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PHYSIQUE
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QUANTIQUE ONDULATOIRE
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NUCLÉAIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE
DES CHAMPS | PHYSIQUE
DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
| 42.
PHYSIQUE QUANTIQUE ONDULATOIRE (1/2) |
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
Fille de l'ancienne théorie des quanta
(cf. chapitre de Physique Quantique Corpusculaire),
la physique quantique ondulatoire (P.Q.O.) appelée aussi "mécanique
quantique" constitue le pilier d'un ensemble de théories physiques
qu'on regroupe sous l'appellation générale de "physique
quantique". Cette dénomination s'oppose à
celle de la physique classique, celle-ci échouant dans sa
description du monde microscopique (atomes et particules) ainsi
que dans celle de certaines propriétés du rayonnement
électromagnétique (voir typiquement les expériences
des fentes de Young dans le chapitre d'Optique Ondulatoire)
Remarque: L'extension relativiste pertinente de la mécanique
quantique est la physique quantique relativiste (cf. chapitre
du
même nom).
La mécanique quantique a repris et développé l'idée
de dualité onde-corpuscule introduite par De Broglie en
1924 (voir plus loin) consistant à considérer les
particules de matière
non pas seulement comme des corpuscules ponctuels, mais aussi comme
des ondes, possédant une certaine étendue spatiale
(cf. chapitre de Physique Quantique Corpusculaire).
Bohr a introduit le concept de complémentarité pour
résoudre
cet apparent paradoxe : tout objet physique est bien à la
fois une onde et un corpuscule, mais ces deux aspects, mutuellement
exclusifs,
ne peuvent être observés simultanément.
Si nous observons une propriété ondulatoire, l'aspect
corpusculaire disparaît. Réciproquement, si l'on observe
une propriété corpusculaire, l'aspect ondulatoire
disparaît.
A ce jour, aucune contradiction n'a pu être décelée
entre les prédictions de la mécanique quantique et
les tests expérimentaux associés. Ce succès
a hélas un prix : la théorie repose sur un formalisme
mathématique abstrait, qui rend son abord assez difficile
pour le profane. Ceci à pour conséquence que bon
nombre d'ouvrages
à son sujet (dont le présent texte ne serait être
exclu), qu'ils s'adressent à des spécialistes ou
non, voient leur explications ou textes soumis
à de nombreuses
critiques d'interprétations.
Pour
en sortir il est favorable de prendre pour base le "principe
d'objectivité" du à Heisenberg qui
est à la base de la "mécanique
quantique standard" : existe
ce qui est expérimentalement
observable.
Ce
principe est admis par la majorité des physiciens, mais
non la totalité. Un électron est il présent à plusieurs
endroits? Pour que cela soit recevable il faut une expérience
qui le trouve à plusieurs endroits, ce qui est impossible
donc nous ne sommes pas tenu de répondre à la question!
Dire qu'il est à plusieurs
endroits avant qu'on l'observe n'est pas recevable en physique:
principe d'objectivité. D'une manière générale,
nous allons renoncer
à la notion de trajectoire et de mouvement, ce qui va
permettre, de lever la contradiction du freinage par rayonnement
(cf.
chapitre d'Electrodynamique) : car s'il n'y a plus de
mouvement au sens classique les notions de vitesse et d'accélération
perdent tout sens.
Une
minorité
de physiciens nient ce principe et ont fondé une mécanique
quantique non standard avec des grandeurs classique
ce qui explique que
l'on puisse trouver surtout dans les revues de vulgarisation
des exposés qui s'écartent de la mécanique
quantique standard (celle de la majorité des physiciens).
Cette version non standard donne les mêmes prévisions pour tout
expérience réalisable, c'est donc un modèle possible.
En
conclusion la mécanique
quantique est une théorie inachevée beaucoup
de points restent obscurs. Il est donc normal qu'il y ait
plusieurs interprétations.
POSTULATS
Contrairement à la majorité des ouvrages sur le sujet,
nous sommes pédagogiquement (et non pas techniquement!) très
peu convaincus quant à l'impact de la présentation
des postulats de la mécanique quantique au début de
son étude dans les classes. Nous nous permettons d'exposer
nos raisons (expérience faite):
1. Ils peuvent se déduire de raisonnements mathématiques
simples et logiques (algèbre élémentaire et
probabilités) fondées sur les postulats de la physique
quantique corpusculaire et du principe de complémentarité et découlent
donc d'une évolution de cette dernière.
2. Ces postulats sont indigestes, voir incompréhensibles
si la mécanique quantique (son formalisme et son vocabulaire)
n'a pas été d'abord appréhendée par
un certain nombre d'exercices ou d'usage réguliers (s'aider
d'un exemple pratique de cette théorique comme l'informatique
quantique).
Nous pouvons alors considérer
que les seuls
éléments non démontrables théoriquement (à notre
connaissance) qui auraient leur place au rang de postulat seraient
: le
principe de complémentarité de De Broglie (nous en parlerons plus
tard) et la loi de Planck (déjà vue au chapitre
précédant).
Cependant..., dans l'objectif de respecter la tradition, et de
respecter la méthodologie scientifique, nous avons choisi de quand
même
présenter ces postulats en début de ce chapitre. Nous
conseillons cependant vivement au lecteur non averti, de lire
ceux-ci sans trop
chercher à les comprendre mais simplement de penser à y
revenir plus tard, une fois que tout le reste du chapitre aura été
lu. Dès lors, tout deviendra très probablement limpide
et la lumière sera…
Remarques: Nous verrons des cas pratiques dans ce chapitre
même,
de la théorie quantique pour un usage ultérieur
en physique quantique des champs et physique nucléaire.
Nous conseillons cependant au lecteur de lire en même temps
le chapitre d'Informatique Quantique qui semblerait-il aide
plus que
grandement la compréhension de certains passages un peu
trop théoriques présentés ici.
1ER
POSTULAT : ÉTAT QUANTIQUE
L'état d'un système
quantique classique est spécifié par les coordonnées
généralisées (cf.
chapitre de Mécanique
Analytique)
et est complètement décrite par une fonction ,
dite "fonction d'état" ou "fonction
d'onde", dont le module au carré (multiplication
de la fonction par son conjugué) donne la densité
de probabilité de trouver instantanément le système
dans la configuration
au temps t (si le système est dépendant du temps):
(42.1)
Remarques:
R1. Le fait que nous parlions
"d'onde" au lieu de "particule" vient au postulat génial
et ma foi assez logique de De Broglie que nous appelons "postulat
de complémentarité" (que nous détaillerons
plus loin) et qui associe à tout particule de matière,
une onde.
R2. Le fait que nous traitions des probabilités et que
celle-ci soit proportionnelle au carré du module de la
fonction d'onde vient des principes d'incertitudes de Heisenberg
que nous démontrerons
plus loin et principalement de l'expérience des fentes de
Young avec des électrons (cf. chapitre
d'Optique Ondulatoire) sur laquelle nous reviendrons aussi.
En corollaire, la particule étant
nécessairement située quelque part dans l'espace
entier, nous avons la condition de normalisation :
(42.2)
En d'autres termes
doit être normée, ce que nous appelons "condition
de normalisation de De Broglie".
Remarques:
R1. Notons que même normée, est
déterminée à un facteur de phase près.
De plus, il est préférable que soit
différentiable, car des opérateurs différentiels
agissent sur elle pour obtenir des prévisions théoriques
sur des propriétés mesurables, et finie pour
qu'elle soit normalisable...
R2. Lorsque l'intégrale donnée plus permet d'obtenir une quantité
finie, nous disons qu'elle est de "carré
sommable".
Rapellons qu'un "facteur
de phase" est un facteur complexe
constant de module unitaire. Nous pouvons l'écrire
selon ce que nous avons étudié dans le chapitre
des Nombre lors de notre étude des nombres complexes ,
où
est un angle quelconque, appelé la "phase" (cf.
chapitre de Mécanique Ondulatoire).
Nous pouvons formuler ce postulat de manière un peu plus
formelle car comme nous le verrons dans plusieurs exemples, la fonction
d'onde est souvent un polynôme complexe qui peut dès
lors s'exprimer dans l'espace de Hilbert des polynômes.
Cela donne dès lors
dans le langage du formalisme bra-ket de Dirac :
Le vecteur d'état
ket
appartenant à l'espace vectoriel
(espace de Hilbert) définit l'état du système
quantique à l'instant t. Ce vecteur d'état
possède toutes les propriétés mathématiques
requises par la physique quantique et en particulier le produit
scalaire du vecteur
par le vecteur dual (conjugué complexe) doit satisfaire
le produit scalaire fonctionnel :
(42.3)
Remarque: La notation bra-ket a été introduite
par Paul Dirac pour faciliter l'écriture des équations
de la mécanique quantique, mais aussi pour souligner l'aspect
vectoriel de l'objet représentant un état
quantique.
Les deux relations:
et
(42.4)
sont donc équivalentes!
2ÈME
POSTULAT : ÉVOLUTION TEMPORELLE D'UN ÉTAT QUANTIQUE
Si le système n'est
par perturbé, l'évolution (non relativiste!) de
son état
est gouvernée
par l'équation de Schrödinger d'évolution (dépendante
du temps donc) :
(42.5)
Cette relation signifie simplement que c'est l'opérateur
"énergie totale" du système ou "hamiltonien"
H, qui est responsable de l'évolution du système
dans le temps. En effet, la forme de l'équation montre qu'en
appliquant l'hamiltonien à la fonction d'onde du
système, on obtient sa dérivée par rapport
au temps c'est-à-dire comment elle varie dans le temps.
Remarque: Nous démontrerons
plus loin cette relation (ce ne sera pas trivial mais c'est possible
et donc cela élimine le besoin de la définir en tant
que postulat).
Dans cette dernière relation, H est l'opérateur
l'hamiltonien (énergie totale) du système que nous
démontrerons comme
valant dans un cas particulier et simple :
(42.6)
Dans le cas où le potentiel est
indépendant du temps (correspondant à un système
conservatif en mécanique classique), il existe (nous le verrons
dans des exemples) un ensemble de solutions particulières
indépendantes du temps et satisfaisant (relation dont nous
démontrerons la provenance) :
(42.7)
où
est appelée une "fonction propre"
(en analogie avec les vecteurs propres vu en algèbre linéaire)
de l'hamiltonien/opérateur H avec valeur propre/observable .
Ces solutions particulières décrivent alors des états
spéciaux appelés "états
stationnaires" (puisque indépendants du temps...).
Remarque: L'équation aux valeurs propres précédente
est souvent appelée "équation
de Schrödinger indépendante du temps". Elle
définit
les états stationnaires et n'a un sens que si le système
est conservatif.
C'est surtout
l'équation
de Schrödinger indépendante du temps qui concerne
la chimie quantique (sujet que nous traiterons dans une autre
section
du site). Nous cherchons en effet à obtenir les fonctions
d'onde décrivant les états stationnaires, et surtout
l'état de la plus basse énergie, "l'état
fondamental",
des atomes et des molécules. Les transitions observées
en spectroscopie s'effectuant entre ces états stationnaires
(nous le démontrerons plus loin), leur détermination
est donc un prérequis pour l'étude de la spectroscopie.
Cependant, il faut bien se rappeler que c'est l'équation
d'évolution de Schrödinger, qui est l'équation
fondamentale de la physique quantique ondulatoire (dans
un premier
temps…) : elle joue le même rôle que l'équation
de Newton en mécanique classique, soit celui d'une équation
de mouvement.
R2. Au fait, nous verrons que l'équation d'évolution
de Schrödinger n'est qu'un cas particulier de ce que nous
appelons
"l'équation de Klein-Gordon libre" qui elle-même est
un cas particulier de l'équation de "Klein-Gordon
généralisée",
elle-même étant un modèle limité par
rapport à "l'équation de Dirac linéarisée"
(cf. chapitre de Physique Quantique Relativiste)...
3ÈME
POSTULAT : OBSERVABLES ET OPÉRATEURS
A chaque propriété
physique mesurable (observables)
(
étant les coordonnées généralisées
et
les moments généralisés selon ce qui a été
vu au chapitre de Mécanique Analytique) d'un système
correspond un opérateur
linéaire dit "opérateur hermitique" (voir
le traitement des espaces hilbertiens dans le chapitre de Calcul
Vectoriel) associé (l'opérateur
peut aussi être un matrice!).
Rappel : Un opérateur
sur un espace de Hilbert (complexe) H (à ne pas confondre
avec la notation de l'hamiltonien) est
dit "hermitien" ou
encore "hermitique"
s'il est égal à la transposée de son conjugué (auto-adjoint)
ce qui est noté (nous
avons déjà vu cela dans le chapitre d'Algèbre
Linéaire avec les
matrices hermitiennes).
Exemples (non
exhaustifs dont nous verrons les origines plus loin!):
E1. Coordonnées (rien de particulier)
:
(42.8)
E2. Quantité de mouvement (nous
le démontrerons) :
(42.9)
E3. Moment cinétique (ce que
nous démontrerons aussi) :
(42.10)
Remarques:
R1. Cela peut sembler compliqué et abstrait (on pourrait
croire que cela tombe du ciel), mais nous verrons que cela vient
tout seul lorsque nous ferons les développements plus loin
de quelques exemples bien concrets ou lors de la lecture du chapitre
d'informatique quantique.
R2. Dans le cadre de ce site, nous notons indifféremment,
les opérateurs et les observables sans circonflexes (c'est
au lecteur de savoir sur quoi nous travaillons).
Nous verrons par ailleurs
que les opérateurs
ne sont pas commutatifs et qu'ils obéissent à ce
que nous appelons des "relations d'anti-commutation" (qui
sont à l'origine des principes d'incertitudes de Heisenberg).
Exemple (que
nous démontrerons plus loin!):
(42.11)
Nous verrons par ailleurs trivialement à l'aide d'un cas
pratique que deux observables
dont les opérateurs commutent tel que :
(42.12)
possèdent une base
de vecteurs propres commune. Nous disons alors qu'ils sont simultanément
mesurables avec précision (dans le cas contraire nous
avons une incertitude… de Heisenberg). Les deux grandeurs
peuvent alors être appelées "observables
compatibles" O.C.
L'ensemble des O.C. compatibles
attachées
à un système physique constituent un "ensemble
complet d'observables compatibles" (ECOC).
4ÈME
POSTULAT : MESURE D'UNE PROPRIÉTÉ
Soit ,
une grandeur physique. La conséquence du postulat précédent
est que la mesure de
donne donc toujours une valeur propre de l'opérateur hermitique
associé, .
En d'autres termes, les seules valeurs observables de la propriété
sont les valeurs propres de l'opérateur !
Les vecteurs propres et les valeurs propres d'un opérateur
ont une signification spéciale: les valeurs propres sont
les valeurs pouvant résulter d'une mesure idéale
de cette propriété, les vecteurs propres étant
l'état quantique du système lors de cette mesure.
C'est à cause de ce postulat
qu'il est important de s'assurer que toute propriété
physique soit représentée par un opérateur
hermitique. En d'autres termes, l'hermiticité de
assure que ses valeurs propres
sont réelles. 5ÈME
POSTULAT : MOYENNE D'UNE PROPRIÉTÉ
Ce postulat est le moins intuitif
et le plus difficile à démontrer (la démonstration
ne se trouve pas encore sur le site). Son énoncé est
le suivant : la valeur moyenne (espérance) d'une propriété physique
,
quand le système se trouve dans l'état décrit
par est
donnée par :
(42.13)
Une expression équivalente
est la suivante : la probabilité de trouver la valeur propre
(de
l'opérateur hermitique ),
lors d'une mesure de la propriété effectuée au temps t sur
le système quantique
préparé dans l'état décrit par le
vecteur ou la fonction ,
est donnée par le carré du module de la
projection de la fonction ou vecteur d'état sur
la fonction ou vecteur propre associée à la valeur propre (et
son opérateur):
(42.14)
où la "projection"
ou "représentative"
est définie par :
(42.15)
l'indice k étant ici pour indique
qu'il peut y avoir pour certains opérateurs plusieurs valeurs
et vecteurs propres.
Remarque: Nous reviendrons sur ce formalisme et ces relations
plus tard. Cependant un excellent exemple pratique
est
proposé
dans les premières pages du chapitre d'Informatique Quantique.
PRINCIPES
D'INCERTITUDES CLASSIQUES
Avant
de s'attaquer directement à la physique quantique et à ses outils
mathématiques (et démonstration des cinq postulats), nous devons
d'abord introduire un exemple classique
simple dans lequel apparait un type particulier de phénomènes :
la présence intrinsèque de l'incertitude
dans toute mesure.
Cette
étude sous forme classique et pas très rigoureuse, nous aidera à
mieux appréhender l'incertitude quantique (nous l'espérons) que
nous étudierons et déterminerons plus tard et qui elle n'est pas
d'origine expérimentale!
Imaginons que
nous souhaitions mesurer au moyen d'un microscope l'abscisse
x d'une particule et les composantes de sa quantité de
mouvement p. Pour cela, un faisceau de lumière monochromatique (pour simplifier)
parallèle à
éclaire la particule, il faut qu'au moins un photon choque la particule
et parvienne à l'œil de l'observateur, pour que la mesure de x soit possible :
(42.16)
Une fois x mesuré, nous pouvons imaginer n'importe quel procédé pour mesurer
la quantité de mouvement.
Soit
l'angle que fait la direction du photon après le choc, avec
.
Supposons pour alléger les calculs que la particule ait une masse
assez élevée pour que nous puissions négliger le changement d'énergie
du photon. Nous voyons qu'après le choc, les composantes de la quantité
de mouvement du photon selon
et
sont:
(42.17)
Effectivement,
rappelons que les relations entre les ondes électromagnétiques,
l'équivalence
masse-énergie et la quantité de mouvement (cf.
chapitre de Relativité Restreinte) sont les suivantes
:
(42.18)
Il s'ensuit que la
particule peut voir sa quantité de mouvement altérée. Les composantes
de sa variation sont (ne pas oublier qu'initialement elle était
nulle en z):
(42.19)
entre sa quantité de mouvement
initiale et finale.
La seule
information que nous possédons sur l'angle ,
c'est que ce dernier est strictement, en module, égal à l'angle
d'ouverture u de l'objectif du microscope
(restriction technique).
Donc cela implique que
:
(42.20)
PREMIÈRE
RELATION D'INCERTITUDE CLASSIQUE
Quand nous aurons mesuré
la quantité de mouvement p à
la fin de l'expérience, il faudra effectuer les corrections :
(42.21)
de la quantité de mouvement
du photon pour savoir la vraie valeur de p de particule juste avant le début de la mesure.
Dans ces corrections,
il y a une partie inconnue qui correspond à des erreurs de mesure
sur
et .
Il est possible d'établir avec encore quelques petites finesses…
que l'erreur maximale de et
sur la quantité de mouvement initiale est donnée trivialement par
la composante x de la "première relation d'incertitude classique":
(42.22)
puisque nous avons .
Puisque nous avons
la relation trigonométrique remarquable suivante (cf.
chapitre de Trigonométrie) :
(42.23)
et que ,
nous obtenons dès lors aussi la première relation
d'incertitude pour la composante z :
(42.24)
Rappelons maintenant que
(cf. chapitre d'Optique Ondulatoire)
pour une fente rectangulaire nous avons en
posant
:
(42.25)
où
(en optique ondulatoire) est l'angle permettant de distinguer clairement
deux minimas de diffraction (et donc clairement un objet émettant
un rayonnement identique entre deux points). Inversement, du point
de vue de la diffraction, l'ouverture e est donc donnée par :
(42.26)
La valeur de e peut aussi être vue
comme le champ de vision (projection orthogonale de la fente sur
l'axe X)
de largeur de
la particule. Dès lors :
(42.27)
Au même titre que l'erreur maximale
est donnée par la condition ,
nous pouvons aussi écrire ,
cela nous amène à écrire que :
(42.28)
DEUXIÈME
RELATION D'INCERTITUDE CLASSIQUE
Si nous multiplions:
et
(42.29)
nous obtenons la "deuxième
relation d'incertitude classique" également
appelée "l'incertitude
spatiale classique" :
(42.30)
qui représente donc
l'erreur maximale expérimentale d'un microscope à faible ouverture
rectangulaire (que de conditions!).
Remarque: Le lecteur vérifiera sans peine que cette
relation appliquée pour un objet macroscopique (de l'ordre
du centimètre)
dont la position serait mesurable avec une précision de
l'ordre du micromètre donne une incertitude ridiculement
faible sur la quantité de mouvement et donc la vitesse.
Par contre, la même relation appliquée pour la
masse d'une particule telle que l'électron avec une précision
de mesure de la position supposée du dixième de
nanomètre
donnera une incertitude sur la vitesse de l'ordre 1'000 [m/s]...!!
Ainsi, si nous essayons de situer une particule avec de plus
en plus grande, sa quantité de mouvement atteint des valeurs extrêmes.
À un certain point, la quantité de mouvement peut être si grande
que l'énergie correspondante est suffisante pour produire une paire
de particule-antiparticule. En d'autres termes, si nous essayons
de confiner une particule dans une boîte de plus en plus petite,
d'une part, nous connaissons de moins en moins sa quantité de mouvement
et par le fait, nous ne savons même pas combien de particules il
y a dans la boîte!
Cependant (!), nous
verrons lors de l'étude des commutateurs appliqués à la théorie
de la physique quantique, que la vraie relation d'incertitude
(dont
la valeur diffère de celle ci-dessus) apparaît tout naturellement
uniquement à partir de propriétés mathématiques et de la définition
de la quantité de mouvement.
Plus
généralement, pour une particule dans un volume à dimensions (x, y, z),
un état classique est caractérisé par les 6 quantités dans
l'espace de phase (espace de phases qui est donc de dimension
6)
et l'état quantique occupe le "cube" de volume:
(42.31)
Examinons le produit de
:
avec
(42.32)
tel que:
(42.33)
et supposons
que u soit petit et intéressons nous au rapport quand
u tend vers zéro…
Nous avons dès lors:
(42.34)
ce qui nous donne finalement
(en première approximation) :
(42.35)
Nous voyons qu'il est
possible de jouer sur la variable u pour l'indétermination
en z mais cela devient par contre impossible lorsqu'il s'agit de
l'indétermination
en x.
TROISIÈME
RELATION D'INCERTITUDE CLASSIQUE
En relativité restreinte,
nous avons vu que x, y, z, ct constituent
les composantes d'un quadrivecteur d'espace-temps ainsi que un
vecteur d'énergie-impulsion.
Il est donc naturel
de compléter les trois relations spatiales par
extension :
(42.36)
Nous obtenons ainsi
la "quatrième relation d'incertitude
classique" appelée également "incertitude
temporelle classique" :
(42.37)
Cependant (!), nous verrons
lors de l'étude des commutateurs appliqués à la théorie de la physique
quantique, que cette relation d'incertitude (dont la valeur diffère
de celle ci-dessus) apparaît tout naturellement uniquement à partir
de propriétés mathématiques et de la définition de la quantité de
mouvement.
Remarque: Nous reviendrons plus tard sur les implications
de cette incertitude temporelle dont les implications sont à la
base de la cosmologie quantique (et de la création de notre Univers)
et de la théorie quantique des champs en particulier
en ce qui concerne le potentiel de Yukawa (cf.
chapitre de Physique Quantique Des Champs).
Les incertitudes classiques
établies vont nous permettre de mieux comprendre les incertitudes
sous leur forme quantique réelle. Pour cela, parmi d'autres, il
va nous falloir faire usage de l'artillerie mathématique nécessaire.
Cependant, dans un souci de clarté, nous avons souhaité présenter
la physique quantique ondulatoire de la manière la plus simple
et la moins formelle possible. Cette présentation peut porter
le lecteur
à de nombreux contre-sens!
ALGÈBRE
QUANTIQUE
Sous ce terme
peu courant et non officiel "d'algèbre quantique" (donc à ne
pas en abuser!) nous souhaitons introduire et rappeler au lecteur
des outils
ou "êtres" mathématiques qui vont nous êtres très utiles
pour résoudre certaines équations de la physique quantique. Il
est donc de première importance de comprendre (ou d'avoir compris,
en ce qui concerne les rappels) au mieux ce qui va suivre!
Remarque: Les puristes risquent de grimper aux rideaux
en lisant ce qui va suivre mais pour plus de précision ils peuvent
se rendre dans les chapitres traitant dans les détails de la matière
qui va suivre.
OPÉRATEURS
LINÉAIRES FONCTIONNELS
Définition: Les "opérateurs
linéaires" sont des êtres mathématiques agissant sur
des fonctions ou vecteurs (cf. chapitre de
Calcul Vectoriel).
Les fonctions sur lesquelles peuvent opérer ses opérateurs peuvent
être des fonctions d'une seule variable x, soit f(x),
ou des trois coordonnées d'un point x, y, z
soit f(x, y, z) ou écrit encore
plus brièvement .
Nous serons amenés à écrire des intégrales
de ces fonctions, qui sont le plus souvent étendues à tout l'espace.
Dans le cas d'une fonction des trois coordonnées spatiales d'un
point, nous adopterons la notation suivante :
(42.38)
Ces notations, indispensables pour
l'allègement des expressions que nous rencontrerons en physique
quantique étant données, nous en revenons à nos opérateurs.
Partant d'une fonction f,
si nous savons lui associer une fonction g de
même nature, c'est-à-dire dépendant des mêmes variables, nous
pouvons dire que g est
le résultat de l'action d'un opérateur sur
f et
écrire cela symboliquement comme un produit simple :
(42.39)
Mais nous introduisons tout de suite
une restriction fondamentale: seuls nous intéressent les opérateurs
linéaires (comme en algèbre linéaire quoi...), c'est-à-dire tels
que:
(42.40)
quels que soient les coefficients 1
et 2.
Une catégorie très simple
d'opérateurs
est constituée par les nombres (scalaires). En effet, étant
un nombre:
(42.41)
dépend linéairement de f, définissant un opérateur linéaire
que nous écrivons .
Il y a deux cas particuliers importants:
1. Opérateur zéro: où
sera
une fonction bien évidemment nulle partout
2. Opérateur unité ou identité: où
(ce qui est tout aussi simple...)
Remarque: L'opérateur "Nabla" est également un opérateur
linéaire fonctionnel (nous le verrons un peu plus loin).
Nous vérifions sans peine pour les
opérateurs fonctionnels que ces derniers sont commutatifs par rapport
à l'addition, associatifs par rapport à l'addition et la multiplication
et distributif par rapport à l'addition à gauche et à droite (cf.
chapitres de Théorie des Ensembles et Algèbre Linéaire au
besoin).
Jusqu'à présent, rien ne
distingue l'algèbre des opérateurs de celle des nombres. Mais
il y a cependant deux propriétés qu'il faut toujours avoir en
tête pour ne pas commettre
des erreurs quand nous faisons du calcul d'opérateurs:
1. Deux opérateurs ne commutent pas
en général par rapport à la multiplication (comme en algèbre linéaire...),
c'est-à-dire qu'en général soit deux opérateurs fonctionnels et
:
(42.42)
Si nous rencontrons une expression
telle que ,
nous n'avons donc pas le droit d'effectuer en général, la mise
en facteur (il s'agit donc d'un structure particulière de groupe
qui est non-commutatif).
Exemple:
Un exemple simple et important, car utile pour la suite (très
proche d'un cas pratique que nous verrons plus loin), de deux
opérateurs
qui ne commutent pas avec une fonction d'une seule variable est
le suivant (où f est quelconque). Considérons l'opérateur
d/dx agissant sur xf(x) :
(42.43)
en simplifiant par f :
(42.44)
Donc nous avons a ci-dessus un exemple de deux opérateurs qui ne
commutent pas puisque:
(42.45)
Alors que tous les nombres,
autres que zéro, ont un inverse, un opérateur non
nul peut ne pas admettre d'inverse (comme en algèbre linéaire...).
L'inverse d'un opérateur, que nous notons , étant
tel que (s'il existe):
(42.46)
Remarques:
R1. Si un opérateur peut commuter n'importe comment avec un autre
opérateur, c'est que ce dernier est un nombre (cela rejoint le concept
de mesure dont nous avons fait mention dans les postulats).
R2. Lorsqu'un état (une fonction mathématique au sens formel)
est inchangé par un opérateur, l'état est alors appelé "état
propre" ou "vecteur propre"
du système (nous verrons des exemples pratiques plus loin). L'état
est alors parfaitement mesurable et est assimilé à l'observable
classique.
Exemple (d'opérateur):
Partons de l'équation de
Schrödinger tridimensionnelle (que nous démontrerons plus loin)
à admettre pour l'instant :
(42.47)
ou bien écrit autrement
(c'est plus esthétique...) avec le laplacien :
(42.48)
ou encore:
(42.49)
autrement encore...:
(42.50)
Alors l'opérateur
énergie totale (l'hamiltonien H en d'autres termes...) s'exprime
comme :
(42.51)
ou en notation
lagrangienne :
(42.52)
Remarque: Nous retrouvons ici naturellement la deuxième
expression donnée dans le deuxième postulat.
D'autre part, nous savons que :
(42.53)
Les deux dernières expressions doivent
être identiques. La seule possibilité pour satisfaire à ces égalités
est de poser :
(42.54)
qui sont les "opérateurs
hermitiques de la quantité de mouvement" en mécanique
quantique et dont il faudra se rappeler tout au long
de notre étude!
Remarque: Nous retrouvons ici naturellement un des opérateurs
cités dans le troisième postulat.
Nous pouvons vérifier la justesse de ces opérateurs
en les réinjectant
dans l'expression de l'énergie cinétique :
(42.55)
Par ailleurs, il est aisé de vérifier que ce développement
reste juste si nous prenons le conjugué complexe de l'opérateur
de la quantité de mouvement. Ainsi, l'opérateur est bien hermitique
puisque son conjugué complexe est égale à lui-même! OPÉRATEURS
ADJOINTS ET HERMITIQUES
Remarque: La lecture des lignes qui vont suivre pourrait
s'avérer
assez abstraite. Cependant, si vous ne comprenez pas grand chose
ce n'est
pas bien grave car souvent tout devient évident pendant l'étude
et les développements d'exemples concrets qui seront donnés
plus loin.
Considérons les deux intégrales étendues
à tout l'espace (à l'intérieur de l'intégrale il s'agit d'une multiplication
de fonctions et d'opérateurs) :
et
(42.56)
Rappelons que la notation
est le conjugué complexe de z.
Définition: Il y a entre les opérateurs et
une
correspondance biunivoque, nous disons que est
"l'adjoint" de (la
transposée de la conjuguée) et nous écrivons :
(42.57)
De cette définition, nous
déduisons l'identité suivante :
(42.58)
Remarque: Nous démontrerons, plus loin, la relation ci-dessus dans
un exemple concret mais particulier de la physique quantique des
champs (chapitre suivant) et nous y reviendrons de manière
plus rigoureuse dans notre présentation du formalisme de
Dirac dans le présent chapitre.
L'opérateur adjoint a les propriétés
suivantes (ce sont les mêmes que pour la matrice adjointe vue dans
le chapitre d'algèbre linéaire) :
P1.
qui est inutile à démontrer car cette relation découle de la définition
de l'opérateur adjoint et des propriétés des nombres complexes.
P2. étant
envisagé comme un nombre complexe (opérateur particulier) nous avons
alors
(suffisamment évident
pour que le lecteur puisse faire la vérification)
P3. (suffisamment
évident à vérifier si nous prenons le cas particulier où les deux
opérateurs sont des nombres complexes)
P4. (même
remarque que précédemment)
Définition: Une catégorie
extrêmement
importante d'opérateurs est constituée par les "opérateurs
hermitiques self-adjoints", égaux par définition à leurs
adjoints:
(42.59)
Ils jouent vis-à-vis des opérateurs
en général, un rôle assez analogue à celui des nombres réels vis-à-vis
des nombres complexes.
Remarque: Le terme "hermitique" ou "hermitien"
sont équivalents et rappelez-vous que ces opérateurs peuvent être
aussi des matrices!
Définition: En multipliant
un opérateur
hermitique par le nombre complexe i,
nous obtenons un opérateur dit "anti-hermitique" (la
dénomination
est assez logique...).
Remarque: Le produit d'un opérateur hermitique par un nombre réel
reste bien évidemment un opérateur hermitique.
Un opérateur quelconque, soit ,
peut se décomposer d'une façon unique en parties hermitique et anti-hermitique,
c'est-à-dire que nous pouvons écrire:
(42.60)
où sont
hermitiques.
Démonstration:
Si :
(42.61)
donc:
(42.62)
La somme de l'opérateur et de son adjoint
est donc un opérateur hermitique.
En général, il est trivial que le produit
de deux opérateurs hermitiques n'est
pas nécessairement un opérateur hermitique, car nous vérifions que
la condition pour laquelle le produit de deux opérateurs hermitiques
soit lui-même hermitique, est que les deux opérateurs "commutent"
(voir ce qui suit).
COMMUTATEURS
ET ANTI-COMMUTATEURS
Définitions:
D1. Le "commutateur" de deux
opérateurs et
,
s'écrit :
(42.63)
D2.
"L'anti-commutateur" de
deux opérateurs et
,
s'écrit :
(42.64)
Remarques:
R1. Comme le commutateur
est beaucoup plus fréquent dans les développements que l'anti-commutateur,
s'il n'y a pas de confusion possible, nous le noterons simplement
.
R2. Des exemples concrets et triviaux de ces commutateurs dans
le cadre de notre étude la physique quantique ondulatoire seront
présentés dans le texte qui suit.
Citons quelques propriétés évidentes
des commutateurs (car ce sont ceux que nous utiliserons le plus):
(42.65)
où sont
des nombre quelconques (les démonstrations sont faites - au besoin
- pendant le développement d'exemples pratiques).
Cherchons l'adjoint de :
(42.66)
d'où un résultat très simple:
(42.67)
La relation suivante est très utile
dans la pratique (trivial, mais comme d'habitude au besoin nous
pouvons rajouter la démonstration):
(42.68)
nous avons de même:
(42.69)
Nous démontrerons plus
loin dans un cas concret de la physique quantique, que si deux
opérateurs
ne commutent pas, alors il est impossible d'avoir un état ayant
une valeur précise et unique pour les deux opérateurs à la fois
(en physique quantique il existe une configuration d'expérience
ou le premier opérateur représente la quantité de mouvement
et le second la coordonnée spatiale). Ce résultat implique
que les opérateurs
sont souvent nommés des "observables".
Attardons
nous un moment sur un exemple concret des commutateurs utiles
en physique théorique (particulièrement en physique quantique
ondulatoire donc...) et dont un des résultats est fondamental!
Nous
avons démontré plus haut les relations:
(42.70)
Considérons
la relation (simple différentielle mathématique habituelle):
(42.71)
Si
nous divisons par des
deux côtés de l'égalité et qu'ensuite nous multiplions par ,
nous obtenons :
(42.72)
ce
qui nous donne:
(42.73)
donc il vient que le commutateur de x et est
égal à
et donc que les quantités ne commutent pas. Nous avons donc la "relations
d'anti-commutation" suivante :
(42.74)
(cycl.)
Ainsi (en nous basant sur
le deuxième postulat), les deux observables x et dont
les opérateurs ne commutent pas ne possèdent
une base de vecteurs propres commune. Ils ne
sont donc pas simultanément
mesurables avec précision et constituent donc une incertitude
d'Heisenberg.
Remarques:
R1. L'abréviation (cycl.) signifiant que l'on peut permuter circulairement
les lettres (x, y, z).
R2. Bien que ce résultat puisse paraître étonnant il n'en est pas
moins extrêmement correct puisque découlant d'un raisonnement mathématique
nous ne pouvons plus simple et rigoureux.
Considérons
donc maintenant aussi la relation :
(42.75)
et
en procédant de la même manière que précédemment, nous obtenons
:
(42.76)
(cycl.)
Les
deux relations :
et
(42.77)
peuvent se résumer à:
(42.78)
en utilisant les coordonnées et moments généralisés
et sont
remarquables sous plusieurs angles:
-
Premièrement, parce qu'à partir de considérations purement théoriques
et mathématiques nous retrouvons également en physique quantique
une incertitude équivalente (mais pas égale!) à celle obtenue
lors de notre étude des principes d'incertitudes de Heisenberg
(qui rappelons-le avaient été obtenues à partir d'un cas pratique
classique).
Effectivement,
si nous prenons le module du commutateur de gauche, nous avons
alors la "relation d'incertitude
spatiale de Heisenberg" :
(42.79)
qui
rappelons-le, peut également s'écrire sous la forme:
(42.80)
La constante de Planck
étant extrêmement petite, cela explique que cet effet est impossible
à détecter à notre échelle macroscopique. Par contre, la masse
des
électrons étant extrêmement petite aussi, la fraction ci-dessus
devient notable pour un électron et l'effet de cette incertitude
est important!
Enfin,
par commutation des composantes du quadrivecteur impulsions (cf.
chapitre de Relativité Restreinte),
nous avons la "relation d'incertitude temporelle de
Heisenberg" :
(42.81)
Une
conséquence fantastique découle de l'incertitude sur le temps
et l'énergie et de la relativité. Imaginons-nous le vide
le plus total (vide quantique) et supposons que nous regardions
ce qui ce passe
en un point de l'espace donné pendant un temps très court. Alors
le principe d'incertitude temporelle nous dit que l'énergie de
cet
état (le vide!) est très imprécise. Or la relativité dit que l'énergie
c'est aussi de la masse (et aussi un champ), donc des particules.
Donc, pendant ce temps très court des particules peuvent apparaître
spontanément du vide ! Nous les appelons des "particules
virtuelles"
car elles disparaissent très vite et sont engendrées par les "fluctuations
quantiques du vide".
Cette variation est suffisamment faible
pour que nous puissions la mesurer aujourd'hui avec nos instruments.
Cependant, nous en observons les effets seulement dans les grands
collisionneurs de particules de la planète.
Deuxièmement,
ces relations sont remarquables parce que l'incertitude est une
valeur complexe. Ce qui amène à considérer que le corps des
complexes est inhérente à la structure réaliste de notre
environnement (espace-temps) au niveau du monde quantique.
Le
monde quantique est donc un monde d'incertitude complexe.
Et cette
probabilité ne semble pas être une conséquence de notre imprécision
ou de notre ignorance mais semble bien être une propriété intrinsèque
de la nature.
Remarque: Ces deux relations nous seront indispensables pour développer
la théorie quantifiée du moment cinétique et du spin.
INTERPRÉTATION
DE COPENHAGUE
Avant de poursuivre, il faut insister sur cette
interprétation car ainsi que nous allons le constater avec
d'autres expériences, elle soulève bien des
critiques tant de la part des chercheurs que des philosophes.
En 1930, l'interprétation
probabiliste de l'amplitude de l'onde d'une particule et le
principe d'incertitude
d'Heisenberg constituent les éléments de l'interprétation
"standard " non déterministe de la mécanique
quantique comme nous en avons déjà fait mention
au début de ce
chapitre. Cette interprétation
est souvent appelée
"interprétation de Copenhague",
car Niels Bohr qui y contribua largement y dirigeait un institut
de physique renommé
à cette époque. Pourtant de nombreux physiciens tels
Einstein et Schrödinger, qui acceptaient la formulation mathématique
de la mécanique quantique, n'étaient pas à
l'aise avec l'interprétation de Copenhague et la critiquaient.
Et jusqu'à nos jours, la question de l'interprétation
correcte de la formulation mathématique reste un problème.
En effet, nous pouvons nous
poser la question suivante : Où se trouve la réalité?
Y-a-t-il une réalité? Niels Bohr répond
non : il n'y a rien au niveau quantiqu, la réalité
n'existe ou n'apparaît que lors d'une mesure. Cette vision
partagée par la plupart des physiciens (interprétation
de Copenhague), implique que la mesure "crée" la
position de l'électron (voir le sous-chapitre traitant
du principe de superposition linéaire des états)
Einstein pensait que la
mécanique quantique, bien que très efficace et très
impressionnante, n'est pas complète et ne donne qu'une image
imparfaite du monde quantique. Pour lui, il y aurait autre chose,
au-delà, qui clarifierait et affinerait notre présente
vision.
Ainsi, dans l'interprétation
de Copenhague de la mécanique quantique le principe d'incertitude
signifie qu'à un niveau élémentaire, l'univers
physique n'existe plus de manière déterministe,
mais plutôt comme
une série de probabilités ou de potentiels. Par exemple
le motif produit par des millions de photons passant à travers
une fente de diffraction peut être calculé à
l'aide de la mécanique quantique, mais le chemin de chaque
photon ne peut être prédit par aucune méthode
connue. L'interprétation de Copenhague dit qu'il ne pourra
être calculé par aucune méthode. C'est cette
interprétation qu'Einstein mettait en doute lorsqu'il disait
: "je ne peux pas croire que Dieu joue aux dés
avec l'Univers". D'un point de vue physique autant que
philosophique, le principe d'incertitude implique la réfutation
du déterminisme
universel défendu par Laplace au début du 19ème siècle.
Une réduction instantanée des états
se produit dès l’observation du système. Cette
décision aléatoire de l'état observé
respecte les probabilités, correspondant au carré
des amplitudes des états. De surcroît, l'interprétation
de Copenhague stipule que lors d’une mesure, un processus
de réduction, originaire de l'objet macroscopique,
élimine les superpositions d’états quantiques.
L'interprétation de l'école
de Copenhague conduit donc au problème de la mesure, l'expérience
de pensée du chat de Schrödinger stipulant
que lorsqu'on mesure une quantité, telle que la position
ou l’impulsion, nous intervenons dans le processus de mesure
en provoquant un changement radical de l’état quantique,
de la fonction d’onde. Nous modifions les quantités
mesurées de façon imprévisibles et cet état
ne peut être décrit par l'équation déterminée
de Schrödinger. Les physiciens et les philosophes ont
réagit
de plusieurs manières à cette interprétation
:
- Soit nous considérons
comme Bohr et Heisenberg que ce principe fait loi et qu'il
est préférable de ne pas rechercher l’interprétation
ultime. C'est une attitude qui est admise par la plupart des
physiciens.
- Soit nous considérons
que la physique quantique est une théorie incomplète
et certains, tel Einstein, Eugene Wigner ou David Bohm n'ont
pas hésité à rechercher d'autres solutions,
stériles jusqu’à présent.
- Enfin, Hugh Everett III
et bien d'autres prennent l'équation de Schrödinger
très
au sérieux, la considérant comme une représentation
de la réalité. Ils considèrent que l'interprétation
de l'école de Copenhague représente réellement
l'évolution de la fonction d'onde. Les différents
termes de l'équation correspondraient aux différents
niveaux d'énergie dans lesquels se trouve le
système.
La réduction du paquet d'ondes s’interpréterait
comme une division totale de l'objet et de l'instrument
de mesure dans des univers parallèles.
Aujourd'hui le débat reste ouvert mais
plusieurs expériences réalisées depuis les
années 1930 nous permettent, pas à pas, de dissiper
l’épais brouillard qui recouvre le fond de la réalité
et de répondre à quelques questions. Cela dit, toutes
ces expériences confirment néanmoins que l’époque
des certitudes est bien révolue.
DIMENSIONS
DE PLANCK
Il convient de nous attarder un moment
sur la constante de Planck (car beaucoup d'ouvrages font mention
de ce que nous allons voir sans les précautions de rigueur).
Nous venons de voir que la mesure des objets dépend du principe
d'indétermination de Heisenberg. Cette précision joue
tant sur les mesures du temps que sur la trajectoire des particules
ou la densité d'énergie de l'Univers. Voyons que cela
à par extension d'autres implications.
Nous avons démontré précédemment
qu'une des relations d'incertitudes est donnée, en prenant
le module, par (de l'ordre de la constante de Planck donc à
un facteur près) :
(42.82)
Grossièrement, nous pouvons donc
dire qu'à une fluctuation
de l'espace (à ne pas confondre avec la notation de la longueur
d'onde), nous pouvons associer la quantité de mouvement :
(42.83)
À celle-ci correspond,
d'après
nos résultats du chapitre de Relativité Restreinte, la
relation l'énergie
, ou la masse équivalente (en divisant par )
p/c.
En désignant par M cette masse associée à la
perturbation ,
nous avons donc :
(42.84)
La gravitation due à cette
masse est caractérisée par une longueur R que
nous déterminerons en ordre de grandeur en écrivant
que l'énergie potentielle qui lui est associée
(cela suppose que la gravitation classique et quantique sont
régies
par les mêmes lois...), (cf.
chapitre de Mécanique Classique), est égale à la
masse-énergie
.
Cela donne:
(42.85)
ou, en remplaçant
M par son expression précédente :
(42.86)
Pour qu'il n'y ait pas auto-amplification
(et donc divergence) du phénomène de fluctuation quantique
du vide, nous devons avoir de préférence .
En écrivant l'égalité entre ces deux grandeurs,
nous aboutissons donc à une quantité qui représente
la dimension minimale (en ordre de grandeur) que puisse concevoir
la physique. C'est la fameuse "longueur de
Planck" :
(42.87)
pour laquelle il correspond la période
ou "temps de Planck" d'où
:
(42.88)
Nous pouvons maintenant revenir à
une autre expression plus intéressante de la masse fluctuante.
Puisque :
et
(42.89)
nous avons dès lors la "masse
de Planck" :
(42.90)
L'analyse dimensionnelle
nous donne à une constante près et
selon le théorème
du Viriel (cf. chapitre de Mécanique
Des Milieux Continus):
(42.91)
et donc :
(42.92)
d'où la "température
de Planck" :
(42.93)
et encore "l'énergie de
Planck" :
(42.94)
Après tout cela, nous obtenons
facilement la "densité de Planck" :
(42.95)
Nous pouvons nous amuser à obtenir
encore d'autres valeurs de Planck encore mais qui ne veulent plus
dire grand chose à force (et nous pourrions continuer ainsi
longtemps avec énormément d'autres grandeurs) :
La "force
de Planck" :
(42.96)
La "puissance
de Planck"
:
(42.97)
La "pulsation
de Planck"
:
(42.98)
En procédant avec
le même
raisonnement initial fait avec la masse mais en utilisant l'énergie
potentielle électrostatique au lieu de l'énergie
potentielle gravitationnelle nous pouvons obtenir la "charge
de Planck" :
(42.99)
Dès lors nous pouvons
calculer un "courant de Planck" :
(42.100)
ainsi que la "tension
de Planck" :
(42.101)
et "l'impédance
de Planck" (…)
:
(42.102)
Remarque: Certains physiciens se sont servis (et se servent
toujours) des résultats ci-dessus pour des raisonnements
farfelus et dangereux qui ne sont que interprétation. Il
convient donc de prendre avec des pincettes toutes les informations
relatives
aux dimensions de Planck que vous pourriez trouver (même
si celles-ci sont fort semble sympathiques). L'exemple le plus
connu est donné
par la longueur d'onde de Compton
(cf. chapitre de Physique Nucléaire)
qui dépend de la masse-énergie du photon. Si cette
longueur d'onde est égale au rayon de Schwarzschild classique
pour la même masse-énergie (cf.
chapitre d'Astrophysique),
alors dans ce cas sa valeur est celle de la longueur de Planck
et
sa masse est égale à la masse de Planck. Il est alors
tentant de dire que la particule forme alors un trou noir. Mais
il s'agit d'une analogie car dans ce cas, rien ne nous dit que
l'expression du rayon de Schwarzschild s'applique à la
physique quantique...
REPRÉSENTATIVES
Introduisons maintenant
les notations quantiques contemporaines, que nous considérons
pour l'instant comme des abréviations d'intégrales portant sur
des fonctions d'ondes, nous écrirons (dans le but futur de calculer
des densités
de probabilités)
:
(42.103)
Avec cette notation, la
relation que nous avions présentée
lors de notre étude des opérateurs :
(42.104)
devient (c'est plus léger déjà...)
:
(42.105)
Cela dit |