offre vraiment
plus aucun intérêt et nous disons alors que l'option Put est out-of-the
money.

(14)
Considérons le cas du vendeur du Put :
Le vendeur du Put encaisse d'abord la prime de l'option soit 49.50.
Tant que le cours se maintient au-dessous de 390. il est gagnant.
Si le cours de l'option se situe entre 340.50.- et 390.- il perd
un peu de sa prime mais reste gagnant. En-dessous de 340.50 le vendeur
du Put sera obligé au moment de l'échéance de verser 390.- à l'acheteur
du Put (en vendant le sous-jacent et en versant la différence d'une
manière ou d'une autre). Bien évidemment si le prix du sous-jacent
tombe à zéro, le vendeur du Put peut ainsi perdre jusqu'à 340.50.-
de fonds propres.

(15)
FONDS
DE PLACEMENTS
Définition: Un "fond
de placement" est un véhicule d'investissement
(portefeuille de titres, d'actions ou d'obligations par exemple)
que les
établissements financiers proposent à leurs clients.
Remarque: Un "hedge fund" ou "fond
couvert" est un ensemble
de produits financiers utilisées comme couverture contre
les fluctuations du
marché. En théorie, si la Bourse chute, le hedge
fund ne descend pas et a une performance absolue Ces types de fonds
alternatifs sont
cependant réservés à une clientièle
fortunée et avertie.
Bien qu'un fond de placement
réunisse divers actifs financiers,
les clients peuvent acheter les parts émises à une
faible valeur par rapport à l'achat d'actifs individuels.
Chaque part contient théoriquement une proportion de chacun
des actifs se trouvant dans le fonds de placement. Elles garantissent
un droit de participation à la fortune globale du fonds sans toutefois
donner de droit sur les sociétés inclues dans le fonds.
Un fond de placement peut
investir les montants de diverses manières dont les plus communément
pratiquées sont les papiers-valeurs (actions, obligations), papiers
monétaires, valeurs immobilières, régions (pays, continents),
secteurs d'activité ou encore selon des objectifs
personnels. Il existe en ce début de 21ème siècle à peu
près 30'000 fonds de placements à travers le monde.
Les fonds de placement rendent
souvent service aux petits portefeuilles : avec des montants
relativements modestes, il est possible de bénéficier
d'une bonne répartition des risques et aussi à des prix
de gros accordés sur les transactions effectuées par les gestionnaires
de fonds.
Retours et taux d'investissements
Pour définir l'objectif poursuivi par le possesseur d'actifs financiers,
nous nous référerons à la motivation économique de tout acte d'investir.
Celle-ci consiste concrètement à consentir présentement à une dépense,
en vue d'un accroissement de patrimoine espéré dans le futur.
De deux ou plusieurs stratégies d'investissements, la meilleure
au niveau individuel est celle qui maximise la capital final de
l'investisseur.
Il existe alors différents types de retour sur investissements
suivant l'objet d'étude. Ainsi, nous différencions
en finance (avant d'en voir les détails) :
1. Les retours d'actifs financiers sur une horizon économique
(return on investment) et leur taux de rendement respectifs (rate
of return).
2. Les retours sur des investissements en comparaison à
un taux géométrique moyen du marché (goodwill)
et la limite du taux de rentabilité correspondante (internal
rate of return).
Ensuite, il faut considérer d'autres approches de taux de
rentabilité outre le deux mentionnés ci-dessus les
deux autres grands classique sont (avant d'en voir les détails):
1. Le taux de retour pondéré par les capitaux investis (M.W.R.R.)
qui a l'avantage par rapport au taux de rendement interne du Goodwill
de prendre en compte les investissements faits en dehors des périodes
temporelles classiques.
2. Le taux de retour pondéré dans le temps (T.W.R.R.) qui est un
outil pratique pour mesurer la performance des gestionnaires de
fonds car il ne prend pas en compte les flux (retraits ou investissements)
des investisseurs qui sont incontrôlables.
Voyons donc un peu tout cela :
return on investment
En pratique, nous définirons
l'objectif de l'investisseur comme consistant à maximiser l'accroissement
de sa fortune initiale, quelles que soient les modalités de
cet accroissement. Cet accroissement appelé donc "return
on investment" (R.O.I.) ou, plus brièvement, "return" est
défini
par la relation (logique) dans le cadre de la gestion d'actifs
par :
(16)
où est
donc le return de l'actif financier pour la période (se terminant
au temps) t, le
prix du marché au temps t de l'actif financier et le
revenu liquide attaché à la détention de l'actif financier durant
la période (se terminant au temps) t.
Le revenu
est supposé perçu au temps t,
ou, s'il est perçu entre
et t,
il est supposé ne pas être ré-investi avant le temps t.
Le prix de marché au temps
est une valeur "ex-coupon" c'est-à-dire une valeur enregistrée
immédiatement après (le détachement du coupon donnant à) la perception,
au temps ,
du revenu liquide afférant à la période .
Sur le plan empirique, l'hypothèse de non réinvestissement jusqu'à
la période élémentaire de temps utilisée est courte (un mois maximum),
afin d'éviter des distorsions statistiques trop importantes dans
le traitement des données chronologiques.
Pour faciliter les comparaisons
entres investissements, nous utilisons une mesure exprimée en
termes relatifs le "taux de rentabilité" ou "rate
of return"
défini assez logiquement par :
(17)
où
est le taux de rentabilité pour la période t.
Nous reviendrons lors de notre étude du modèle mathématique
d'évaluation des actifs financiers sur ces outils.
INTERNal
rate of return
La mise en oeuvre d'un capital
financier pour permettre la réalisation d'opérations d'économie
réelle (c'est-à-dire le fait de consacrer, directement ou indirectement,
ce capital financier à l'acquisition ou à la constitution
de moyens de production, au sens le plus large de ce terme)
peut donc produire
à travers le temps des retours d'argent sous la forme de flux nets
liquidités appelés "flux net
de trésorerie" (F.N.T.) ou encore "cash
flows" (C.F.) (cela
fait toujours mieux en anglais....).
Le calcul actuariel permet
de construire formellement un critère de décision.
En effet, nous définissons (logiquement mais sans toutefois
étant complétement réaliste) la prise de risque par le "Goodwill"
comme étant
donné
par la relation :
(18)
Explications :
Le deuxième terme à droite de l'égalité nous est déjà
connu (nous l'avons vu lors de notre étude du calcul actuariel)
mais sous la forme :
(19)
Dans un contexte de certitude de l'avenir (...) il nous donne donc
l'investissement initial à effectuer à un pourcentage donné constant
(...) pour avoir un retour sur investissement (cash flow)
à un taux d'intérêt périodique moyen géométrique
t% (taux du marché) avec T étant l'horizon
de l'opération (nombre de périodes),
étant la dépense initiale d'investissement.
En d'autres termes,
le Goodwill
de
l'opération
représente les flux excédentaires actuels obtenus
après avoir remboursé la somme intiale investie
au cours de sur sa durée d'utilisation et après
avoir rémunéré le capital encore investi
au début
de chaque période au taux d'actualisation.
Si :
(20)
A la formulation du critère
de décision telle qu'elle vient d'être présentée, nombreux sont
ceux, notamment les praticiens, qui préfèrent la méthode dite
du "taux interne de rentabilité" (TRI) ou
"internal rate of return" (I.R.R.).
Celle-ci n'est en apparence qu'une variante
de la première
formulation. Elle consiste à calculer un taux généralement symbolisé
par la lettre grecque ,
qui annule la valeur du Goodwill (il s'agit donc de déterminer
le taux de rentabilité tel que la somme des flux nets
de trésorerie soit égale au montant du capital
investi) :
(21)
Si :

Nous voyons que le taux
interne de rentabilité intervient dans le processus de décision
de manière
à première vue équivalente à celle dont il est utilisé dans le
calcul d'une valeur actuelle nette. En outre, l'expression du
résultat
du calcul est indéniablement plus parlante que le montant absolu
(Goodwill) obtenu dans la première formulation. Nous inclinerions
donc à adopter la seconde formulation si celle-ci ne présentait,
à l'examen approfondi, l'inconvénient majeur que le calcul du taux
interne de rentabilité comporte dans certains cas plusieurs solutions.
La relation est en effet une équation polynômiale dont nous avons
démontré, dans le chapitre d'Algèbre, qu'elle a autant de racines
que le polynôme
présente de changements de signe.
MONEY
WEIGHTED RATE OF RETURN
Nous allons maintenant introduire un type de taux interne de rentabilité
différent de celui du lié au Goodwill et qui s'applique
mieux à la gestion de portefeuilles que le taux interne de
rentabilité vu plus haut (qui rappelons-le se base sur l'hypothèses
que les cash-flow sont déboursés à intervalles
périodiques).
Considérons un
fond F et les informations
suivantes :
1. La valeur du fond juste
avant le temps 0
2. La valeur du fond juste
après le temps 1
3. Une
valeur monétaire
totale nette investie
durant la période [0,1] payée (pour simplifier l'exemple)
en deux moitiés
en début
et fin de période
Les données qui vont nous intéresser
sont les suivantes :
1. La valeur qui
représente la valeur totale du fond et d'une partie de l'investissement
au moment 0.
2. La valeur qui
représente le capital qu'il aurait fallu rassembler pour arriver
en fin de période à la valeur N/2 lorsque le taux
du marché est à un taux t%.
3. La valeur qui
représente le capital qu'il aurait fallu rassembler pour arriver
en fin de période à lorsque
le taux du marché vaut aussi t%.
La différence :
(22)
donne le valeur qu'il aurait fallu capitaliser
pour obtenir la somme en
d'autres termes la valeur finale du fond en fin de période investissement
initial compris.
Ce qui est trivialement
intéressant pour un
investisseur est alors de connaître le taux tel
que :
(23)
soit :
(24)
relation qui est
appelée "relation
de Hardy".
Si cette relation
se vérifie pour un connus
et déterminés et supposé un
investisseur n'aura rien à gagner ni à perdre à investir dans le
fond ou de capitaliser au taux du marché .
Si l'équation de Hardy n'est pas non nulle mais
positive alors l'investissement dans le fond n'est pas intéressant.
Si elle est négative il vaut alors mieux investir dans le fond.
De l'algèbre élémentaire nous amène à la
relation :
(25)
avec .
Effectivement :
(26)
Le taux est
souvent nommé en gestion de fortune le "Money
Weighted Rate of Return " (M.W.R.R.). ou "Taux
de Retour Pondéré par les Capitaux Investis" (T.R.P.C.I.).
Exemple:
Un fond a eu les revenus suivants pendant l'année 2006 :
- Valeur au 1er Janvier 2006 : 30 MFr.-
-
Investissement sur le fond pendant l'année : 18 MFr.-
- Retraits sur
le fond : 30 MFr.-
-
Valeur du fond au 31 décembre 2006 : 21 MFr.-
Quel est le taux
effectif (M.W.R.R.) de ce fond en 2006 ?
Nous
avons alors comme données initiales ce
qui donne si nous assumons les hypothèses de départ concernant N :
(27)
et alors :
(28)
Considérons maintenant que nous savons que les investissements
ont eu lieu le 16 Mai (3/8ème de l'année) et les retraits 1 Octobre
(9ème mois).
Le M.W.R.R. est alors
le taux du cash flow :
(29)
Nous devons alors trouver t% tel que :
(30)
La
résolution de
cette équation avec Maple donne 
Nous
voyons qu'en considérant les cash-flows et le moment où ils ont
lieu (donc une analyse plus fine et rigoureuse) nous réduisons
le M.W.R.R. Par ailleurs, le dernier calcul étant plus rigoureux
que le premier c'est celui que l'investisseur voudra connaître
en fin d'année.
Ce
taux est donc une mesure effective du taux d'accroissement du
fond, donnant
l'impact du poids des cash-flows sur la valeur du fond. Il s'agit
aussi au fait d'une simple généralisation du IRR (Internal Rate
of Return).
TIME
WEIGHTED RATE OF RETURN
Nous allons maintenant nous intéresser à un autre outil financier
de la gestion de portefeuilles utilisé également pour
juger du rendement d'un investissement.
Considérons
un fond tel que :
| |
Décembre
31. 2000 |
T1
2001 |
T2
2001 |
T3
2001 |
T4
2001 |
| Valeur
de début du fond |
|
1000 |
370 |
81 |
7.8 |
| Gain ou
(perte) pour le trimestre % |
|
10% |
3% |
(4%) |
6% |
| Gain
ou (perte) pour le trimestre .- |
|
100 |
11 |
(3.2) |
0.5 |
| Cash
flows trimestriels entrées/(sorties) |
|
(730) |
(300) |
(70) |
0 |
| Valeur
du fond |
1000 |
370 |
81 |
7.8 |
8.3 |
(31)
Le
31 décembre 2000, le fond à une valeur de 1000.-. Durant le premier
trimestre 2001 il a un retour de 10% mais nous imaginons que
cette valeur est loin de ce qui était attendu alors l'investisseur
retire 730.- du fond (portefeuille basé sur le fond). Lors du
second trimestre, le fond a gagné 3% et 300.- supplémentaires
ont été retirés par l'investisseur. Lors du troisième trimestre
le fond a perdu 4% et 70.- on été retirés. Le dernier trimestre,
le fond a gagné 6% et aucun fond n'a été retiré.
Nous
avons alors l'accroissement (retour) global sur l'ensemble de
la période (année) qui est donnée par :
(32)
Nous
voyons bien que cette valeur est indépendante des flux monétaires
du portefeuille de l'investisseur. Nous
appelons la valeur de 15.3% le "Time
Weighted Rate of Return" (T.W.R.R) ou "Taux
de Retour Pondéré dans le Temps" (T.R.P.T.).
Ce
cas particulier peut être noté de manière générale par la relation
:
(33)
Il convient de se rappeler que si nous avions voulu calculer
calculer la moyenne du rendement du fond par trimestre nous aurions
simplement utilisé la moyenne géométrique
(cf.
chapitre de Statistiques)!
Le T.W.R.R. est un outil pratique pour mesurer la performance
des gestionnaires de fonds car il ne prend pas en compte les flux
(retraits ou investissements) des investisseurs qui sont incontrôlables.
Ainsi, nous avons une mesure de la qualité de la dynamique des fonds
indépendante du choix des investisseurs qui pourraint considérer
les retraits ou investissements comme des cash flow qui serviraient
à calculer un I.R.R. qui n'aurait plus ou moins aucune signification
par rapport à la dynamique du fond
MODÈLE spéculatif DE BACHELIER
Après ces nombreuses
définitions, le but maintenant est d'introduire les techniques
mathématiques spéculatives stochastiques utilisées
en finance. En effet, la finance étant devenue au fil
du temps un domaine de plus en plus concurrentiel, les marges
sur les
produits standards ont tendances à se réduire, la
prime est donc donnée à l'innovation. Cette évolution
a conduit à une sophistication croissante des produits
financiers, faisant ainsi appel à des notions mathématiques
poussées,
basées principalement sur des modèles de probabilités,
introduits par Louis Bachelier dans sa "Théorie de
la spéculation" mais réellement utilisés
que depuis 1973 grâce aux différents travaux de
Black &
Scholes, et Merton. Ces travaux d'évaluation d'options ont
valu à leurs auteurs le dernier Prix Nobel d'économie.
Avant d'étudier ce dernier modèles, regardons quels
sont les développements proposés par Louis Bachelier
dans sa thèse en 1900 pour déterminer l'espérance
mathématique prévisionnelle d'un actif financier (résultat
que nous utiliserons dans le cadre de l'étude du modèle
d'évaluation de Black & Scholes).
Désignons pour cela
par
la probabilité que le cours d'un actif soit x. Dès
lors, la probabilité que le cours se trouve compris dans
l'intervalle élémentaire x, x + dx est .
En vertu du quatrième
axiome des probabilités (voir chapitre du même nom),
la probabilité cherchée sera égale au produit
de la probabilité pour le cours x soit
coté dans un intervalle donné à l'époque
,
c'est-à-dire ,
multipliée par la probabilité pour que, le cours
x étant coté à l'époque ,
le cours z soit coté dans un intervalle donné à l'époque
,
c'est-à-dire, multipliée par .
La probabilité cherchée
est donc :
(34)
Le cours pouvant se trouver
à l'époque
dans tous les intervalles dx compris entre ,
la probabilité pour que le cours z soit coté à l'époque
sera :
(35)
La probabilité de
ce cours z,
à l'époque
a aussi pour expression .
Nous avons donc :
(36)
ou :
(37)
telle est l'équation
à laquelle doit satisfaire la fonction p. Cette équation
est vérifiée, comme nous allons le voir, par la
fonction (mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit peut-être
d'une solution particulière... et trop simpliste!):
(38)
Remarquons dès maintenant
que nous devons d'abord avoir :
(39)
L'intégrale classique qui figure dans le premier terme
a pour valeur (cf. chapitre de Statistiques)
,
nous avons donc
et par suite :
(40)
En posant ,
nous obtenons
c'est-à-dire : A égale la probabilité
du cours coté actuellement. Il faut donc établir que
la fonction :
(41)
où
dépend du temps, satisfait bien à l'équation
de condition ci-dessus.
Soient
les quantités correspondant à
et relatives aux temps ,
il faut donc prouver que l'expression :
(42)
peut se mettre sous la forme
où
A,B ne dépendant que du temps.
Cette intégrale devient,
en remarquant que n'est pas une variable z d'intégration
(nous supposons qu'il est indépendant de x comme vous l'aurez compris depuis le début)
(43)
ou (nous changeons de notation
pour l'exponentielle sinon cela devient illisible) :
(44)
posons :
(45)
Nous aurons alors :
(46)
L'intégrale :
(47)
ayant
pour valeur 1 (cf. chapitre de Statistiques),
nous obtenons finalement :
(48)
Cette expression ayant la
forme désirée, nous devons en conclure que la probabilité
que le titre soit coté z au temps
s'exprime bien par la relation :
(49)
Nous voyons que la probabilité
est régie par un loi de distribution de type Gauss! Ceci
constitue un résultat remarquable obtenu par Louis Bachelier
en 1900 et qui avait été déjà spéculé par
Jules Regnault au milieu du 19ème siècle.
Effectivement, Regnault compare la spéculation à un jeu de picle
ou face dans lequel les deux côtés de la pièce correspondent aux
deux possibilités, hausse ou baisse du cours. Sous l'hypothèse
qu'à quelque moment que ce soit, il n'y jamais plus d'avantages
pour une chance que pour l'autre. Autrement dit, à chaque cotation,
le cours a une chance sur deux d'augementer et une chance sur deux
de diminuer. Mais chaque spéculateur a son opinions sur la question.
Sans cette diversité d'opinions, il n'y aurait pas conséquent ni
échanges ni variations des cours. Les opérateurs se répartissent
donc en deux groups (haussiers, baissiers) qui font des évaluations
subjectives de la valeur future du cours qui comportent forcément
une marge d'erreur. Cependant, pour Regnault, les erreurs des spéculateurs
ne sont pas quelconques, elles obéissent à une distribution de
Gauss. Effectivement, comme l'a démontré Laplace, si la probabilité
d'erreur est petite et qu'elles sont nombreuses et indépendantes
alors les résultats des erreurs suivant une loi de Gauss (cf.
chapitre de Statistiques).
La relation antéprécédente
nous montre que les paramètres
satisfont à la relation fonctionnelle :
(50)
différentions par
rapport à ,
puis par rapport à .
Le premier membre ayant la même forme dans les deux cas, nous
obtenons :
(51)
donc après simplification
:

(52)
Ce qui donne finalement :
(53)
Cette relation ayant lieu,
quels que soient ,
la valeur commune des deux rapports est constante et nous avons
donc :
(54)
Une fonction qui satisfait
cette relation existe et est :
(55)
H
désignant une constante ou une fonction indépendante du
temps.
Vérification :
(56)
donc :
(57)
Nous avons donc pour expression
finale de la probabilité :
(58)
Le lecteur remarquera donc que pour une valeur de
H et t fixées nous retrouvons ici la forme
d'une loi Normale centrée réduite (cf.
chapitre de Statistique)!! Les financiers disent alors
que nous avons affaire à un "hasard sage", sous-entendu que les
variations sont faibles et régulières. Un ingénieur dans l'industrie
sera lui plus critique... il dira que la loi n'est valable que
si les cotations et les transaction sont sous un contrôle total
de la qualité de celles-ci...!
L'espérance correspondant au cours x à donc
trivialement pour valeur :
(59)
L'espérance totale étant donc (cf.
chapitre de Statistiques) :
(60)
en notant
nous avons ainsi :
(61)
l'espérance mathématique est donc proportionnelle
à la racine carrée du temps comme l'est le mouvement
brownien que nous avons vu dans le chapitre de Mécanique Statistique!!
Ce résultat démontré mathématique avait été mesuré (sans démonstration)
par Regnault 50 ans auparavant (~1850) en observant que l'écart
moyen de titres obligataires français était proportionnelle à la
racine carrée du temps. L'écart des cours est donc en raison directe
de la racine carrée du temps
Deux résultats majeurs à retenir ici sont :
1. Que la fonction de distribution de probabilité que le
cours d'un actif financier soit x suit une loi Normale
centrée réduite!!
2. Que l'espérance totale de la valeur d'un actif financier
est proportionnelle à la racine carrée du temps!!
Ce le premier modèle de base à connaître en
finance et nous réutiliserons donc ces deux résultats
majeurs lors de notre introduction au modèle de Black &
Scholes.
Enfin, il convient de préciser que c'est un modèle
théorique!
Il faut donc le confronter à la pratique pour voir s'il
est valide ou non. En l'occurrence l'observation des marchés
financiers montre que ce n'est le cas que hors des bulles spéculatives
que les variations peuvent être modélisées
par un mouvement brownien. Il faut donc chercher des modèles
plus puissants et nous verrons un jour que le mouvement brownien
(appelé également "processus brownien")
qui est lisse (continu) et donc sans sauts brusques est un cas
particulier des processus de Lévy.
MODÈLE de diversification efficiente de MARKOWITZ
Les travaux de Markowitz en 1954 ont constitué la première tentative
de théorisation de la gestion financière de portefeuilles et son
modèle suggère une procédure de sélection de plusieurs titres
boursiers,
à partir de critères statistiques, afin d'obtenir des portefeuilles
optimaux. Plus précisément, Markowitz a montré que l'investisseur
cherche à optimiser ses choix en tenant compte non seulement
de la rentabilité attendue de ses placements, mais aussi du
risque de son portefeuille qu'il définit mathématiquement par
la variance de sa rentabilité. Ainsi, le "portefeuille
efficient" est le portefeuille le plus rentable
pour un niveau de risque donné. Il est déterminé au
mieux par application de méthodes de programmation quadratique
(cf.
chapitre de Méthodes Numériques) ou sinon
de manière heuristique en les étapes suivantes :
1. Noux fixons une espérance de rentabilité et nous
trouvons tous les portefeuilles de variance minimale satisfaisant
l'objectif de rentabilité. Nous obtenons ainsi un ensemble
de portefeuilles de variance minimale.
2. Nous gardons de ces portefeuilles celqui qui pour une variance
donne le rendement le plus élevé..
En procédant ainsi pour plus plusieurs valeurs de l'espérance,
nous nous retrouvons avec un ou plusieurs portefeuilles efficients.
Ainsi, entre deux portefeuilles (ensemble d'actifs) caractérisés
par leur rendement (supposé aléatoire!), nous ferons les hypothèses
suivantes :
H1. A risque identique, nous retenons celui qui a l'espérance de
rendement la plus élevée (gain maximal)
H2. A espérance de rendement identique, nous retenons celui qui
présente
le risque le plus faible (aversion au risque)
Ce principe conduit à éliminer un certain nombre de portefeuilles,
moins efficients que d'autres.
Passons maintenant à la théorie (un exemple pratique
du modèle de Markowitz sera donné après les
développements mathématiques).
Soit le
rendement d'un portefeuille composé de n actifs caractérisés
par leur rendement respectif .
Nous posons, en outre, que chaque actif i entre pour une
proportion Xi dans la composition du portefeuille
P tel que:
(62)
Remarque: Un part Xi d'un actif peut aussi être
négative... Détenir une part négative d'un
actif, c'est ce qui s'appelle en anglais le "short-selling"
(vente à découvert) . Cette technique consiste par
exemple à emprunter beaucoup d'actifs (supposés
surévalués
sur le marché) à une banque, les vendre pour faire
baisser le prix de l'actif, et faire un profit en les rachetant
moins cher pour les rendre à la banque (grosso modo car
c'est assez complexe au fait...).
Donc l'espérance du portefeuille est donnée par :
(63) (64)
où l'espérance de Ri est sovuent
pris comme étant simplement la moyenne arithmétique.
Maintenant, nous supposerons que les return des différents actifs
financiers ne fluctuent pas indépendamment les uns des autres:
ils sont corrélés ou, ce qui revient au même, ont des covariances
non nulles (cf. chapitre de Statistiques)
:
(65)
Dès lors, la variance du portefeuille est donnée par (cf.
chapitre de Statistiques) :
(66)
Avant d'aller plus loin, précisons (car c'est important
dans la pratique) que nous pouvons également écrire cette dernière
relation sous forme matricielle (le lecteur peut facilement vérifier
en prenant par exemple que deux titres que les deux écritures
donnent un résultat identique) si nous notons X le vecteur
des parts d'actifs et le
même vecteur transposé :

et finalement la
matrice des covariances :

matrice qui se simplifie directement en :

nous obtenons finalement la relation de la variance sous forme
matricielle condensée :

telle que nous la voyons souvent dans la littérature spécialisée.
Pour en renvenir à la forme algébrique du modèle,
puisque la covariance est symétrique (cf.
chapitre de Statistiques) :
(67)
et
que :
(68)
Nous pouvons simplifier et écrire la variance :
(69)
sous la forme algèbrique suivante :
(70)
telle que nous la voyons souvent dans la littérature
spécialisée ancienne...
Sélectionner un portefeuille revient
donc à résoudre problème de maximisation sous contrainte
suivant :

en utilisant la programmation quadratique (cf.
chapitre de Méthodes Numériques).
Dans la pratique, nous cherchons non pas un, mais tous les portefeuilles
qui pour une espérance donnée minimise la variance.
Nous obtenons alors une fonction de l'espérance en fonction
de la variance pour les portefeuilles optimaux si nous traçons
cela sur un graphique (voir plus bas). Cette fonction est souvent
assimilée par les financiers (à juste titre!) à
une frontière comme le précise la définition
qui suit.
Définition: La frontière qui caractérise
le polygone ou la courbe des contraintes s'appelle dans cette
situation la
"frontière efficiente (de Markowitz)"
et dans le polygone/courbe se situent tous les portefeuilles à rejeter
dits "portefeuilles dominés".
Une autre manière de formuler ceci consiste à dire
que les combinaisons (rendement, risque) de cette frontière
forment un ensemble d'optima de Pareto (cf.
chapitre de Théorie De La Décision),
c'est-à-dire
que si l'un des éléments augmente, l'autre doit augmenter
aussi.
Maintenant, formalisons l'optimisation comme cela était
fait à l'époque où les gens devaient encore
développer les algorithmes eux mêmes...
Soit Z la fonction économique précitée :
(71)
qui doit être maximisée sous la contrainte que
et où est
un paramètre qui représente le degré d'aversion au risque des investisseurs
(histoire aussi d'homogénéiser la relation...).
Le problème de maximisation sous contrainte consiste à déterminer
le maximum de la fonction économique Z définie par:
(72)
Cette fonction de n + 1 variables ( )
est maximisée si sa dérivée (partielle) par rapport à chacune de
ces variables est nulle, ce qui revient à poser le système suivant
:
(73)
Posons:
(74)
Nous
pouvons alors écrire:
(75)
soit sous forme matricielle :
(76)
Soit
désormais:
et
(77)
Dans ce cas, le système d'équations à résoudre peut se résumer
sous la forme matricielle:
(78)
Par
conséquent:
(79)
La détermination du poids de chacun des n actifs susceptibles
d'entrer dans la composition d’un portefeuille passe donc par l'inversion
d’une matrice carrée de n + 1 lignes et n
+ 1 colonnes comportant covariances
(la diagonale comportant des variances seulement et la matrice étant
symétrique!). Ce qui est relaviment long à calculer pour
de gros portefeuilles.
Cependant, même une fois la pondération des actifs
terminée, le problème lui ne l'est pas complétement.
Effectivement, nous pouvons donc connaître la frontière
efficiente mais le client va lui imposer une contrainte bien logique
au niveau du risque nul de son portefeuille et du rapport rendement/risque
maximum.
Compte tenu de la lourdeur des calculs nécessaires à l'inversion
de la matrice A, Sharpe a proposé un modèle simplifié que
nous verrons après un exemple pratique du modèle de
Markowitz.
Exemple:
Considérons trois titres composants un portefeuille en proportions
égales (que nous supposerons dans des proportions égales dans le
portefeuille) et les n observations de leur rendement saisis
dans MS Excel (la composante j pouvant être vue comme
une période temporelle) :
(80)
Le but est donc de déterminer la frontière d'efficience
du portefeuille selon le modèle de Markowitz ainsi que la C.M.L.
et la pondération des actifs qui minimise la variance pour une
espérance
maximum pour un portefeuille composé d'un actif sans risque d'un
rendement Rf de 0.22.
Dessous la table donnée précédemment nous allons créer dans MS Excel
le tableau contenant les proportions des
titres (que nous supposerons équidistribuées, soit 1/3), nous afficherons
la moyenne du rendement
calculée bien évidemment selon l'estimateur :
(81)
et la variance calculée
pour chaque titre par l'estimateur :
(82)
Ce qui nous donne le tableau suivant dans MS Excel :
(83)
Soit sous forme détaillée dans MS Excel toujours :

(84)
Nous devons maintenant calculer le rendement moyen du portefeuille
selon :
(85)
Cette relation est un peu longue à saisir, et le sera davantage
si nous avons un nombre bien plus important de titres.
Dans notre cas, il s'agit de faire la somme des produits terme
à terme de deux plage de cellules ( et
)
ayant la même dimension (même nombre de lignes et même nombre de
colonnes). Nous pouvons alors utiliser la fonction suivant dans
MS Excel :
=SOMMEPROD(B14:D14;B15:D15)
Pour la variance du portefeuille, c'est un peu plus compliqué
puisqu'il s'agira de calculer :
(86)
La relation développée dans notre cas particulier donne :
(87)
L'astuce pour appliquer ceci dans MS Excel consiste à utiliser
l'algèbre linéaire et écrire cette relation sous forme matricielle
comme nous l'avons démontré :
(88)
Ce qui équivaut dans MS Excel à écrire :
=SOMMEPROD(PRODUITMAT(B14:D14;G14:I16);B14:D14)
Soit sous forme matricielle explicite :
(89)
Donc en se basant sur les tableaux précédents, il est simple dans
MS Excel d'obtenir la matrice de covariance :

(90)
Soit sous forme détaillée dans MS Excel toujours :

(91)
Rappel : La matrice des covariances est symétrique... (cf.
chapitre de Statistiques).
Et pour l'espérance et la variance du portefeuille nous aurons
donc le tableau suivant :

(92)
en appliquant donc les relations susmentionnées:

(93)
Le problème maintenant est de déterminer pour un rendement du
portefeuille fixé (B19), les proportions des différents titres qui
minimisent le risque.
Après avoir ajouté les deux cellules B24 (rendement espéré/attendu
du portefeuille) et B25 (nombre total des parts du portefeuille) :

(94)
Nous devons donc maintenant résoudre le problème d'optimisation
non linéaire :
(95)
et ceci ne peut que se faire (simplement) à l'aide du solveur :

(96)
Ce que nous allons faire à l'aide du solveur est de chercher et
reporter les solutions pour des rendements de 0.2 à 0.245 par pas
de 0.05. A chaque résultat, nous noterons le numéro de l'itération,
la variance du portefeuille et
l'espérance de rendement
qui était exigée. Cela devrait donner (bon il faudrait automatiser
dans l'idéal la procédure par du VBA) :

(97)
Ce qui donne la frontière efficiente de Markowitz suivante sous
forme graphique dans MS Excel :

(98)
Maintenant il est aisé avec MS Excel de déterminer l'équation
de cette parabole en utilisant l'outil d'interpolation (nous sommes
obligés dans MS Excel de tourner la parabole pour cela...) :

(99)
Maintenant, nous allons déterminer la C.M.L (voir le modèle
du modèle des actifs financiers plus bas) qui est la droite
formée par l'ensemble des portefeuilles composés de l'actif sans
risque, d'une part, et du portefeuille de marché, d'autre part.
Par construction, elle associe à chaque niveau de risque, la rentabilité
espérée la plus élevé.
Nous allons pour déterminer cette droite avec MS Excel nous
fixer dans un premier temps un taux de rendement sans risque que
nous noterons et
que nous prendrons arbitrairement comme valant 0.22. Nous avons
donc la courbe de Markowitz d'équation :


(100)
et la droite :
(101)
avec la condition (voir sur le graphe):
(102)
Nous avons alors deux équations à deux inconnues pour
résoudre ce problème (l'intersection de la droite et la parabole
pour la première et l'égalité de la pente de la parabole et de la
droite au point d'intersection) :
(103)
La deuxième équation nous donne :
(104)
Injecté dans la première équation :
(105)
Si nous résolvons ce polynôme du deuxième degré nous avons deux
solutions réelles (MS Excel n'arrive pas à déterminer les racines
de ce polynôme mais pour Maple c'est très simple) :
(106)
La solution 2 est à éliminer (nous le savons en essayant de la
prendre comme solution). Nous avons donc:
(107)
Ce qui donne sous forme graphique :

(108)
Soit sous forme traditionnelle :

(109)
Il vient aussi immédiatement :
(110)
Ainsi, en réutilisant le solveur comme plus haut mais avec cette
nouvelle valeur pour l'espérance, nous obtenons pour un portefeuille
du marché composé d'un actif sans risque de rendement 0.22, un rendement
global efficient de 0.2314276... avec la composition suivante du portefeuille
donnée par le solveur :
(111)
Voilà donc un sympathique petit exemple
applicatif dans un logiciel accessible à prestque tout
le monde!
MODÈLE de diversification efficiente de sharpE
L'utilisation du modèle de
Markowitz, tel qu'il le proposait dans son ouvrage de 1959, soulevait
de nombreux problèmes dès qu'il s'agissait d'utiliser des algorithmes
à partir d'une liste de base comportant un nombre élevé de valeurs.
Ces problèmes étaient de deux ordres:
1. L'ampleur des matrices requérait à l'époque une calculateur
de grande capacité et un temps de calcul assez long!
2. L'utilisation du modèle de base requérait que l'on connaisse
dans son entièreté la matrice des covariances. Le principal problème
qui se pose à ce propos réside tant dans le nombre des estimations
à fournir que dans la difficulté de réaliser des estimations précises
et surtout cohérentes.
Si nous voulons que l'approche
proposée par Markowitz puisse entrer dans le domaine de l'application,
il faut de toute évidence trouver le moyens d'alléger notablement
la procédure tout en perdant le moins possible de la rigueur
de la méthode.
En 1963, William Sharpe a proposé une solution dont la caractéristique
essentielle consiste à faire l'hypothèse que les returns des diverses
valeurs sont exclusivement liés entre eux par leur commune relation
avec un facteur de base sous-jacent (indice boursier typiquement)
qui permet de déterminer un coefficient appelé le
"bêta".
Cette hypothèse purement empirique appelée "modèle
à un indice" ou "modèle unifactoriel"
a revêtu par la suite une importance considérable, car elle a été,
comme on le verra dans les développements ultérieurs, à la base
de la théorie de la formation des prix des actifs financiers dans
un univers incertain.
Remarque: Encore une fois, les développements qui vont suivre
pourraient s'avérer abstraits mais... nous verrons comment
appliquer l'exemple précédent fait avec MS Excel
pour le modèle de Markowitz mais appliqué avec
le modèle
de Sharpe et nous pourrons ainsi même comparer visuellement
les deux méthodes.
Le terme "unifactoriel" vient donc du fait qu'à
la base le but du modèle de Sharpe est de définir
le rendement d'un placement financier en fonction de son risque
non diversifiable, assimilé au seul risque de marché
(ou risque systématique) donné par un nombre appelé
"coefficient bêta".
Les investisseurs et gestionnaires distinguent trois sortes de
risques:
1. Le "risque spécifique"
relatif (implicite) au titre lui-même (sa variance).
2. Le "risque systématique/non diversiable"
relatif à l'économie/marché au sens le plus large (variance
du portefeuille de référence du marché).
3. Le "risque global" qui
est en quelque sorte la somme des deux (c'est un peu plus subtil
qu'un simple somme...).
Comme vous l'aurez probablement deviné, le facteur risque est difficilement
quantifiable. L'élément qui aidera à le déterminer est la variation
du rendement de l'actif financier par rapport à la variation
du rendement du marché dans sa globalité. Un actif
financier dont le cours fluctue souvent et dont la volatilité
est grande présente donc certainement un risque élevé.
Définition (simpliste): Le "coefficient
bêta" mesure la dépendance
entre le rendement d'un portefeuille ou d'un actif financier et
le rendement d'un indice de référence et constitue
la pente d'une droite appelée "security
characteristic line" (S.C.L.) :
(112)
ce coefficient est bien évidemment d'autant plus utile que
l'horizon de prévision futur est éloigné et que la fréquence d'observation
est petite. Ce coefficient est aussi parfois appelé
"volatilité relative".

(113)
Remarque: L'indice de référence est choisi de la
manière la plus pertinente possible avec ce que cela implique...
Si possible lorsque le rendement de l'indice est nul, la variation
de la valeur du portefeuille ou de l'actif devrait aussi être
nulle.
Une simple analyse du graphique (c'est de l'analyse fonctionnelle
élémentaire) montre donc qu'un coefficient bêta égal
à 1 pour un titre/actif donné signifie qu'une augmentation (respectivement
: diminution) de 10 % du return des titres sur le marché pendant
une certaine période se traduira par une augmentation (respectivement
: diminution) de 10 % en moyenne du rendement de ce titre. Donc
la volatilité de l'actif est égale à celle
de l'indice.
Un bêta supérieur à 1
signifie que l'évolution du return de l'actif financier est plus
volatile (ou plutôt, était volatile, puisque ce coefficient se
réfère généralement à une période passée) que celle du return
du marché, tandis qu'un bêta inférieur à 1 révèle l'inverse.
Ainsi, un fonds ayant un bêta de 1.15 est de 15% plus volatil
que l’indice. Inversement, un fonds ayant un bêta
de 0.70 est 30% moins volatile que l’indice.
Donc pour résumer :
1. Un investissement
ne présentant aucun risque afficherait donc un bêta nul !
2. Un bêta
inférieur à 1 indique que si le marché est à la
baisse, le titre sera susceptible de baisser moins que le marché.
3. Un bêta
supérieur à 1 indiquera que si le marché est à la
hausse, le titre sera susceptible de suivre moins rapidement
la tendance à la hausse.
Le concept de bêta ayant été introduit, passons
maintenant à la théorie du modèle qui a pour
objectif donc de simplifier celui de Markowitz en utilisant ce fameux
coefficient.
Par définition, le bêta global d'un portefeuille est déterminé
à partir des bêta pondérés respectifs de chacun des titres ou bêta
sous-jacents qui le composent tel que:
(114)
avec étant
le bêta du portefeuille global, Xi la proportion
du titre i dans le portefeuille P, le
bêta du titre i et n le nombre d'actifs
financiers présents dans le portefeuille.
Sharpe donc que le rendement Ri de chaque
actif i à un instant t est donné par la
régression
linéaire (cf. chapitre de Méthodes
Numériques) security characteristic line vue plus
haut :
(115)
où :
- I est donc le rendement d'un indice économique donné (indice
boursier, indice du produit national brut, indice des prix ou
voir
même rendement le rendement du portefeuille du marché
lui-même...) au temps t et est la variable expliquée
de la régression (selon la terminologie utilisée
dans le chapitre de Méthodes Numériques) considérée
comme une variable aléatoire.
- sont
des estimateurs non biaisés (cf. chapitre
de Statistiques) des paramètres propres à cette valeur.
Le premier terme appelée en finance "coefficient
alpha" est simplement l'ordonnée à l'origine
de la régression (le rendement de l'actif lorsque le
rendement de l'indice de référence est nul soit
lorsque le marché à un rendement nul) et le deuxième
paramètre est pour rappel simplement le bêta
du portefeuille risqué i.
- une
variable aléatoire supposée caractérisée par une espérance
nulle, une variance égale à une constante et les différents
sont supposés non corrélés entre eux (covariance
nulle).
Quant au niveau de l'indice I, il sera caratérisé
par la relation (afin de simplifier les développements plus
tard) :
(116)
où est
un paramètre non biaisé supplémentaire pour caractériser
l'indice I et une
variable aléatoire caractérisée par une espérance nulle et
une variance égale à une constante
Pour résumer les points principaux, le modèle de régression
linéaire simple des rendements des actifs financiers est basé sur
les hypothèses majeures suivantes :
H1. Le modèle de rendement s'écrit de
manière
générale
:
(117)
en supposant que nous n'avons pas fait d'erreur sur la forme linéaire
du modèle, ni sur la liste des régresseurs.
H2. Nous supposons que la perturbation de la
régression est d'espérance nulle telle que (hypothèses
sous-jacente d'un effet brownien!):
(118)
ce qui constitue ceci dit une hypothèse simplificatrice
dangereuse mais pratique pour être utilisable (et compréhensible)
épar les praticiens de la finance...
H3. Pour n'importe quel échantillon de taille n, nous
utilisons les estimateurs de maximum de vraisemblance (cf.
chapitre de Statistiques) pour l'espérance et variance
des rendements des actifs financiers du portefeuille de référence
:
(119)
Ces hypothèses posées, nous utilisons aussi les résultats obtenus
dans le chapitre de Méthodes Numériques sur la régression linéaire
pour obtenir le bêta. Nous y avons démontré qu'il existait
plusieurs manières de faire une régression linéaire
donc une consiste à utiliser la covariance et l'espérance.
En adoptant les notations de l'économétrie, la pente de la
régression
peut alors s'écrire :
(120)
ce qui donne la définition rigoureuse du coefficient bêta
selon le modèle de Sharpe où Ri
est le rendement de l'actif financier et RI
le rendement du marché (ou du portefeuille du marché/référence).
Définition (rigoureuse): Le "coefficient
bêta" est donné par le rapport de la
covariance des rendements et indices des actifs avec l'écart-type
de l'indice du marché du portefeuille.
Maintenant, en considérant la même hypothèse que dans le modèle
de Markowitz, le rendement d'un
portefeuille est défini à nouveau assez logiquement par :
(121)
Si les rendements ne sont pas explicitement connus dans les pratique,
nous utilisons alors le modèle linéaire :
(122)
Dès lors en utilisant les propriétés de l'espérance
:
(123)
Posons pour simplifier l'écriture que :
(124)
Dans ce cas, comme par hypothèse
:
(125)
Finalement:
(126)
Si les rendements sont explicitement données
et donc connus l'espérance se calculera avec :
(127)
Comme le client va souvent chercher à maximiser l'espérance
tout en minimisant la variance (le risque) il nous reste à
déterminer cette dernière. Etant donnée que
maintenant supposons explicitement connus les rendements des actifs
financiers du portefeuille et les rendements du portefeuille (indice)
du marché nous avons :

Hypothèse : Si l'indice I est correctement choisi, lorsque
nous
devons avoir ce
qui implique (c'est
une hypothèse forte qui amène à avoir une approximation!).
Ainsi :
(128)
Finalement :
(129)
Ce qui donnerait donc pour un portefeuille comportant deux titres :
(130)
Nous pouvons condenser la notation de la variance en utilisant
les notations matricielles en notant d'abord respectivement le vecteur
transposé et le vecteur colonne des poids des actifs du portefeuille
par :
(131)
et en en définissant la matrice des bêta :
(132)
Ce qui nous donne finalement :
(133)
Ce qui donne pour un portefeuille de deux titres :
(134)
Nous retrouvons donc bien la même chose que la forme algébrique.
Si nous ne connaissons pas explicitement les rendements,
l'étude de la variance est un peu plus délicate. Il
faut alors utiliser le modèle linéaire tel que :

(135)
En outre, notons:
(136)
De plus nous savons que:
(137)
Dès lors:
(138)
car .
Finalement :
(139)
Dans ce contexte le problème
revient toujours à maximiser la fonction économique Z :
(140)
simplement que maintenant elle s'écrit :
(141)
Le calcul de chacune des dérivées partielles donne alors :
(142)
soit sous forme matricielle
:
(143)
La résolution de ce système passe alors par l’inversion d'une matrice
plus simple que celle du modèle de Markovitz mais nécessite
cependant des d'hypothèses relativement contraignantes.
Par ailleurs, les financiers utilisent souvent les indicateurs
de rendement modéré par le risque, le plus répandu au niveau international
étant le "ratio de Sharpe".
Il est déterminé par le rapport entre le rendement (pour être
plus exact il s'agit de son espérance) différentiel
du rendement d'un placement (actif) sans risque et le rendement
du marché et la déviation standard du placement sans risque
(nous déterminerons rigoureusement l'origine de cette relation
plus loin lors de notre étude du MEDAF):
(144)
Relation qui exprime donc le niveau de rendement pure par unité
de volatilité (ou par unité de risque). Pour simplifier, c'est
un indicateur de la rentabilité (marginale) obtenue par
unité de risque pris dans cette gestion. Il permet de répondre à la
question suivante : le gestionnaire parvient-il à obtenir
un rendement supérieur au référentiel, mais
avec davantage de risque?
- Si le ratio est négatif, le portefeuille a moins performé que
le référentiel et la situation est très mauvaise.
- Si le ratio est compris entre 0 et 0.5, le sur-rendement du
portefeuille considéré par rapport au référentiel
se fait pour une prise de risque trop élévée.
Ou, le risque pris est trop élevé pour le rendement
obtenu.
- Si le ratio est supérieur à 0.5, le rendement
du portefeuille sur-performe le référentiel pour
une prise de risque ad hoc. Autrement dit, la sur-performance ne
se
fait pas au prix d'un risque trop élevé.
Ce qui donne en développant :
(145)
Ces modèles sont relativement complexes. Raison pour laquelle
quelques années plus tard, Sharpe et Lintner ont créé
un nouveau modèle qui leur à valu le prix Nobel d'économie
et que nous allons étudier de suite après un exemple
pratique de ce que nous venons de voir.
Exemple:
Considérons trois titres composants un portefeuille en proportions
égales et les n observations de leur rendement saisis
dans MS Excel. Ces rendements seront comparés à un indice de référence
I qui sera le rendement d'un portefeuille de marché de référence
:

(146)
Le but est de déterminer la frontière d'efficience du portefeuille
avec le modèle de Sharpe.
En détail sous forme graphique voici d'abord les bêtas (rendement
de l'actif en fonction du rendement du portefeuille de marché/indice
de référence) obtenus avec MS Excel :
(147)
et le tableau de construction suivant pour le calcul des bêta,
la variance et l'espérance du portefeuille du marché et des différents
titres :

(148)
Voici les détails du calcul (remarquez que les bêtas sont obtenus
à l'aide d'une simple régression linéaire avec l'indice de référence
qui est le portefeuille et les autres paramètres avec les estimateurs
non biaisés) :


(149)
L'espérance du rendement du portefeuille composé des trois titres
est facile à calculer puisque nous avons leur rendement. Donc :
(150)
Ce qui donne sous MS Excel :

(151)
Soit de manière détaillée :

(152)
Maintenant, il nous faut calculer l'espérance en utilisant la relation
démontrée dans la partie théorique des paragraphes précédents :
(153)
avec pour rappel dans notre cas particulier :
(154)
avec dans notre exemple (cellule
B13).
Soit sous forme développée pour notre exemple :
(155)
Ce qui donne dans MS Excel pour notre matrice des bêtas :
(156)
Soit sous forme développée (la matrice est symétrique) :
(157)
Et finalement le couple variance/espérance du portefeuille est
donné par :
(158)
Soit sous forme détaillée :
(159)
Une fois ceci fait, nous procédons comme pour la frontière de Markowitz.
Nous utilisons le solveur en minimisant la variance tout en imposant
une espérance et une contrainte comme quoi la somme des parts des
actifs financiers est égale à l'unité :

(160)
Ce qui donne le tableau variance/rendement suivant (à comparer
avec le même tableau de Markowitz) :

(161)
et le graphique suivant (comparaison directe avec Markowitz mise
en évidence) :

(162)
La suite de l'exercice (C.M.L.) se fait de la même manière que
dans le modèle de Markowitz.
MODÈLE D'ÉVALUATION DES ACTIFS FINANCIERS (MEDAF)
Comme nous l'avons vu, Markowitz (1959) a développé la théorie
du choix optimal d'un portefeuille par un individu sur la base du
rendement espéré de la variance. Plus tard (1963) , Sharpe élabore
une modèle de choix d'actifs basé sur des indices
de risques comme les coefficients bêta.
Sharpe, Lintner et Mossin (1965) ont ensuite étudié
les conséquences de ces théories pour mettre en place une théorie
extrêmement simple permettant d'évaluer les coefficients
bêta, les rendements espérés et les variances
d'actifs financiers d'un portefeuille à partir de données
statistiques sur le marché global et de la spécificité
de la composition d'un portefeuille.
Cette théorie basée encore une fois sur le problème
moyenne-variance est appelée "modèle
d'évaluation des actifs financiers" (MEDAF) ou "capital
asset pricing model" (C.A.P.M.) est donc un modèle très
souvent utilisé, aussi bien par les praticiens que par les académiciens,
pour évaluer les rendements anticipés d'équilibre sur n'importe
quel actif risqué sur le marché.
Pour commencer, rappelons que nous avons vu plus haut lors de
notre étude du return que le taux de rentabilité périodique (quotidien,
hebdomadaire, mensuel, annuel) d'un actif se calcule comme suit :
(163) avec qui
est le prix d'un actif à la fin de la période t, le
prix d'un actif à la fin de la période t-1 et finalement le
flux monétaire payé par l'actif pendant la période de détention
allant de t-1 à t. Cette relation sert à calculer le "rendement
réalisé" (ex
post) d'un titre alors qu'au fait c'est le "rendement
espéré" qui
intéresse un investisseur donné. À la date de la prise de la décision, le rendement que va réaliser
l'investisseur en détenant un actif donné est incertain, c'est
pour cette raison qu'on parle de rendement espéré: il s'agit
d'un rendement que l'on cherche à évaluer et qu'on espère recevoir
dans la prochaine période d'investissement. Pour calculer le rendement espéré, comme nous l'avons déjà vu,
il convient d'attribuer à chaque valeur possible du rendement
une probabilité de réalisation, puis de calculer une moyenne
pondérée de ces différentes valeurs possibles en utilisant les
probabilités comme
pondérations :
(164)
Or, il est clair que dans une économie donnée, l'investisseur
sera tenté de détenir plusieurs actifs financiers et cherchera donc
à composer des portefeuilles. Le rendement (moyen) espéré d'un portefeuille
peut être calculé en utilisant la relation connue :
(165)
avec n qui est le nombre de titres inclus dans le portefeuille,
le
rendement de l'actif i inclus dans le portefeuille et la
proportion de la richesse totale de l'investisseur investie dans
l'actif i.
Le taux de rendement espéré est cependant insuffisant pour
caractériser une opportunité d'investissement et il faut tenir
compte également du risque, c'est à dire de la variabilité du
rendement de cet investissement sur l'actif financier. La variance
est comme nous l'avons déjà vu utilisée comme mesure du risque
et donnée pour un actif financier par :
(166)
Soit :
(167) Le calcul du risque d'un portefeuille fait donc intervenir
deux concepts importants: la variabilité du rendement de chacun
des actifs, mesurée par les variances de ces derniers, ainsi
que les relations existantes entre les différents actifs composant
le portefeuille. La dépendance entre deux actifs est souvent mesurée, comme
nous en avons déjà fait mention lors de notre étude des return,
par la covariance ou encore le coefficient de corrélation linéaire. La covariance entre deux actifs i et j se calcule
comme suit :
(168) Soit comme nous le savons si les probabilités sont équiprobables
:
(169)
La covariance entre les rendements de deux titres peut être positive
ou négative et sa valeur n'a aucune signification économique comme
nous le savons (cf. chapitre de Statistiques).
Remarque: Rappelons que nous avons vu dans le chapitre
de Statistiques que lorsque les rendements (valeurs) de deux actifs
(variables
aléatoires)
varient dans le même sens (dans le sens contraire) la covariance
sera positive (négative).
Le coefficient de corrélation entre deux actifs i et j quant à lui
se calcule comme suit (cf. chapitre de
Statistiques):
(170)
Une fois les variances et covariances des différents actifs
calculés, nous serons en mesure de calculer la variance de rendement
d'un portefeuille contenant n actifs. Cette variance est
donnée par la relation suivante (cf. chapitre
de Statistiques) :
(171) ou écrit autrement :
(172)
La relation ci-dessus de la variance de rendement d'un portefeuille
montre clairement que même dans le cas où les rendements des différents
actifs détenus dans le portefeuille sont totalement non corrélés,
la variance de ce dernier peut encore être réduite en ajoutant plus
d'actifs.
Pour comprendre ceci, nous noterons que pour n actifs non
corrélés, la variance se réduit à (puisque la covariance est alors
nulle):
(173)
En simplifiant davantage, si toutes les variances sont supposées égales
et si tous les actifs sont détenus dans les mêmes proportions (1/n),
nous avons (cf. chapitre de Statistiques) :
(174)
Ainsi, quand n tend vers l'infini, la variance du portefeuille
s'approche de zéro. Ainsi, si des risques non corrélés sont réunis
en portefeuille, le risque total peut être éliminé par diversification.
Dans le cas où les risques sont corrélés, la diversification
ne permettra d'éliminer que les risques spécifiques aux actifs
alors que le risque de marché continuera d'exister. Notons que
la réduction du risque serait plus importante lorsque les différents
actifs détenus sont négativement corrélés. En effet, plus le
coefficient de corrélation entre les rendements des titres est
petit, plus les bénéfices inhérents à la diversification sont
substantiels. Dans le cas ou le coefficient de corrélation est égal à 1,
il n’y a aucun bénéfice lié à la diversification, puisque le
risque du portefeuille sera égal à la moyenne pondérée des risques
le composant. Par contre la diversification est à son maximum
lorsque le coefficient de corrélation est égal à -1. Dans cette
situation il est possible de combiner deux actifs risqués pour
former un portefeuille sans risque. D'après ce qui précède, il est clair que tout investisseur
désirant former un portefeuille cherchera à détenir un ensemble
d'actifs risqués qui lui permettra de recevoir un rendement donné avec
un minimum de risque. En d'autres termes, il cherchera à minimiser
la variance pour un niveau de rendement espéré tout en respectant
une contrainte budgétaire. Nous savons que le rendement espéré et
la variance de rendement d'un portefeuille contenant n actifs
risqués s'écrivent comme suit :
(175)
Par ailleurs, nous savons qu'à partir de ces n titres,
il possible de construire une infinité de portefeuille en faisant
varier les pondérations Xi. Or, les portefeuilles
les plus intéressants pour un investisseur donné sont ceux qui
permettent de minimiser le risque qu'il doit supporter pour
obtenir un niveau
de rendement donné. Ces portefeuilles sont le résultat du problème
de minimisation suivant qui est un problème d'optimisation non
linéaire
(cf. chapitre de Méthodes Numériques)
:
(176) que nous avions déjà vu lors de notre étude du modèle de Markowitz. Il est donc possible de constituer une infinité de portefeuilles
en faisant varier les proportions investies dans chacun des titres.
La prochaine étape consiste à sélectionner, parmi l’ensemble
des portefeuilles disponibles, un portefeuille donné. Pour ce
faire, on doit considérer les préférences individuelles de l’investisseur. Un investisseur rationnel ne devrait donc considérer que les
portefeuilles se trouvant sur la frontière efficiente pour ses
choix d'investissement. Son portefeuille optimal se situera donc
au point de tangence entre la frontière efficiente et sa courbe
d'indifférence la plus haute qu'il serait capable d'atteindre.
En procédant ainsi, chaque investisseur maximisera son utilité espérée.
En présence d'une économie ne contenant que des actifs risqués,
la composition du portefeuille d'actifs risqués varie d'un individu à un
autre. En pratique, les investisseurs ont également la possibilité d'investir
dans des actifs financiers sans risques. Nous allons donc chercher à déterminer
la nouvelle frontière efficiente en tenant compte de cette nouvelle
opportunité d'investissement. Considérons alors un portefeuille qui est une combinaison de
l'actif sans risque et d'un portefeuille de marché (à risque).
Nous avons alors :
(177) où est
la fraction du portefeuille investie dans le portefeuille du
marché (m) et est
le "taux de rendement certain".
Rappel : L'espérance d'une constante est égale à cette constante
(cf. chapitre de Statistiques).
Nous avons donc :
(178) et donc (en utilisant la formule d'Huyghens démontrée dans
le chapitre de Statistiques) :
(179) Soit :
(180) La dérivée du rendement espéré par rapport à nous
donne :
(181) La dérivée de l'écart-type par rapport à nous
donne :
(182) Mettant ces deux résultats ensemble, nous avons :
(183)
Cette équation nous donne la pente de la "capital
market line" (C.M.L.). Elle est constante (la
pente!), et donc la C.M.L. est une droite. L'ordonnée à l'origine
est évidemment .
Puisque :
(184)
L'équation de la C.M.L. se réduit alors à :
(185)
Et puisque dans la finance l'intérêt est de représenter graphiquement
.
(186) Alors il est de tradition de noter la fonction sous la forme
suivante :

où nous retrouvons en facteur de l'écart-type
de
le coefficient appelé "Sharpe
ratio" (ou ratio de Sharpe) dont nous avions parlé
plus haut mais sans en démontrer la provenance.
Par construction, cette droite associe donc à chaque niveau
de risque, la rentabilité espérée la plus élevé.
Ainsi, étant donnée le rendement d'un actif sans risque
il devient facile à partir de cette équation de déterminer
le point de tangence avec la frontière d'efficience de Markowitz
ou de Sharpe pour obtenir le portefeuille le plus efficient sur
la base du rendement sans risque!!
Intéressons nous maintenant à déterminer une équation
pour le rendement espéré de n'importe quel actif individuel.
Considérons un nouveau portefeuille de rendement qui
est une combinaison d'un actif sans risque quelconque A et
du portefeuille de marché, où est
la fraction du portefeuille investie dans l'actif sans risque A. Ce que nous souhaiterions évaluer est le pente de la courbe
des combinaisons espérance/écart-type lorsque nous combinons
le portefeuille de marché (qui contient déjà l'actif A)
avec l'actif A. Nous souhaitons évaluer la valeur de la pente de l'équation
tangente à la frontière efficiente telle que la pondération de
l'actif sans risque A soit nulle. Nous avons :
(187) Nous obtenons de suite :
(188)
et (cf. chapitre de
Statistiques) :
(189) donc :
(190) Dérivant le rendement espéré de ce nouveau portefeuille par
rapport à ,
nous obtenons :
(191) Dérivant l'écart-type du rendement de ce nouveau portefeuille
par rapport à ,
nous obtenons :
(192) La contribution de Sharpe et Lintner a été de dire qu'il faut évaluer
ces dérivées au point où c'est-à-dire
où la pondération de l'actif A dans le nouveau portefeuille
est nulle. Ce faisant, nous obtenons, l'expression suivante pour l'écart-type
du nouveau portefeuille (bien sûr, l'expression pour le rendement
espéré ne change pas) :
(193) ce qui donne après simplification :
(194) Avec les deux dérivées, nous pouvons obtenir une expression
pour la courbe de combinaisons de combinaisons espérance/écart-type
pour le nouveau portefeuille. Nous avons alors :
(195) Cette pente doit être égale à celle de la C.M.L. En égalisant,
nous obtenons :
(196) Quelques manipulations algébriques et nous y sommes! Nous avons
:
(197) et donc :
(198) d'où :
(199) En posant ce que nous avons déjà vu lors de notre étude du
modèle de Sharpe, c'est-à-dire le risque non diversifiable sous
forme de facteur bêta :
(200) c'est donc la volatilité de la rentabilité de l'actif considérée
rapportée à celle du marché. Nous avons alors :
(201) Cette expression permet donc d'exprimer le rendement excédentaire
d'un actif comme le produit du rendement excédentaire du portefeuille
de marché et le facteur bêta du titre. Le rendement excédentaire d'un actif ne dépend pas directement
que de sa variance, qui est souvent une mesure intuitive du risque
d'un actif. Ce qui compte est sont facteur bêta, qui dépend de
sa covariance avec le portefeuille de marché.
Plus classiquement, la dernière relation est utilisée graphiquement
sous forme de droite :
(202)
Cette droite est appelée la "security
market line" (S.M.L.) elle est extrêmement importante
en finance car elle donne donc le rendement moyen d'un titre A en
fonction du bêta, du rendement du marché et du taux
sans risque.
On la trouve aussi fréquemment sous la forme suivante :
(203) avec qui
est appelé la "prime par unité de risque" (surplus
de rentabilité exigé par les investisseurs lorsque ces derniers
placent leur argent sur le marchée plutôt que dans un actif sans
risque) et l'ordonnée à l'origine est le taux d'intérêt sans
risque (généralement des emprunts d'état). Le MEDAF stipule donc que le taux de rendement espéré (ou que
devrait exiger un investisseur rationnel averse au risque) d'un
actif risqué doit être égal au taux de rendement de l'actif sans
risque, plus une prime de risque. Dans ce cas, la relation entre
le risque systématique et le rendement espéré demeure linéaire
et seul le risque systématique doit être rémunéré par le marché puisque
le risque spécifique peut être éliminé grâce à la diversification. Il est peut-être intéressant d'expliciter les hypothèses sur
lesquelles reposent mathématiquement les développements
que nous avons fait. Ce sont donc les hypothèses du MEDAF dont
un certain nombre d'hypothèses dont certaines semblent difficilement
acceptables. Il ne faut pas cependant oublier que la validité d'un
modèle ne dépend pas du réalisme de ses hypothèses mais bien
de la conformité de ses implications avec la réalité. Nous avons donc émis les hypothèses suivantes : H1. Les investisseurs composent leurs portefeuilles en se préoccupant
exclusivement de l'espérance et de la variance de rendement de
ces derniers H2. Les investisseurs sont averses au risque: ils n'aiment
pas le risque H3. Il n'y a pas de coût de transaction et les actifs
sont parfaitement divisibles H4. Ni les dividendes, ni les gains en capitaux ne sont taxés H5. De nombreux acheteurs et vendeurs interviennent sur le
marché et aucun d'entre eux ne peut avoir d'influence sur les
prix. H6. Tous les investisseurs peuvent prêter ou emprunter le montant
qu'ils souhaitent au taux sans risque. H7. Les anticipations des différents investisseurs sont homogènes H8. La période d'investissement est la même pour tous les investisseurs
MODÈLE D'évaluation des options de
BLACK & SCHOLES
C'est au génie de trois célèbres mathématiciens
que le marché des
dérivés doit son succès, grâce à la formule
Black & Scholes
conçue dans les années 1970. Black, Scholes et Merton sont
les ancêtres
d'une génération de produits dérivés
sophistiqués, donnant droit
de cité à tout un lexique de termes aussi exotiques que
Butterflies, Rainbows, Knock-in, Knock-out, Barrières,
Swaps, Calls, Puts, Baskets, Swings. Ce modèle est aussi considéré
ceci dit comme un des facteurs principaux du crasch boursier de
1987 par certains spécialistes...
Ce que nous aimerions dans ce qui va suivre, est de déterminer
la valeur théorique d'une option à partir des cinq
données suivantes :
1. La valeur actuelle de l'actif financier sous-jacent de l'option
(déterminée par la spéculation du marché).
2. Le temps qui reste à l'option avant son échéance
(choisie par la société émettrice).
3. Le prix d'exercice (Strike) fixé par l'émetteur
subjectivement ou après modélisation.
4. Le taux d'intérêt sans risque (supposé comme étant
le taux de rendement attendu du sous-jacent).
5. La volatilité (écart-type) du prix du sous-jacent
de l'option (mesurée sur le marché).
La
modélisation du cours des options (Black & Scholes) repose
sur l'utilisation du calcul différentiel stochastique. Ainsi, l'approche
de Black et Scholes suppose que l’évolution du cours de l’action
définit un mouvement brownien géométrique (dans le sens que les
mouvements possibles du prix tendent vers l'infini) et que son
rendement
définit un processus de Wiener généralisé (concept que nous allons
définir un peu plus loin).
ÉQUATION
DE PARITÉ CALL-PUT
Avant de nous attaquer a des calculs stochastiques un peu ardus
il est utile d'établir au préalable une équation
dite de "parité Call-Put"
qui nous servira de sorte d'équation de conservation pour
vérifier la validité des résultats que nous
établirons par la suite sur l'évaluation des prix
des options.
L'objectif va être
de répondre à la question suivante :
Quelle somme M devons
nous payer maintenant pour recevoir une somme garantie E
appelée "prix d'exercice" (ou "strike
price") à un
temps futur T ?
Ainsi, nous avons vu lors
de notre étude du calcul d'intérêts qu'en considérant
un capital C et un intérêt r constant
nous avions trivialement :
(204)
Dès lors, en posant
et
nous avons :
(205)
d'où :
(206)
Mais cette relation n'est
pas tout à fait juste. Effectivement, nous devons avoir
M = E assuré au temps T - t . Dès lors nous somme naturellement amenés à
poser :
(207)
Nous
allons maintenant supposer que le call et le put possèdent
les caractéristiques suivantes :
1. Même
support qui vaut S à l'instant t.
2. Même
échéance T
3. Même
prix d'exercice E
Dès lors, étant
donnée C le prix d'un call et P le prix d'un
put à même échéance T et à
même valeur et S un titre, nous avons alors pour la
valeur du portefeuille :
(208)
Cette relation
ainsi que les précéentes supposent les hypothèses
suivantes :
1. Il n'existe
pas de coûts de transaction
2. Le support
n'est pas un instrument à terme (i.e. payable ou livrable
immédiatement) : nous disons que le support est "spot".
3. Le support
spot ne verse pas de dividendes pendant la durée de vie de
l'option ( i.e. entre [0;T] ).
4. Les options
sont européennes
En nous posant maintenant
la question :
Quelle somme devons nous
payer maintenant pour un portefeuille afin de recevoir une somme
garantie E (prix d'exercice) à un temps futur T
?
Le portefeuille pouvant être
considérée comme une boîte noire, rien ne nous
empêche dès lors d'écrire :
(209)
qui n'est rien d'autre que
"l'équation de parité Call-Put".
Cette relation
montre que la valeur d'un call européen avec prix d'exercice
E et maturité T peut être déduite
de celle d'un put européen avec le même prix d'exercice
E et la même maturité T.
HypothÈsE
efficiente du marchÉ
Le modèle de Black &
Scholes se base sur le postulat que le marché est "efficient".
Définition: Un "marché efficient"
(efficient market hypothesis en anglais... - abrégée E.M.H) est
un marché où les prix reflètent complètement toute l'information
disponible. Ainsi, si le marché est efficient, il n'est pas possible
de faire des profits anormaux.
Nous pouvons distinguer trois
types de marchés efficients qui sont fonction du type d'information
disponible:
1. L'hypothèse de marché efficient
en "forme faible" qui explicite que les prix reflètent toute
l'information contenue dans la série historique des prix 2.
L'hypothèse de marché efficient en "forme semi-forte"
établit que les prix reflètent toute l'information publique disponible.
3. L'hypothèse de marché efficient
en "forme forte" qui établit que toute l'information connue,
publique et privée, est reflétée dans les prix du marché. Plusieurs
études ont essayé de tester l'hypothèse de l'efficience des marchés
des actifs. Pour tester la forme faible de l'hypothèse, on a utilisé
l'analyse des séries temporelles (voir plus loin) en testant spécifiquement
l'hypothèse
d'une marche au hasard (mouvement brownien - nous y reviendrons).
Plus spécifiquement ces tests ont essayé de tester si les accroissements
des prix sont indépendants des accroissements passés. Si l'hypothèse
d'une marche au hasard est rejetée, alors le marché n'est pas
efficient, car les accroissements de prix passés pourraient
aider à anticiper
les prix futur des actifs. L'évidence empirique soutient l'hypothèse
de marché efficient en forme faible. Pour tester la forme semi-forte
de l'hypothèse, on a évalué la vitesse d'ajustement des prix
de marché à l'arrivée de nouvelle information; l'évidence en
faveur d'un rapide ajustement des prix de marché est dominante.
La forme forte de l'hypothèse de l'efficience des marchés, consiste à tester
s'il est possible de profiter sur la base d'information privilégiée
(information accessible à un petit groupe des agents économiques).
Etant donné qu'on ne peut pas identifier l'information non
publique, un type de test de forme forte considère l'examen
de la performance d'investissement des individus ou groupes
qui pourraient avoir de
l'information privée. Elton et Gruber (1984) signalent que l'analyse
de la performance des fonds mutuels, après déduction des coûts,
soutient la forme forte de l'efficience.
Ceci implique
les hypothèses suivantes (pour résumer en gros) :
H1. L'histoire
passée du cours de l'option est complétement réfléchie dans le prix
présent qui ne contient lui pas d'autres informations sur l'option
H2. Le marché
réponde immédiatement à toute nouvelle information sur le prix
d'une option.
Le paradoxe
du postulat des marchés efficients tient à ce que si chaque investisseur
pensait vraiment que le marché était parfaitement efficient, alors
personne n'étudierait les sociétés, leurs bilans, etc. Il suffirait
d'acheter de l'indice. En vérité, les marchés efficient dépendent
d'individus actifs sur le marché parce qu'ils pensent que ce marché
est "inefficient" et qu'ils peuvent faire mieux que le
marché !
Ce postulat
est source de beaucoup de débats dans le domaine...
Remarque: Avec les deux hypothèses précédement énononcées, tout
changement non-anticipé dans le prix de l'option est appelé un "processus
de Markov".
Rappel :
un processus de Markov est un processus dont l'évolution future
ne dépend de son passé qu'à travers son état à l'instant. Or, le
cours d'une action n'est vraisemblablement pas un processus de Markov :
la "mémoire" du processus est probablement plus longue
(par exemple une tendance saisonnière)
PROCESSUS
DE WIENER
Soit
la variation de la valeur d'une option sur un petit intervalle de
temps noté .
Nous posons que (dans
le sens que la variation de l'option est similaire à la
variation de la valeur du sous-jacent!) et avec à l'aide
de la connaissance des deux résultats majeurs du modèle
de Bachelier vu plus haut nous avons donc une espérance variable
dans le temps de la valeur de l'option selon:
(210)
où nous posons comme hypothèse que:
(211)
où rappelons-le, N(0,1) est la notation de la loi Normale
centrée réduite telle que nous
l'avons établi dans le chapitre de Statistiques. Souvent dans le
domaine de l'économie, nous notons WN au lieu de N en
hommage à Wiener.
Ceci dit, la relation antéprécédent est souvent notée de
la manière
suivante après
intégration
dans la littérature spécialisée:
(212)
et défini comme étant un "mouvement
brownien standard" avec "bruit
blanc" et
le W est là pour faire honneur à Wiener!
Il est possible de produire un graphique de ce mouvement brownien
dans MS Excel avec dans la colonne A le temps avec un pas typique
de 0.01 [s] et dans la cellule B2 la formule suivante:
=B1+NORMSINV(RAND())*SQRT(0.01)
où B1 contient la valeur 0.
Nous obtenons alors pour 4 colonnes du même type:

(213)
Les mouvements browniens standards ont certaines propriétés remarquables
comme nous pouvons le voir: la trajectoire à tendance à alterner
au-dessus et en dessous de l'axe des abscisses. Cela provient de
ce que la loi Normale considérée est d'espérance nulle, autrement
dit qu'il n'y pas de tendance générale à la hausse ou à la baisse
(pour le vérifier faites au moins 32'000 points dans MS Excel
et vous verrez....).
Mais ceci n'est pas vraiment conforme à la réalité. Nous préférons
alors ajouter un décalage constant dans le temps ce qui donne le
mouvement brownien que nous allons voir maintenant. Il est facilement possible de
caractériser à
l'aide de son espérance :
(214)
effectivement, rappelons que
pour la loi Normale centrée réduite nous avons :
(215) Nous pouvons également caractériser
à
l’aide de sa variance :
(216)
d'où :
(217)
effectivement, rappelons que
pour la loi Normale centrée réduite nous avons :
(218)
Finalement (au fait ce résultat découle de manière immédiate
de la propriété de linéarité de la loi Normale):
(219)
La propriété qui vient d’être
établie reste valable pour un grand intervalle de temps noté T
correspondant à n petits
intervalles .
En d’autres termes .
Dans ce contexte, il convient
de remplacer par
.
Or :
(220)
Comme
dans l’hypothèse d’une évolution du cours sur un petit intervalle
de temps, il est possible de caractériser à
l’aide de son espérance et de son écart type :
(221)
Rappelons
la propriété démontrée de la variance (cf.
chapitre de Statistiques):
(222)
Nous
retrouvons alors, pour un grand intervalle de temps T :
(223)
Il
est également possible d'écrire que :
(224)
Si tend
vers 0 (ce qui revient à considérer une subdivision du temps T en
intervalles extrêmement petits)
le cours de l’option subit sur la période T un
nombre infiniment grand de variations. En d’autres termes, le processue
d’évolution du cours de l’option est continu, ce qui conduit à remplacer
par dt,
par
dx et
par
dz.
Dans ce cas, nous obtenons
:
(225)
ce qui définit un "processus
de Wiener" (nous reviendrons là-dessus lorsque nous aurons
établi l'équation différentielle stochastique).
MOUVEMENT
BROWNIEN généralisé
Dans
ce cas, l'évolution du cours dépend non seulement d'un processus
aléatoire brownien standard (deuxième terme à droite de l'égalité),
mais également
d'un paramètre
de tendance centrale, ou
"drift" (premier terme à
droite de l'égalité):
(226)
avec toujours :
et
(227)
Nous avons donc un mouvement brownien généralisé, constituté d'un
mouvement brownien standard (dz représenté donc par une
loi normale d'espérance nulle et de variance dt comme
nous l'avons vu plus haut) et
d'un drift. Dans ce scénario, a et b sont
imposés comme constant contraitement au cas plus général que nous
verrons un peu plus loin.
La relation antéprécédente est souvent représentée
dans la littérature
sous la forme suivante:
(228)
Donc graphiquement cela donne, en rajoutant ce drift et en prenant
une valeur positive et non nulle pour a, un mouvement brownien
qui aura tendance à alterner au-dessus et en dessous du drift:

(229)
Sur
un petit intervalle de temps ,
le processus, en temps discret s'écrit bien évidemment :
(230)
Dans
ce cas, nous avons :
(231)
dans
la mesure où seule a
une composante aléatoire.
Ainsi :
(232)
Finalement :
(233)
En
subdivisant une période T en
n intervalles
de temps (soit
),
la variation du cours devient sur cette période T :
(234)
Dès
lors :
(235)
Finalement :
(236)
Soit:
(237)
ou encore :
(238)
Il est alors aisé de comprendre pourquoi nous disons
que la loi de Gauss régit la variable aléatoire obtenue en arrêtant
un processus bronien à un instant donné: c'est une photo instantée
du mouvement brownien!
PROCESSUS
D'ITO
Considérons maintenant un
processus correspondant à une variation de x en
temps continu (ou suffisament régulière...) définie
par :
(239)
a
et b étant
alors des fonctions des 2 variables x et
t. Cette considération
est ce que nous appelons un "processus
d'Ito". Il s'agit donc d'une généralisation du cas
précédent où a et b ne sont
plus constants.
Il est possible de calculer
l'espérance et la variance de dx exactement
de la même façon à celle que pour le processus de Wiener et nous
obtenons très facilement par analogie
:
(240)
Par
conséquent nous pouvons écrire :

où a(x,t)
correspondant au drift instantané et b(x,t) à
la variance instantanée.
Le "mouvement brownien
géométrique" qui permet de définir théoriquement la
meilleure prédiction d'évolution du rendement d'une option est
un cas particulier de processus d'Ito où nous supposons que :
et
(241)
Dès lors nous pouvons écrire l'expression du mouvement brownien
géométrique de la valeur de l'option notée :
(242)
Souvent représentée dans la littérature sous la forme suivante:
(243)
ou encore plus explicitement:
(244)
L'interprétation financière de la relation antéprécédente devient
apparente lorsque nous divisons les deux membres par x:

ce qui correspond aux taux de rentabilité de l'option (ou tout
autre actif de la même famille) sur une période infinitésimale dt.
Le mouvement brownien géométrique est donc à priori un bon candidat
pour modéliser
l'évolution du prix d'un actif financier à partir de sont taux
de rentabilité.
Dans la littérature spécialisée, le return est aussi parfois
noté (notation
justifiée)
sous la forme de l'équation différentielle stochastique suivante
:
(245)
où
est bien évidemment le prix de l'option (sous-jacent) appelé "stock
price" au temps t. C'est la notation que nous
adopterons pour la suite.
Au cas où (processus
de Wiener, autrement dit le prix de l'action est parfaitement
connu à un temps donné), nous nous retrouvons avec une équation
différentielle
(connue dans le domaine) que nous pouvons de suite résoudre :
(246)
où rappelons que dans la littérature spécialisée, est
appelé la "dérivation" et
la
"volatilité".
Nous allons voir maintenant
à l'aide du "lemme d'Ito",
qu'il est possible (ce qui n'est pas une possibilité unique!) d'établir
qu'un tel processus
peut définir une loi log-normale (cf. chapitre
de Statistiques).
Le lemme d'Ito est établi
à partir de la formule de Taylor à 2 variables x
et t définie
par :
(247)
avec
à l'origine du mouvement brownien.
En considérant ,
et en prenant les termes que jusqu'au deuxième ordre (approximation
formelle périlleuse mais numériquement non obligatoire à
l'aide de la puissance de calcul des ordinateurs), nous avons :
(248)
Revenons maintenant à :
(249)
Elevons au carré, nous obtenons :
(250)
Or
:
(251)
et comme nous l'avons démontré
en probabilités et statistique:
(252)
Nous avons alors :
(253)
Donc :
(254)
Par ailleurs :
(255)
qui tendent tout deux vers
0 quand
tend vers 0.
Par conséquent :
(256)
En considérant une subdivision
du temps en intervalles dt extrêmement
petits qui implique ,
donc en se plaçant en temps continu (donc un modèle continu),
l'application de la formule de Taylor peut alors s'écrire:
(257)
il s'agit du lemme d'Ito également appelé "théorème
d'Itô-Doeblin".
Remarque: Comparer la forme de la dernière égalité à la relation

Si nous prenons:
(258)
Dès lors :
(259)
Dans ce cas :
(260)
En
revenant à l’hypothèse de mouvement brownien géométrique, nous savons
que nous devons considérer que :
et
(261)
Nous avons donc :
(262)
et nous obtenons finalement
l'équation différentielle stochastique à coefficient constants :
(263)
Soit en reprenant la notation du début sous forme explicite:
(264)
ou sous une autre forme encore plus explicite:

Remarque: Se rappeler que nous sommes partis de la relation 
dF
définit alors un mouvement brownien avec drift particulier
dont nous pouvons maintenant mesurer les paramètres (c'est ce que
nous voulions obtenir). Par conséquent, les résultats que nous avions
obtenu pour le mouvement brownien peuvent êtres récupérés et nous
permettent d'écrire :
(265)
ce
qui revient dire que dx suit
une loi log-normale de paramètres:
et
(266)
Nous
avons donc obtenu une formulation (sous forme de fonction de distribution
probabiliste) d'une variation temporelle et du return intrinsèque
d'une action qui peut être utilisé à des fins décisionnelles
d'investissements sur une prévision temporelle donnée (nous devions
absolument éliminer
la variable intrinsèque x des
paramètres de la fonction de distribution puisque cette dernière
est en pratique impossible à déterminer à cause du trop grand
nombre de facteurs du marché et qu'elle est justement... la valeur
que l'on cherchait à déterminer).
Critique : Deux prétentions
de la formule de Black & Scholes sont que le ln(x) est
une variable aléatoire normalement distribuée et que les prix
de l'action (Stock) ne s'affectent pas avec le temps. Cependant,
un des propriétés principales des données de série chronologique
(time-series data) est justement que la variance est auto-régressive
(autrement dit : "corrélée").
Il existe d'autres modèles
que le log-normale mais celle-ci de par sa facilité est la plus
répandue. Il faut cependant encourager d'autres méthodes plus
généraliste,
numériques et d'autres modèles que ne manqueront pas de développer
des mathématiciens.
ÉQUATION
DE BLACK & SCHOLES
Nous avons obtenu lors des
développements précédents, sous la contrainte d'une loi log-normale
et d'un mouvement brownien, l'équation différentielle suivante
pour la marche aléatoire de la valeur de l'action :
(267)
Si nous construisons maintenant
un portefeuille consistant en une option et un nombre de
titres sous-tendants. La valeur du portefeuille est alors exprimée
par :
(268)
Le différentiel temporel
du portefeuille s'écrit alors :
(269)
Vous remarquerez que nous
supposons constant (et négatif) le nombre durant
le différentiel de temps.
En réunissant les relations
précédentes et (nous adoptons ici la notation traditionnelle usitée
dans le domaine de l'économétrie où) :
(270)
nous trouvons pour la valeur
du portefeuille l'équation différentielle suivante :
(271)
Considérons maintenant que
est
lié par la relation de dépendance spéculative (dont nous prenons
la valeur entière) :
(272)
Nous pouvons alors écrire
:
(273)
Or, nous avons également
:
(274)
En substituant maintenant
le deux relations :
(275)
dans :
(276)
Nous obtenons :
(277)
qui
n'est d'autre que l'équation différentielle partielle de Black &
Scholes.
L'objectif bien évidemment
est de résoudre cette équattion différentielle
afin de déterminer le return F(S,t).
Celle-ci ne se laisse par ailleurs pas résoudre en deux
lignes. Avant de nous attaquer à cette tâche quelques
remarques préalables utiles :
R1. D'abord, il est important
de comprendre que le "delta" d'une option défini par :
(278)
représente le taux
de changement de la valeur des options du portefeuille dépendamment
des valeurs des titres sous-jacents S.
Ce terme est fondamental dans la théorie et dans la pratique
et nous en ferons fréquemment usage. C'est donc une mesure
dans la corrélation entre le mouvement de l'option ou
autres actifs financiers et dérivés et les sous-jacents.
R2. Deuxièmement,
l'opérateur différentiel linéaire
donné par :
(279)
aurait une interprétation
financière comme mesure de la différence entre le
retour d'une option (les deux premiers termes) et l'ensemble d'un
portefeuille contenant cette option (les deux dernier termes). Dans
le cas d'une option européenne, nous aurions dès lors
que la différence des couples de ces termes doit être
nulle tel que :
(280)
Je ne suis pas tout à
fait convaincu mais si un spécialiste qui lirait ces lignes
pourrait m'expliquer qu'il me contacte via la page ad hoc du site.
R3. Troisièmement,
nous notons que le paramètre
(dérivation) est absent. En d'autres termes, la valeur d'une
option est indépendant de la vitesse de variation des valeurs
des titres sous-jacents. Le seul paramètre qui affecte le
prix de l'option est la volatilité
de l'option sous-jacente. Une conséquence de cela est que
deux personnes ayant des opinion divergents quand à la valeur
de
sont toujours en entente sur la valeur de l'option.
Avant de nous attaquer à
la résolution de l'équation B.S. donnons déjà
les solutions avec un rappel des termes (cela permettra d'avoir
une idée préalable des concepts utilisés lors
des développements et de plus je ne risque pas d'écrire
ceux-ci avant un ou deux ans...) :
Soient F(S,t)
la valeur d'une option Call C(S,t)
ou Put P(S,t),
la volatilité du sous-jacent, E le
prix d'exercice, T la date d'expiration et r l'intérêt
- Pour le Call européen (valeur de l'option d'achat)
la solution est :
(281)
où N(x)
est donc une la loi normale centrée réduite :
(282)
avec :
(283)
et :
(284)
La distribution normale cumulée de ce paramètre représente
la probabilité que l'option soit exercée dans un univers risque-neutre.
Multiplié par E, la valeur normale cumulée du paramètre
précédent représente donc en quelque sorte l'espérance, en univers
risque-neutre, de paiement du prix d'exercice. L'exponentielle
se trouvant dans l'expression de C(S,t) est la facteur d'actualisation.
et pour un Put européen
(valeur de l'option de vente) :
(285)
Dès lors, le "delta
du call" est donné par :
(286)
et le "delta du put" par :
(287)
et il est facile de vérifier
que ces solutions satisfont l'équation de parité put-call
:
(288)
et voici les commandes intégrées
à Maple pour lancer le calcul :
> with(stats);
> CND := proc(d)
> statevalf[cdf,normald](d);
> end:
> BlackScholesCall:=proc(S,X,T,r,v)
> local d1,d2;
> d1:=(ln(S/X)+(r+v^2/2)*T)/(v*sqrt(T));
> d2:=d1-v*sqrt(T);
> S*CND(d1)-X*exp(-r*T)*CND(d2);
> end:
> BlackScholesPut:=proc(S,X,T,r,v)
> local d1,d2;
> d1:=(ln(S/X)+(r+v^2/2)*T)/(v*sqrt(T));
> d2:=d1-v*sqrt(T);
> X*exp(-r*T)*CND(-d2)-S*CND(-d1);
> end:
Voici ce que cela donne pour une option sur un sous-jacent compris
entre 70<S<120.-, un prix d'exercice K valant 100.-,
un taux sans risque de 12% et une volatilité de 0.1 et une
expiration sur une année T=1:
Remarque: Il est sûr que les formules de Black & Scholes
ont permis l'essor des marchés aux options, en permettant
une spéculation sécurisée. Cela reste de
la spéculation (les acteurs spéculent les uns
par rapport aux autres sur la volatilité des actions),
mais cette spéculation
reste sécurisée par la formule de couverture, qui
évite que les pertes ne soient trop importantes.
Il existe néanmoins des inconvénients
à leur utilisation. Le plus important est sûrement
l'effet d'emballement qu'elles provoquent. Supposons par exemple
que vous êtes le vendeur d'une option sur l'action d'une société
S. Celle-ci annonce des résultats légèrement
inférieurs à ceux attendus. Son cours baisse, et c'est
normal. La formule de couverture de Black and Scholes vous recommande
alors de diminuer le nombre d'actions de cette société
dans votre portefeuille, ce que vous faites. Mais tous les acteurs
du marché font le même raisonnement, engendrant une
nouvelle baisse du cours de l'action. La formule de couverture de
Black and Scholes vous recommande de vendre encore des actions,
etc.... Cela peut déclencher un véritable emballement
du marché, à la baisse comme à la hausse. Ceci
est accentué par le fait que bien souvent, les ordres d'achat
ou de vente sont automatisés, implémentés directement
dans les logiciels, et ne nécessitent plus d'interventions
humaines.
D'autre part, la formule de couverture de Black and Scholes est
efficace pour de petites variations de cours, mais pas pour des
"dévissages" brutaux et importants. Ainsi, un an
à peine après avoir reçu leur prix Nobel d'économie,
Robert Merton et Myron Scholes furent impliqués dans la déconfiture
du fonds d'investissement américain LTCM à l'automne
1998, à la suite de la grave crise russe dé l'été
1998.
VALUE AT RISK
Les mesures du risque ont bien évolué depuis que
Markowitz a avancé sa
célèbre théorie de la diversification de portefeuille à la fin
des années 1950, théorie qui devait révolutionner la gestion de
portefeuille moderne. Le risque d'un portefeuille était alors relié à la
matrices des covariances-variances comme nous l'avons démontré théoriquement
et par l'exemple.
Dans les années 1960, Sharpe a proposé le modèle unifactoriel
d'évaluation des actifs financiers où le bêta est le facteur explicatif
principal du risque d'un portefeuille via la matrice des bêta.
Au début des années 1990, une nouvelle mesure du risque a fait
son entrée. En effet, on reconnaissait de plus en plus
les limites des mesures traditionnelles du risque. Il fallait se
donner
des
mesures du
risque de baisse de la valeur des actifs. Pour ce faire, il fallait
trouver des mesures qui sont davantage reliées à l'ensemble de
la distribution des flux monétaires d'un portefeuille. C'est dans
ce contexte qu'une mesure nominale du risque a été proposée: la
VaR.
Cette nouvelle mesure a d'abord servi à quantifier le risque
de marché auquel
sont soumis les portefeuilles bancaires. En effet, l'Accord de
Bâle a imposé aux banques, en 1997, de détenir un montant de capital
réglementaire pour pallier aux risques standards de marché. Or,
ce capital est depuis lors calculé à partir de la VaR et est devenue
de plus en plus populaire pour évaluer le risque
de portefeuilles institutionnels ou individuels. Elle permet entre
autres d'évaluer
les risques de type asymétrique, comme celui qui est associé aux
options, l'écart-type et le bêta ne permettant pas de prendre en
compte ce risque de façon vraiment satisfaisante.
Définition: La "Value
at Risk" (VaR)
est la perte maximale que peut subir un gestionnaire de portefeuille
durant
une certaine période de temps avec une probabilité donnée.
A supposer que cette probabilité soit de 95% (par tradition avec
l'usage des statistiques), la marge d'erreur ayant trait à cette
perte maximale n'est alors que de 5%. Supposons que la distribution
des flux
monétaires
d'un portefeuille obéisse à une
loi Normale... Supposons également que la variable aléatoire X représente
la valeur du portefeuille avec:
(289)
donc que la valeur du portefeuille varie de manière régulière
(hasard sage) et est sous contrôle...
La variable aléatoire X peut donc être réécrite en termes
de la variable normale centrée réduite (cf.
chapitre de Statistiques) :
(290)
Soit le
seuil critique associé à la probabilité visée. Nous pouvons alors écrire:
(291)
La VaR est alors définie par :
(292)
Exemple:
Supposons que nous voulions calculer la VaR annuelle d'un portefeuille
avec une probabilité de 99% (seuil de confiance). L'écart-type
annuel de ce portefeuille est de 100 M$ (c'est donc
un gros portefeuille!). Pour une probabilité de 99% les tables
nous donnent en valeur absolue (voir
le traitement des intervalles de confiance dans le chapitre de
Statistiques). La VaR de ce portefeuille pour une période d'un
an est donc de:
(293)
Il faut donc un capital risque de 232.6 M$ pour couvrir
les pertes à 99% pour ce portefeuille pour lequel la valeur n'a
pas été communiquée
mais dont seulement l'écart-type est
connu.
Une autre manière de voir la VaR est de dire que cette
valeur signifie que nous avons 1% de chance de perdre plus de 232.6
M$ d'ici à l'année prochaine, respectivement, que nous
avons 99% de chances de perdre moins de 236.2 M$.
La mesure de VaR que nous venons de donner est une mesure relative
car elle ne tient pas compte de la moyenne des pertes et profits.
Si le profit moyen est de 10 M$ dans l'exemple qui
vient d'être donné, la VaR absolue est de 222.6 M$.
Mais comme le profit moyen est généralement quasi-nul sur une courte
période de temps, nous nous en tenons la plupart du temps à la
mesure relative de la VaR.
Précisons davantage cette relation entre VaR absolue et VaR relative.
Nous calculons généralement la VaR à partir des rendements d'un
portefeuille!
Rappelons d'abord que suite à notre étude du modèle de Bachelier
nous avons démontré que l'espérance totale de la valeur (ou rendement)
d'un portefeuille suivant une loi normale centrée réduite est proportionnelle à la
racine carrée du temps.
Supposons que la période d'observation t soit d'un mois.
Le rendement mensuel espéré pour le portefeuille de valeur initiale S est
de (son
espérance donc...) et la variance mensuelle de son rendement de .
Sa VaR relative au seuil de confiance c (dont dépend )
est donc de (vous pouvez vérifier que l'équation est bien homogène!)
:
(294)
Remarque: Contrairement à ce
que nous avions vu lors de notre étude
des seuils/intervalles de confiances dans le chapitre de Statistiques,
nous ne divisons pas par 2 l'argument de la fonction MS Excel NORMALSINV()
pour obtenir le dans
la situation ci-dessus car ce qui nous intéresse c'estseulement
un côté de la courbe centrée réduite (le côté "pessimiste")
et non les deux.
Cette dernière relation ne tient pas compte du rendement moyen
mensuel espéré pour ce titre, soit .
La VaR absolue est donc obtenu en retranchant ce rendement à la
VaR relative, c'est-à-dire:
(295)
La VaR absolue est donc bien évidemment inférieur à la VaR relative
de ce montant.
Une question fondamentale se pose ici: à quoi sert la VaR? Mentionnons
d'abord qu'elle se révèle d'une grande utilité puisqu'elle est
mesurée en termes nominaux et non en pourcentage, tel le bêta.
Une fois qu'une institution financière a calculé sa VaR globable,
c'est-à-dire la perte maximale qu'elle peut encourir sur l'ensemble
de son bilan pour une probabilité prédéterminée, il lui est loisible
de se servir de ce montant pour déterminer le capital (avoir propre)
minimal qu'elle doit maintenir pour ne pas s'exposer à la faillite.
Si en effet elle détient un capital moindre et que la perte maximale
probabiliste se produit, son avoir propre sera négatif et elle
devra peut-être déposer son bilan.
La VaR est donc très utile pour une institution financière, car
elle lui permet de déterminer le niveau du capital qu'elle doit
maintenir pour survivre. Quand la VaR est utilisée à cette
fin, nous l'appelons plus communément CaR pour "Capital
at Risk", c'est-à-dire que le capital que doit maintenir une
institution financière est calculé ou évalué selon les risques
auxquels ell est exposée. Plus le risque est important, plus elle
devra maintenir un capital élevé. Cela apparaît bien raisonnable,
car le capital détenu par une institution financière est d'abord
et avant tout un file et sécurité. Pour une banque, il vise à protéger
les dépôts à son passif. La VaR se présente donc comme une mesure
appropriée pour définir le capital réglementaire que doit détenir
une institution financière. C'est pourquoi le Comité de Bâle, chapeauté par
la Banque des règlements internationaux, retenait cette mesure
pour calculer le capital réglementaire d'une institution de dépôts
en 1995 et qui est devenue effective en janvier 1998. Celles-ci
doivent maintenant calculer leur exposition au risque en recourant à la
VaR.
ANALYSE DES SÉRIES TEMPORELLES
Contrairement à l'économétrie traditionnelle, le but de l'analyse
des séries temporelles (AST) n'est pas de relier des variables
entre elles, mais de s'intéresser à la dynamique d'une variable
dans le temps pour découvrir certaines régularités afin de pouvoir
extrapoler ou d'établir des prévisions sous réserve de l'hypothèse
qu'on puisse relier une observation à celles qui l'ont précédée.
Avec une analyse fine, il est même possible d'établir des prévisions "robustes" vis-à-vis
de ruptures brusques et de changements non-anticipables.
Remarque: À majoritairement très bas niveaux de compétences,
ce domaine est appelé "Business Intelligence" dans les
entreprises. Une variable analysée sous forme AST sera elle appelée
un "Indice de Performance Clé" (IPC) et un ensemble d'IPC
un "tableau de bord".
Définition: Une "série temporelle" (plus rigoureusement
on devrait parler de "suite"!) est une suite d'observation d'une
variable y à différentes dates t. Habituellement
l'espace de base de t est dénombrable, de sorte que .
Le tout étant noté:
(296)
Une série temporelle est donc toute suite d'observations correspondant à la
même variable: il peut s'agit de données macroéconomiques (le PIB
d'un pays, l'inflation, les exportations), microéconomiques (les
ventes d'une entreprise donnée, son nombre d'employés, le revenu
d'un individu, ...), financières (le CAC40, le prix d'une option
d'achat ou de ventre, le cours d'une action), météorologiques (la
pluviosité, le nombre de jours de soleil par an...), politiques (le
nombre de votants, de voix reçues par un candidat...), démographiques
(la taille moyenne des habitants, leur âge...).
En pratique, tout ce qui est chiffrable et varie en fonction
du temps peut être analysé relativement pertinemment sous forme
de AST tant que la personne qui manipule le modèles sait ce qu'elle
fait (ce qui est rare dès qu'on sort du domaine publique et étatique...).

(297)
La dimension temporelle est ici importante car il s'agit de l'analyse
d'une chronique historique: des variations d'une même variable
au cours du temps, afin de pouvoir en comprendre la dynamique.
On représente en général les séries temporelles sur des graphiques
de valeurs (ordonnées) en fonction du temps (abscisses). Une telle
observation constitue un outil essentiel qui permet au modélisateur
ayant un peu d'expérience de tout de suite se rendre compte des
propriétés dynamiques principales, afin de savoir quel test statistique
pratiquer. La figure précédente montrent différentes séries temporelles à titre
d'exemples.
Définitions:
D1. Les séries qui oscillent autour de leur moyenne sont appelées "séries
stationnaires".
D2. Les séries qui semblent croître ou baisser sur l'ensemble
de l'échantillon observé sont appelles des "séries tendancières" et
leur moyenne n'est pas constante.
D3. Les séries qui ne sont ni stationnaires ni tendancières haussière
ou baissière à long terme sont appelées "séries non-stationnaires".
D4. Les séries qui présentent une périodicité régulière sont
appelées "séries saisonnières".
Les caractéristiques de ces graphiques sont toutes modélisables
et analysables dans le cadre de l'analyse des séries temporelles.
Il existe pour cela des outils plus ou moins complexes dont certains
ne peuvent être mis en doute et dont d'autres sont des modèles
heuristiques qu'il faut savoir manipuler et utiliser avec précaution.
Dans le texte qui va suivre, nous allons nous intéresser qu'aux
modèles élémentaires accessibles sans une artillerie mathématique
lourde.
Définition: Nous appelons "processus
AutoRégressifs
d'ordre 1" AR(1)
le modèle déjà établi lors de notre étude du processus de Wiener
et noté dans le cas d'étude des séries temporelles par:

où la fonction WN (pour Wiener) est pour rappel ce que nous appelons
un "bruit blanc".
La seule différence par rapport au mouvement "mouvement
brownien standard" c'est qu'il y a ici la présence d'un facteur
d'inertie qui
influence fortement la dynamique du processus. Effectivement, comme
il est très facile de le faire dans MS Excel conformément à la
procédure indiquée lors de notre étude des processus de Wiener:
Voici différents tracés de la série temporelle en fonction de
quelques valeurs du facteur d'inertie:

(298)
Si nous considérons comme
un variable aléatoire spécifique (ayant une fonction de densité donnée)
que nous noterions X et comme
une autre variable aléatoire spécifique (ayant une fonction de
densité donnée) que nous noterions Y, alors rien ne nous
empêche étant connue les fonctions de densité de chacune des ces
variables, de calculer leur covariance:

Par exemple, dans la pratique nous connaissions souvent les espérances des
deux variables aléatoires aux deux moments différents ainsi que
quelques unes des valeurs de leurs distributions sous jacentes
(réalisations aléatoires). Alors il devient aisé de calculer leur
covariance. Mais ce n'est pas un indicateur vraiment utile. Rien
ne nous empêche en supposant une relation linéaire d'utiliser le
coefficient de corrélation linéaire:
(299)
Mais qui se note alors traditionnellement et trivialement dans
le cas des séries temporelles:
(300)
et est appelé "coefficient d'autocorrélation".
Voici par exemple une famille de séries temporelles:

(301)
avec leur "corrélogramme" correspondant pour différentes
valeurs de h (en abscisse) et la valeur de en
ordonnée:

(302)
Définition: Une série temporelle est dite "stationnaire
au sens faible" si les premiers (espérance) et second (ordre)
moments existent et sont constant dans le temps:
(303)
La première condition (constance de l'espérance) élimine donc
toute tendance. Si la fonction de densité sous jacente à chaque est
une loi Normale, alors nous parlons de "processus
Gaussien".
Dans le cas contraire, nous dirons sur ce site qu'elle est non
stationnaire.
Considérons un cas important dans de nombreuses entreprises sur
certaines périodes plus ou moins longues. Soit:
(304)
la moyenne temporelle. Si converge
en probabilité vers quand nous
disons que le processus est "ergodique
pour la moyenne".
Donc quand :
(305)
RÉGRESSION LOGISTIQUE
Il arrive toujours dans les entreprises que dans l'analyse d'un
produit, que celui-ci voie son nombre de ventes croître, ensuite
passer par une inflexion et ensuite aller vers une asymptote pour
diminuer à nouveau par la suite avec une caractéristique similaire.
Le modèle logistique dans le cadre de l'analyse des séries temporelles
(à ne pas confondre avec celle définie en Statistiques) et défini
ainsi:
(306)
et inspiré de nombreux modèle que l'on retrouve en physique et
où est
le seuil de saturation (asymptote horizontale) qui peut être déterminée
suite à un audit du marché et son % de pénétration.
b et r sont eux deux paramètres du modèle tels
que:
(307)
le point d'inflexion est toujours donné par le cumul de 50% des
ventres du seuil de saturation. Le résultat est une courbe en S du
type suivant:

(308)
où en jaune a été représenté les données actuelles d'une entreprise
et en bleu le modèle théorique prévisionnel associé.
Pour déterminer l'équation de la courbe logistique on peut utiliser
directement les solveurs de certains logiciels. Mais ceux-ci ont
parfois besoin d'avoir des données de départ proches de la valeur
théorique. Nous allons donc d'abord montrer comment ces valeurs
de départ peuvent être déterminées avec un exemple.
Considérons le tableau suivant fait avec MS Excel (les ventes
sont en centaines de millier d'unités):

(309)
et le graphique associé:

(310)
qui pourrait être jugé comme linéaire à un néophyte suivant à quel
moment commence l'analyse descriptive des ventes dans l'entreprise.
Pour déterminer le modèle théorique, nous allons linéariser l'équation
logistique en utilisant un seuil hypothétique (objectif de ventes
du marché) 800.
Donc:
(311)
Soit à calculer la nouvelle variable à expliquer:
(312)
et le modèle linéaire s'écrit donc:
(313)
avec donc:
(314)
Soit:
(315)
Dans notre exemple, la régression linéaire (cf.
chapitre de Méthodes
Numériques) donne:
(316)
Nous avons alors immédiatement:
(317)
Soit sous forme graphique:

(318)
avec ce modèle formel, nous avons une somme des carrés des écarts
entre les mesures et le modèle (cf. chapitre
de Statistique) de:
(319)
Maintenant, entrons ces données dans MS Excel sous la forme suivante:

(320)
avec la structure suivante:

(321)
Si nous lançons le solveur avec les paramètres suivants:

(322)
Ce qui donne:

(323)
Soit:
(324)
avec:
(325)
soit nettement inférieur à notre approche utilisant la régression
linéaire et donc meilleur. Graphiquement cela donne:

(326)
Nous voyons nettement que le modèle du solveur (modèle numérique)
est meilleur que le modèle formel donné par une régression linéaire!
Remarque:
Outre les outils présentés dans ce chapitre, signalons aussi qu'une
série temporielle peut parfois être analysée de manière pertinente
avec une transformée de Fourier (cf.
chapitre de Suites Et Séries)
pour avoir les harmoniques et l'amplitude de la série. Enfin, indiquons
qu'il est aussi trivialement possible de faire la différence de
tous les points consécutifs dans le temps d'un série temporelle
et ensuite de faire un histogramme pour déterminer la loi de probabilité
des
fluctations, ce qui permet de faire de l'inférence statistique
avec toutes les précautions nécessaires.
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