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(147 Biographies à ce jour)

Prix Nobel
Médaille de Fields

Soyez informés des lauréats des prix Nobel (physique, chimie, économie), médaille de Fields, prix du CNRS... en cliquant sur les liens ci-dessus.

Cette page présente une poignée d'hommes qui postulent une étrange renommée. Selon les règles de l'histoire qu'on enseigne à l'école primaire, ils n'existent pas, ils n'ont commandé aucune armée, ils n'ont envoyé personne à la mort, ils n'ont dirigé aucun empire et ils n'ont eu qu'une part minime dans les grandes décisions historiques. Certains ont acquis quelque célébrité, mais aucun ne fut jamais un héros national. Pourtant leur oeuvre a davantage influencé le cours de l'histoire que bien des actes accomplis par des hommes d'état auréolés d'une gloire très supérieure. Elle a produit plus de boulversements que le va-et-vient des armées en bataille par-dessus les frontières, elle a fait plus pour le bonheur ou le malheur que les édits des rois et des assemblées. Car leur oeuvre, c'est d'avoir façonné l'esprit de l'homme.

Qui propage ses idées manie un pouvoir bien supérieur à celui de l'épée ou du sceptre : aussi ont-ils façonné et dirigé le monde. Pour la plupart, ils n'ont pas levé le moindre petit doigt pour agir physiquement; ils ont travaillé essentiellement en intellectuels, dans le silence et l'oubli, sans se soucier outre mesure du monde environnant. Mais, dans leur sillage, des empires se sont écroulés et des continents disloqués, des régimes politiques se sont soit renforcés soit érodés, les classes se sont dressés les unes contre les autres, ainsi que les nations. Non pas sous l'effet d'un noir complot, mais de par la puissance extraordinaire de leurs idées. Qui sont ces hommes (femmes) ? : des savants, économistes, chimistes, biologistes, mathématiciens, physiciens, informaticiens, ingénieurs,...

Les biographies ci-dessous des scientifiques les plus connus à travers le monde sont triées par ordre alphabétique. Si vous souhaitez que nous rajoutions une entrée, il vous suffit de nous envoyer par e-mail les nom et prénom de la personne concernée et la raison pour laquelle vous aimeriez la voir figurer dans la liste ci-dessous. Nous étudierons ensuite la proposition et prendrons la décision qui s'impose quant au choix de l'insérer.

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

Les tailles des biographies ne sont pas proportionnelles au nombre d'articles publiés ou découvertes effectuées, mais à la quantité d'informations trouvées sur ces personnages sur l'Internet ou dans la littérature.

La liste n'est pas exhaustive mais son objectif est rendre hommage et de se remémorer les grands hommes qui ont fait des sciences pures et exactes ce qu'elles sont aujourd'hui et qui ont consacré une partie ou l'entier de leur vie à la des sciences, l'art le plus contraint.


Alembert, Jean le Rond (1717-1783), enfant naturel d'un commissaire d'artillerie, abandonné sur les marches de la chapelle parisienne de Saint-Jean-Le-Rond, le futur grand philosophe, mathématicien et physicien est recueilli par un vitrier qui recevra secrètement une pension pour subvenir à l'éducation du jeune garçon qui étudiera brillamment le droit, la médecine et les mathématiques. Suite à la publication de divers mémoires (sur le calcul intégral, sur la réfraction des corps solides), d'Alembert entre à l'Académie des sciences (1741). On lui doit le célèbre principe de la quantité de mouvement, dit "principe de d'Alembert" dans son Traité de dynamique (1743). En astronomie, il est l'auteur (1749) d'un traité sur la précession des équinoxes qu'il explique au moyen de la théorie de la gravitation universelle de Newton et d'une solution partielle au problème des trois corps. D'Alembert établit aussi une théorie mathématique des cordes vibrantes en étudiant la nature composite du son (harmoniques).

Ampère, André-Marie (1775-1836) à 18 ans il connaît la majeur partie des oeuvres mathématiques de son temps. Mathématicien de premier ordre, il montre comment l'on doit utiliser cette science, qu'il considérait comme une branche de la philosophie, à l'étude des découvertes des faits physiques pour en donner une relation définitive. En quelques semaines, Ampère établit les bases de toute une science à laquelle il donne le nom d'électromagnétisme. Il cherche à comprendre le magnétisme des aimants et en tire un hypothèse de "courants particulaires" (orbites électroniques et orientation du spin aujourd'hui).Il établit également l'égalité du nombre de molécules dans des volumes égaux de Gaz de natures différentes, mais mesurés dans des conditions identiques de température et de pression (observation expérimentale de Gay-Lussac).

Archimède, De Syracuse (287-212 av. J.-C.), mathématicien et ingénieur grec célèbre à la fois comme mécanicien théoricien et comme constructeur de machines. Archimède de Syracuse eut une production mathématique exceptionnelle, dont une partie nous est parvenue dans des traités comme Sur la sphère et le cylindre; la Mesure du cercle; la Quadrature de la parabole; Des spirales; Des conoïdes et sphéroïdes; la Méthode, Des corps flottants... C'est à partir de ses travaux mécaniques que les principales anecdotes le mettant en scène, comme celle du levier ou du bain, vont se constituer. La célèbre maxime : «Donnez-moi une place où me tenir et je mettrai la terre en mouvement» est un écho populaire de la contribution archimédienne à la statique, exposée dans le traité des Équilibres. Archimède démontre la loi du levier, introduit la notion fondamentale de centre de gravité, et détermine ces barycentres pour les principales figures géométriques planes. Il en est de même pour l'anecdote d'Archimède, jaillissant nu de son bain, en criant «Eurêka», parce qu'il venait, dit-on, de trouver le moyen de résoudre le problème que lui avait posé le roi Hiéron. En fait, le récit est une mise en scène spectaculaire de la découverte du principe fondamental de l'hydrostatique (communément appelé depuis "principe d'Archimède"). En géométrie, l'œuvre d'Archimède développe celle d'Eudoxe de Cnide telle que nous la connaissons par le livre XII des Éléments d'Euclide : il s'agit de comparer les mesures des figures planes et solides, en particulier des figures curvilignes. Ainsi Archimède démontre que le volume du cylindre circonscrit à une sphère est égal à une fois et demie le volume de celle-ci et que la surface latérale du cylindre est égale à celle de la sphère ou quatre fois la surface d'un grand cercle. Donc, si l'on sait calculer la surface du cercle, on connaîtra celle de la sphère, du cylindre, son volume et celui de la sphère, etc. En plus des résultats déjà cités, Archimède a réussi la quadrature d'un segment de parabole (il est égal aux quatre tiers du triangle inscrit qui a même base et hauteur) et la cubature de certains conoïdes et sphéroïdes (solides de révolution engendrés par une portion de conique). Son résultat le plus célèbre est cependant le plus simple et concerne le cercle. Archimède ramène sa quadrature à un autre problème: la rectification de sa circonférence, c'est-à-dire «trouver une ligne droite égale qui lui soit égale», problème qu'il résout à l'aide d'une courbe géométrique qu'on appelle désormais "spirale d'Archimède". En outre, il calcule des valeurs approchées du rapport circonférence/diamètre (ce que nous appelons le nombre "Pi").


Avogadro, Amedeo conte di Quaregna e di Ceretto (1776-1856), Fils d'un magistrat de Turin, Amadeo Avogadro commence par suivre la voie paternelle. Il passe une licence de droit en 1795 et s'inscrit au barreau de sa ville natale. Mais son goût pour la physique et les mathématiques, auxquelles il n'a cessé de s'intéresser en solitaire, le pousse à entamer sur le tard des études scientifiques. En 1809, il fait une communication à l'Académie royale de Turin ; le succès qu'il remporte grâce à elle lui permet d'obtenir un poste de professeur au Collège royal de Verceil. En 1820, l'Université de Turin crée pour lui une chaire de physique qu'il gardera jusqu'à la fin de sa vie. C'est en étudiant les lois régissant la compression et la dilatation des gaz qu'Avogadro énonce en 1811 l'hypothèse restée célèbre sous le nom de "loi d'Avogadro". Reposant sur la théorie atomique de Dalton et la loi de Gay-Lussac sur les rapports volumiques, la théorie d'Avogadro indique que deux volumes égaux de gaz différents, dans les mêmes conditions de température et de pression, contiennent le même nombre de molécules. Sous son apparente simplicité, cette loi comporte des implications importantes ; grâce à elle, il devient possible de déterminer la masse molaire d'un gaz à partir de celle d'un autre. Mais les chimistes de l'époque, plus intéressés par les expériences, boudent quelque peu les études théoriques d'Avogadro qui ne seront d'ailleurs universellement reconnues que cinquante ans plus tard. Le nom d'Avogadro reste également lié à celui du nombre d'Avogadro (6.023.10E23) indiquant le nombre de molécules contenues dans une seule mole.


Bachelier, Louis (1870-1946) est né au Havre dans une famille de négociants. Il apparaît à sa majorité sur les listes électorales du Havre en 1892 comme représentant de commerce à la même adresse professionnelle que son père. Après avoir effectué son service militaire, à l'âge de 22 ans il reprend ses études à la faculté des sciences de Paris. Elles sont couronnées par une licence ès sciences en 1895 (mention passable) et par la soutenance en 1900 de sa non moins fameuse et méconnue thèse de doctorat en mathématiques. Bien que cette thèse soit considérée aujourd'hui comme un travail précurseur en théorie des probabilités et en théorie financière, elle ne vaut à l'époque à son auteur qu'une mention honorable. De 1913 à 1914 Bachelier dispensa un cours libre de théorie des probabilités appliquées à la mécanique, la balistique et la biométrie. Il fut également chargé de conférences supplémentaires sur les mathématiques générales de 1913 à 1914.  Ce n'est qu'après la guerre de 1914-1918 qu'il obtient un premier poste de chargé de cours à la faculté des sciences de Besançon. Après divers remplacements à Dijon puis à Rennes, il revient à Besançon en 1927 comme professeur titulaire de la chaire de calcul différentiel et intégral, poste qu'il occupe jusqu'à sa retraite en 1937. Louis Bachelier a parmi ses nombreux travaux été le premier a avoir introduit la continuité dans les problèmes de probabilité en prenant le temps comme variable. En particulier, il a élaboré une théorie mathématique du mouvement brownien cinq ans avant Albert Einstein. Il est également bien avant Norbert Wiener, le premier à avoir défini la fonction du mouvement brownien et donné un grand nombre de ses propriétés.

Banach, Stefan (1892-1945) mathématicien polonais qui a posé les bases de l'analyse fonctionnelle. Né à Cracovie en 1892, en Autriche-Hongrie (actuellement ville polonaise). Banach fit ses études secondaires à Cracovie; il se révéla particulièrement brillant en mathématiques et en sciences naturelles, mais son désintérêt pour les autres matières l'empêcha d'obtenir les meilleures mentions.  La vie (au moins mathématique) de Banach va basculer au printemps 1916, quand il rencontre Steinhaus à Cracovie. Avec Otto Nikodym, ils décident de fonder une société mathématique. La recherche mathématique de Banach commence là. Son premier article est cosigné avec Steinhaus. Steinhaus lui avait parlé d'une propriété qu'il ne parvenait pas à démontrer, et après quelques jours de réflexion, Banach exhiba un contre-exemple. Il est difficile de dire ce qu'il serait advenu de l'activité mathématique de Banach sans la rencontre avec Steinhaus, mais toujours est-il qu'il entama à compter de celle-ci une recherche intense et fructueuse. Banach retourne à Lvov en 1920 où un poste d'assistant lui est proposé. Il soutient sa thèse en 1922, et c'est dans cette thèse qu'apparaissent pour la première fois la notion d'espace de Banach, qu'y sont démontrés les théorèmes fondamentaux sur ces objets, où on y évoque la topologie faible... Bref, cette thèse marque la naissance de l'analyse fonctionnelle.   En 1929, il fonde avec Steinhaus la revue mathématique Studia Math, consacrée au développement de l'analyse fonctionnelle, et en 1939 il est élu président de la société mathématique de Pologne. En 1945, peu avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il décède d'un long cancer. De nombreux théorèmes sont associés au nom de Banach, qu'il les ait démontrés lui-même, ou qu'ils fassent référence à ces idées. Citons entre autres : le théorème de Hahn-Banach de prolongement des formes linéaires continues, le théorème de Banach-Steinhaus, de Banach-Alaoglu, le théorème du point fixe de Banach, ainsi que le paradoxe de Banach-Tarski.

Bell, John (1928-1990) fut dès la plus petite enfance attiré par les livres traitant des sciences. À cause de problèmes financiers familiaux il ne put poursuivre immédiatement des études académiques. Il travailla donc pendant une année en tant que technicien au département de physique de l'université de Queen's à Belfast avant de devenir étudiant en 1945 dans ce même département. Il sortit premier de sa promotion en mathématiques-physique. Bell trouva dans les années 60 une nouvelle inspiration dans les bases de la théorie quantique, une matière supposée épuisée par les résultats de la discussion de Bohr-Einstein trente ans plus tôt, et ignorée par pratiquement tous ceux qui ont employé la théorie quantique entre-temps. Effectivement, Bell était intrigué par les incertitudes quantique de Heisenberg et voulait creuser le sujet en montrant que la discussion de tels concepts comme le "réalisme", le "déterminisme" et la "localité" pouvaient êtres affiliés dans un rapport mathématique rigoureux: "les inégalités de Bell" vérifiables expérimentalement. Bell poussa très loin les doutes qu'il avait sur les principes d'incertitudes au point qu'il en irrita même son professeur (Sloane) qui lui fit remarquer que maintenant il allait un peu trop loin! Bell attendit son travail de thèse pour développer ses idées. Malheureusement à nouveau à cause de problèmes financiers, il du repousser ses recherches à plus tard et joindre le centre anglais de recherche atomique à Harwell. Pendant sa carrière il épousa une femme (Mary Bell) qui l'aida dans le développement de ses travaux sur les principes fondamentaux de la théorique quantique. C'est en 1951 avec Rudolf Peierls que Bell développa sa célèbre théorie C.P.T. (Charge, Parity, Time). Malheureusement pour Bell, Gerhard Lüders et Wolfgang Pauli arrivèrent au même résultat dans la même période et c'est à eux que furent attribué les crédits de la découverte. Les développements théoriques de Bell sont à l'origine de la cryptographie et de la théorique de l'information quantique. L'attention à la théorie quantique de l'information a énormément augmentée au cours des dernières années, et le sujet semble sûr d'être l'un des secteurs scientifiques dont la croissance sera la plus importante au 21ème siècle. Un autre travail de première importance de Bell en 1969 fut la participation au développement de "l'anomalie A.B.J." (Adler-Bell-Jackiw) dans la théorie quantique des champs. Ces trois physiciens montrèrent que le modèle algébrique standard contentait une erreur. Effectivement la quantification du modèle des champs brise une symétrie. Bell fut nommé pour le prix Nobel, qu'il aurait certainement obtenu s'il n'était pas décédé d'une attaque cérébrale en 1990.


Bernoulli, Daniel (1700-1782), savant suisse qui découvrit les principes de base du comportement d'un fluide. Il étudia l'écoulement des fluides et formula le principe selon lequel la pression exercée par un fluide est inversement proportionnelle à sa vitesse d'écoulement. Il utilisa des concepts atomistes pour ébaucher la première théorie cinétique des gaz, en exprimant leur comportement en termes de probabilités sous des conditions particulières de pression et de température. On peut le considérer comme l'un des fondateurs de l'hydrodynamique.


Bessel, Friedrich (1784-1846) Né à Minden en Westphalie, Bessel commença à travailler très jeune comme commis. Attiré par la navigation maritime, il s’intéressa aux observations nautiques, construisant lui-même son sextant et étudiant l’astronomie à ses heures de liberté. Il calcula la trajectoire de la comète de Halley, résultat qui fut immédiatement publié et lui permit d’obtenir, en 1806, un emploi d’assistant à l’observatoire de Lilienthal. En 1810, il devint directeur du nouvel observatoire de Königsberg, tout en poursuivant des études mathématiques. Il dut enseigner les mathématiques à ses étudiants en astronomie jusqu’en 1825 (date à laquelle Jacobi vint enseigner cette matière à Königsberg). Toute sa vie fut consacrée à l’astronomie (il écrivit plus de 350 articles) et, peu avant sa mort, il commença l’étude du mouvement d’Uranus, problème qui devait aboutir à la découverte de Neptune. En mathématiques, Bessel est connu pour avoir introduit les fonctions qui portent son nom, les utilisant pour la première fois, en 1817, lors de l’étude d’un problème de Kepler, et les employant plus complètement sept ans plus tard pour étudier les perturbations planétaires.


Bohr, Niels Henrik David (1885-1962), physicien danois, prix Nobel en 1922, pour sa contribution à la physique nucléaire et à la compréhension de la structure atomique. La théorie de Bohr sur la structure atomique, pour laquelle il reçut le prix Nobel de physique en 1922, fut publiée entre 1913 et 1915. Son travail s'inspira du modèle nucléaire de l'atome de Rutherford, dans lequel l'atome est considéré comme un noyau compact entouré d'un essaim d'électrons. Le modèle pose en principe que l'atome n'émet de rayonnement électromagnétique que lorsqu'un électron se déplace d'un niveau quantique à un autre. Ce modèle contribua énormément aux développements ultérieurs de la physique atomique théorique.


Boltzmann, Ludwig (1844-1906), physicien autrichien qui contribua à établir les bases de la mécanique statistique. Ayant fait ses études à Vienne et à Oxford, il enseigna la physique dans différentes universités allemandes et autrichiennes pendant plus de quarante ans. Développant la théorie cinétique des gaz, notamment à partir des travaux de Maxwell, il établit que la seconde loi de la thermodynamique pouvait être obtenue sur la base de l'analyse statistique. Calculant le nombre de particules dotées d'une énergie donnée, il établit la statistique dite de Maxwell-Boltzmann. Il exprima l'entropie S d'un système en fonction de la probabilité W de son état. Il put aussi établir de manière théorique la loi de Stefan relative au rayonnement d'un corps noir. Mais il lui fallut expliquer comment les principes mécaniques, où les phénomènes sont réversibles, pouvaient engendrer des lois thermodynamiques décrivant des phénomènes marqués par l'irréversibilité. Il avança l'idée que les évolutions irréversibles, quoiqu'elles ne soient que des possibilités parmi d'autres, sont si probables que ce sont pratiquement toujours elles qui se produisent.


Boole, Georges (1815-1864) Mathématicien et logicien anglais, Boole est le créateur de la logique symbolique. Né à Lincoln et fils d’un petit commerçant, il reçut ses premières leçons de mathématiques de son père, qui lui apprit aussi à fabriquer des instruments d’optique. En dehors des conseils de son père et de quelques années passées dans les écoles locales, Boole est un autodidacte. Quand les affaires de son père déclinèrent, il fut obligé de travailler pour aider sa famille et, dès seize ans, il enseigna dans des écoles de village ; à vingt ans, il ouvrit sa propre école à Lincoln. Pendant ses loisirs, il étudiait les mathématiques à l’Institut de mécanique, créé vers cette époque ; c’est là qu’il se familiarisa avec les Principia de Newton, la Mécanique céleste de Laplace et la Mécanique analytique de Lagrange et qu’il commença à résoudre des problèmes d’algèbre supérieure. Boole soumit au nouveau Cambridge Mathematical Journal une série d’articles originaux dont le premier est Recherches sur la théorie des transformations analytiques ; ces articles portaient sur les équations différentielles et sur les invariants par transformation linéaire. En 1844, il étudie les liens entre l’algèbre et le calcul infinitésimal dans un important mémoire publié dans les Transactions de la Royal Society, qui lui décerne une médaille cette même année pour sa contribution à l’analyse (c’est-à-dire l’utilisation de l’algèbre dans l’étude des infiniment petits et grands). Développant de nouvelles idées sur la méthode en logique et confiant dans le symbolisme qu’il avait élaboré à partir de ses recherches mathématiques, il publie, en 1847, un opuscule, Mathematical Analysis of Logic, dans lequel il soutient que la logique doit être rattachée aux mathématiques et non à la philosophie. Bien qu’il n’eût aucun titre universitaire, Boole fut, sur la base de ses publications, nommé en 1849 professeur au Queen’s College à Cork, en Irlande. Boole est un des premiers auteurs anglais à écrire sur la logique ; il a mis en évidence l’analogie entre les symboles algébriques et ceux qui représentent les formes logiques et les syllogismes en montrant que les symboles des quantités peuvent être isolés de ceux des opérations. Avec Boole, en 1847 et en 1854, commence l’algèbre de la logique, c’est-à-dire ce qu’on appelle de nos jours l’algèbre de Boole. Dans son ouvrage de 1854, Boole énonce complètement sa nouvelle méthode symbolique d’inférence logique, qui permet, étant donné des propositions contenant un certain nombre de termes, d’en tirer, par traitement symbolique des prémisses, des conclusions qui étaient logiquement contenues dans les prémisses. Il rechercha aussi une méthode générale en calcul des probabilités, qui aurait permis, à partir des probabilités connues d’un système d’événements donnés, de déterminer la probabilité de tout autre événement relié logiquement aux événements donnés.

Borel, Émile (1871-1956), reçu major à l'X et à ULM, il choisit cette dernière et se consacre aux mathématiques. Il fonda l'institut Henri-Poincaré et fut éludéputé de l'Aveyron et maire de Saint-Afrique. Il étudie les mesures d'ensembles et notamment, définit les ensembles de mesure nulle et l'ensemble des boréliens, sur lequel on peut définir une mesure. Il se tourne ensuite vers les probabilités et la physique mathématique. Borel est également considéré comme un mathématicien constructiviste. Il fut à l'origine de la théorie des jeux stratégiques et de la cybernétique que développeront von Neumann et Morgenstern. Son élève Henri Lebesgue utilisera ses résultats en topologie et théorie de la mesure pour sa théorie de l'intégration.

Bose, Satyendranath (1894-1974)  Mathématicien et physicien indien, connu pour ses contributions à la théorie quantique. Né à Calcutta, Bose a fait ses études au Presidency College de Calcutta. En 1924, il propose une description statistique des systèmes quantiques, reprise par Albert Einstein, et qui n’impose aucune restriction sur la distribution en énergie des particules du système. Cette description est connue sous le nom de "statistique de Bose-Einstein", par opposition à la "statistique de Fermi-Dirac". Appliquée à la théorie du rayonnement du corps noir, cette nouvelle statistique conduit à la formule de distribution de Planck et permet de traiter ce rayonnement comme un gaz de photons. Dans le domaine de la physique des particules élémentaires, la statistique de Bose-Einstein impose à la fonction d’onde des particules (dans l’équation de Schrödinger) d’être parfaitement symétrique pour l’ensemble des variables d’espace et de spin. Les particules obéissant à cette statistique (photons, mésons p, etc.) sont appelés des bosons. Professeur de physique aux universités de Calcutta et de Dacca, Satyendranath Bose a été nommé, en 1958, professeur national des Indes.

Broglie, Louis Victor, prince de (1892-1987), physicien français et lauréat du prix Nobel, qui apporta une contribution essentielle à la théorie quantique avec ses études de la radiation électromagnétique. Né à Dieppe, Louis de Broglie fit ses études à Paris. Il essaya de cerner la nature dualiste de la matière et de l'énergie. Sa découverte de la nature ondulatoire des électrons (1924) lui valut le prix Nobel de physique en 1929. Il fut élu à l'Académie des sciences en 1933 et à l'Académie française en 1943. Il fut nommé professeur de physique théorique à l'université de Paris (1928), secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences (1942), et conseiller au Commissariat à l'énergie atomique (1945).


Brouwer, Luitzen Egbertus Jan (1881-1966) fut un grand mathématicien hollandais du début du 20e siècle. Né d'un père proviseur, il réalisa des études secondaires très brillantes, et très rapides. A l'université d'Amsterdam, il fut formé par Korteweg, qui est connu pour des contributions en mathématiques appliquées. Il soutient son doctorat le 16 juin 1904.  De 1909 à 1913, Brouwer s'intéresse à la topologie, et découvre la majeure partie des théorèmes auxquels son nom est resté attaché, dont son fameux théorème du point fixe. Pour beaucoup, Brouwer est le père de la topologie moderne. En 1912, il obtient grâce aux recommandations de Hilbert, une chaire à l'Université d'Amsterdam. Il y enseigne la théorie des ensembles, celle des fonctions, et l'axiomatique. Plus tard, il refusera de rejoindre Hilbert à Göttingen. Pendant la première Guerre mondiale sa santé se fragilisa et il s'éloigna quelques temps des champs de la recherche scientifique. Quand il y revint, ce fut pour se consacrer à ses premières amours (sa thèse portait déjà sur ce sujet) : les fondements des mathématiques.  Brouwer est le fer de lance avec Poincaré des mathématiques intuitionnistes, par opposition au logicisme de Russel et Frege, et au formalisme de Hilbert. En particulier, pour Brouwer, un théorème d'existence ne peut être vrai que si on peut exhiber un processus, même formel, de construction. Cela le conduit notamment à rejeter la loi du tiers-exclu, qui dit qu'une propriété est ou vraie, ou fausse! Les preuves ainsi obtenues sont souvent plus longues, mais Brouwer fut capable de réécrire des traités de théorie des ensembles, de théorie de la mesure, et de théorie des fonctions en se conformant aux règles de l'intuitionnisme.  Bizarrement, Brouwer n'enseigna jamais la topologie. C'est probablement dû au fait que les théorèmes que lui-même avait prouvés ne rentraient plus dans le cadre qu'il s'était fixé. Selon les témoignages de quelques-uns de ses étudiants, il était un personnage vraiment étrange, fou amoureux de sa philosophie, et un professeur auquel il ne fallait surtout pas poser de questions!

Cantor, Georg (1845-1918) se révèle être un étudiant brillant, notamment dans les matières manuelles. Malgré les injonctions de son père, qui rêve d'en faire un ingénieur, il part en 1862 à Berlin étudier les mathématiques, où ses maîtres sont Weierstrass et Kronecker. Il soutient son doctorat en 1867 (sur la théorie des nombres). Les premières recherches post-doctorales de Cantor sont consacrées à la décomposition des fonctions en sommes de séries trigonométriques (les célèbres séries de Fourier) et particulièrement à l'unicité de cette décomposition. Afin de résoudre complètement ce difficile problème, il est amené à introduire et à étudier des ensembles dits "ensembles exceptionnels". Cela le conduit à définir en 1872 très précisément ce qu'est un nombre réel, comme limite d'une suite de nombres rationnels; parallèlement, son ami Dedekind donne la même année une autre définition de la droite des réels, à partir des coupures. Cantor et Dedekind constatent à cette occasion qu'il y a beaucoup plus de réels que de rationnels, mais il n'y a pas jusque-là de définition mathématique à ce "beaucoup plus". En 1874, dans le prestigieux Journal de Crelle, Cantor donne une définition du nombre d'éléments d'un ensemble infini qui prolonge naturellement celle du cardinal d'un ensemble infini, qui prolonge celle du cardinal d'un ensemble fini. Il en découle, jusqu'en 1897, une succession de découvertes étranges : il y autant d'entiers pairs que d'entiers tout court, autant de points sur un segment que dans un carré, beaucoup plus de nombres transcendants que de nombres rationnels. Cette hiérarchie dans les ensembles infinis conduit progressivement Cantor à définir des nouveaux nombres, les ordinaux transfinis, et à définir une arithmétique sur ces nombres. Les travaux de Cantor ont eu beaucoup d'influence au 20ème siècle. On citera d'abord, en 1903, un paradoxe soulevé par Russell dans la théorie naïve des ensembles : si A est l'ensemble de tous les ensembles qui ne sont pas éléments d'eux-mêmes, A est-il contenu dans A? Les logiciens surmonteront cette difficulté conceptuelle, sans rien changer des conclusions de Cantor. Citons aussi le problème de l'hypothèse du continu. Un des derniers axes de recherche de Cantor était d'estimer le nombre d'éléments de la droite réelle. Plus précisément, Cantor souhaitait prouver l'absence de tout ensemble dont le cardinal soit strictement compris entre le cardinal des entiers et celui des réels. C'est ce qu'on appelle "l'hypothèse du continu". Tous les travaux de Cantor et de ses successeurs pour confirmer ou infirmer l'hypothèse du continu furent vains, et pour cause : en 1963, le logicien américain Cohen prouva que, dans une théorie standard des ensembles, l'hypothèse du continu est indécidable. On peut très bien supposer qu'elle est vraie ou qu'elle est fausse sans obtenir de contradiction dans la théorie.


Carnot, Nicolas Léonard Sadi (1796-1832), physicien et ingénieur militaire français, considéré comme le créateur de la science thermodynamique. Fils aîné de Lazare Carnot, surnommé "le Grand Carnot", Sadi fit ses études à l'École polytechnique. En 1824, il décrivit sa conception du moteur à chaleur idéal, appelé "moteur Carnot", dans lequel toute l'énergie disponible est utilisée. Il découvrit que la chaleur ne pouvait passer d'un corps froid à un corps plus chaud, et que le rendement d'un moteur dépendait de la quantité de chaleur qu'il était capable d'utiliser. Cette découverte, ou cycle de Carnot, est à la base de la seconde loi de la thermodynamique.


Cartan, Élie (1869-1951) fit ses études primaires à l'école de Dolomieu, puis au collège de Vienne et au lycée de Grenoble. Il suivit au lycée Jeanson-de-Sailly la préparation à l'École Normale Supérieure, où il entra en 1888. Il y suivit notamment les enseignements de H. Poincaré, É. Picard et de C. Hermite. Les premiers travaux d'Élie Cartan qui devaient déboucher sur sa thèse soutenue en 1894 portent sur les groupes de Lie simples complexes, où il reprend, corrige et développe les résultats de structure et de classification obtenus par W. Killing. Élie Cartan obtient un poste de lecteur à l'Université de Montpellier de 1894 à 1896, puis à la Faculté des sciences de Lyon de 1896 à 1903. La même année, il est nommé professeur à la Faculté des sciences de Nancy, où il restera jusqu'en 1909. Il donne en même temps des cours à l'École d'Électrotechnique et de Mécanique Appliquée. Il rédige deux grands articles sur une généralisation en dimension infinie des groupes de Lie simples. Il élabore la méthode du "repère mobile", et la théorie des formes extérieures qui devaient influencer le développement ultérieur de la géométrie différentielle. En 1909, il quitte Nancy pour venir enseigner à la Sorbonne, où il est nommé professeur en 1912. Il assure par ailleurs un enseignement à l'École de Physique et Chimie de Paris. En 1914, il résout le problème de la classification des groupes de Lie simples réels, et détermine les représentations de dimension finie de ces groupes. Pendant la guerre, il sert comme sergent dans l'hôpital aménagé dans les locaux de l'École Normale Supérieure, tout en continuant ses travaux mathématiques. Son oeuvre mathématique ultérieure est considérable, avec près de 200 publications et de nombreux ouvrages. Parmi les thèmes abordés, mentionnons l'étude des systèmes de Pfaff, la théorie de la déformation, l'étude des variétés à courbure constante négative, la théorie de la gravitation d'Einstein, la théorie des connexions affines, les groupes d'holonomie, les espaces riemanniens symétriques, les spineurs. Il est aussi l'auteur de plusieurs articles sur l'histoire de la géométrie. Il prit sa retraite en 1940, et mourut le 6 mai 1951. Son influence sur les mathématiques contemporaines est restée très vivace, comme en témoigne le colloque international qui lui fut consacré à Lyon en 1984.


Cauchy, Augustin-Louis (1789-1857). C'est à Cherbourg que Cauchy commence ses recherches mathématiques sur les polyèdres, et ses premiers résultats sont prometteurs. Mais, fatigué par le cumul de la charge d'ingénieur et des longues veillées de recherche, Cauchy connaît un état dépressif qui s'éternise et le pousse à retourner vivre chez ses parents. À Paris, il cherche une situation en adéquation avec sa volonté de faire de la recherche mathématique pure. En 1815, il achève un brillant mémoire où il démontre un célèbre théorème de Fermat sur les nombres polygonaux. Ceci fera beaucoup pour sa notoriété, et en 1816, il accède à l'Académie des Sciences, en remplacement de Carnot et Monge touchés par l'épuration. Le cours d'analyse que Cauchy professe à l'École Polytechnique est décrié tant par ses élèves que par ses collègues des autres matières. Pourtant c'est ce cours, publié en 1821 et 1823, qui devait devenir la référence de l'analyse au 19ème siècle. en mettant en avant la rigueur, et plus seulement l'intuition. C'est la première fois que de vraies définitions de limites, de continuité, de convergence de suites, de séries, sont énoncées. Cette rigueur reste toutefois encore relative, puisque que Cauchy "prouve" que la limite d'une série de fonctions continues est continue, ce qui est faux. Il est vrai que Cauchy ne dispose pas encore d'une définition claire et précise des nombres réels. C'est l'époque aussi où Cauchy réalise des travaux profonds sur les fonctions d'une variable complexe (établissant par exemple la formule des résidus), ainsi que des avancées dans la théorie des groupes finis. Cauchy ne fut jamais le chef d'une école de mathématiciens, et il se comporta parfois maladroitement avec de jeunes chercheurs comme Abel ou Galois, dont il sous-estime, ou même perd, des mémoires de première importance. Ses relations avec ses collègues ne sont en général pas très faciles.

Cayley, Arthur (1821-1895), né à Richmond (Surrey), manifesta très tôt de vives dispositions pour les mathématiques. Cependant, malgré le grand intérêt de ses premières publications, il ne put s’imposer comme mathématicien ; il décida de faire des études de droit et devint avocat en 1849. Pendant quatorze ans, il exerça ce métier tout en s’adonnant à des recherches scientifiques. En 1863, Cayley est nommé professeur à Cambridge et peut enfin se consacrer entièrement aux mathématiques. Dans l’ensemble de l’œuvre de Cayley, notamment dans ses travaux de jeunesse, est sensible l’influence des fondateurs de l’école algébrique anglaise qui avaient formulé le programme de l’algèbre moderne en accordant une priorité marquée à l’approche formelle des problèmes. Mathématicien lettré et créateur, Cayley, dans le sillage de l’école anglaise, sut élaborer de nouvelles et fructueuses théories. La richesse de l’approche de Cayley apparaît dès ses premiers travaux sur la théorie des groupes (1854). Cayley, abordant les travaux de Galois, Gauss et Cauchy avec les méthodes des algébristes anglais, donne une définition des groupes abstraits ce qui le conduisit à la notion d’isomorphisme. L’étude des systèmes d’équations linéaires conduisit Cayley à celle des déterminants. Dans ses premiers travaux, il établit de nombreuses règles de calcul sur les déterminants, y compris la formule de multiplication des déterminants qui figurait déjà dans les travaux de Cauchy, Binet et Jacobi. À côté d’études originales sur les déterminants, on y rencontre la notion de tableau rectangulaire représentant les coefficients d’un système d’équations linéaires ou les coefficients d’une transformation linéaire. Cayley étudie les matrices rectangulaires à coefficients réels ou complexes ; il introduit les opérations sur les matrices et décrit leurs propriétés, y compris le caractère non commutatif de la multiplication. Il s’agit là sans doute de la première apparition de l’algèbre linéaire. Quelques années plus tard, Cayley étudiera aussi les systèmes non associatifs et publiera des résultats d’algèbre multilinéaire. Cayley a consacré un grand nombre de ses publications aux problèmes de la géométrie et à l’étude des courbes et des surfaces algébriques. À vingt-deux ans, il émettait l’idée de la géométrie à n dimensions, idée qui fut formulée aussi, presque simultanément mais sous une forme un peu différente, par Grassman. Cayley ne revint que beaucoup plus tard (en 1870) sur l’espace à n dimensions, mais sa méthode algébrique contribua aux importantes découvertes qui eurent lieu dans les autres domaines de la géométrie. C’est ainsi que, dans le Sixth Memoir on Quantics de 1859, il introduit la métrique projective, subordonnant ainsi la géométrie métrique à la géométrie projective ; il démontre alors que les notions fondamentales de la géométrie métrique (angles et distances) sont les invariants et les covariants de certaines transformations linéaires de la quadrique absolue.

Chandrasekhar, Subrahmanyan (1910-1995) obtint à l'âge de 23 son doctorat au Trinity College de l'université de Cambridge. Spécialiste en astrophysique Chandrasekhar fit progresser de façon décisive la connaissance de l'évolution hydrodynamique et hydromagnétique des transferts d'énergie par rayonnement sans oublier les effets quantiques et relativistes dans les évolutions des étoiles. Sa contribution majeure dans ce domaine est la transformation des étoiles en naines blanches et au-delà d'un astre d'une masse supérieur à la limite de Chandrasekhar (1.44 celle du soleil), l'effondrement de l'astre en une étoile à neutrons. Les objets plus massifs donnant eux des trous noirs.


Clairaut, Alexis-Claude (1713-1765) était un membre de l'Académie française des sciences. Alexis-Claude Clairaut fut l'un des mathématiciens et physiciens les plus renommés du 18ème siècle. À l'age de 10 ans, il connaissait le calcul infinitésimal, à 12 ans il soumettait sa première étude à l'académie des sciences et à 18 ans, il publia un livre contenant des extensions importantes à la géométrie qui lui ont valu l'admission à l'académie en 1731. Clairaut fut l'un des scientifiques qui accompagnaient Maupertuis en Laponie pour acquérir les dates nécessaires pour la détermination de la forme de la terre. En 1743, il publia sa Théorie de la figure de la Terre, qui calculait plus précisément que l'avait fait Newton, la forme qu'adopte un corps en rotation due à la gravitation naturelle de ses parties. En 1760, il publia sa Théorie du mouvement des comètes, qui prédit avec précision la date à laquelle la comète de Halley sera arrivée au point le plus proche du soleil.

Cohen, Paul Joseph (1934-    ) est un mathématicien et logicien américain. En 1963, Cohen a découvert une nouvelle construction de modèles, appelée "forcing", qui joue désormais un rôle fondamental dans la théorie des ensembles et dans la théorie des modèles ; et il a construit des modèles de la théorie des ensembles (supposée consistante) dans lesquels l’axiome du choix et l’hypothèse du continu ne sont pas vérifiés, ce qui, compte tenu de l’œuvre antérieure de Kurt Gödel, établit que l’axiome du choix et l’hypothèse du continu sont indépendants des systèmes usuels de la théorie des ensembles. Ce travail a valu à Cohen, en 1966, la médaille Fields de l’Union Mathématique Internationale. Il est également l’auteur de travaux intéressants en analyse classique.

Connes, Alain (1947-   ) est né en 1947 à Draguignan. Ancien élève à l’École normale supérieure, il a reçu, en 1980, le prix Ampère, l’un des plus importants décernés par l’Académie des sciences. Il a été élu membre de cette académie, dont il a été le benjamin, en 1981. Les premiers travaux d’Alain Connes s’inscrivent directement dans la tradition de John von Neumann et de ses continuateurs immédiats. Le développement de la physique quantique vers les années vingt avait mis à l’ordre du jour l’étude d’espaces non plus à trois dimensions, comme celui où nous croyons vivre, ni à quatre, comme en relativité einsteinienne, mais à une infinité de dimensions (les espaces de Hilbert). L’un des outils essentiels de la physique quantique est la notion d’opérateur dans un tel espace, notion généralisant celle de rotation d’un espace euclidien. La théorie des algèbres d’opérateurs a débuté vers 1930 par les travaux de von Neumann, qui a montré l’importance d’un certain type d’algèbres d’opérateurs, appelées aujourd’hui "algèbres de von Neumann", et qui a établi pour ces algèbres un théorème de décomposition en facteurs premiers assez analogue au théorème de décomposition bien connu pour les nombres entiers usuels. Dès l’origine, les facteurs avaient été classés en trois types : facteurs de type I, II, III. On a eu assez tôt une bonne compréhension des facteurs de type I et pas mal d’informations sur  ceux de type II, mais les facteurs de type III sont restés pendant longtemps beaucoup plus mystérieux : même les exemples étaient rares et von Neumann disait, à propos de ce cas : "C’est le plus réfractaire de tous, et les outils pour l’étudier nous font défaut, au moins pour l’instant". La première réussite de Connes, qui lui a d’emblée valu la renommée internationale, a été une percée spectaculaire vers l’élucidation de la structure des facteurs de type III ; on peut dire qu’il est le premier à avoir acquis une connaissance concrète de ces objets, jusque-là assez énigmatiques, pris dans leur ensemble. Très grosso modo, les résultats de Connes ramènent l’étude des facteurs de type III à celle des facteurs de type II et de leurs automorphismes. L’œuvre d’Alain Connes est celle d’un mathématicien très complet, capable de résoudre des problèmes difficiles, légués par le passé, mais aussi de transformer entièrement une discipline par l’introduction d’idées nouvelles, d’une grande originalité. À considérer les objets dont il s’occupe, on est frappé par l’ubiquité de ses talents : il joint à une intuition infaillible d’analyste, les propriétés des espaces de dimension infinie n’ont aucun secret pour lui, un don d’interprétation en dimension finie qui témoigne aussi d’une intuition géométrique remarquable.

Copernic, Nicolas (1473-1543), Etudiant à l'université de Cracovie à partir de 1491, il se rend ensuite en Italie pour y suivre des cours de droit canon à l'université de Bologne. Il suit également les cours d'astronomie de Domenico Maria Novara, un des premiers scientifiques à remettre en cause les enseignements de Ptolémée. En 1500, il enseigne les mathématiques à Rome, avant de retourner pour un an à Frauenburg où son oncle l'a nommé chanoine en 1497. Ayant obtenu l'autorisation de poursuivre ses études en Italie, il s'inscrit aux facultés de droit et de médecine de Padoue et obtient son doctorat en droit canon à Ferrare en 1503. Enfin, il retourne à Frauenburg où il fait construire un observatoire et entame ses recherches en astronomie. Il y demeurera jusqu'à sa mort, le 24 mai 1543. La cosmologie de l'époque est alors basée sur le système géocentrique de Ptolémée. La Terre se trouve immobile au centre de plusieurs sphères concentriques qui portent la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et enfin les étoiles. Mais ce système ne convient pas à Copernic, qu'il trouve compliqué et bancal. Il consulte alors les auteurs de l'Antiquité (Cicéron, Aristarque de Samos, etc.) et constate que certains d'entre eux envisagent la rotation des planètes, dont la Terre, autour du Soleil, considéré comme fixe. Copernic démontre alors que la combinaison des mouvements de la Terre et des planètes explique parfaitement le mouvement apparent des planètes (dans le sens direct et rétrograde). De plus, il établit que leurs changements de diamètre apparent apparaissent comme une conséquence de leur révolution autour du Soleil. Ses recherches se poursuivront pendant trente-six ans et il démontrera que la Lune est un satellite de la Terre et que l'axe de la Terre n'est pas fixe. Son œuvre maîtresse De Revolutionibus orbium coelestium est publié en 1543 à Nuremberg et Copernic n'en reçoit les premiers exemplaires que quelques heures avant sa mort. Dans la dédicace qu'il fait au Pape Paul III, il présente son système comme une pure hypothèse, évitant ainsi la vindicte de l'Eglise. Universellement adopté un siècle après sa mort après avoir été violemment rejeté, le système copernicien apporta une profonde révolution dans la conception du monde et plus généralement dans la pensée scientifique.


Coriolis, Gaspard (1792-1843), ingénieur et mathématicien français qui mit en évidence les forces centrifuges composées, dites "forces de Coriolis". Cet ingénieur des Ponts et Chaussées est l'auteur d'importants travaux en mécanique. En 1835, il démontra que l'accélération d'un mobile dans un référentiel en rotation est soumis à une complémentaire (force de Coriolis) perpendiculaire au sens de déplacement du mobile dans ce référentiel. Bien que de faible intensité à la surface de la Terre, cette force, produite par la rotation de la planète, influence la direction des courants marins et aériens. Elle produit une déviation vers l'est et explique, par exemple, le mouvement circulaire des ouragans.


Coulomb, Charles Augustin de (1736-1806), physicien français, pionnier de la théorie de l'électricité. Né à Angoulême, il servit comme ingénieur militaire pour la France aux Antilles, mais se retira à Blois à la révolution française, pour continuer ses recherches sur le magnétisme, le frottement et l'électricité. En 1777, il inventa la balance de torsion qui permet de mesurer la force de l'attraction magnétique et électrique. Grâce à cette invention, Coulomb fut capable de formuler le principe, maintenant connu sous le nom de loi de Coulomb, qui gouverne l'interaction entre les charges électriques. En 1779, Coulomb publia le traité Théorie des machines simples, une analyse du frottement dans les machines. Après la révolution, Coulomb quitta sa retraite et aida le nouveau gouvernement à concevoir un système métrique pour les poids et mesures. L'unité utilisée pour exprimer la quantité de charge électrique, le "Coulomb", tient son nom du physicien


Cournot, Antoine Augustin (1801-1877) étudia au collège de Gray de 1809 à 1816. Il obtient des prix d'excellence de mathématiques. Il entre en 1820 au collège Royal de Besançon et obtient le prix d'honneur de mathématiques spéciales. Avec deux mémoires et deux traductions de traités divers de mathématiques, il se fait remarquer par Poisson, qui le fait nommer en 1834 professeur d'analyse et de mécanique à la faculté des sciences de Lyon. Augustin Cournot est un savant, c'est à dire un homme de savoir étendu à tous les domaines de la science, un savant philosophe mais qui, par sa modestie, n'a pas connu la célébrité. Cournot fut d'abord un professeur et un vulgarisateur d'une grande clarté. Trois ouvrages mathématiques le distingue : Traité élémentaire de la théorie des fonctions et du calcul infinitésimal (1841); Exposition de la théorie des chances et des probabilités (1843) ; De l'origine et des limites de la correspondance entre l'algèbre et la géométrie (1847). Mais le génie de Cournot se situe dans l'introduction des probabilités en économie. Il est le précurseur des théories modernes en économie, reprises ensuite par Léon Walras (1834-1910) qui dans sa notice autobiographique achevée en 1904, ainsi que dans plusieurs lettres, a rappelé le rôle primordial qu'ont joué dans le développement de sa pensée, d'une part, l'oeuvre d'Antoine Augustin Cournot et d'autre part, celle de son père, l'économiste et philosophe Auguste Walras qui fut le condisciple d'Augustin Cournot à l'École Normale.


Clausius, Rudolf (1822-1888) est l’un des plus grands physiciens du 19ème siècle. Il est connu principalement pour sa contribution à l’étude de la thermodynamique. Le premier, ce savant allemand formula ce que l'on a coutume d’appeler le "deuxième principe" et proposa une définition claire de l’entropie. Il est aussi l’un des principaux créateurs de la théorie cinétique des gaz. Né à Köslin, en Poméranie, Clausius fréquenta les universités de Berlin, puis de Halle dont il sortit diplômé en 1848. Professeur jusqu’à sa mort, il fut titulaire de la chaire de physique de l’École royale d’artillerie et du génie à Berlin (1850-1855), puis, simultanément, à l’université et à l’École polytechnique de Zurich (1855-1867), ensuite à l’université de Würzburg (1867-1869), enfin à celle de Bonn, de 1869 à sa mort. Sa première publication, en 1850 dans les Annalen der Physik de Poggendorff, attira largement l’attention. Il cherchait à y concilier l’idée de l’équivalence entre le travail et la chaleur. Clausius fit remarquer que l’hypothèse de la conservation de la chaleur dans le processus de transfert n’était pas une partie essentielle de la théorie de Carnot. Il établit en fait que, dans une machine idéale, la quantité de chaleur prise à la chaudière doit toujours être supérieure à celle qui est cédée au condenseur, et ce d’une quantité exactement équivalente au travail fourni. Cette importante synthèse effectuée, Clausius, dans la même publication, énonça ce que nous appelons aujourd’hui le deuxième principe de la thermodynamique. C’était la généralisation de la nécessité, déjà établie par Carnot, de la présence, non seulement d’un corps chaud (la chaudière), mais aussi d’un corps froid (le condenseur) pour qu’un travail soit fourni par une machine à vapeur. En 1854, Clausius, poussant plus avant les vues exprimées dès 1850, proposa le premier énoncé clair du concept de l’entropie. Il cherchait à mesurer l’aptitude de l’énergie calorifique de n’importe quel système réel non idéal à fournir du travail. Dans le cas de la conduction thermique le long d’un barreau solide, par exemple, la chaleur passe de l’extrémité chaude à l’extrémité froide sans fournir aucun travail, bien que ce transfert s’accompagne d’une diminution de l’aptitude de l’extrémité chaude à servir par la suite de source potentielle de travail. Cette diminution survient parce qu’à la fin du processus l’énergie calorifique est détenue par un corps situé à une température inférieure à celle de l’état initial. Elle n’a donc pas été perdue, mais seulement dégradée puisque, d’après le deuxième principe de la thermodynamique, on ne peut retrouver la température initiale qu’avec l’aide d’un travail extérieur. Les dernières contributions majeures de Clausius à la science datent de 1857 et 1858 et sont relatives à la théorie cinétique des gaz. Bien qu’il ne soit pas le premier à avoir conçu cette dernière, déjà proposée et discutée par Joule et Krönig notamment, il prend rang avec Maxwell parmi ses fondateurs. Il introduisit le concept du libre parcours moyen et établit l’importante distinction entre l’énergie de translation et l’énergie interne d’une particule de gaz. De plus, on lui reconnaît généralement le mérite d’avoir, par ses travaux théoriques, jeté un pont entre la théorie atomique et la thermodynamique.

Curie, Pierre (1859-1906)  est considéré comme un des pionniers de la chimie/physique sur la radioactivité. C'est même lors d'une thèse publiée en juillet 1898 que le terme radioactivité fut employé pour la première fois par sa femme Marie et lui. L'éducation de Pierre commença à un très jeune âge par son père, qui était médecin général. Les Curie avaient l'habitude de fréquenter la campagne et les environs de Paris les dimanches ; Pierre, lors de ses promenades, apprit rapidement tous les noms de plantes et d'animaux. Étant donné que l'école n'était pas obligatoire à cette époque (pas avant 1881 où la loi Ferry l'a rendue obligatoire), Pierre reçut son éducation à la maison, en compagnie de sa mère, ensuite avec son frère et par après, avec des précepteurs et finalement, seul. À l'âge de 14 ans, l'éducation de Pierre fut confiée à M. Bazille qui lui enseigna les mathématiques élémentaires et spéciales, ceci développa énormément les capacités mentales de Pierre qui avait clairement un intérêt pour les mathématiques. Le 9 novembre à l'âge de 16 ans, il fut reçu bachelier en sciences. Le 21 novembre 1877, il obtint la licence en sciences physiques de l'école de pharmacie. Dans les années qui suivront, il étudiera les cristaux et le magnétisme, ce qui le mènera éventuellement à la découverte de la piézo-électricité. En 1877, il prit un poste comme préparateur où il fut payé la somme de 1200 francs par année. Il devint par après démonstrateur d'expériences de physique pour les laboratoires jusqu'en 1882 où il devint directeur de tous les travaux pratiques aux écoles de physique et de chimie industrielle. Pierre épousa sa femme Marie Sklodowska en 1895 et ils eurent ensemble deux enfants, Irène et Êve. Pierre Curie gagna en 1903, avec sa femme, le prix Nobel de physique pour leurs travaux sur les substances radioactives et leurs découvertes de deux nouveaux éléments : le radium et le polonium.

Dalton, John (1766-1844), chimiste et physicien britannique, qui développa la théorie atomique sur laquelle fut fondée la science physique moderne. Dalton commença en 1787 une série d'observations météorologiques qu'il poursuivit pendant cinquante-sept ans, accumulant quelque deux cent mille observations et mesures du temps dans la région de Manchester. L'intérêt de Dalton pour la météorologie le conduisit à étudier différents phénomènes ainsi que les instruments utilisés pour les mesurer. Il fut le premier à prouver la validité de l'idée selon laquelle la pluie est précipitée par une baisse de température, non par un changement de la pression atmosphérique. Dalton arriva à sa théorie atomique par une étude des propriétés physiques de l'air atmosphérique et des autres gaz. Au cours de ses recherches, il découvrit la loi des pressions partielles des gaz mélangés, souvent connue comme la "loi de Dalton", selon laquelle la pression totale exercée par un mélange de gaz est égale à la somme des pressions individuelles qu'exercerait chacun des gaz s'il occupait seul le volume entier.


Da Vinci, Leonardo (1452-1519), est un peintre, sculpteur, architecte et homme de science italien. Homme d'esprit universel, à la fois artiste, scientifique, inventeur et philosophe, Léonard incarna l'esprit universaliste de la Renaissance et demeure l'un des grands hommes de cette époque. A cinq ans, son père ayant noté ses dons pour le dessin, le place comme apprenti dans l'atelier de Verrocchio, à Florence. Il entre à vingt ans à la Guilde des peintres, et débute sa carrière de peintre par des oeuvres immédiatement remarquables telles que La vierge à l'oeillet, ou L'Annonciation (1473). Il améliore la technique du sfumato (impression de brume) à un point de raffinement jamais atteint avant lui. En 1481, le monastère de San Donato lui commande L'Adoration des Mages, mais Léonard, vexé de pas être choisi pour la décoration de la chapelle Sixtine à Rome, ne terminera jamais ce tableau et quitte Florence pour Milan. Après la réalisation de La Vierge aux rochers, pour la chapelle San Francesco Grande, et celle de la statue équestre de Francesco Sforza, il trouve la gloire dans toute l'Italie. En 1495, les Dominicains de Sainte-Marie-des-Grâces lui commandent la Cène. En 1498, il réalise le plafond du palais Sforza. De cette époque, datent aussi La Joconde et La Bataille d'Anghiari. Léonard réalise aussi une grande quantité d'études sur la zoologie, la botanique, l'anatomie, la géologie. Il imagine de multiples appareils et machines, dont la première machine volante, qui resteront au stade de dessins. Plus qu'en tant que scientifique proprement dit, Léonard de Vinci a impressionné ses contemporains et les générations suivantes par son approche méthodique du savoir, du savoir apprendre, du savoir observer, du savoir analyser. La démarche qu'il déploya dans l'ensemble des activités qu'il abordait, aussi bien en art qu'en technique (les deux ne se distinguant d'ailleurs pas dans son esprit), procédait d'une accumulation préalable d'observations détaillées, de savoirs disséminés ça et là, qui tendait vers un surpassement de ce qui existait déjà, avec la perfection pour objectif. Bon nombre des croquis, notes et traités de Léonard de Vinci ne sont pas à proprement parler des trouvailles originales, mais sont le résultat de recherches effectuées dans un souci encyclopédique, avant l'heure. En 1516, il rejoint la cour de François Ier, où il participe à des projets d'urbanisme. Il est emporté par la maladie le 2 mai 1519. De Léonard de Vinci, subsistent aujourd'hui 7000 notes et dessins, et quarante oeuvres attestées, dont huit ont disparu.


Descartes, René (1596-1650), philosophe, scientifique et mathématicien français, fondateur du rationalisme moderne. Né à La Haye, d'un père conseiller au parlement de Rennes, Descartes reçut, de 1607 à 1614, l'enseignement, décisif pour lui, des pères jésuites du Collège royal de La Flèche. Cette expérience le conduisit à proposer une refondation des sciences, critiquant l'absence de fondement de l'enseignement professé. Il reçut une formation de juriste en 1616 puis entra dans la carrière militaire en 1618, entreprit des voyages, mêla vie scientifique et vie mondaine, avant de se consacrer pleinement à la philosophie. Il passa sa vie entre la France et les Pays-Bas, fuyant les villes, fréquentant les bibliothèques et rencontrant les esprits les plus illustres de son temps, notamment Bérulle, Fermat, Gassendi, Hobbes et Pascal. Il mourut d'une pneumonie à Stockholm, léguant à la postérité une œuvre entourée de légende et imprégnée d'un esprit nouveau.


Dirac, Paul Adrien Maurice (1902-1984). Né à Bristol, Dirac fait ses études aux universités de Bristol et de Cambridge. En 1926, il introduit un formalisme général pour la physique quantique. En 1928, il élabore une théorie relativiste pour décrire les propriétés de l'électron. Celle-ci le conduit à postuler l'existence d'une particule identique à l'électron dans tous ses aspects mais de charge opposée, c'est-à-dire positive et devant s'annihiler en même temps que l'électron négatif lors d'une collision avec celui-ci. La théorie de Dirac est confirmée en 1932 quand le physicien américain Carl Anderson découvre le positron. Dirac contribue aussi, avec Fermi, au développement de la statistique dite de Fermi-Dirac, décrivant le comportement collectif des particules de spin demi-entier. En 1933, Dirac partage le prix Nobel de physique avec le physicien autrichien Erwin Schrödinger. En 1939, il devient membre de la Société royale. Il est professeur de mathématiques à Cambridge de 1932 à 1968, professeur de physique à l'université d'État de Floride de 1971 jusqu'à sa mort, et membre de l'Institute of Advanced Studies périodiquement entre 1934 et 1959.


Dirichlet(-Lejeune), Peter-Gustav (1805-1859) est né le 13 février 1805 à Düren, une ville d'Allemagne située à mi-chemin entre Aachen (Aix-la-chapelle) et Cologne. Dirichlet est un élève brillant, qui achève ses études secondaires à 16 ans. Devant la faible qualité des formations universitaires allemandes à cette époque, Dirichlet décide de partir étudier à Paris, emportant avec lui les Disquisitiones Arithmeticae de Gauss comme une bible. Dans la capitale française, sa situation personnelle est facilitée par le général Foy, un ancien grand général des campagnes napoléoniennes, dont il devient le précepteur des enfants, et qui se montrera bienveillant avec lui. Dirichlet rencontre alors quelques-uns des plus grands mathématiciens, dont Legendre, Poisson, Laplace et Fourier. Ce dernier surtout impressionnera beaucoup Dirichlet, et sera à l'origine de l'intérêt qu'il portera aux séries trigonométriques et à la physique mathématique. C'est à Paris que Dirichlet rédige sa première contribution d'importance aux mathématiques, étant à l'initiative en 1825 de la preuve du cas n=5 dans le grand théorème de Fermat, preuve achevée par Legendre dans la foulée. Fin 1825, le général Foy décède, et Dirichlet décide de retourner en Allemagne. Il enseigne d'abord à l'université de Breslau, au lycée militaire de Berlin, puis à l'université de Berlin à partir de 1829, où il restera 27 ans durant. Parmi ses élèves, on retiendra les noms de Kronecker et Riemann. En 1831, il épouse Rebeca Mendelssohn, une des soeurs du célèbre compositeur. Dirichlet est décrit comme un bon professeur, mais non exempt de défauts. Il donne l'apparence de quelqu'un de sale, toujours affublé d'un cigare et d'un café, visiblement peu préoccupé de l'image qu'il donne. On dit aussi de lui qu'il était très souvent en retard. En 1848, son maître et ami Karl Jacobi est diagnostiqué comme étant malade du diabète. Dirichlet l'accompagne dans un voyage de 18 mois en Italie, où le climat plus doux est censé préserver la santé de Jacobi. De retour en Allemagne, Dirichlet commence à être lassé des lourdes charges d'enseignement qu'il doit assumer. À la mort de Gauss, il prend sa succession à Göttingen. C'est malheureusement pour peu de temps, car lui-même s'éteint en 1859 des suites d'un malaise cardiaque. L'éventail des travaux de Dirichlet illustre la profondeur de la culture mathématique allemande au début de son âge d'or. On lui doit le premier énoncé d'une condition suffisante de convergence d'une série de Fourier (dans le cas des fonctions continues par morceaux), le théorème de la progression arithmétique, le prolongement des fonctions harmoniques définies sur la frontière d'un ouvert et toute une classe d'équations aux dérivées partielles porte le nom de "problème de Dirichlet".  De très nombreuses contributions en arithmétique, où il existe le théorème des unités de Dirichlet, les séries de Dirichlet, etc...

Einstein, Albert (1879-1955), fut surtout connu comme le créateur des théories de la relativité restreinte et générale, et pour son hypothèse audacieuse sur la nature corpusculaire de la lumière. Mais il a également contribué au développement de nombre d'autres théories (physique quantique y comprise). En 1905, Einstein obtint son doctorat de l'université de Zurich pour une thèse théorique sur les dimensions des molécules. Il publia également trois articles théoriques d'une importance capitale pour le développement de la physique du XXe siècle. Dans le premier de ces articles, sur le mouvement brownien, il fit des prédictions importantes sur le mouvement des particules distribuées aléatoirement dans un fluide.  Pendant le reste de sa vie, Einstein consacra énormément de temps à généraliser encore plus sa théorie de la relativité générale. Il visait une théorie de champ unifié, qui ne fut pas complètement couronnée de succès, et fit de nombreuses tentatives pour décrire l'interaction électromagnétique et l'interaction gravitationnelle dans un modèle commun.


Erdös, Paul (1913-1996) est le plus prolifique des mathématiciens du 20ème siècle., avec environ mille cinq cents articles publiés (il faut remonter à Euler pour obtenir un tel volume). Plus que quelqu'un qui bâtissait des théories, il résolvait des problèmes, le plus souvent avec élégance et simplicité. Surtout il fut un formidable poseur de questions. Erdös est né le 26 mars 1913 à Budapest. Ses deux parents étaient professeurs de mathématiques dans le secondaire. Ils avaient déjà eu deux filles, malheureusement décédées de la scarlatine quelques jours avant la naissance de Paul. Alors que ce dernier était âgé d'à peine un an, son père fut fait prisonnier par les Russes et déporté en Sibérie. Ces événements ont contribué au développement d'une relation très forte mère/fils, qui influera beaucoup sur le cours de la vie de Paul Erdös. C'est à l'âge de 19 ans, alors qu'il vient de commencer ses études à l'université, que Erdös se fait connaître des milieux mathématiques. Il publie en effet une nouvelle démonstration du postulat de Bertrand, qui affirme qu'il existe un nombre premier entre n et 2n, pour tout n. Deux ans plus tard, il obtient son doctorat (à 21 ans), puis s'en va faire un post-doc à Manchester. Comme Erdös est d'origine juive, il ne peut retourner en Hongrie à la fin des années 30, et il émigre aux États-Unis. Après quelques visites en Europe aux rescapés de sa famille après l'Holocauste, il a des problèmes aux États-Unis avec le MacCarthysme, et il se voit interdit de séjour sur le territoire américain. Erdös est donc contraint de poser ses valises en Israël.  Avec ses mille cinq centes articles, les contributions de Erdös aux mathématiques sont nombreuses : en théorie des nombres, en combinatoire, en mathématiques discrètes, il fut un maître. Erdös avait une exceptionnelle aptitude à poser des questions, et à s'entourer des mathématiciens les plus compétents pour résoudre ses conjectures. Il en résulte que Erdös a eu beaucoup de collaborateurs : 500 mathématiciens environ ont écrit un article en commun avec lui. Les mathématiciens se sont amusés à définir un nombre de Erdös : tout mathématicien qui a publié un papier en commun avec Erdös a un nombre de Erdös égal à 1. Toute personne qui a publié un article en commun avec une personne qui a un nombre de Erdös égal à 1 a un nombre de Erdös égal à 2. Et ainsi de suite... On estime à 5000 le nombre de scientifiques qui ont un nombre de Erdös fini. Albert Einstein est l'un d'entre eux : son nombre de Erdös est 2.  Pourtant, parmi toutes ces collaborations, une au moins a mal tourné, et c'est d'autant plus regrettable qu'elle concerne le plus grand succès d'Erdös. A la fin du 19ème siècle. Hadamard et de La Vallée Poussin avaient démontré le théorème des nombres premiers, à savoir que le nombre de nombres premiers inférieurs ou égaux à n est équivalent, quand n est grand, à n/ln(n). Leur démonstration est particulièrement rude ! En 1949, Atle Selberg trouve une inégalité qu'il pense pouvoir être une étape importante vers une démonstration élémentaire du théorème des nombres premiers. Elle est présentée à Erdös, qui trouve la clef manquante pour boucler la preuve. Un article co-écrit de plus aurait sans doute été la solution la plus appropriée pour mesurer les apports de chacun. Mais, à la suite d'un malentendu lié à l'envoi de cartes postales triomphales d'Erdös, Selberg craint qu'Erdös ne tire la couverture à lui. Il publie seul une preuve complète. Il recevra la médaille Fields en 1950, alors qu'Erdös devra se contenter du prix Wolf en 1984. La vie d'Erdös fut vraiment étrange. Il n'avait pas de maison, pas d'épouse, les contingences matérielles étaient pénibles pour lui. Il voyageait en solitaire, accompagné de deux valises qui portaient toutes ses affaires, allant d'université en université, habitant à l'hôtel ou chez un ami mathématicien... Il est par ailleurs l'auteur de nombreux "erdosismes", comme cette phrase célèbre : "un mathématicien est une machine à transformer le café en théorème". Faut-il rappeler qu'il était lui-même dopé à toutes sortes d'amphétamines? Jusqu'à la fin de sa vie, Erdös ne ralentira pas son activité mathématique. Mourir signifiait pour lui arrêter de faire des mathématiques. Il décède le 20 septembre 1996 à Varsovie, en plein congrès.


Euclide (3e siècle av. J.-C.) On ne sait que très peu de choses sur la vie d'Euclide. Il semble qu'il ait enseigné les mathématiques à Alexandrie à la demande de Ptolémée Ier. Il apparaîtrait donc comme le fondateur de la célèbre Ecole d'Alexandrie qui influença les travaux d'Archimède. En revanche, les théories d'Euclide sont connues et constituent une référence dans l'histoire des mathématiques. L'œuvre maîtresse d'Euclide est incontestablement les Eléments. Cet ouvrage représente une synthèse remarquable de résultats mathématiques et a marqué de son empreinte la discipline tout entière. Il est composé de treize livres. Les quatre premiers traitent de géométrie dans le plan avec les définitions du point, de la droite et de la surface. Ils exposent également le calcul d'aires de différents polygones. Le livre V contient les premières notions d'analyse. Le sixième aborde la similitude des figures et donne la résolution des équations du second degré à l'aide de constructions géométriques. Les livres VII, VIII, et IX portent sur l'arithmétique. Le dixième étudie les nombres irrationnels et