|

PHYSIQUE
QUANTIQUE CORPUSCULAIRE | PHYSIQUE
QUANTIQUE ONDULATOIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE RELATIVISTE | PHYSIQUE
NUCLÉAIRE
PHYSIQUE QUANTIQUE
DES CHAMPS | PHYSIQUE
DES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES
LISTE DES SUJETS TRAITÉS SUR CETTE PAGE
L'ARME NUCLÉAIRE
Sans souhaiter faire d'amalgame, nous considérons qu'il est indispensable, à l'époque
ou l'arme nucléaire sert de moyen de dissuasion et donc d'élément
de stabilité planétaire, à la culture générale de l'ingénieur
de connaître certaines propriétés élémentaires de la bombe atomique à fission.
Nous allons donc exceptionnellement dans ce petit sous-chapitre
sans mathématiques (celles de l'arme nucléaire et des centrales
nucléaires seront vus lors de notre étude de la neutronique à la
fin de celui-ci) parler un petit peu de cette arme de destruction
massive qui fascine
souvent
les étudiants des les aulas de cours.
Certes, nous étudierons plus tard théoriquement, comment provoquer
une réaction en chaîne divergente dans un volume donné. Cependant,
il ne faudra évidemment pas s'attendre à acquérir les connaissances
nécessaires à la fabrication d'une telle arme puisque cela ne fait
pas appel uniquement à des connaissances de la physique, mais également à de
l'électronique, mécanique, chimie, mathématiques, etc.
S'agissant d'une explosion, l'usage s'est immédiatement introduit
de comparer l'énergie d'une arme nucléaire à celle d'un explosif
courant: le Trinitrotoluène (T.N.T). Ce T.N.T fournit 4'200'000
Joules par Kilo, mais les énergies des armes nucléaires sont telles
qu'il est plus parlant de les évaluer en milliers de tonnes - ou
kilotonnes de T.N.T (ultérieurement les armes thermonucléaires
représentèrent un nouveau bond dans les énergies explosives: l'unité pratique
de comparaison est le million de tonnes - Mégatonne de T.N.T).
La fission de 56 grammes d'Uranium 235 ou de Plutonium 239 donne
l'équivalent de 1 Kilo-tonne avec la fission de atomes
(ce n'est même pas une valeur entière du nombre d'Avogadro!!).
La première explosion nucléaire expérimentale, à Alamogordo le
16 juillet 1945 - fut évaluée à 20 Kt, avec une bonne précision
car il avait été possible de mettre en place de multiples dispositifs
de mesure.
Celles du 6 août, sur Hiroshima (à Uranium 235) puis du 9 août
sur Nagasaki (au Plutonium 239) furent d'abord estimées aussi à 20
Kt. Ultérieurement, et par étude fine sur les effets de souffle,
leurs énergies furent respectivement ramenées à environ 17 et respectivement
15 Kt. Cela n'en représentait pas moins l'équivalent d'un chargement
en T.N.T. d'un convoi de l'ordre de 6000 camions de l'US Army.
Voici un schéma à la fois intéressant et persuasif des effets
d'une bombe atomique (pour information à partir d'une vitesse de
220 [km/h] un être humain moyen est soulevé du
sol) :
(44.1) Source:
Pour la Science
Donc en d'autres termes voici en résumé et en approximations les
effets d'une arme à fission de 1 Mt explosant à 2'450 mètres d'altitude
(tout en sachant qu'aujourd'hui les américains et les russes ont
des armes nucléaires à fusion dont la puissance de feu dépasse
les 50 Mégatonnes...):
Jusqu'à 1.3 [km], tout est rasé, même les bâtiments
en béton armé. Jusqu'à 4.8 [km], la plupart des usines
et des bâtiments commerciaux sont détruits; les habitations faites
de briques et de bois sont anéanties, et leurs débris éparpillés.
Jusqu'à 7 [km], les ensembles commerciaux de structure
légère et les résidences privées sont démolis. Les constructions
plus lourdes sont sérieusement endommagées. Jusqu'à 9.5 [km],
les murs des bâtiments légers sont renversés, les résidences privées
gravement détériorées. Le souffle (ou surpression) est encore
assez puissant pour tuer les personnes qui se trouvent à l'extérieur
(explosion des poumons). Jusqu'à 18.6 [km], différents édifices
sont endommagés, les rues sont jonchées de débris de vitres et
de tuiles. 10 à 20 minutes après la déflagration, les débris aspirés
dans la dépression de la tige du champignon atomique, retombent
au sol. Suivent 1 à 2 heures après, les débris se situant dans
le champignon (sa tête).
La plupart des effets représentés sur le schéma ne sont pas proportionnels à l'énergie.
Il n'y a donc pas lieu de faire une simple multiplication pour
une arme de 30'000 mégatonnes!
Remarque: Pour
un petit calcul sympathique sur les bombes nucléaires utilisant
l'analyse dimensionnelle le lecteur pourra se référer
au chapitre des Principes de la mécanique où nous
donnons l'expression de l'énergie d'une bombe en fonction
du rayon de sa boule de feu.
RADIOACTIVITÉ
Lorsque nous analysons expérimentalement la radioactivité, nous
nous apercevons d'abord que le noyau n'émet pas ses constituants.
Ensuite, nous découvrons de nouvelles forces, qui luttent et dominent à tour
de rôle. Enfin, de nouvelles particules de matière, et même d'antimatière
apparaissent. Le décryptage de ces énigmes a fourni une image cohérente
du monde infiniment petit dont la radioactivité a révélé l'existence,
un monde où les lois physiques échappent à une intuition issue
de la pratique quotidienne de notre monde macroscopique.
D'emblée, la radioactivité a surpris : dès 1900, on savait que
les rayonnements émis par l'Uranium et ses descendants avaient
trois composantes, baptisées : "alpha" , "bêta" et "gamma" séparables
par l'actions d'un champ magnétique comme indiqué symboliquement
dans l'image ci-dessous :

(44.2) Source: Pour la Science
Plus tard, on montra que la radioactivité alpha était l'émission
de noyaux d'hélium, la radioactivité bêta l'émission de photons.
De ces observations, il était logique de déduire que le noyau était
constitué de ces trois types de particules, ce qui n'est pas le
cas : les constituants du noyau n'ayant été découvert par J. Chadwick
qu'en 1932.
Alors, pourquoi les noyaux radioactifs n'émettent-ils pas des
protons ou des neutrons? Comment les noyaux éjectent-ils autre
chose que leurs constituants? Ces questions doivent être précédées
d'une autre, sans doute plus fondamentale pourquoi certains noyaux
sont-ils radioactifs? La réponse est la même pour tous les phénomènes
physiques spontanés. La pomme tombant de l'arbre, par exemple :
c'est parce que le système peut rejoindre un état plus stable en
perdant de l'énergie potentielle, l'excédant d'énergie s'échappant
sous forme d'énergie cinétique, c'est-à-dire sous la forme de mouvement.
Cette raison explique aussi pourquoi les isotopes n'émettent
pas de protons ou neutrons seuls car souvent au niveau de la structure
quantique du noyau il est plus favorable au niveau énergétique
d'émettre un petit noyau ou de changer un neutron en neutron
(l'étude
quantique du noyau dépasse le cadre mathématique
des sujets traités
sur ce site web).
Avant de continuer dans la description détaillée de ces phénomènes,
donnons quelques définitions:
D1.
Tout élément chimique (cf. section de chimie)
est caractérisé par son nombre de protons Z appelé "nombre
atomique".
D2. Le "nombre de masse" A est par
définition le nombre de proton Z sommé du nombre de
neutrons N de l'élément chimique donné. Ainsi, ce
dernier se trouve entièrement caractérisé si nous connaissons
son nom ou son nombre atomique Z et son nombre de
neutron N ou
son nombre de masse. Nous notons usuellement n'importe quel élément
sous la forme:
(44.3)
Les éléments chimiques
d'une même espèce (même Z)
peuvent avoir différents nombres de neutron N,
c'est-à-dire différents nombres de masse A,
nous parlons alors "d'isotopes" ou
de "nucléides".
Evidemment, l'énergie nucléaire (du noyau) associée à un même élément
chimique diffère selon le nombre de masse et il existe nous le
verrons un nombre A pour lequel l'énergie est minimale. Les isotopes pour lesquels l'énergie
n'est pas minimum pourront, pour certains d'entre eux et de façon
spontanée, libérer l'excès d'énergie en se désintégrant.
D3.
La propriété qu'ont certains atomes de modifier spontanément la
structure de leurs noyaux pour atteindre un niveau d'énergie
inférieur,
plus fondamental, est appelé "radioactivité".
Nous parlons alors de "radio-isotopes"
pour les atomes concérnés.
Les propriétés chimiques
d'un atome dépendent (cf. section de
chimie) du
nombre et la disposition des électrons dans son nuage. Ainsi
tous les isotopes d'un même élément chimique ont les mêmes
propriétés
chimiques (c'est cette caractéristique chimique qui à la
base de la médecine nucléaire).
Ce sont en quelque sorte des atomes "frères". Cependant,
la légère différence de masse de leur noyau fait que leurs propriétés
physiques se différencient quelque peu.
D4. Enfin, les "isotones"
sont les isotopes de différents éléments chimiques (différent Z)
ayant le même nombre de neutron N.
La petitesse des atomes
pose un problème évident de mesure de masse.
C'est pourquoi il a été préféré par
les physiciens et les chimistes de mettre en place un système
de masse atomique qui est un système de nombres proportionnels à la
masse réelle
des atomes.
Comme il y a une
infinité de systèmes de nombres,
un a été choisi judicieusement comme référence et c'est le chiffre
12 pour l'isotope 12 du Carbone:
(44.4)
où "uma"
est l'abréviation de "unités
de masse atomique".
Ceci a pour conséquence
intéressante de conférer au proton et au neutron des masses atomiques
très voisines de l'unité.
Nous pouvons donc
relier le système S.I. (cf. chapitre
Principes) avec le système des
unités de masse atomique
(uma).
D5. "L'unité de
masse atomique" est par définition la
masse du 1/12 de
l'atome de Carbone ,
nous avons (la masse des électrons est négligée car très
faible par rapport à celle des nucléons):
(44.5)
Donc la masse du
proton en uma vaut:
(44.6)
Attention,
cependant la masse molaire d'un isotope différent que le ne
peut pas être calculée par addition des masses des nucléons (protons
et neutrons) qui compose son noyau car il faut tenir compte du défaut
de masse (notion que nous verrons plus loin).
Les masses
peuvent être aussi exprimées en unités d'énergie puisqu'il y a équivalence
masse-énergie comme nous l'avons vu en relativité restreinte d'après
la relation (cf.
chapitre de Relativité Restreinte). L'unité d'énergie
en physique nucléaire
souvent utilisée
est
"l'électronvolt".
D6. Un "électronvolt"
noté [eV] est l'énergie acquise par une charge élémentaire
soumise à une différence de potentiel de 1 [V].
Ainsi, d'après la
relation entre l'énergie et le potentiel électrostatique (cf.
chapitre d'Électrostatique), nous avons :
(44.7)
Nous en tirons puisque
la vitesse de la lumière dans le vide vaut :
(44.8)
DÉSINTÉGRATION
Certains
noyaux possèdent donc la propriété de modifier spontanément
leur structure interne pour atteindre un niveau d'énergie
plus fondamental. Cette transformation s'accompagne de l'émission
de particules et/ou de rayonnements électromagnétiques.
Le noyau résiduel peut être lui aussi radioactif et subir d'autres
transformations par la suite ou être stable.
La désintégration radioactive d'un isotope est un phénomène aléatoire
et nous ne pouvons jamais dire à quel moment un noyau va se désintégrer
(probabilité sans effet de mémoire).
Remarque: Pour la démonstration de cette affirmation,
le lecteur peut se reporter au chapitre de Techniques De Gestion
dans
la partie traitant de la théorie des files d'attentes et
en particulier la modélisation des arrivées. Effectivement,
le développement est tout point identique mais seulement
l'objet d'étude change (ce ne sont alors plus des appels
téléphoniques mais des désintégrations).
Ainsi, on y démontre que sous certaines hypothèses
le phénomène suit une loi de Poisson et nous
y démontrons
que celle-ci n'a pas de mémoire.
Nous ne pouvons donner que la probabilité de désintégration par
unité de temps. Cette probabilité est donnée par la "constante
radioactive" et a pour unité l'inverse du temps tel
que .
Cette constante peut être calculée comme nous l'avons déjà vu
lors de l'étude de l'effet tunnel en physique quantique ondulatoire.
La constante radioactive varie pour tous les isotopes connus:
(44.9)
Soit
N(t) le
stock d'atomes d'un isotope radioactif au temps t.
Le nombre d'atomes se désintégrant durant le temps infinitésimal
dt
est donc égal à :
(44.10)
conduisant à une
diminution du stock égale à :
(44.11)
L'équation
différentielle (cf. chapitre de Calcul
Intégral Et Différentiel)
s'écrit
donc:
(44.12)
ou :
(44.13)
qui
a pour solution très simple (cf. chapitre
de Calcul Différentiel
Et Intégral):
(44.14)
avec
le
stock de noyaux au temps .
Remarque: N(t) ne représente pas le nombre
d'atomes restant au temps t mais le nombre le plus probable
d'atomes radioactifs restant au temps t!!
Dans la pratique, la mesure de la constante radioactive se fait
à l'aide de la décroissance de l'activité (voir
plus loin) de l'isotope intéressé.
DEMI-VIE
D'ISOTOPE
Définition: La "période radioactive"
ou de "demi-vie" d'un
isotope est le temps moyen qu'il faut attendre pour que 50% du
stock
de noyaux radioactifs d'un isotope donné soit désintégré:
(44.15)
Nous avons ainsi une relation très important
entre la période de demi-vie et la constante radioactive!
Si
le radio-isotope a le choix de se désintégrer selon deux voies
de désintégration distinctes caractérisées de deux périodes radioactives
distinctes et
,
la demi-vie de ce nucléide est définie par la moyenne:
(44.16)
et
nous calculons le nombre de nucléides restant par la relation :
(44.17)
ACTIVITÉ RADIOACTIVE
Définition: L'activité A d'une source radioactive
est le nombre de désintégrations par unité de temps.
Remarque: Son unité de mesure est le "Becquerel"
est est noté .
1 Becquerel correspondant donc à une désintégration par seconde.
L'ancienne unité de mesure de la radioactivité était le "Curie"
[Ci] . Le Curie avait été défini dans un premier temps
comme l'activité d'environ un gramme de radium, élément naturel
que nous retrouvons dans les sols avec l'Uranium. Cette unité est
beaucoup plus grande que la précédente car par définition 1 [Ci]
correspond à 37 milliards de désintégrations par seconde:
(44.18)
L'activité
s'obtient par la dérivation temporelle du stock d'atomes d'un échantillon
donné:
(44.19)
La relation dite "équation
d'activité" :
(44.20)
montre ainsi que l'activité d'un nombre donné
d'atomes N d'un isotope radioactif est proportionnelle
à ce nombre et inversement proportionnelle à la demi-vie
de l'isotope (de par la relation vue plus haute entre la constante
radioactive et la période de demi-vie).
Exemple:
Un gramme de contient
:
(44.21)
donc
l'activité de ce gramme vaut connaissant :
(44.22)
Par le même raisonnement, mous montrons que l'activité au cours
du temps suit la même loi exponentielle que la diminution du nombre
de nucléides:
(44.23)
avec :
(44.24)
Expérimentalement pour déterminer la période de demi-vie d'un
isotope radioactif nous procédons de la manière suivante :
1. Nous choisissons un échantillon pur d'un isotope dont nous
souhaitons déterminer la période de demi-vie.
2. Au temps nous
mesurons à l'aide d'un détecteur pendant un intervalle de temps
fixé
le nombre de désintégrations. Nous avons alors le nombre de désintégrations
pendant un intervalle de temps en début d'expérience (l'unité de
la mesure est alors les désintégrations et non pas le nombre de
désintégrations par seconde).
3. Ensuite, pendant chaque consécutif
(l'intervalle de temps est fixé) nous mesurons le nombre de désintégrations
pendant cet intervalle de temps. Cela nous donne donc une série
des mesures du nombre de désintégrations observées pour
4. A l'ensemble des mesures de désintégrations effectuées, nous
enlevons le bruit de fond du laboratoire
Puisque :
(44.25)
En prenant le logarithme népérien nous avons :
(44.26)
Soit :
(44.27)
Il s'agit donc de l'équation d'une droite de pente et
d'ordonnée à l'origine .
Ainsi, la constante radioactive est immédiatement mesurée et
l'on en déduit rapidement la période de demi-vie à l'aide de
la relation démontrée plus haut :
(44.28)
DATATION
AU CARBONE 14
Certains
éléments radioactifs naturels constituent de véritables chronomètres
pour remonter dans le temps. Des méthodes de datation ont été mises
au point, fondées sur la décroissance progressive de la radioactivité
contenue dans les objets ou vestiges étudiés. On peut ainsi remonter
jusqu'à des dizaines de milliers d'années dans le passé avec le
carbone 1, voire bien d'avantage avec d'autres méthodes telles que
la thermoluminescence ou la méthode uranium-thorium. La datation
au carbone 14 permet d'aborder l'étude de l'histoire de l'homme
et de son environnement pendant la période de 5'000 à 50'000 ans
à partir du temps présent.
Le
carbone naturel est composé de deux isotopes stables: le (98.892%)
et (1.108).
Il n'existe donc pas de dans
le carbone naturel. Ce dernier est produit en haute atmosphère
par l'action de neutrons cosmiques sur le .
Nous parlons alors de "capture neutronique" (voir
plus loin) ou "activation
".
Ainsi, continûment du est
produit en haute atmosphère et se désintègre naturellement avec
une période de 5'700 ans. Nous nous imaginons aisément que
la concentration en s'équilibre
lorsque le taux de production est égal au taux de disparition
suite au processus de désintégration radioactif (sinon quoi
il n'y aurait plus que du partout).
Il
se forme environ 2.5 atomes de par
seconde et par de
surface Terrestre (ce chiffre est cependant dépendant de beaucoup
de facteurs mais en amplitude négligeable sur le très long terme.
Vous pouvez trouver des ouvrages entiers traitant du sujet), la
contribution positive au nombre d'atome de vaut:
(44.29)
R
étant le rayon de la Terre.
Ou
encore en débit de masse cela représente:
(44.30)
Le taux de disparition
est égal au taux de production radioactif, c'est-à-dire:
car
(44.31)
Comme le taux de
disparition vaut:
(44.32)
Nous en déduisons
qu'il y a atomes
de en
permanence dans l'atmosphère, soit environ 77.8 tonnes.
Ce radio-isotope
se retrouve sous la forme chimique et
pénètre par photosynthèse et métabolisme dans le règne végétal et
animal. A la mort de la plante ou de l'animal, la teneur en reste
figée et commence à décroître par désintégration radioactive au
cours des âges.
(44.33)
La datation n'est
donc qu'une simple comparaison entre la concentration en de
la matière vivante et de la matière morte. De fait, on détermine
les activités spécifiques
(44.34)
Les
archéologues peuvent ainsi aisément dater ce qu'ils veulent.
FILIATION
RADIOACTIVE
Définition: Une
filiation radioactive est par définition la stabilisation d'un
noyau appelé "noyau mère"
en une succession de désintégrations. Chaque étape est caractérisée
par un état intermédiaire correspondant à un radionucléide appelé
"nucléide fille" de
l'élément mère. Nous avons
:
(44.35)
où * désigne
un isotope radioactif donné,
l'isotope stable de la filiation radioactive de l'élément
mère .
Exemple:
Considérons le problème à 2 corps (nous
ne nous intéresserons pas aux cas supérieurs excepté sur demande)
Supposons qu'à l'origine
des temps, le premier descendant n'existe qu'en quantité négligeable:
Conditions Initiales
(C.I.) à :
(44.36)
La variation de
l'élément mère (1) n'est donnée que par une contribution négative,
la désintégration de 1.
Nous avons:
(44.37)
avec pour solution
tenant compte des conditions initiales :
(44.38)
La variation de
l'élément descendant (2), c'est-à-dire la fille de 1, est donnée
par une contribution positive (les atomes de 1 désintégrés) et
une négative, la désintégration de 2. On a:
(44.39)
il faut donc résoudre
cette équation différentielle.
Nous avons comme
solution homogène (équation caractéristique ECAR):
(44.40)
Nous tirons la solution
de l'équation homogène comme:
(44.41)
avec
la lettre h pour signifier qu'il s'agit de la solution homogène.
Déterminons maintenant
la solution particulière de:
(44.42)
La démarche consiste
à poser que avec
la lettre p pour particulière.
En substituant nous
trouvons :
(44.43)
Car si nous avions
nous
aurions une égalité nulle ce qui est absurde et nous avons dès lors:
(44.44)
d'où nous tirons
que :
(44.45)
Finalement la solution
générale est la somme de la solution homogène et de la particulière,
ainsi:
(44.46)
Appliquons les conditions
initiales:
(44.47)
Finalement nous
avons :
(44.48)
Nous laisserons
le soin au lecteur de tracer les graphiques de:
et
(44.49)
pour voir l'allure
que cela à s'il en ressent le besoin.
étant
nul pour et
pour ,
obligatoirement il passe, comme l'activité ,
par un maximum. Soit le
temps ou le maximum est observé, nous avons:
(44.50)
d'où:
(44.51)
La connaissance
de est
importante en particulier en médecine nucléaire où nous désirons
administrer le produit 1 à des fins radiodiagnostics et minimiser
les effets néfastes du/des produit(s) fille(s) de 1. Nous choisissons
alors des produits tel que le temps soit
supérieur au temps d'élimination biologique (voies d'élimination
naturelle de l'organisme) de sa fille.
Nous ne traiterons
pas ici de "l'équilibre séculaire" à part si il y a une
de la part des lecteurs.
PHÉNOMÈNES
RADIOACTIFS
Lorsque nous "pesons"
un noyau, nous remarquons que sa masse est inférieure à la somme
des masses de ses constituants. Cette différence est appelée le "défaut
de masse" et
est bien déterminé théoriquement (il ne
s'agit plus d'une constatation expérimentale).
Le défaut de masse
vaut:
(44.52)
avec étant la masse du noyau dans son état fondamental, la masse du proton et la masse du proton.
La masse d'un ensemble
de nucléons liés est inférieure à la somme des masses des nucléons
isolés (suffisamment éloignés en tout cas pour ne pas interagir).
Nous tirons de la relativité restreinte que:
(44.53)
où est
l'énergie de liaisons des nucléons composant le noyau (>0).
est donc positif pour tous les éléments. Si tel n'était pas
le cas, les nucléons n'auraient aucune raison de se mettre ensembles
afin de former les noyaux.
Soit l'énergie
moyenne par nucléon d'un atome donné. Nous avons :
(44.54)
Remarquons que la
masse du noyau est reliée à la masse de l'atome par:
(44.55)
De même, la masse
du noyau plus la masse de ses électrons isolés est supérieure à
celle du noyau entouré de son cortège électronique. Notons que l'énergie
de liaison électronique peut être souvent négligée à celle d'origine
nucléaire.
Cette énergie dégagée
lors de la fusion, c'est-à-dire lors de la constitution de l'atome
à partir de ses constituants, s'appelle aussi "énergie de liaison"
car c'est elle qu'il faut fournir si nous voulons, en sens inverse,
séparer les éléments.
L'expression générale
pratique de l'énergie moyenne exprimée en unités de masse atomique
est:
(44.56)
Les principes de
production d'énergie nucléaire de la fission ou de la fusion résultent
de la forme de l'énergie moyenne par nucléon en fonction de A.
Des phénomènes de radioactivité nous en distinguons 8 dont certains
sont qualifiés de "secondaires" car n'étant que les effets
secondaires possibles des 6 premiers. Certains de ces phénomènes
sont provoqués par l'homme, d'autres sont naturels et certains inconnus.
Voici un diagramme représentant en-haut la "vallée
de stabilité" des atomes et isotopes et en
bas la même
vallée mais mettant en évidence le type de désintégration
:

(44.57)
Voyons donc les types de désintégration
ou modifications de la structure de l'atome/noyau qui sont possibles
dans les détails :
FUSION
NUCLÉAIRE (1)
Si nous assemblons
deux noyaux légers et
pour
former un atome "lourd" ,
nous augmentons la défaut de masse puisque l'énergie moyenne par
nucléons augmente. En effet:
- l'énergie de X vaut: 
- l'énergie de Y vaut: 
- l'énergie de Z vaut: 
Comme alors
:
(44.58)
La
fusion nucléaire est quasi exclusivement provoquée par l'homme
(sur Terre en tout cas...). La probabilité d'observer une fusion
nucléaire
naturelle dans des conditions normale de température de pression
est tellement faible qu'il est inutile d'en parler.
FISSION
NUCLÉAIRE (2)
De même, si nous
cassons avec des moyens adéquats (souvent avec des
neutrons car pour s'approcher du noyau et vaincre sa répulsion
électrostatique c'est le moyen adéquat... c'est celui qu'utilisent
les centrales nucléaires et les bombes nucléaires) un atome lourd
en deux atomes légers et
nous
augmentons aussi le défaut de masse et l'énergie gagnée vaut:
(44.59)
Que ce soit dans
le cas de la fission ou de la fusion, l'énergie dégagée se
répartit
alors en énergie cinétique des produits de fission, des neutrons émis
et enfin des divers rayonnements.
Remarque: Un atome est dit "fissible"
quand il faut des neutrons rapides pour produire la fission et "fissile"
quand il suffit d'avoir des neutrons lents pour la fission (ce
qui est plus rare).
L'énergie
nucléaire est de loin une forme d'énergie beaucoup plus concentrée,
puisque 1 kilogramme d'uranium naturel fournit une quantité de
chaleur de 100'000 [kWh]
dans une centrale électrique courante, alors que 1 kilogramme de
charbon fournit en brûlant 8 [kWh]. C'est pourquoi on ne
manipule que d'assez faibles masses de combustible nucléaire
pour la production d'électricité: une centrale électronucléaire
d'une puisse de 1000 [MW]
électriques consomme par an 27 tonnes d'uranium enrichi, le quart
de son chargement, alors qu'une centrale thermique de même puissance
consomme par an 1'500'000 tonnes de pétrole. Pour comparaison
dans le soleil, 1 kilogramme d'hydrogène produit, par réactions
nucléaires
le transformant en hélium, 180 millions de kWh! Mais attention,
industriellement nous ne savons extraire qu'une faible part de
l'énergie
nucléaire emmagasinée dans la matière. Sur les 27 tonnes d'uranium
enrichi consommé en une année par une centrale, seule une petite
quantité de noyau a été réellement consommé (d'où la nécessité économique
de retraiter l'uranium après utilisation).
Nous nous rendons
vite compte que le pouvoir calorifique de la fission est gigantesque
par rapport à celui des énergies fossiles. Une estimation donne
un rapport d'énergie dégagée par atome de 50'000 millions !!!
Nous trouvons pour
information en Suisse, rien que 5 centrales nucléaires (au
début du 21ème siècle) pour une population
de ~6 millions d'habitants (figure ci-dessous):

(44.60)
Dans le cas de la
fission spontanée (ou naturelle) nous avons émission de deux produits
de fission et de w neutrons
Notation:
(44.61)
Exemple:
)
(44.62)
DÉSINTEGRATION
ALPHA (3)
Définition: Lorsqu'un
noyau lourd contient trop de protons et de neutrons (comme l’Uranium
238 par exemple), il va vider son trop-plein de nucléons en émettant
une particule alpha (noyau d’hélium composé de 2 protons et deux
neutrons) et le système final qui sera un nouveau noyau aura
une masse plus faible et éventuellement stable. Ce mode de désintégration
est la "radioactivité alpha".
La probabilité de
désintégration est gouvernée par le mécanisme de barrière
de pénétration (effet Tunnel) comme nous allons le démontrer
un peu plus loin après la petite introduction.
La décroissance radioactive
selon la radioactivité alpha, peut être
schématisée comme:
où
(44.63)
Exemple
:
)
(44.64)
L'énergie dégagée
lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de masse:
(44.65)
avec étant la masse du noyau initial, la masse du noyau final et la masse du noyau d'Hélium.
en négligeant l'énergie
de liaison des électrons nous avons :
et et
(44.66)
Finalement :
(44.67)
Cette expression
montre que l'énergie des particules est
bien définie pour des noyaux initiaux et finaux donnés. De fait,
nous observons en réalité un spectre énergétique discret. Nous
en concluons que ces émissions mènent le noyau à des niveaux
d'énergies
intermédiaires correspondantes à des états excités du noyau final.
Nous pouvons expliquer ces observations par une structure nucléaire
en couches. La désexcitation de se dernier se faisant par émission
de photons .
La conservation
de l'énergie impose que l'énergie de la désintégration se
répartit entre l'énergie cinétique des deux produits résiduels.
(44.68)
La conservation
de la quantité de mouvement nous donne:
(44.69)
et donc:
(44.70)
que nous remplaçons
dans l'équation de conservation de l'énergie:
(44.71)
et on en tire que
l'énergie de la particule vaut:
(44.72)
vu que les masses
du noyau et de la particule sont
environ proportionnelles à leurs nombres de masse, soit A et 4 respectivement.
Voyons les détails du mécanisme de la désintégration avec
une approche scolaire, simplifiée à l'extrême et donc approximative
(mais suffisante quand même). Pour cette approche, nous allons
utiliser les développements sur l'effet tunnel que nous
avons effectué dans le chapitre de Physique Quantique Ondulatoire.
Pour des noyaux ayant un nombre de nucléons devenant trop important,
la répulsion coulombienne entre protons prend des valeurs significatives
par rapport à l'interaction force qui assure la cohésion du noyau.
On assiste alors au phénomène de saturation, qui donne lieu à la
désintégration qui
est un cas particulier d'une fission spontanée.
Gamow a proposé une explication théorique à ce phénomène en 1928.
Il suppose que la particule préexiste
dans le noyau et cogne sur les parois. Elle a alors une probabilité non
nulle de franchir la barrière de potentiel du noyau par effet tunnel.
Si par la pensée nous débranchons les interactions coulombiennes,
une telle particule est
liée au reste du noyau par un potentiel nucléaire de courte portée et
de profondeur correspondant à une énergie potentielle que nous
allons déterminer.
Schématiquement dans le cas de l'Uranium 238 la situation est
considérée comme la suivante:

(44.73) Source: Pour la Science
En physique classique on représenterait l'émission comme
la fuite du noyau à partir du noyau. Cette représentation n'est
pas valable, car elle implique que la particule ,
subissant la répulsion électrostatique du noyau résiduel de Thorium
234 s'en éloignerait avec une énergie d'environ 25 [MeV].
Or on retrouve la faible valeur observée expérimentalement (de
seulement 4.2 [MeV]) qu'en faisant appel à la physique quantique.
Bon passons à la partie mathématique:
Branchons la répulsion coulombienne entre la particule de
charge +2e (deux protons et deux neutrons) et le reste du
noyau, alors de charge +(Z-2)e à l'extérieur du puits
de potentiel nucléaire.
Nous obtenons alors l'expression de l'énergie potentielle (cf.
chapitre d'Électrostatique):
(44.74)
où r est la distance entre le centre du noyau et la particule .
L'énergie potentielle diminue donc avec la distance puisque la
force est répulsive.
Maintenant, ayons une approche qualitative du phénomène. Nous
allons maintenant noter la probabilité T de passage comme étant
proportionnelle, selon nos résultats dans le chapitre de Physique
Quantique Ondulatoire, à:
(44.75)
en sachant qu'il s'agit suite à nos approximations à une borne
inférieure indicative.
Si nous modélisons la barrière de potentiel du noyau par un profil
non rectangulaire tel que présenté ci-dessous:

(44.76)
où nous remplaçons le profil réel de la courbe par une série
de barrières d'épaisseur et
où le potentiel est égal à au
point .
La probabilité de passer une barrière sera donc proportionnelle à:
(44.77)
et nous savons (cf. chapitre de Probabilités) que la probabilité de
passer une des barrières est un événement indépendant (mutuellement
exclusifs). Nous pouvons donc multiplier les probabilités tel que:
(44.78)
et en passant à la limite il vient:
(44.79)
et si x est assimilé à un rayon d'une configuration à symétrie
sphérique:
(44.80)
Dans le cas d'un noyau ,
la barrière de potentiel va de où elle
commence jusqu'à valeur
où la barrière est considérée comme négligeable.
Or, l'énergie potentielle du noyau en
tout point distant r du a l'extérieur du bord du noyau de
l'atome radioactif sera égal, comme nous l'avons vu un peu plus
haut à:
(44.81)
Nous avons donc pour :
(44.82)
Pour déterminer du
noyau émis,
il faut savoir que son énergie totale est supposée conservée dans
ce modèle simplifié. Elle est donc la même avant son passage dans
la barrière de potentiel nucléaire lorsque ,
pendant, et après .
De plus, dans ce modèle, l'énergie cinétique aussi est supposée
constante lorsque .
Autrement dit, puisque le noyau préexiste
dans le noyau de l'atome radioactif il a déjà la vitesse finale
qu'il aura lors du point de franchissement de la barrière du potentiel
nucléaire…
Donc sous toutes ces hypothèses très simplificatrices… si nous
savons déterminer l'énergie totale du noyau en (par
exemple), à la sortie de la barrière, nous avons son énergie totale
lors de l'ensemble du phénomène de traversée de la barrière.
Réciproquement, son énergie totale nécessaire pour sortir en de
la barrière de potentiel par effet tunnel en partant du noyau (et
partir ensuite loin à l'infini et gagner en énergie cinétique et
perdre toute son énergie potentielle coulombienne) est la même
par hypothèse que l'énergie totale obtenue en calculant le travail
de la force qui d'une distance infinie du noyau de l'atome radioactif
ramènerait le noyau à la
vitesse précitée au point de sortie minimal (rayon
minimal de sortie pris comme constant car très éloigné en ordres
de grandeur par rapport au noyau de l'atome radioactif).
Ce qui correspond alors à la différence d'énergie potentielle
entre un point à l'infini et .
Et comme l'énergie potentielle est nulle à l'infini pour un système
répulsif, il ne reste plus que le terme:
(44.83)
Et finalement:
(44.84)
valable toujours que pour (c'est
comme si pendant la traversée de la barrière, le noyau restituait
de l'énergie cinétique au vide au fur et à mesure de son approche
du point ,
ceci dit, en mécanique quantique on ne peut pas utiliser l'interprétation
de la mécanique classique).
Or, très souvent dans les laboratoires, est
exprimé comme une constante suffisamment loin du noyau de l'atome
radioactif. Il est alors relativement naturel (même si c'est du
bricolage) de prendre r comme variable d'intégration tel
que:
(44.85)
et il est de tradition de prendre ensuite :
(44.86)
ce qui nous amène à:
(44.87)
Faisons maintenant le changement de variables (la dérivation
du est
détaillée dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral):
(44.88)
d'où:
(44.89)
et en notant:
(44.90)
L'intégrale:
(44.91)
devient:
(44.92)
Concernant les bornes nous avons pour rappel:
(44.93)
Donc si r vaut nous écrivons
la borne comme étant et
si r vaut alors:
(44.94)
Il vient alors:
(44.95)
Nous avons vu dans le chapitre de Calcul Différentiel Et Intégral:
(44.96)
Donc:
(44.97)
Alors:
(44.98)
Ce qui fait:
(44.99)
Or, nous avons aussi (cf. chapitre de Trigonométrie):
(44.100)
Donc:
(44.101)
Rappelons à nouveau que:
(44.102)
Or, donc .
Si nous développons en série de MacLaurin (cf.
chapitre de Suites et Séries) jusqu'au troisième ordre:
(44.103)
Alors:
(44.104)
Nous avons alors:
(44.105)
Si on prend le développement de MacLaurin au premier ordre:
(44.106)
Donc:
(44.107)
Donc tout cela pour écrire finalement:
(44.108)
Soit explicitement:
(44.109)
Relation à laquelle nous pouvons remettre le coefficient de l'exponentielle
que nous avions déterminé dans le chapitre de Physique Quantique
Ondulatoire.
Typiquement pour le noyau d'Uranium ,
nous prenons les valeurs dans les tables des constantes physiques
et universelles qui sont dans la relation précédente pour obtenir
une certaine valeur de T (je m'abstiendrai de montrer le
calcul car les tables ne sont pas toutes d'accord entre elles…).
Ensuite, dans l'approximation semi-classique, le noyau a,
dans le puits, une vitesse de l'ordre de:
(44.110)
et il effectue des allers-retours dans un noyau dont le rayon
est de l'ordre de .
Ces allers-retours correspondant donc à un certain nombre d'oscillations
par seconde. Effectivement, si nous notons la
durée moyenne entre deux chocs successifs, nous avons alors:
(44.111)
Donc la fréquence vaut:
(44.112)
A chaque fois elle a une probabilité T de franchir la
barrière de potentiel. Cette probabilité par unité de temps est
ainsi détermine par :
(44.113)
et donne la constante de désintégration de l'isotope par émission avec
une relativement grosse erreur si on fait le calcul avec les valeurs
numériques mais l'ordre de grandeur est par contre exact ce qui
pas mal du tout! Le modèle
(scolaire) présenté donne donc des résultats satisfaisants.
Ce qui est impressionnant dans ce résultat c'est que puisque T est
très très sensible à ,
les ordres de grandeurs de varient énormément
pour de petites variations de l'énergie. Et le modèle reste aussi
satisfaisant sur environ 30 ordres de grandeurs!!!
DÉSINTEGRATION
BETA- (4)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause d'un trop plein
de neutrons (comme le Carbone 14 par exemple) il n'émettra pas
de neutrons. En revanche il aura la faculté de changer un de ses
neutrons en un proton. Lors de cette transformation, pour conserver
la charge électrique totale du système, un électron sera créé.
Cette transformation est la "radioactivité bêta-" (-
car l'électron à une charge négative dans cette désintégration).
La désintégration
dite est
donc une caractéristique des noyaux ayant
un excès de neutrons. Les isotopes concernés se rendent plus
stables en transformant un neutron en un proton avec émission
d'un électron et
d'une particule appelée "antineutrino"
dont nous justifierons l'introduction plus loin.
Nous avons
alors pour le neutron concerné:
(44.114)
Nous avons mis en
suffixe droite le spin de la particule concernée et en indice droite
le signe de charge de la particule. Ainsi, nous observons que le
spin est une quantité conservée, ainsi que la charge.
Nous avons pour
l'isotope concerné:
(ex:
)
(44.115)
L'énergie dégagée
lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de masse:
(44.116)
en négligeant l'énergie
de liaison des électrons nous avons :
et
(44.117)
Attention! le Z dans l'égalité de est
le même que celui que nous trouvons dans l'expression de d'où
le Z + 1.
Nous avons alors:
(44.118)
Chaque désintégration
pure
est caractérisée par une énergie fixe de décroissance Q.
Du fait que l'énergie cinétique du noyau est négligeable de par
sa masse à celle du l'électron et de l'antineutrino
réunis, l'énergie dégagée Q est partagée
entre les énergies cinétique du et
de .
La masse de l'antineutrino étant très loin inférieure à celle
de l'électron, l'énergie cinétique de l'antineutrino peut donc être
négligée. Ainsi, l'énergie du n'est
cependant pas fixe et peut avoir n'importe quelles valeurs
entre
0 et Q.
Nous observons donc un spectre d'énergie contrairement aux autres
types de radioactivité (car l'antineutrino peut avoir
une énergie
cinétique variable).
La forme des distributions
observées permet de donner une valeur d'énergie moyenne aux qui
se situe autour de Q/3:
(44.119)
L'existence de l'antineutrino
a été postulée en 1933 (3 ans après le neutrino que nous
verrons plus loin) par Wolfgang Pauli afin de satisfaire la conservation
de spin. L'introduction
d'une
particule
aussi étrange
fut très controversée et mal acceptée (charge nulle, spin non
nul, masse négligeable) et elle continue à poser quelques
problèmes
dans la physique contemporaine du 21ème siècle.
Indépendamment du
neutrino d'électron (noté habituellement)
accompagnant les particules
et
(ce
dernier ayant plusieurs noms "positon", "positron",
"électron positif") il
existe un neutrino de méson ou
appelés:
et
pour
ne pas les confondre. Par la suite, n'étant pas confronté aux neutrinos
de méson, nous noterons simplement à
la place de .
Remarque: Au
début de sa découverte, la désintégration était
vue comme une transmutation du noyau..., dans les petites classes,
encore aujourd'hui, on la voit comme la transformation d'un neutron
en proton. Dans les théories contemporaines, elle est vue
comme d'un quark d en quark u et elle a amené les
physiciens à développer la théorie de l'interaction
faible pour en expliquer l'origine.
dÉsintegration
b+ (5)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause
d'un trop plein de protons il n'émettra pas de protons. En revanche,
il aura la faculté de changer un de ses protons en neutron, soit
par capture d'un électron, phénomène appelée "radioactivité par
capture électronique" (voir plus bas), soit par émission
d'un électron
positif (positon) ce qui correspond à la "radioactivité bêta+".
Cette transformation a une probabilité ridiculement
faible puisque l'inverse de l'émission d'un électron
et d'un antineutrino serait la capture simultanée de ces
deux particules... et une telle rencontre serait un miracle. Pour
surmonter
cette
difficulté, le noyau utilise un subterfuge quantique: l'émission
d'une particule équivaut à la capture de sont antiparticule.
Ce joker offre alors les possibilités susmentionnées
au noyau excédentaire
en protons.
Lors
de la désintégration un
proton est dissocié en un neutron, un électron positif ("positon"
noté
et
un neutrino dont nous justifierons l'introduction un peu plus
bas) et un neutrino.
Effectivement, pour effectuer l'inverse de la désintégration ,
la solution consiste pour le noyau à utiliser la conservation
de l'énergie et du spin en émettant un positon et
en capturant dans l'énergie quantique du vide un antineutrino
et d'émettre en échange
un neutrino.
Nous écrivons
cela:
(44.120)
ou:
(44.121)
L'énergie
dégagée lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut de
masse:
(44.122)
en
négligeant l'énergie de liaison des électrons nous avons :
et
(44.123)
Attention!
le
dans l'égalité de est
le même que celui que nous trouvons dans l'expression de d'où
le 
Nous
avons ainsi :
(44.124)
La
désintégration ne
peut donc avoir lieu que si ,
c'est-à-dire si:
(44.125)
L'énergie
massique de l'électron est
importante car c'est l'énergie d'un des deux photons résultant d'une
annihilation d'un avec
un électron.
Comme pour la désintégration
,
l'énergie du n'est
pas fixe et peut avoir n'importe quelles valeurs entre 0 et .
Nous observons donc un spectre d'énergie.
capture Électronique (6)
Définition: Lorsqu'un noyau est instable à cause
d'un trop plein de protons par rapport aux neutrons, nous savons
donc qu'une solution favorable du point de vue de son énergie
est de transformer un de ses protons en neutrons c'est à dire
de réaliser
l'inverse
de la radioactivité .
Nous avons vu tout à l'heure qu'une possibilité était
pour le noyau via la désintégration d'attraper
un antineutrino du vide et d'émettre un positon (perte de
sa charge
électrique) et un neutrino. Mais il peut aussi capturer
un électron
du cortège électronique
(neutralisation de sa charge
électrique) en lieu et place d'émettre un positon.
Le plus souvent un électron
de la couche K.
Ce qui se note :
(44.126)
L'énergie
dégagée lors de la transmutation se calcule au moyen du défaut
de masse:
(44.127)
en
supposant que l'énergie de liaison de l'électron K et
celle de recul du noyau sont négligeables.
C'est donc le neutrino
d'électron qui emporte tout l'énergie, d'où la nécessité qu'avait
eu Wolfgang Pauli d'introduire cette nouvelle particule (ce qu'il
lui avait fait horreur...!). Comme l'électron capturé occupait
un niveau d'énergie précis dans l'atome, les neutrinos issus de
la désintégration d'un isotope par capture électronique ont une
énergie déterminée et présentent donc un spectre de raies.
En
négligeant l'énergie de liaison des électrons nous avons :
et
(44.128)
donc:
(44.129)
La
désintégration par capture électronique est en concurrence avec
la désintégration que
si

|